ASSYRIE
Les quelques figurines assyriennes que jjossède le Louvre proviennent de Ixhorsabad. La terre grossière, grumeleuse, d’un gris foncé, facilement friable, est fouettée de hachures, comme celle desi briques et des vases d’usage commun, « à cause des brins de loin avec lesquels elle paraît avoir été gâchée » (i). Victor Place a également trouvé à Khorsal'ad des terres cuites d’une pâte jaune pfde. A ces deux catégories il faut ajouter des figurines d’une terre rose, cuite au feu, (pii ont été rapportées de Nimroud au BriiisJi Muséum par Loftus (^'). 11 semble, d’après les exemplaires de Ixhorsabad, que le potier ne se soit pas servi de moules, mais (pi’il ait modelé en plein dans l’argile. IMnsienrs morceaux gardent des Iraces de couleur bleue, noire, etc. Six des terres cuites de Ixhorsabad ont été trouvées dans des cachettes construites avec soin, sous le sol du ]>alais, |)rès des poi'tes. Elles avaient été labri- (fuées pour des demeures rovalcs ; elles n’ont donc rien de populaire, c’étaient des amulettes j>rotectrices des édilices. Gel usage, constaté à
les pierres gravées de .Alycènes et d’autres inlailles trouvées dans les Gyclades. Il serait facile de multiplier ces remarques ; je les fais seulement pour indi(pierpar quelques exemples ([ue l’on peut prévoir le moment oii, grâce aux progrès de l’archéologie, tous ces objets de Mycènes, qui ont paru si étranges loi’s de leur découverte, pourront être rapprochés d’objets analogues dont la date relative sera fixée, et qui seront ou d’origine grecciue ou d’origine orientale.
(I) lleuzey, Cataloijiœ, p. ES.
(“2) Divinités à quatre ailes.
TERRES CUITES ORIENTALES
Khorsabacl par Botta, l’a été à Niinroud par Georges Smith, à Garni ros par Salzinann, à Tello par M. de Sarzec (i).
Les figures sont celles des bas-reliefs assyriens; elles en reproduisent le costume et le style : dieu assyrien coiffé d’une tiare à deux paires de cornes; démon à tête de carnassier, les jambes terminées par des griffes d’aigle; personnage mythologique (2), peut-être Istubar, tel qu’il se voit sur les portes de Khorsabad, n’étouffant pas un lion, mais posant les deux mains ouvertes contre un pieu dressé devant lui (3). A ce sujet M. Heuzey remarque, d’après les bas-reliefs de Londres qui permettent une étude plus précise, qu’en général Istubar ne tient pas le pieu, mais le touche seulement; ce qui paraît indiquer un acte d’adoration. Ces figurines sont intéressantes comme donnant une idée exacte de ce qu’était une partie de ta céramoplastique à Ninive vers la fin du VIII® siècle. Le palais de Khorsabad a été construit par Sargon (721 à 704).
Comme exemple de terre cuite populaire, on peut citer une figure du Louvre à peine ébauchée; c’est un buste grossièrement modelé à la main et placé sur un cône creux; pour représenter le profil, l’ouvrier s’est borné à presser une boulette de terre; les bras, étirés en boudins, sont repliés sur la poitrine; des points triangulaires semblent indiquer un collier; un plastron est rayé de traits croisés. La facture rappelle les figurines les plus grossières de Dali dans l’île de Chypre. Le cône creux se ra})proche beaucoup du ^oavov, avec lequel il est facile de le confondre dans les œuvres d’un travail négligé (4).
Les animaux, que l’art assyrien excellait à reproduire, ne sont rcjirésentés au Louvre que pai’ des exemples insignifiants ou par des terres émaillées. Le Bntish Mmewn possède des tablettes, dont l’iine, recueillie à Birs-Nimroud par le général Rawlinson, nous montre un homme et un chien; ce chien est modelé d’une manière si exacte qu’on a cru pouvoir
(Ij A Tello, les figurines sont en bronze; Heuzey et de Sarzec, Fouilles de Chaldée, dans la Ilev. archéol., nov. 1881.
(.-] Heuzey, luçjurines, pl. I, fig. 1, 2, 3. Voy. au Ihûlish Muséum, une statuette de Dagon; Perrot, Hist. de l’art, t. H, p. 527.
(3) oy. les bronzes de Tello; de Sarzec et Heuzey, Jtécouvertes en Chaldée, {>1. 28.]
(i) Longpérier, Notice sur les monuineuts assyriens, n" 292; Heuzey, Figurines, pl. iv, lig. I.
ET GRECO-ORIENTALES
y reconnaître une espèce existant encore de nos jours dans l’Asie centrale (i); line antre tablette porte un lion dévorant un taureau. Assourbanipal avait fait modeler en tei*rc cuite ses meilleurs chiens dont les noms, écrits en caractères cunéiformes, se lisent encore sur ([uelques figurines (2). Une autre série assyrienne manque au Louvre : celle des maquettes qui servaient de modèles aux sculpteurs. JM. Perrot en décrit un remarquable exemple qui provient du palais d’Assourbanipal, un roi attaqué de deux cotés par des lions (3).
Ln résumé, si peu nombreuses que soient les terres cuites découvertes jusqu’ici en Assyrie, elles se divisent ainsi qu’il suit : 1" figurines grossières, qu’on peut rapprocher de certaines œuvres chypriotes de style primitif; 2” images de divinités protectrices, présentant tous les caractères de la bonne sculpture assyrienne du mii'^ siècle; 3" animaux, dont les types principaux appartiennent au vu® siècle; 4“ macpicttes qui servaient de modèles aux artistes |)Our de grands ouvrages.