‹ Les céramiques de la Grèce propre (volume 2)Chapitre 18 sur 48 · PERSÉE ET LES GORGONES · texte numérisé non relu

PERSÉE ET LES GORGONES

(Extrait «les Monuments grecs publiés par la Société pour r Encouragement des Éludes grecques, 1878.)

(Peanciie supplémentaire A)

Cetic courte notice n’;i nullement pour objet d’étudier les représentations du mythe de Persée et des Gorgones : un tel dessein supposerait un catalogue détaillé, qui serait très long. Les monuments figurés relatifs à cette légende, — peintures murales, peintures sur vases, marbres, miroirs, cistes, pierres gravées, médailles, appliques de terre cuite, statuettes de bronze, — -sont nombreux et appartiennent à des époques diverses. Il y aurait lieu de les décrire, de les classer selon les analogies et selon les temps, de suivre les transformations qui les ont modifiées, enfin d’essayer, en s’efforçant d’être complet, une étude de comparaison, comme nous en avons plusieurs, mais partielles, sur le sujet et entre autres celle qu’Otto Jahn a donnée en i85i aux Annales (i). Ces cfuelqucs lignes se proposent seulement d’indiquer l’intérêt pour les études céramiques du vase que nous avons fait dessiner, de marquer dans cette manière de représentei' le mythe plusieurs caractères qui, j)Our ne j)as être entièrement nouveaux, sont cependant assez rares jusqu’ici.

(I) [Voy. aussi dans le môme recueil un travail plus récent de M. Kluegmann, Annali, 186ti, pp. ii3 et suiv.]

PYXIS ATHENIENNE.

Cette peinture décore une py^is de terre culte, c’est-à-dire une boîte de forme cylindrique, que le Louvre a récemment acquise. Ce précieux objet provient d’Athènes. La hauteur totale est de o"\i48. La boîte se compose d’une partie princi|Kde autour de laquelle le tableau est peint, d’une base jiercée de trois échancrures de manière à former un trépied, et d’un couvercle. Le diamètre de la base (o"’,i4i) est plus grand que celui de la partie principale (o"',i i à l’intérieur), moins grand que celui du couvercle ^o'Li55); de plus, la partie principale, en se rejoignant à la base, forme une courbe assez forte. L’ensemble a de la sorte une fermeté et une élégance qui sont d’un excellent effet. Ce sont là en apparence des détails secondaires; les Grecs y étaient attentifs, tandis que les modernes les négligent troj) souvent.

La terre est rouge clair, linement travaillée et très serrée. L’intérieur du vase a reçu une couche noire. Deux bandes concentriques, l’une que décore une grecque, l’autre que remplit une couronne d’olivier, ornent la partie supérieure du couvercle, où manque le bouton.

La partie extérieure du cylindre, celle qu’occupe le tableau, est couverte d’un enduit blanc tout à fait semblable à celui des lécythes d’Athènes à figures polychromes. A mi-hauteur de cette zone, on remarque trois lignes qui font le tour de la boîte et qui ont été tracées a\ec une |)ointe très aiguisée, nous ignorons dans quel but. Tout ce qu’il est possible de dire, c’est que ce triple trait, qui paraît avoir été fait au tour, entaille la couverte et qu’il est au contraire enquàté par les couleurs des figures. Peut-être y avait-il là un repère qui servait à l’artiste à mieux mettre d’ensemble les personnages, d’autant plus qu’en raison de la forme du vase l’œil ne pouvait voir au meme moment toute la décoration. D’autres traits semblables se reconnaissent sur d'autres parties du tableau, en particulier à la hauteur des tètes (i); mais on ne peut les siuM’e sûrement toid autour du vase; la couverte, en plusieurs endroits, est légèrement endommagée. Il serait intéressant de constater d’une laçon évidente, par d’autres exemples, que ces lignes aidaient l’ouvrier à conserver à tous les personnages les mêmes proportions.

(1) Une ligne traverse l’œil de Poséidon; deux lignes passent au-dessus et an-dessous. [Sur la présence de ces stries circulaires dans l'enduit des lécythes blancs d’Athènes, cf. E. Pottier, l-Jlude sur les lécythes bluucs altajues, 1883, pp. 9H-!)7.]

l’YXIS ATHENIENNE.

Les peintures sont faites au j)ineean et de deux couleurs principales. Les variétés du bistre servent pour les parties au trait : ainsi pour les ailes, les bras, les jambes. Les vases à décoration bistre siir fond blanc, fpii forment une classe [larticulière entre les lécythes polychromes et le type connu sous le nom de la ville de Locrcs, sont nombreux à Athènes. En général, peu soignés et consacrés à des scènes funèbres, ils diffèrent du type de Locres jjar la couverte qui est poussiéreuse et moins grise, par le dessin qui est moins noir et moins brillant; ils se distinguent des lécythes à plusieurs couleurs par l’emploi d’une seule teinte. Ici le procédé usité [)Our ces vases s’associe à l’emploi de teintes plus vives. Les vêtements présentent différentes variétés de la pourpre, les bordures étant en général plus sombres, les parties principales plus claires (i). Ainsi la peinture est [)oiychromc, mais elle l’est avec discrétion, et nous avons un des rares exemples jusqu’ici connus d’un intermédiaire entre la décoration bistre sur fond blanc et le procédé qui associe trois ou quatre couleurs vives.

Ce qui est plus rare encore, c’est la décoration d’une j^yxis d’après ce procédé; la couverte blanche ornée de figures polychromes ne se volt guère C{ue sur des lécythes. Nous devons enfin rcmarcpicr une troisième particularité ; ce mode de décoration est employé d’ordinaire j)Our des sujets (jLii se rapportent au cidte des morts, exposition, baiapie de (fiuiron, olfrandes. Notre vase offre une scène mythologique. A tons ces titres, il est une nouveauté intéressante. La doctrine reçue juscpi’ici sur la peinture polychrome décorant un fond blanc (2), bien que toul à fait confoi'ine à ce que nous apprennent los exemplaires que nous possédons, est destinée à être modifiée [)ar de nouvelles découvertes. Nous n’avons aucune raison de croire a priori (pic ce genre de peinture fût réservé au culte des morts; ce cpii est seulemcnL démontré, c’est (]ne les potiers le pratiejuaient beaucoup moins cpie la décoration rouge sur fond noir et la décoration noire sur fond ronge; il s’altérait facilement, et cette considération était importante. H semble aussi cpi’il resta le pri-

(1) Notre planche a été exécutée par M. Achille Jacquet avec tant de soin qu'elle rend très bien la variété des tons et fait comprendre les couleurs qui n’y sont pas indiquées.

(”2) Peintiires céramiques de la Grèce imopre, in-I, Thorin, t<S7i, p. 51. [Voyez ci-aessus, pp. (i;i et suiv., S.'l et suiv.j

PYXIS ATHÉNIENNE.

vilèg-c presque exelusif des Athéniens; c’est à peine si, en dehors de l’Attique, on peut citer depuis peu d’années quelques rares exemples qui proviennent de la Sicile et qui sont conservés au British Muséum.

Le moment de la léj^mnde de Persée et de Aléduse que l’artiste a choisi est facile à reconnaître (i). Persée, qui a reçu des nymphes les souliers allés, rrr/ivà. et le casque d Adès, x.uvr,, destiné a le

rendre invisible, vient d’arriver en volant au-dessus de la mer occidentale, près de la Nuit, au séjour des Gorgones. Athéna et Hermès, qui l’ont accom|)ag'né pour le protéger, l’invitent à [loursuivrc son entreprise. 11 s’élance sur le rivage, en détournant la tète; il ne doit pas regarder Méduse sous peine d’ètre pétrifié. Aléduse dort sur un tertre près d’un arbre, la tète dirigée du côté opposé à Persée, ce qui rendra la surprise [ilus facile. Le héros va la saisir; une autre Gorgone accourt pour prévenir sa sœur.

IjCS Gorgones habitaient la région des Hespérides (2); c’est ce qui explique l’arbre (pie l’artiste a représenté. Au-dessus de la tête de Persée, le jieintre a tracé des traits jaunes qui tombent verticalement juscpi’aux épaules (3); ils sont presrpie complètement effacés, mais on les retrouve en les ehercliant avec attention; on imagine facilement que la pluie d’or, qui eut une si grande [lart à la naissance de Persée, pouvait être figurée de la sorte. Telle n’est pas cependant la raison de ce nimbe primitlt. Le cascpie ([ul rendait le héros invisible répandait autour de lui un nuage qu’indiquent ces quelques traits :

^V.Trt ()£ TTÎpl /CpOTyèiOt'TlV aV5C/tT0;

/.£Ît’ "AiBo; x,’jv£ri vjx.to; G'pov alvov v/mnx.

Hésiode, Boucl. d’IIerc., 226-227.

Hermès n’a jjas encore les brodeejuins ailés; il les recevra de Persée, quand celui-ci aura achevé son entreprise; de même Athéna ajoutera à son armure la tète de Aléduse c[ue l’artiste a eu soin de ne pas placer

(1) Apollodore, liibltolhaca, H, 1, 2. Clavier, Bihliothcque cV Apollodoi'e, t. H, p. 232, résume les traditions conservées par les fragments de Phérécyde et le Scholiaste d’Apollonius, IV, V. 1091 et loi.'); cf. Hésiode, Bouclier d'Heve., v. 216 el suivants.

(2) Hésiode, Tkéofionie, 274-273; Homère, Iliade, W, 39.

(3) Notre planche ne reproduit pas ces traits derrière la tête de Persée ; ils, ont presque entièrement disparu, mais, a jour Irisant, on reconnaît sur l’engobe la place où ils étaient.

PYXIS ATHÉNIENNE.

sur l’égide, ce qui eût été uu contresens. La déesse n’est pas casquée, une stéphané enserre sa chevelure. Ln général, dans les représentations du mythe de Persée, Athéna, comme iei, a les traits d’une jeune fille. Les principales exceptions se voient sur des monuinents de travail étrusque, ou sur des peintures grecques d’époque récente. Sui' un miroir, Athéna casquée et Persée regardent la tête eoupée de Méduse, au lieu (pie, selon la légende, une telle curiosité eût été fatale au héros. Sur uu vase, Athéna, également cas([uée, accompagne Persée rpii montre la tête à Polydeetês pour le pétrifier; le style élégant de l’œuvre indique un temps où les vieilles croyances n’étaient plus religieusement respectées (i).

Poséidon assiste à laseêne, sans encourager le héros et en spectateur. Le caractère marin du mythe est évident. Persée, enfermé dans un coffre avec sa mère Danaé par son grand-père Aerisios, est jeté dans la mer et jjorté vers l’île de Sériphos, détails où les mythographes ont vu l’image du soleil naissant, encore caché dans l’obscurité du crépuscule et ballotté par les vagues au-dessus descpielles il va bientôt élever sa tète brillanle (2). Quand ensuite, pour répondi-c au défi de Polydeetês, il part à la recherche de Méduse, il ne peut commencer son entreprise qu’en s’adressant aux Phorkydes et aux Nytnphes. Les filles du vieux Phorkys, père de Scylla et des Sirènes, variété de Protée et de Nérée, ont été considérées comme une personnification des vagues blanchissantes et moutonneuses, terreur des matelots; elles sont certainement des divinités de la mer. Instruit et armé [lar elles, c’est à travers l’Océan que Persée prend sa course, et il vole juscpi’aux régions lointaines où le soleil à la fin du jour plonge dans les eaux. Tous ces détails suffiraient à cxplic|ucr la présence de Poséidon; mais une autre raison la justifie d’une façon encore plus précise. La légende disait qu’il avait aimé Méduse et qu’il était le père de Chrysaor :

T?, (MîcLj'j'rr,) -ape).É^a.To

h 'j.yJ.y.YM ).£'-acov'. -/.y.l avOerjov elapivorci.

( Throfjon i(’, 2 7 8-2 7 !> . )

(1) .Millin, Galerie mijihol., XCVl, 386*; XCV, 387*.

(2) Decharme, Mijthulotjie de la Grèce anlujae, p. 592.

PYXIS ATHÉNIENNE.

Une peinture de vase montre Poséidon accourant aux: cris des Gorgones après la mort de leur sœur (i).

Le tableau est parfait de grâce et d’esprit; on y reconnaît les qualités de l’art attiquc le plus pur; ce n’est cependant qu’un dessin rapide, tout à fait populaire, que le peintre a tracé très vite, une sorte d’esquisse. La nature de l’engobe demandait une grande sûreté de main et ne permettait guère les corrections. Il en était des vases blancs comme il en est encore des fresques; il fallait que le premier coup de pinceau fût le bon. Puis, pour ces œuvres d’une industrie très répandue, c’était l’effet d’ensemble et non le détail qui importait. Les négligences abondent. Le trident de Poséidon dépasse l’encadrement, de même la pluie qui tombe sur la tète de Persée; il serait difficile d’expliquer comment tient le chapeau d’Hermès; l’égide d’Athéna paraît être une pièce d’étofle bordée de serpents; les pieds de la déesse sont à peine indiqués. Ces fautes et beaucoup d’autres nous laissent indifférents; ce qui nous frappe, c’est la finesse et l’élégance d’Athéna, qui ressemble à une jeune Athénienne plutôt qu’à une déesse, l’entrain de Persée qui s’élance si vivement, meme trop vivement, la gravité de Poséidon et d’Hermès qui rappellent des types bien connus par les bas-reliefs funèbres d’Athènes, le naturel avec lequel repose Méduse, la jolie figure de sa sœur contrastant avec un mouvement brusque, reste de vieilles peintures, un mélange de sérieux et de sourire, de parfaite beauté et de légères exagérations ; l’artiste ne traitait j)as les pieuses crovances avec un respect suffisant. Le style Indique le début du iv® siècle. Dans ce genre de dessins polychromes sur fond blanc, nous avons déjà de très belles œuvres ; V Exposition qui est au musée des Arts industriels, à \ ienne (2); une autre Exposition et une femme assise près d’un tombeau au musée du Louvre (3); une Déposition [\) au ^ arvakeion à Athènes; toutes ces pein-

(1) Millin, ouvr. cité, XEV, 387*; Peintures de vases, II, 34.

(2; Publiée dans le troisième fascicule cleM. Benndorf, Griecliisclie imd siciüsche Vasenbilder, pl. xxxm.

(3) Gazette des beaux-arts, 1874, p. 12!*, peinture gravée pour les Céramiques de la Grèce propre. [Voy. le tome I, pl. xxv-x.xvi; tome II, p. lüü.]

(4! Gazette des beaux-arts, 1874, p. 132, peinture gravée pour l’ouvr. cité [tome I, pl. xxvii- XXVIII ; tome II, p. 102]; Collignon, Cataloque des vases peints du Musée delà Société archéologique d.. Athènes la Bibliotheijue des Écoles françaises d'Athènes et de Rome, 1877, fasc. iii.

PYXIS ATHÉNIENNE.

turcs sont d’iine entière sévérité : nous n’en connaissions pas jusqu’ici d’aussi parfaite où l’esprit eût une place, et ce n’est pas là un des moindres titres de cette pyxis à notre attention.

Tous les archéologues remarqueront à première vue combien cette manière de traiter le mythe de Pei-séc diffère des traditions habituelles à l’art grec. Des accessoires nécessaires font défaut. Persée ne tient pas de la main droite la faucille de diamant, qui quelquefois est ailée; s’il j)orte la -/.lêici;, elle n’est point apparente; le peintre ne figure que deux Gorgones et non trois; il choisit un moment de l’action qui n’est que le prélude du drame. Au milieu du miP siècle, quand fut décoré le coffre de Cypsélus (i), il en était tout autrement ; à la fin du vu® siècle ou au début du VI® de même, comme en témoigne une des métopes de Sélinonte. « Les sœurs de Alédusc, dit Pausanias, ont des ailes; elles poursuivent Persée qui vole (2). » A Sélinonte, Persée coupe la tète de sa victime. Ces deux moments sont ceux qu’a représentés l’art jjrimitif, parce qu’ils offraient les sujets les plus saisissants. Nous en avons de nombreux exemples sur les vases d’ancien style; je citerai en particulier, comme tout à fait remarquables, une amphore et un holmos du musée Campana au Louvre. Sur l’amphore, qui, sans aucun doute, a

p. 181, n“ f)31. Voyez aussi Peintures céramiijues rie la Grèce propre, in-i, 7'horin, 1874, p. 17 et suivantes [ci-dessus, pp. 69-102.]

(1) Vers la x® olympiade, date incertaine, mais admise comme vraisemblable par beaucoup d'archéologues. [Voy. le tome I, p. 222, oii fauteur a adopté une date un peu moins reculée.]

(2) V, 18, 0. At 6à àOs),cpal Msôotj'jriç È'you'ja'. TTTSpà TrETÔixsvov Ihpasa slol S'.wxo'j-ja'.' xô ôÈovoij.ot ètcI TW UzonzZ yé'foxTz~%’. Pausanias est bref; il parle d’une scène qui était connue do tous. Le tableau qu’il ne fait qu’indiquer est celui qu’lIésuDde décrit longuement [Boucl. d'/lerc., 216 et suiv.). Il est remarquable que tous les détails de la scène rappellent des monuments d’ancien style et que le poète n’eùt pas parlé d’autre sorte s’il avait eu sous les yeux des peintures ou des bas-reliefs comme ceux que nous possédons dans nos musées.

’Kv ô’ rjv •(’iüx'jixo'j Axvir,; téxo;, t-7tÔTX IlEpTE'j;...

Persée est plusieurs fois représenté à cheval, en particulier sur une applique de terre cuite trouvée à Milo et conservée au Brilish Muséum (.1 r/uide to the second vase rooni, 1878, p. 67; .Millingen, Imed. mon., pl. II j.

. -OTtIv zyz TtTîpÔEVTX TlÉOl.'Aa.

’'t2[xo'.'ï'.v 0’ ô [xÈv àa'Ÿ'. ixe/.ocv^etov xop exe'.to yxKv.zrj'i Èx Tî'Aaawvo; .

Il porte une épée au côté, indépendamment de la faucille, sur un vase de la collection

11(3 PYXIS ATHÉNIENNE.

éU' restaiH-ée, Persoc vient de teaneher la tete de Méduse (i). Sur rholinos il est poursuivi par les Gorgones immortelles, Sthéno et Euryalc (2).

Méduse et sa sœur n’ont pas ici le type hideux qui était consacré par les légendes et les monuments. « Leurs tètes étaient hérissées de serpents; elles avaient des dents comme des défenses de sangliers, des mains d’airain et des ailes d’or, à l’aide descpielles elles s’élevaient dans les airs (3). » Ainsi s’exprime Apollodore. Dans l’Iliade (4), la Gorgone est nn horrible monstre à la face épouvantable. Quand Ulysse vient d’é\oquer les morts, il craint c[ue Perséphoné ne lui envoie la tète de la hideuse Gorgone (5). Hésiode dans le Bouclier et dans la Théo-

Dnrancl; de Wilte, Catalogue, ili3. Ce qui suit est si complètement d’accord avec les représentations ordinaires que toute remaiaïue serait superflue.

. 6 5’ WGTe VÔTjU.’ èTTOTaTO.

IMv 8à ii.3T(xtppsvov tlyz ôï'.voXo

l'opyo'j;. ûé xié'.'j'.i; Oée, ()xup.a l^siOai,

A'j-o; 3è fjr.v'jOwxi. x.al èppiyov:'. Êot.xw? llEp'îsùç \7.yy.tùr^i ÈTiTaîvETO. Txl ôà [j.E'ï’ aOtov

l'opyÔvs; à-'/,r|TOÎ T£ y.xl o'j yXTxl ÈppWOVTO, tÉ[J.£Va'. [XaTCEElV. . .

[/ioucl. d’IIerc., 2 10-231.)

Bien que cette description soit celle d’un bouclier imaginaire, il faut, dans l’iiistoire des représentations du mythe, la placer à côté du coffre de Cy})sélus et de la métope de Sélinonte.

(1) Amphore à ligures noires, du musée Campana. Deux Gorgones de face, portant de grandes ailes anx épaules, de petites aux pieds; la tète entourée de serpents. D’un côté est Hermès tenant le caducée HEPMI5; de l’autre un personnage à tète de sphinx, ailé, à genoiix, se soutenant sur les mains. Monumenti dell' Inst., t. YIII, pl. xxxiv, f. 2; Annali, 1866, p. Ml. [Voy. le tome 1, p. 333, n® 1.] Ce dernier personnage est très étrange; sur un vase de la collection Steuart, qui rei)résente le même sujet, on voit un personnage dans la même altilnde, mais la tête est tranchée; Annali, 1851, pl. P. Cette partie du vase a été restaurée, et, selon toute vraisemblance, l’ouvrier a cru devoir ajouter une tôle au cou qu’il ne com- ])renait pas. [Je crois que l’explication la plus naturelle est celle que j’ai proposée dans le tome I, p. 333 ; c’est la tète de Chrysaor sortant du col de Méduse décapitée. Yoy. la note -3 de la p. 1 17. j

(2) Holmos ou lébès sur un grand pied. Hermès, Athéna jeune, non armée, la tête couverte d’un voile; Méduse, la tête tranchée; deux Gorgones à ligures monstrueuses; Persée s’enfuyant. [Voy. le tome 1, p. 337, note 3.]

(3) .\pollodore. H, 2.

(5) Odgss., XI, 631.

PYXIS ATHf:NIENNE.

gome (i), Eschyle dans le Promélhée (2), ne s’en font pas une autre idée. Les deux: vases du Louvre c[ne nous avons rappelés sont eonformes à eette tradition; il en est de même de beaiieoup d’autres, par exemple d’un cotyle de Tarqninii que Staekelber" a pnblié (3), d’une amphore du musée Blaeas, dessinée par Panolka (4), d’nne amphore que Micali reproduit dans ses Monunienti inediti (5), etc. On connaît du reste les monnaies d’Athènes, de Corinthe et de Coronée.

Dans la suite des monuments qui représentent Méduse, notre pyxis appartient à une époque de transition. La sœur qui accourt a le type grec; la figure, bien qu’endommagée, paraît avoir été d’une beauté régulière. iMéduse n’est plus monstrueuse; elle ne tire pas la langue, elle n’avance pas deux longues dents semblables à des défenses de sanglier, mais elle est encore très laide. Le front bas et fuyant, le nez camard, la bouche saillante, les yeux petits rappellent des satyres et certains types étrangers, particulièrement les Gcrcopes, que les vases du iv“ siècle ont souvent représentés. L’art va faire un progrès de jdus : il montrera 3Iéduse, la figure parfaitement belle, mais contractée {)ar la douleur et mourante. Toute une suite de monuments permettent de

( l) La Théogonie n’insiste pas sur le caractère hideux des Gorgones, mais il est évident que pour le poète Méduse est le ôsivov Tié/.ojpov du Bouclier et de Vlliade.

(i) 6pïx.ovT'j|j.-/AAoi ropyôvsç ^pOTOi-'jyEt!;,

S; OvTiTo; oOoî'.; e'.ct'.owv -xvodi.

(3) Cotyle de Tarquinii, de style ancien : d’un côté l’ersée, coiffé d’un pétase ailé, portant des ailes aux pieds et tenant une harpé égalemenf ailée, est en face de la chimère ; de l'autre. Méduse courant, la tête coupée; une petite figure (Chrysaor) s’échappe du cou; serpent à trois têtes i Stackelberg, Dû; Græber der Ilellenea, p. 33, pl, XXXIX). Rapprochez de cette peinture un sarcophage de Golgos ; Méduse courant la tête coupée; on voit sortir du cou Pégase et Chrysaor; Persée s’éloigne lentement du côté opposé, tenant sur l’épaule, au bout d'un bâton, la (Cesnola, Cijprus, p. 111, pl. x).

il) .\mphore à figures noires : Persée portant le pétase et des ailes aux pieds, armé de la harpé et tenant la s'enfuit à droite; à gaucho. Méduse ailée, courant, la tête coupée;

elle est vêtue d'une simple tunique (Panofka, Musée Blaeas, pl. XI).

(3) Amphore de très ancien style ; l'erséc et Gorgone courant. Le héro.s, \ètu d’une tuniipie sur laquelle retiunhe une i)oau de panthère, tient la harpé; il a des ailes aux pieds, non au pétase. La Gorgone hideuse est ailée et vêtue d’une longue tuniijue recouverte du péplos (Micali, Mouumenti inediti a Uluslrazione délia storia degli anlichi popoli italiani, 1811, pl. XLIV).

lis

PYXIS ATHÉNIENNE.

suivre ce changement lent, depuis le type de Sélinonte jusqu’au basrelief de la villa Ludovisi (i) et à la Aléduse Rondanini (2). Un maibre, qui est, je crois, peu connu, mérite d’ètre rappelé ici; il provient d’Athènes, d’où il a été rapporté au Louvre ])ar M. Poujade ; il est comparable pour la vérité et la noblesse aux plus belles tètes de Aléduse mouranlc (3). C’est un fort relief qui devait être {)osé en a[)plique; les yeux se ferment à demi; la bouche exprime une profonde souffrance; les cheveux forment de fortes mèches, reste des serpents d’autrefois, au

lieu que la chevelure de la Aléduse Ludovisi Hotte comme celle d’une héroïne moderne. Une aile élégante s’élève sur la tète. Quelques pierres gravées reproduisent un type du même genre. Je renvoie au récent mémoire où Al. Dilthey a étudié cette dernière forme du type de Aléduse.

Les i-eprésentatlons du mythe de ICu'sée ou sont plus anciennes ou sont plus récentes, sinon par la date, du moins par le style et les traditions suivies, que le tableau que nous publions. Je n’en connais qu’une seule ([u’il faille rapprocher de cette peinture : elle se voit sur un vase de Capoue, dessiné en 186G dans les Motmmenti (4). Les Gorgones ont des ligures humaines, sans rien de monstrueux; elles sont couchées. L’artiste ne s’est [)as conformé au nombi'e classicpie, il en a [jelnt quatre et non trois; un arbre inditpie le lieu de la scène. Plusieurs détails diffèrent, mais la parenté est éxidente. l.,e vase de Capoue n’a [joiid de valeur d’art; c’est un travail assez grossier, probablement une imitation d’œuvi-c grecque; il prouve du moins que noti'e tableau — si original qu’il nous puisse [)araître — Ji’était pas dans l’antiquité une exception, mais appartenait à tout un ordi'c tle compositions dont nous retrouverons d’autres exemplaires de la bonne époque.

Ces quehjues remarques suffisent, croyons-nous, à montrer que cette pyxis est une nouveauté dans la série des vases blancs à ligures poly-

(1) Dillliey, Mednsa uiorihonda in villa Ludovisi {Annali, 1871, pp. :212-;238). [Le travail le plus récent est celui de M. .1. Six, üe Gorgonv, 1887; voy. aussi l’article de M. Furtwaengler dans le Lexikon der Mglhologie de Uosclier, pp. 169a et suiv.; Ilomolle, Bull, de Corr. hellénù/iie, 1888, pp. 170 et suiv.]

(2) Liitzuw, Zeilschrifi füv bildende h'unst, 1870, p. 61, avec une ligure. Tète de face avec doux ailes, des serpents sur le cou et dans les cheveux.

(3) jll a été publié par M. Frœhner dans les Musées de Avance, 1873, pl. 2a.]

(l) T. VIII, pl. .\XXIV; Annali, 1866, p. ,it3.

PYXIS ATHENIENNE.

chromes et qu’elle permet de modifier, à plusieurs égards, la doetriiie reçue jusqu’iei pour cette partie des études céramiques. La manière dont le sujet est traité n’est pas moins nouvelle; ce tableau devra tenir une plaee importante dans toute étude comparée sur les représentations du mythe de Persée et des Gorgones.

T. II

VASES GRECS TROUVÉS A MARSEILLE

(Extrait du Bulletin de Correspondance hellénique, 1884, p. 188.)

I. Le vase reprocluiL dans la vignette ci-jointe (p. 121), (ig. 11, B, est conservé au musée du clifiteau Borély à Marseille; il a été trouvé en 1887, en creusant le bassin de carénage et donné au musée par ]M. P. Trabaud. J’en dois le dessin, comme celui du vase (lig. 12, G) et le plan de la nécropole (fig, 10, A), à M. Ilippolytc Augier.

Cette œnochoé primitive, haute de o"’,i95, de couleur grise, est décorée sur le bec, sur le col et sur la panse, de rubans plats de couleur rougeâtre qui se succèdent parallèlement les uns au-dessous des autres; au dernier ruban se rattachent des godrons formés d’une partie centrale qu’entoure un liséré moins large. Ce type d’œnochoé est surtout connu par les découvertes de Santorin et par des exemplaires qui proviennent de Milo. Il appartient aux plus anciennes céramiques, puisque ces vases se sont rencontrés à Santorin dans des constructions antérieures au cataclysme qui a donné à l’île la forme de croissant qu’elle a encore aujourd’hui (1). Aucune œnochoé exactement semblable n’a été trouvée à llissarlik; mais on constate dans cette céramique les principaux éléments de ce type, surtout le col effilé et l’usage de marquer les seins; la panse est plus lourde et moins élancée, le col en général droit ou très légèrement incliné. Il est facile d’admettre que les formes en usage à llissarlik ont pu, par un progrès naturel, [iroduire des œnochoés pareilles a celles de Santorin; il ne serait même pas surprenant cpi’on

(1) [Voy. le tome I, pp. U) el suiv., pl. i cl ii.]

VASES GRECS TROUVÉS A MARSEILLE

en trouvât un jour des exemplaires à coté d’objets qui appartiendraient certainement à l’époque d’Hissarlik, surtout à la lin de cette époque.

Fig. 10 A 12.

Les œnochoés de Sautorin ne diffèrent que par des détails accessoires de celle de Marseille. .l’en ai décrit onze exemplaires (tome I, pp. 21-22),

VASES GRECS TROUVES A MARSEILLE

sans compter les formes qui se rapprochent plus ou moins de celle-là. Ces vases sont élégants; le potier s’y applique à reproduire divers détails de la forme humaine ; il marque les seins par deux légères proéminences, le mouvement de la gorge par celui du col, quelquefois les oreilles par un dessin primitif; il indique un collier autour du cou.

La collection de vases découverts dans les tombeaux de Mycènes offre deux variétés de ce type : une petite cruche à une anse et à col renversé, recouverte d’une teinte rougeâtre, avec deux proéminences sur le devant et en haut de la panse; un genre de cruche à panse plus forte décorée de bandes horizontales et verticales (i).

A ces vases il faut en ajouter quelques autres qui proviennent en général des Gyclades. Ils sont conservés an British iMuseum, au Louvre, au Cabinet des Antiques, au musée céramique de Sèvres (2), et au Varvakeion à Athènes (3). C’est exactement le type de Santorin, mais l’imitation de la forme humaine est moins précise dans le détail, et les seins ne sont pas indiqués ou le sont à peine. J’ai décrit huit exemplaires de ce type auquel je propose de donner le nom de Milo, par cette raison que trois vases de ce genre conservés à Sèvres proviennent de Milo. C’est à cette classe qu’appartient la cruche de Marseille ; elle est donc par le style d’une époque plus récente que les vases de Santorin et de Mycènes. Il est en effet. certain que cette forme, qui remonte à une si haute antiquité, est restée en usage durant un temps très long, mais avec quelques changements de détail. On notera que les rubans horizontaux, sur lesquels s’attachent des ridjans verticaux, se constatent sur l’œnochoé de Marseille comme sur plusieurs exemplaires du type de Milo.

Comme on le voit, nous trouvons à Marseille un genre de vase c[ui nous reporte aux origines memes de l’industrie hellénique. Sans vouloir déduire d’un seul fait des conclusions générales qui seraient prématurées, il est intéressant de montrer que ce type a été assez longtemps en

(T) Voy. tome I, p. 48, premier et sixième tombeau, vases reproduits par MM. Furtwaengler et Loeschcke, Thongefaesse, Berlin, 1879.

(2) Tome 1, p. 39.

(3i Collignon, Catalogue des vases peints du musée de la Société a7'chéologigue d'Athènes, 11““ 1 et 2.

VASES GRECS TROUVÉS A MARSEILLE

usage sur ce point de la Méditerranée pour s’y modifier sensiblement et même s’y déformer; c’est ce que prouve, croyons-nous, rœnochoé que nous reproduisons dans la fig. 12, C.

Le vase C, haut de 22 cent., provient d’e.xcavations faites en 1866* dans la rue de la Républitpie, aux environs de la place Centrale; le travail en est grossier; l’anse plate est ornée de chevrons imprimés dans la pâte; la panse, de lignes symétriques qui représentent une sorte d’aréte. La forme est une dégénérescence de celle de l’œnochoé découverte au bassin de carénage. Ce vase procède du type plus ancien de Santorin et de iMil O. C’est là ce qui fait l’intérêt de cet exemplaire qui, s’il était isolé, n’aurait que peu de valeur et mériterait à peine d’ètre signalé aux archéologues.

IL La nécropole, dont la figure A donne le plan, d’après M. Augier, a été découverte en janvier 1880, au quartier de la Bclle-dc-Mai, près du chemin vicinal de Saint-Joseph. M. Penon, directeur du iMusée, a consigné dans un rapport au maire de Marseille le détail des fouilles. Nous empruntons à ce rap})ort les remarques cpii suivent :

N” 1. — Lo n“ i (lu plan indique les surfaces de terrain non fouillées.

N'“ 2. — Tranchées de fondation pour la maison qui portera le 11° 28, chemin Saint- .1 0 sep h.

N“ 3. — Chemin vicinal de Saint-Joseph, ancien chemin du Canot.

N“ 4. — Urne cinéraire en terre grise, brisée et perdue.

N“ O. — Tombeau avec squelette. Il contenait un alabastron (haut. 0“,.33), et une lampe en terre (diam. 0“,08).

N" 6. — Urne en plomb appuyée sur le tombeau n” 0. La forme rappelle celle de vases serhblables découverts au bassin de carénage.

N" 7. — Tombeau. Les travaux ne font pas découvert entièrement; 011 a pn cependant en retirer une amphore à forte panse, à figures rouges sur fond noir. Haut. ()"',31. D’un côté deux femmes debout couronnées de lierre; l’une tient de la main droite un tliyrse, de ta main gauche un canthare; l’autre porte une torche et avance la main droite. Sur la seconde face deux jeunes (?) hommes debout, enveloppés dans de larges manteaux. Au bas, bordure formée d’une grecque; sur le col guirlande do rinceaux et de feuilles. Stylo peu soigné du iiC siècle. Ce vase était placé à gauclie pri'S de la tète du mort.

N” 8. — Tombeau avec squelette; il renfermait quatre petits vases en albâtre (forme comme de l’alabastron) plus ou moins endommagés et une jtctite coquille dite pèlerine.

N" 9. — Urne en terre grise.

VASIiS GI{ECS TROUVES A MARSEILLE.

N“ 10. — Auge carrée en pierres et briques contenant deux vases peints à figures rouges: 1" une sorte d’œiioclioé à large col, recouverte d’un vernis noir très tin; autour du col, élégante guirlande de feuillages; 2" œnochoé qui rappelle les formes ^ canipaniennes de la bonne époque; sur le col, deux lignes de palmes placées les unes près des autres; sur la panse, jeune guerrier armé, debout, tenant d’une main une lance, de l’autre une patère qu’il étend vers une femme également debout qui tient un vase de la main droite; derrière ce premier personnage, autre figure de jeune homme debout, vêtu de la cbiamyde, tenant deux javelots, un vaste chapeau rond suspendu sur le dos, sujet commun; travail médiocre de la fin du iiU siècle environ. Cette auge doit avoir apjiartenu à l’un des tombeaux voisins, peut-être au tombeau n“ 8. Un sait qu’il a été d’usage chez les Grecs de ménager quelquefois ainsi à côté d’une sépulture une sorte de petit magasin construit avec soin, où l’on disposait divers objets qui étaient comme le mobilier du tombeau.

jN" il. — Ossuaire en jiierre calcaire, à incinération (?). Il était appuyé sur l’un des angles du tombeau 11“ 12.

N" 12. — Tombeau de moindre dimension contenant un squelette d’enfant.

I\“ 13. — Ossuaire (?) en pierre calcaire appuyé sur le tombeau 11“ 14.

N" 14. — Tombeau avec squelette de femme. 11 renfermait les divers objets suivants. A gauche de la tête un petit vase à une anse, décoré de lignes noires formant quadrillé ( haut. 0"’,i0). Uu coté droit, trois fragments en bronze, probablement d’épingles. Vers la main droite, une espèce de cube en pierre avec ebilfres ou signes gravés XIII (0“,05). Au-dessous fragment en ivoire, partie de fuseau (0'“,08). Vers la main gauche, une petite brique ronde et percée, qui peut-être servait de poids pour un métier à tisser (0“,04). Ces sortes d’objets, dont la signification est mal connue, sont fréquents dans les tombeaux; celui-ci semble bien se rapporter ou au costume ou aux travaux habituels de la défunte.

Un dernier tombeau a été aperçu en dehors de la tranchée vers le chemin et n’a pas été fouillé. Enfin, dans les terres de déblai, on a trouvé un fragment de fiole de verre bleu et jaune.

« Toutes ces sé[)ultures, dit M. Penon, se trouvaient à environ 2“,50 au-dessous du niveau actuel du chemin de Saint-Joseph, et à 6 mètres environ au-dessous du niveau des terres formant la butte qui a été fouillée. Huant à l’orientation, la tête était en général à l’orient, les pieds à l’occident, fune des sépultures était disposée du nord au sud. La partie sud-est des terrains n’a amené aucune découverte. Il est certain que si les fouilles avaient pu être continuées vers le nord-ouest, elles auraient été fructueuses et pleines d’intérêt. L’éloignement de ces sépultures des terrains de l’ancienne enceinte de Massilia est une preuve ({u’elles n’appartenaient pas à la ville, mais bien cà quelque bourgade voisine. »

Il laut être très reconnaissant à MM. Penon et Augier de nous avoir conservé ces détails précis. Les fouilles de 1880 avaient fait découvrir une véritable nécropole (pi’il eut été intéressant d’explorer pins coin-

VASES GltECS TItOUVES A M A I{ S E I LL E.

|)lètemeiit. GeUo nécropole présenlail nn mélange d’objets de périodes différentes, des corps brûlés et d’antres simplement inhumés; elle était d’une époque relativement récente.

On sait combien sont rares les vases grecs, ornés de peintures, qui ont été découverts au delà des Alpes; il n’est pas surprenant qu’on en trouve à Marseille, qui a été longtemps une ville greccpie florissante; il est cependant Intéressant de constater le fait. MM. Bertrand et de Witte ont donné le catalogue des exemplaires de ee genre qui proviennent de la Gaule; c’est une liste très courte que te musée Borély [)ermet d’enriehir (i).

Je ne crois pas que les vases à figures peintes de IMarsellle soient antérieurs à la fin du iv'" siècle et au iii'" siècle; mais ils peuvent être plus récents. L’époque où finit la fabrication des vases à figures rouges est encore mal connue.

Aux exemples trouvés à la Bcllc-de-Mai, il faut ajouter des fragments (jul se voient au musée et qui sont d’un style large. Ils proviennent du Idiaro (1876) ; on y remarque des figures de face, des femmes de face avee la poitrine nue, un buste de femme recouvert de vastes draperies, avee une abondante chevelure qui tombe sur les épaules. Les peintures plus ou moins soignées offrent tous les caractères d’un style (pii a produit de belles œuvres à l’époque macédonienne.

(1) Bertrand, Archéologie celtique et gauloise, Paris, LS76 [Les Vases de Hodenhach et de Somme-Bionne , p. 353); de Witte, Bulleliu de la Société des antiquaires de France, 1876. 2 février; note sur les vases grecs trouvés au delà des Alpes : 1“ Somme-Bionne (Marne), coupe à ligure rouge : personnage nu courant de droite à gauche, tenant un disque qu’il s’apprête à lancer, iiP siècle; 2" Bodenbach (Bavière Rhénane), canthare ii figures rouges, décoré de rangées de palmes et de divers ornements, tj’pe de Gaglie et de Gnatia, iiP siècle environ (Lindenschmit, Die \lterthihner aus der hcidnischen Vorzeit, t. 111, i)artie v, pl. I); 3“ vase à peu près semblable décoré de lierre et portant deux colombes, trouvé en Bavière, vu chez le professeur Thiersch Munich par M. de Witte en 1838; Mém. cité. p. 63; i® deux fragments provenant de l'amphithéâtre de Aimes : éphèbe armé de deux javelots, partie supérieure d’une tète et de deux ailes; de Witte, Mém. cité, p. 63; 5° petit lécythus trouvé près de Voiron (Isère), décoré de palmettes noires.

Pour compléter cette liste, M. Bertrand me signale un canthare semlilable à celui de Uodenbach, trouvé dans un tumulus gaulois do Gourcelles-en-Montagne, aux environs de Laugres, et deux coupes du Petit Asperg, tumulus gaulois aux environs de Stuttgart.

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