‹ Les céramiques de la Grèce propre (volume 2)Chapitre 17 sur 48 · VASES DE SICILE · texte numérisé non relu

VASES DE SICILE

Planche XXXII. — I. Lékythos du musée Piscari à Catane. — 2. Ilydrie du même musée. — 3. Lékythos du même musée.

Planche XXXVI . — 3. Œnochoé de la collection Navarra, à Terranova. — 4, 5, 6, 7. Petites uuiochoés de la collection Spadaro, àScicli.

Planche XXXIX. — I. Ilydrie, figures rouges, collection Spadaro à Scicli, trouvée à Camarina. — 2. 011a, figures rouges, musée Piscari à Catane.

Planche XL. — Oxybaphon de Lentini, au musée du Municipe, figures rouges.

Planche XLI. — 1. Lékythos de la collection du chanoine Pacetti à Scicli, trouvé à Caniariua, figures noires sur fond blanc mat. — 2. Kélébé de la collection Ricupero, à Catane, figures rouges.

Planche XLII. — I. Lékythos, collection Navarra à Terranova, trouvé à Géla, ligures noires sur fond blanc mat. — 2. Lékythos de la même collection, même origine, ligures noires sur fond rouge. — 3. Péliké, collection Gemarelli à Catane. ligures noires sur fond rouge. — 4. Lékythos d’Agrigente, collection Graiiet, figures noires sur fond rouge.

Planche XLIII. — 1. Coupe de la collection Judica à Palazzolo, trouvée à Acre, ligures brunes sur fond jaune. — 2. Œnochoé du musée des Bénédictins à Catane, figures rouges sur fond noir. — 3. Aryballe du même musée, figures rouges. — 4fl, 44. Péliké à figures noires trouvée à Géla, collection Navarra à Terranova.

Planche XLIV. — Cruche à une seule anse trouvée à Aderno, collection de l’Académie des sciences à Saint-Pétersbourg, figures jaunes.

Planche XLV. — I. Sorte d’amphore, même provenance, figures rouges. — 2«, 24, Lékané du musée des Bénédictins à Catane.

AI. Benndorf ii’emliellit pa.s l’anfiquité, il ne recherche pas une régularité de convention qui fausse le dessin ; il donne les imperfections

GIUECIIISCHE END SICILISCIIE VASENBILDER. 107

telles qu’elles sont, et elles ne manquent pas dans des peintures qui ont subi rinfluence d’une grande époque, mais qui souvent nous viennent de potiers pressés ou malhabiles. Ces scrupules de fidélité sont un réel mérite; mais il ne suffit pas de rendre avec soin les défauts pour être fidèle. Même dans les morceaux les ])lus négligés, certaines j)arfies sont de main de maître; il y a de plus une expression d’ensemble, un style général qui sont la marque du génie grec. De tels caractères ne doivent pas être méconnus.

Un ou deux exemples nous aideront à préciser nos exigences, l^a figure I de la planche xxxi, la première planche de la nouvelle livraison, reproduit une œnochoé qui a été longtemps dans la collection Finlay (i). La figure principale est une Minerve debout; la ligne du nez, les plis des lèvres, le menton, l’œil, dans le dessin manquent de style, tandis que l’original, sans être une œuvre de premier ordre, est vraiment grec. On ne reconnaît plus dans ce profil tout moderne — et qui chez les modernes serait assez disgracieux — le caractère atticpie. Un dessin de M, Ghaplain cpie j’ai sous les yeux, et qui est à la fois plus précis et plus libre que la reproduction donnée dans la Gazette des Beaux-Arts fa), diffère sensiblement de celui de M. Beundorf. J’ai été revoir et regarder à loisir l’œnochoé Finlay, (jui est maintenant dans une autre collection, [actuellement au Louvre.] Le jmrsonnage placé sur la colonne a beaucoup souffert, mais quebpies traits de la tête et de la figure paraissent indiquer un vieillard plutôt qu’un enfant. Ces détails et bien d’autres, si on veut, sont secondaires et je n’y Insiste pas; ce cpii est grave, c’est d’enlever à une figure grecque de la bonne épocpie tout ce qui fait qu’elle est vraiment grecque.

L’aryballe reproduit figure 3, planche xxxvii , était auti-efois à Col’inthc dans une collection particulière (3). C’est une œuvi'e parfaite de grâce et de simplicité élégante. L’artiste n’a pas fait un travail fini, il a indifpié plutôt f|u’accentué cette esquisse. Il faut rendre la scène telle qu’elle a été traitée, sans trop préciser ce (pii ne l’est pas. Le dessin de la planche xxxmi complète l’œuvre du |)eintre grec; ainsi elle donne à la

(1) [Voy. ci-dessus, p. io.]

(-2) [Voy. ci-dessus, p. 90.]

(3) [Voy. le t. I, pl. xxii, n» 2, et la notice, p. 383.]

GRIECHISCHE UND SIGILISCHB VASENBILDER.

tête une expression cju’elle n’a jamais eue et cjui suffit pour faire paraître vulgaire ee cpii devrait être eharinant. La pensée de l’artiste et l’esprit même de l’œuvre sont méeonnus. Il serait facile de multiplier les remarques de ce genre. Elles n’empêcheraient pas que les dessins de M. Benndorf ne soient supérieurs à beaucoup de ceux qui se publient chaque jour; elles prouveraient une fois de plus combien ces vases sont difficiles à reproduire; il suffit d’un rien pour donner un sens à une figure, à un geste, à une attitude, pour faire disparaître le charme de ces peintures.

Le commentaire est sobre, précis, instructif; il explique ce qui peut être éclairé par des rapprochements certains; il ne cherche pas un sens savant à ces compositions quand elles ne sont que l’œuvre d’un caprice heureux; quand elles nous renseignent au contraire sur un usage, sur une légende, il le montre sûrement et avec goût.

Il fa ut se féliciter des travaux que des archéologues aussi distingués que MM. Benndorf et Heydemann ont entrepris pour faire connaître les céramiques de la Grèce. Grâce à eux, beaucoup de vases remarquables du musée de la Société archéologique sont maintenant à la disposition des savants. Un catalogue complet et méthodique était encore attendu ; il vient de paraître par les soins de M. Colllgnon; il forme le tome Iroisième de la I\il)hot}ièque de.^ Eco/es françaisps d' Athènes et de Rome.

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