‹ Les céramiques de la Grèce propre (volume 2)Chapitre 22 sur 48 · TERRES CUITES GRÉCO-RARYLONIENNES · texte numérisé non relu

TERRES CUITES GRÉCO-RARYLONIENNES

L’ordi'C géographique nous oblige à placer ici des figurines relativement récentes, qui ont été fabriquées dans la vallée de l’Euphrate à l’époque de la domination macédonienne et plus tard. On sait jusqu’à queire date tardive l’hellénisme a exercé une influence sérieuse sur ces pays (4). Ces statuettes arrivent souvent dans nos musées mêlées à des terres cuites des anciens empires de Chaldéc. Ce sont, en général, des moulages creux, faits de deux j>ièccs, d’une terre grise facilement friable. La pâte en est aussi parfois rouge, rose ou jaunâtre. La collec-

(1) Layard, DIscuveries, p. o37; Rérodole, I, cxcii; Perrot, I/lst. de l'arl, t. II, p. 357.

("2) Rawlinson, Five gren! monay'chies, t. I, p. 23 i; Perrot, HisL de l'art, t. II, p. 5,58.

(3) Perrot, Hht. de l'art, t. II, p. 528. Voy. encore d’autres modèles de petite proportion, iljîd., et p. 22 i.

( i) Gf. Dumont, Sur un poids grec trouvé à Ihihgloue, tlo l'année 55 avant notre ère, dans la Revue arcli., 18(59. Légendes grecques sur les médailles, au iP siècle de notre ère; Longpérier. Œuvres, t. I, p. 309 et suiv.; Waddington, Mélanges, IP série, p. 77. .\u Louvre, bricpies de Tello, du p" siècle de notre ère, portant, en inscriptions bilingues, les noms de rois de Characène.

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lion que possède le Loiivi’e provient siiidout de Hillali et se compose d’une centaine de pièces. Il faut d’abord mettre de côté de simples répliques de motifs grecs et gréco-romains qui n’offrent qu’un médiocre intérêt. Ce sont des œuvres communes, qui n’ont de valeur ni pour le style ni pour le sujet : Apollon cilharède, Hercule nu, éplièbc nu, femme nue tenant une lyre, Éros, etc. Nous devrons faire une classe à part pour des figurines qui représentent des enfants ou des hommes armés en costume national, et aussi pour les dieux cavaliers (i) qui se rapportent à des cultes locaux, quand les exemplaires seront plus nombreux. Les pièces importantes se divisent en trois classes principales : [“femmes nues debout ou couchées; 2“ cônes terminés par un buste d’homme ou de femme; 3“ masques. P. Delaporte a recueilli des exemplaires de ces trois séries dans une sépulture de llillah qui contenait six tombeaux. Nous avons son journal de fouilles. Les masques étaient accrochés symétriquement aux parois des tombeaux; les cônes aussi, mais sans ordre. Une statuette se voyait près de la tète de chaque mort; elle était en albâtre, mais tout à fait semblable à jdusicurs des terres cuites tjuc nous j)OSsédons. Les femmes nues de terre cuite s’exj)liquent par les figurines d’albi'drc qui sont du même genre (2), mais plus ornées. Le caractère funéraire en est évident; ce sont des représentations récentes des antiques divinités babyloniennes et en particulier de celle que l’on est convenu d’appclci’ Anaïtis, Bsà oùpavia (3). Ces poupées axaient des bras mobiles, selon un usage que nous constatons souvent dans l’histoire de la céramoplastique.

Il faut admettre que rinlluencc des divinités de la Chaldée a été considérable dans l’Asie antérieure et dans les pays xoisins, si l’on remarque cpic les Assyiâens ne représentaient pas le nu et que les Grecs ont reproduit si tardivement les déesses déjiouillées de tout vêtement. 11 est naturel de rap[)rocher du vieux type chaldécn toutes ces grossières idoles de marbre qu’on trouve dans l’archipel et qu’on apjiellc d’ordinaire cRricnnes. Thiersch et Ross les ont décrites les premiers (4). C’est aussi

(I] Il faut les rapprocher du dieu iMôn, 11““ 131-181).

Exemples de femmes drapées debout ou assises, 11“'* 91-107.

(3) Cf. Fr. LenormanL, Gdzetle archrologique, tome II, pl. iv, v, vi, p. 10.

(i) Fr. Lenormanl, /Premières cwiUsalions, t. II, p. 370.

ET r.REGO-OHIENTALES.

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ce type {|ui a donné naissance aux ngiires de feinines d’un réalisme grolesque, aux formes exagérées juscpi’à la caricature (i), que l’on trouve surtout en Orient et à Gliy[)re. Ces statuettes, (pii ont souvent un sens religieux, ne s’expliquent (jue par les habitudes d’un culte très ancien, auquel la représentation du nu était familièi'c. Enfin, il est difficile de ne pas rapporter encore plus à la Chaldéc (pi’à l’Egypte le tv{)e premier des déesses (pii se pressent les seins, attitude que l’arcliaïsme grec a si souvent reproduite. Ea plupart des terres cuites de la Babylonie et de la Susiane sont la dégénérescence tardive de modèles de la plus haute antiquité; mais, par la persistance meme des sujets, elles aident à mieux comprendre l’influence qu’a exercée sur le monde antique tout entier la déesse mère des Chaldéens telle (|ue les figurines et les cylindres la représentent.

T^cs statuettes de femmes accoudées dans l’attitude des convives antiques ne doivent pas être séparées des figures semblables en albâtre; c’est le même type et la même représentation. Les unes sont nues, les autres enveloppées des pieds à la ceinture, ([uel(|ues-unes vêtues d’une tuni(pie longue,- elles portent, en général, une coiffure recourbée en forme de bonnet phiygien; (pielquefois le coude repose sur un coussin; on volt même les [deds du lit. Le bras droit est replié en avant; la main ouverte tient une offrande, ou va en recevoir une. Les figurines d’albàtre sont souvent relevées de filets d’or, (jui indi(pient les bijoux; l’une d’elles porte un croissant dans la chevelure. Ces statuettes doivent être rap[)rochées de la série des marbres grecs, qui représentent des bamjuets funèbres et des dieux devajit une table.

Loi tus a publié une figurine de terre cuite, de basse épo(pie (2), (|ui montre un guerrier à demi couché; sur un lit et tenant une patère; c’est une attitude bien connue par les tombeaux grecs, étrus(pies et romains. Sur les marbres gi-ees (pii représentent des baïupiets funèbres, les personnages, assis ou accoudés devant une table, sont des mortels; la (piestion est de savoir si le sculpteur nous les fait voir aux champs élyséens, dans la vie blcnheui-eusc, ou s’il veut seulement rappeler le i-ej^as

(1) lleuzey, Catalogue, 11“® 109-110.

("2j Travels in Chaldxa, p. 213; Ilcuzey, Catalogue, p. 10.

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