PREMIÈRE PARTIE
LES PLUS ANCIENNES CÉRAMIQUES
Aux origines de l'histoire des céramiques grecques, nous trouvons cinq types principaux qui représentent pour nous les plus lointaines périodes de cette industrie et, nous pouvons ajouter, les plus sûrs témoins de civilisations qui, autrefois légendaires, entrent désormais dans le domaine des études positives. Ce sont les types d'Hissarlik, de Santorin ou Théra, d'Ialysos, de Mycènes et de Spata. Pour celles de ces céramiques qui ont déjà été étudiées avec quelques détails (Hissarlik, Mycènes, Spata), nous nous bornerons à préciser les formes et les motifs d'ornement, en essayant de les classer selon les analogies certaines et en insistant surtout sur les considérations nouvelles qui démontrent à notre sens la vérité de la thèse finale, à laquelle nous sommes arrivés. Nous décrirons au contraire plus longuement les collections qui sont moins connues (Santorin et lalysos), sachant le prix qu'ont les documents
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nouveaux, pour tous ceux qui s'occupent de ces questions. Cliacun des cinq chapitres suivants a pour objet de marcjucr les caractères de chaque groupe, de montrer ce qui fait l'unité de chacun d'enx, les rapports qu'ils ont avec ceux qui les suivent ou les précèdent, ce qui permet d'établirentre eux une chronologie relative. Dans cette analyse minutieuse, on ne saurait trop insister sur les comparaisons de détail qui sont le principe même de la méthode. 11 s'agit moins d'exposer une opinion que de montrer comment elle s'est formée et par suite de faire passer le lecteur par les rapprochements qui donnent, croyons-nous, à nos conclusions nne complète rigueur scientifique.
Ces cinq chapitres sont d'archéologie pure, sans intervention d'aucun élément étranger. Nous ne voulons nous occuper que des monuments eux-mêmes, savoir seulement ce qu'ils peuvent nous apprendre. Etudiés de la sorte, ils suffisent à montrer que les cinq collections ont une rare valeur pour l'histoire générale des plus vieilles époques du monde classique. Ils nous amènent à des conclusions limitées mais précises qui sont lin véritable accroissement de nos connaissances. Arrivés à ce point, nous demanderons aux poètes et aux prosateurs si les monuments sont d'accord avec les traditions, si les écrivains de la Grèce nous permettent de confirmer et de compléter ce que nous avons cru pouvoir démontrer j)ar les seules études archéologiques.