Ua'i’f, Mgcènes
Deux cerfs alfrontés. Mge., lig. 261, 265.
(I I Statuette, alliage d'argent et de plomb, quatrième tombeau.
TYPE DE MYCÈYES.
Lion, Mj/c., 2G;]-o3^; lions coiironts sur une coupe d’or, lit;'. 477.
Doux aigles all'ronlés, Mi/r., fig. 430. Deux canards all'ronlcs, d/yc., lig. 274.
Deux chonelles all'rontcc^s; divers oiseaux, senls on atl'rontés, sni- métal.
Oiseaux sur nn vase se rapprochant de la l'nrme 3, PI. 1 ; six. tnirdjcan.
(ii’iH'ons, fig, 201, 272.
Sphinx; dragon à écailles, fig. 4SI.
Poissons passant, autour d’nn gobelet d’or. Mue., hg. 317.
Les objets de métal (|ni jiortent ces animaux sont on général travaillés au repoussé.
5. Lomhats d'animaiix. Oiiolqnes exemples : sur doux [da<pu!S d’or an repoussé, lion dévorant un qnadriqdnle, lig. 470, 171 ; autour d’un vase, trois lions courant.
6. Figure^ hnmaine. La ligure humaine est rai'o à Mveimes; on y remaiajne d('s petites ligures d’or au repoussé, représentant grossièrement des femnu's qui portent les mains à la iioitrine et qui ont nn oiseau sur la tète, d/yc., lig. 2l)7, 273; voir encore, fig, 292, hroclie d’nr qui porte une lignri! humaine; trois scènes ipii représentimt des animaux courant; un homme dans un char précédé d’un écuyer, lig. 21, 140, 141.
De la revue rajiide ([ue iioii.s axons l'aile de ees Ivpt's d’oimeinenlalion, il résulte un [U'einier fait, e’est (|ue les motifs ([ui tout d’abord siressemblent le moins, offreid eejiendant, dès (|u’on les regarde de pi’ès et qu’on les eltisse avec méthode, de nombreux dét.uls et des |)rinci|)(‘s semblables, l^cs catalogues descriptifs que nous axons soumis au lecteur porteront, croyons-nous^ la couviction dans tous les esjndts. l^es objeds de pierre, d’or, d’argent, de terre cnite, sixnt de la même épocpie; d’une façon générale, l’unité de la collection est incontestable, et ce n’est pas là une considération cpii soit d’une importance médiocre, sui tout si on se rajipelle avec tpielle hésitation bcaucouj) d’aridiéologucs ont commencé à étudier ces antiquités.
Les [ilaques sculptées des tombeaux portent des personnages et des animaux, des chars d’une facture très originale; mais ou rcmaripie sur CCS pbupies rornement en Ibriiie d’S horizontal, identicpic^ dans les moindres détails, c[ul ne sont pas fortuits, à celui qiu‘ nous xoyous sur les b'uilles d’or ; les spirales s’y reiicontrenl aussi. Le système entier de décoration est celui que nous venons de décrire sons le nom de type de Alycèucs. Le pa[)illon est un des sujets les plus [particuliers de la collection de Alycènes ; mais, oidre (pi’il ligure sur des leuilb's tout à l'ait [pareilles à celles qui poideut la [pieuxre, il [préscnti' de [plus des au-
LES PLUS ANCIENNES CERAMIQUES
lennes doiü le.s spii'alo.s .sont celles mêmes ([iic nous remarquons sur un grand nombre d’objels où l’ouMaer se Imrne au style géométrique ; il en est de même des huit tentaeides de la pieuvre ti-ailés avee raideur et lerminés j)ar des eni-oulements (pii rappellent un grand nombre de jjla- (pies décorées de simjiles spirales : la pareidé est évidente, et il est impossible de ne pas reconnaître la même main. Les animaiiv sont soinent (b'ssinés avec une rigidité ejui indicpie rinfinence du style géométrique. Fa's molits lormés de simples combinaisons de lignes droites on eour- Ires, et ceux r[ui sont empruntés aux règnes végétal et animal, se conlVjndent parl’ois si entièrement (pi’il est dilTieile de les bien distinguer. On lu' saurait dire toujours par exemple si nous avons sous les yeux des tentacules, une tige ou une ligne courbe terminée jiar un enroulement. Ixnlin les morceaux d’areliitecture (pii proviennent du monument eonnu sous le nom de Trésor d’Atrée, Ijien (pie traités avee beaueoiqr plus de soin et de talent (pie la plupart des jietits objets, n’ont aucun motif de décoration cpie ces olqets ne présentent. Sans multiplier ces rapprochements, il est donc tout à fait exact de dire ipie les trésors, les stèles funèbres, li's pla(pies, les rondelles, les étoiles de métal, (pie la plupart des objets enrin, s’ils m* sont jms d’une même éj>o(pie étroitement détinie, appartiennent du moins à une même eivillsation .
Nous devons maintenant comparer ees motifs de décoration à ceux des céranii(pies précédcnti's. Les motifs de la première classe sont une répétition et un dévelopjjement des spirales et des enroulements (pu* nous avons déjà vus à Santorin et à lalysos, dans ce dernier ceidre de découvertes surtout ; mais l’art de Alycènes, outre (pi’il leur donne des formes beaucoup plus régulières, les varie davantage et trouve un grand nombre de combinaisons nouvelles. Ce qui le caractérise encore, c’est le goût de la symétrie la plus sévère. Il suflirait, croyons-nous, d’étudier ces combinaisons de \obites et de spirales pour reconnaîtri? un état de civilisation bcanconp plus développi- (pi’à Santorin et à lalysos, un état à (picl([ues égards déjàxieilli; cette exactitude rigoureuse des types et ces assemblages reclicrcliés d’éléments simjiles ont dù demander de longues années.
(à's dessins, en j)articulicr ceux (pii jirocèdent du ruban décri^ant des courbes et des spirales, sont lourds et chargés; ils nous donnent
TYPE DE iMYCÈNES.
ridée d’un goût qui eccherche plutôt la complication que l’élcgaucc, qui orne les plus petits objets à peotusiou au lieu de se borner à l’esseutieb et qui préfère le nombre à la ([ualité. Par là encore nous constatons que nous avons sous les yeux la dernière ti-ausformatiou d’une industrie ou d’un art qui, dans cet oiab'c, ne trouvcroul plus rien qui ait une valeur. Ainsi s’e\plic[uc l’impression ([ue les olqcds de Mycèiics lircut d’abord sur plusieurs savants, qui les rapportaient beaucoiq) ])lus facilement à une civilisation de décadence qu’à une industrie ]>rimitive.
Dans la seconde (dasse, nous retroinons la lige portant une série de feuilles opposées comme à Santorin. La graiule Heur à plusieurs bou- (picts(i) est plus riche, mais aj^partieut an même t\ j)e rpic le n“ i '\ de la planche Tl. Sur beaucoup d’objets, la rosace est celle-là même que nous a\ons dessinée PI. Ill, lig. 8.
J^e lecteur aura remarqué, dans la troisièim' classe, la pieinre et la pourpre. Les sujets sont souvent traités de la même manière à falysos et à iMycènes, cl, comme il est peu j)robable ([ue des motifs aussi particuliers aient été imaginés par deux ciN ilisations tout à l'ait distinctes, ils sullii'aicnt à indiquer des ra|)j)orts entre les deux jjo|)nlations qui paraissent les avoir re|)roduits à profusion.
Ainsi, que l’on considère les l'ormcs des vases ou les motifs d’ornementation, il est impossible de méconnaître les ressemblances qu’offrent entre elles les trois céramiques. Les différences ne sont juas moins remarquables .
Au contraire de ce que nous constatons à Santoi'in et à lalysos, la population à àlycènes était arrivée à un haut point de lachesse et c\e puissance : elle possédait des mo^ ens industriels déjà avancés, surtout |)our construire des murs et des f résors ; elle a\ait une ci\ ilisatlon développée ; on se figure très bien celle ville comme la caj)itale d’un empire primitif. Jéllc fabriquait elle-même bcaueouj) des objets dont elle taisait usage : on a retrouvé des matrices (pu serNaient à couler les ornements (2); des pierres qui n’ont pu être apjjoidées toutes sculptées du dehors, celles des tombeaux jjar excm|)le et des fragments dn trésor d’Alrée, conscr^eld la même décoi-ation cpie les bijoux. Il lallait une
(I) Mycènes, fig. J/y/i. Thiiny., pl. II.
("i) Myrhipx, fig. 'I (i“2-l ()3, etc.
LES I»LUS ANCIENNES CERAMIQUES
ex})érionce longue pour décoi-ee avec une entière sûreté des ])ierres aussi dures que celles qu’on employait à Al^'cènes. L’abondance des objets d’or et d’argent est remarquable. On a rarement constaté une masse j)lus considérable de métaux précieux réunie sur un même j)oint. Jéor était répandu à in’olusion sur les armes, sur les vêtements ; on l’employait pour les ^ases d’usage; il servait à faire de grandes jdacpies (pi’on [daeait sur la jioitrine; on le tléeouj)ail en colliers, on le tra\aillait au rejioussé, on l’étendait en feuilles minces, rondes ou rectangulaires, qui étaient ensuite lixées sur les étoffes ; des feuilles également très minces recouvraient la ligure des morts et en modelaient les principales saillies.
Quels (]ue soient l’éclat et la richesse de cette civilisation, les principes de décoration que nous avons vus dans les chapitres précédents suflisent à expliquer ceux que nous constatons ici. Nous ne faisons que l’ctrouver (pielqucs-uncs des étapes d’une même industrie que l’avenir nous permcl Ira de mieux connaître- Encore incertaine à Santorin, plus déveloj)})ée à lalysos, elle arrive à Mycènes au genre de perfection qu’elle peut atteindre. C’est ce (pi’enseigne le jirogrès des formes, qui toutes dérivent des mêmes origines, et d’une partie de l’ornementation qui ne fait égalcmeut que ckNelopper, jierfectionner, puis compliquer un certain nombre d’éléments primitifs. Ce})endant l’influence asiatique est aussi certaine ; elle n’est pas continue, elle n’est pas pré|)ondérante ; il est aussi difliclle d’en marcpier les limites avec précision que d’en méconnaître l’importance.
Un jieiqde aussi riche aNait des relations maritimes forcées ; d’où aurait-il tiré tant de métaux précieux et d’autres matières premières qui n’existent pas en Grèia^? Il esl, du reste, une classe de bijoux qui diffère, à mon sens, beaueoiq) de l’art de Mycènes : ce sont des bagues, des pierres gravées, des coulants d’or qui servaient de colliers. Un des coulants d’or qui ont été recueillis dans le troisième tombeau représente un lion; un autre, un homme luttant contre un lion, sujets (pie nous trouverons plus loin, aussi bien en Assyrie qu’à Chypre et dans tous les pays qui ont subi l’inlluence orientale (i). La pierre gravée sur la-
(I) Mjjcèttcn, lig. 253-25;L Un ti'oisièmc, deux hommes luttanl.
TYPE DE M Y CENES.
(|ucllo on N oit mi \ eaii allaite par une \ a( lio présente nnc seène (pie l’aii ultérieur va souvent reproduire (i). ï^es bagnes dn qnatiâème séjnilere ; — deux personnages sur un ehardont l’nn ehassaid à l’are, et un eoinbat
de ([uatre |)ersonnages — sont d’un art très partlenlier (2). Il en est de même d(‘ l’anneau qui porte trois femmes, le soleil, la lune, nn grand arbre, divers antres objets (3) et du eaehet sur lec[uel on \ olt des tètes d(‘ vaehes et des symboles dillieiles à reeonnaîtia' (4).
Le s])liin\ et le griffon sont également des motifs (pie nous sommes habitués à retrouver dans h's premières el\ llisations orientales : le s|)hln\ en lègv|)te, le griflon en Assyrie. Il en est de même des animaux passants, sur pinsienrs de ees vases. Le gesie de la femme (pil porte les (h'iix mains à la poitriiu' se ^ ()it en Asie sur nn grand nombia' de monnments. J^es elievrons raiiproehés et la rosace sont des orneimmls (pi’on a coutume d’appeler assyriens, (pii, dans tous les ras, paraissimt être asiati(pies. On remarcpiera aussi l’usagc' d’affronter deux animaux jjareils.
r^a perfection même de la tète de vache en argent à cornes d oi* découverte dans le (piatrlème tombeau (5) paraît indirpier une origine étrangère. Les peintures égyptiimnes connues sons le nom d’ttoskins représentent des tributaires tenant à la main des tètes s('mblables (6). Une tète de vache est gravée sui’ une bagne dn premier tondieau (j), bague C[ue nous considérons comme élant de jirovenance asiaticpie (8).
Le beau cratère en albâtre, à trois anses, du ([uatriènie tombeau ((j\.
(1) Myct'ues, (ig. 175. Cette gemme ne provient pas d'nn des tomlieaux; mais ce style de gravure a été constaté dans les tombeau^. Yoy. lig. Ilia, 3° tombeau, biche allaitant un taon. Le sujet reproduit par la lig. 175 se retrouve sur les plus anciens didrachmes de Corcyre.
("2) Mj/cènes, lig. 331-335.
(3) it///c., lig. 530.
(i) Fig. 531 et les remanpies de i^l. Sayee sur ces deux dei'uières bagues. Yoir encore lig. 313, pierre remarrjiiablc représentant un homme et une t'emme d'un style très original.
(51 Mijcônes, lig. 327.
(ti) Hoskins, Trcnu.’h in Elliinpia, Londres, 1335, p. 32S et suiv.
(7) Mj/cines, fig. 531.
(S) Grand nombre de tètes de vaches d’or très mince, fig. 320-330, d/yc., p. 208; double hache entre les cornes. .Alème représentation sur une jiierre gravée provenant de Vlleranm d’Argos, d///c., lig. oit . Tète de vache sur une })la({ue d’or, à cm té d'un lion, lig. 371. Ce symbole paraît avoir eu une grande importance.
(0) d/yc., fig. 356.
LES PLUS ANCIENNES CEI) AMKJUES.
est également, eroyons-nous, une (eii\ee d’importation. TI ne saurait v avoir doute poui' un œuf d’autruelie orné de dessins, ni pour plusieurs l’ragments de porcelaine égyptienne (i).
De tous ees objets d’origine él l’angère, les plus importants sont sans contredit les bagues et les pierres gravées qui j)ermettent d’établir des ra|)ports entre les antiquités de jMy cènes et les plus \ ici Iles civilisations de l’Asie occidentale, celles des Babyloniens, des Glialdéens, des Hittites. Nous n’avons sur ces rapports que des indices, jiials ees indices sont certains (2).
l^our nous borner en ce moment aux seules comparaisons areliéologi- ([Lies, nous pouvons préciser ainsi nos conclusions :
i"Lidlé générale de la collection tle Mycènes ;
2“ Baj)porls évidents de cette civilisation avec celles de Santorin et d’ialysos ; développcmcid de certains princljjes de décoration nettement définis auxquels nous ne connaissons aucune origine étrangère ; nécessité que cette civilisation ait eu derrière elle un assez long jjassé. Elle indique une grande richesse et une non moins grande puissance;
3" Belations avec l’Orieid ; importation d’objets asiatiques, imitation tles types (ju’ils lournissent ; présence possible d’ouvriers étrangers, malgré la prédominance nationale.
A la fin de cette première partie, nous verrons s’il est possible d’arriver à une précision plus grande, et de trouver les rapports de ces objets avec l’iiistoire.
Vases de Mijcèacs trouvés en dehors des tombeaux .
En dehors des tombeaux, sur les vastes espaces que les louillcs ont remués, on a trouvé un certain nombre de vases et surtout une (piantité considérable de Iragmcnts. Ces jioteries, conservées au Potijtechneiou d’Athènes, forment une des collections les plus précieuses que nous pos-
(1) Mijc., fi g. 350, 353 et p. i59.
(3) Yoir l’opinion de M. Sayee, Mijcènes, p. LIS.
TYPE DE MYGENES.
sédions (jour l’iiistoire des (jIus anciennes céramiques des (Jays grecs. Elles a(j(jartiennenl à des tyqjes variés et aussi à des éqjoques diflerentcs. Nous y remarquons tous les styles dc[)uis ceux d’talysos, de S(jata et môme de Santorin, jusqu’au style corinthien (jrimilif. Ce sont les témoins
Fii
des civilisations (jui se sont succédé à Mycèiics jusqu’au (jrcmier tiers du V® siècle, éjjoquc où la ville fut abandonnée (4^8}. Nous aurons occasion de ra(j(jeler (jlusicurs de ces (jolerics dans la suite de cette étude. Nous devons tout an moins signaler dès maintenant les tyjjcs (jrincipaux :
I. Coiqjcs à une anse et à (jied élevé, fréquentes; terre en général
très line : forme élégante; c’est le ty()e d’Ialysos, fig. i, mais aune anse.
2. Ty(Je d’Ialysos, fig. 9 et 10. Ces formes se trouvent à Mycènes, à
Argos et dans toute cette région.