PI. III
LES PLUS ANCIENNES CERAMKOUES
laircs, l)icn que reproduisant des tyi)es eonnus, sont moins caraetérisliques. Comme motif nouveau, nous n’avons già're à signaler que des oiseaux dessinés d’une manière très primitive (ils sont l'ormés d’une Ijoule placée sur deux pieds grêles et surmontée d’un long cou), et de longs poissons à la tète allongée, à la mâchoire inférieure large et saillante (i). Le plus grand nombre des fragments proviennent de vastes récipients faits d’une terre grossière ; les vases plus petits sont d’une argile plus fine ; le fond est d’ordinaire lisse. Les conleurs présentent toutes les variétés du brun et du rouge; le rouge est quelcpiefois assez franc.
La céramique de Spata ne nous permettrait pas de préciser à quelle civilisation elle appartient ; nous pourrions seulement constater que nous sommes en présence d’une industrie qui se rapproche beaucoup de celles que nous avons déjà étudiées, mais nous ne serions pas autorisés à aller jjlus loin. Les autres objets nous donnent des renseignements plus nombreux. Ce sont presque tous des ornements, des pendeloques, des appll((ucs ; la pâte de verre surtout a servi à les fabriquer. Non seulement cette po])ulation avait le goût de la décoration, mais elle recouvrait de feuilles d’or les bijoux dont elle s’ornait. L’ivoire était aussi d’un usage assez fréquent.
Les fouilles d’Ialysos ont donné des pâtes de verre tout à fait du même genre que celles de Spata, et on a trouvé à Alycèncs des moules qui servaient à la fabrication d’objets tout semblables (2). Ces moules présentent l’octapode, le nautile, un ornement en forme d’olive, et un objet plus grand, d’usage incertain, qui figure dans les deux collections. Je donne ici, lig. 36,1a reproduction des pâtes de verre d’ialysos ; elles sont inédites ; les archéologues trouveront un réel intérêt à les com- [lareravec les pâtes de Spata qu’a publiées le JhiUetin de correspondance heUéniipAe^ iBÿ8, PI. XIII àXVIlL
Les rapprochements que nous avons faits en comparant les formes de ces diverses céramicpics se multiplient beaucoup si nous considérons les principes d’ornementation. lalysos et Mycènes offrent peu de types
(L Ef. les poissons représentés sur des vases de Mycènes. ('i) Voyez on particulier Mijeems, fig. UÜ2-1G3.
TYPE DE SPATA.
qu on ne trouve pas à Spala. Les zones d’enroulements très variés sont frécpientes sur verre ; on remarquera eelles qui reproduisent exactement le type découvci't au Trésor d’Atrce (i). L’ornement en forme
de feuille [Bulletin de correspondance hellénique, 1878, PI. XV, tig. i) se voit tout semblable à lalysos. Plus on étudie ces séries d’origine diverse, plus les rapports sont évidents.
Dans rorncmentatlon tle Spata, soit effet du hasard, soit pour tonte
autre cause, les motifs marins sont jdus nombreux. Le coquillage appelé bucarde est imité en pâte de verre et en ivoire [Bulletin, PI. XV, tig. I 1); de même, le tuherculatus. On a remarqué les poissons dessinés sur les vases de terre; il faut encore noter le dauphin et la manière toute conventionnelle dont sont ligurés les Ilots : ce sont deux lignes ondulées qui traversent la largc.ur de la'‘plaque et qui se terminent aux extrémités par un enroulement. On est aussi frappé, à Spata, de la répétition d’une feuille, plus large que longue, échancrée à la base et légèrement effilée au sommet; elle fournit des combinaisons variées, toujours symétriques ; cette feuille se rapproche d’un type constaté à lalysos, et ici encore nous ne savons pas si cette nécropole ne donnera pas des représentations exactement semblables dans les moindres détails à celles que nous avons trouvées à Spata.
Quels que soient les rapports de ces diverses découvertes, ou com-
(1) Bulletin, 1878, pl. .XIII, üg. i; Mycenes, fig. 153 et :216.
LES PLUS ANCIENNES CEIIAMKJUES
])]“end déjà que les différences sont grandes. IjCs pâles de verre d’Ialysos ne pf)rlent (pie des dessins géométriques et la rosace ; les vases, si on excepte l’octapode et la pourpre, n’ont (pic des ornements très simples, qui s’écartent peu de la ligm; et dn cercle ; les feuilles y sont très pen comjiliqnées. A ÎMyeènes, rornement géométrique domine également, arrivé, comme on l’a vn, à des recherches (|ni témoignent de beanconp d’efforts et d’nn goi'it assez médiocre ; les objets ipii s’écartent de ces principes sont l’exception. A S[)ata et à Alyeènes, si jdnsienrs types sont tout à fait les mêmes, l’aspect général est différent. Nous ne voyons pas à Spata le papillon, la l'enlllc représentée à [dat avec ses ncrynres; nous n’y voyons pas surtout cette manière de varier avec une symétrie tonjonrs si précise, et une invention qui n’évite pas l’excès, les cercles, les courbes, les enroulements formés de rubans. .Je ne fais pas la liste des objets mêmes dn type de Alycênes qui manquent à Spata : rondelles, grandes feuilles d’or, masques, sortes d’agrafes, vases précieux, etc. Ce genre de comparaison nous est interdit, ])uisque ces tombeaux ont été j)illés. Ce n’est que par hypothèse, — mais l’hypothèse est légitime, — que nous pouvons dire que des richesses exactement semblables n’avalent pas été renfermées dans ces deux classes de tombeaux.
L’influence asiatique, dont nous avons remarqué les premiers effets à jMycènes„ est ici beanconp pins précise. Non senlcmcnt la rosace est franchement orientale, à huit pétales, mais la fleur de lotus, ou une fleur qui s’en ra})proche beanconp, sert à faire des })cndelo(|ucs. Une antre fleur, destinée au même usage, mais à pétales serrés et fins, ouverts en éventail, se retrouvera dans la décoration des bronzes de Ninivc, de Chypre, de Palestrine, combinée avec le lotus ouvert on en bouton ; les flots sont traités sur les plaques qui portent un dauphin d’a|)rès les principes f[nc nous connaissons j)ar l’art assyrien. Le procédé qui consiste à couvrir une surface d’un même dessin toujours répété, se retrouve dans un fragment qui porte des tiges droites et grêles de lotus, terminées par un bouquet en éventail : décoration bien connue par l’art égyptien et i>ar les imitations qn’cn ont faites les Phéniciens (i).
Le sphinx, (|ui est une rareté à Mycènes, est fréquent ici. Il a un
(1) .VOr^vaiov, t. YI, fasc. 3, pl. V.