CHAPITRE VIII
TYPE ANCIEN D'ATHÈNES
TYPE DE PIIALÈRE.
Les vases de cette classe sont de deux sortes : ceux qui reprodui-
seut à peu près coiuplèteiucut le style géométrique pur; 2” ceux qui associent à ce style la ligure humaine. Ils se trouvent surtout dans les musées d’Athènes, au Yarvakeiou, au ministère des Cadles, dans la maison derrière l’Erechtheiou, et eu grand nombre dans les eollecllous privées. La série la plus complèlc me pai’aît être celle du ministère des Cultes. Le Louvre, Sèvres, le British Muséum eu possèdent de beaux spécimens. Ouchpies-uus ont été j)ubliés jiar iM. Couze; AL Ilirscldeld a donné un riche catalogue des jiotcries de ce ty[>e qui se voient à Athènes (i); celles du Yarvakeiou ont été décrites par AL Golligiiou (2). Le catalogue de AL Hii-selifeld contient (piatre-viugt-uu numéros; celui de AJ. Colliguou, pour le A arvakeiou seul, quatre-vingt-sept numéros. Ou peut évaluer à deux cent ciu([uaute ou trois cents le nombre des vases du style ancien d’Athènes aujourtriuii connus (3).
La terre, assez bien travaillée, est recouverle d’une teinte légère qui va du brun pâle et du gris au jaune rougeâtre. La couleur em])lo}ée pour les dessins est plus foncée, et appliquée au [linccau. Quelquefois
(1) Vasi arcaici aleniesl, Annali, 187^.
(2) CalaUxjue des vases peints du musée de la Société avchéologit/ue d’Athènes, 1877.
(3) Au Louvre, e.xemplaires remarquables récemment acquis ; ils représentent surtout des scènes navales. Musée de Berlin, grande amphore de l'Hymette, n” 2700, association du style géométrique, de motifs orientau.x et de la figure humaine; cavaliers, chars, guerriers combattant deux à deux; inédit.
STYLE GÉOMÉTRIQUE
l’intérieur des vases a reçu un engobc, et on y voit même des dessins. — Les formes sont en général celles que nous avons décrites dans le chapitre précédent. Les grandes amphores se rapprochent beaucoup du type de l’époque classique; la panse est plus élancée, les anses sont placées plus haut, le col mieux dégagé et de proportions plus heureuses.
On trouve un assez grand nombre de récipients à deux anses, sortes de coupes ou de soupières profondes, le type que nous avons appelé bikos, un récipient profond sur un pied découpé à jour, le grand vase turbiniforme sur un |)ied campanlforme (holmos primitif), le type primitif de l’œnochoé et de l’olpé, le gobelet à anse surélevée, le support en général à trois pieds, la boîte ronde.
Ces formes sont souvent exécutées avec goût, et comme l’amphore se rapprochent sensiblement de celles des beaux temps. Je citerai en particulier des œnochoés à bec trilobé, et une sorte d’hydrie déjà élégante. Quelques détails ra})pellent les céramiques primitives. Une bouteille à anse bifide, qui s’attache au col et au corps du vase, munie sur les côtés de la panse de deux petites anses, porte sur le devant deux saillies tout à fait semblables à celles que nous avons remarquées à Santorin. Une grande amj)hore a le goulot cllipll([ue et légèrement déprimé sur les bords poui‘ faciliter l’écoulement du liquide, disposition fré(|uente à Santorin. (^)uelques vases portent un crible.
Plusieurs vases en forme d’oiseau, des petites coupes denii-sphéri- <pies munies de deux anses parallèles et horizontales; des variétés de gobelets, dont la partie inférieure fait une saillie circulaire, une sorte de bourrelet; des coupes, dont le rebord se replie à l’intéi'leur, comme dans le /.wOojv, des plémochoés primitives (TvVojxoyor,), des cratères de forme lourde, à anses minces et relevées, complètent la série des types princij^aux de cette classe.
(Jes vases pro^ienncnl principalement du Céramique. C’est là que Fauvel en découvrit plusieurs au commencement de ce siècle (i), et que la Société archéologi({uc en a trouvé une belle collection. Fauvel remar- ([ue fpie l)eaucoup étaient à trente pieds sous terre, et ([ue, dans les couches supérieures du sol on avait rencontré des poteries de beau style
1 1) Mrujusui enajclopédique IS13, cité par Ross, Arch. aufs. I, 33. Coiize, mérn. cité, jv 515.
TYPE ANCIEN D’ATHÈNES
Uo
grec. Dans les fouilles de 1871, les poteries de ce style se sont rencontrées dans une nécropole inférieure qu’avait recouverte un cimetière de l’époque classique (1).
De grands vases en forme d’ampliores ont des pieds si faibles qu’il est difficile d’admettre que ces récipients aient été remplis de liquide. On est amené à supposer que nous avons, dans ce cas, des imitations d’un modèle de métal. Les vases n"® io5 et 106 du catalogue de AI. Collignon présentent cette p'articularité. On est aussi frappé de la faiblesse des petites anses placées sur les côtés; elles doivent, semble-t-il, s’expliquer par la même imitation. Je ne sais s’il ne faut pas attribuer une origine semblable à l’usage de surmonter d’un petit vase le couvercle d’un vaste récipient. Plusieurs pyxis conservent des trous qui permettaient de lier le couvercle et le corps de la boîte, disposition assez peu commode pour des objets de terre cuite, et qui était au contraire très pratique pour des boîtes de métal. Pour quelques vases, les anses sont si minces qu’on a dù ajouter des tenons qui les rejoignent à la panse du vase et les consolident. Les manehes reproduisent parfois des animaux; comme sur les cistes de bronze, on voit sur les couvercles de ces poteries des chevaux et des oiseaux. Nous avons déjà remarqué quelques-uns de ces détails précédemment; ils s’ajoutent aux raisons (jue nous avons de croire que les potiers du style géométrique ont souvent reproduit les modèles que fournissaient des objets de bronze.
D’autres motifs de décoration témoignent, du reste, d’une industrie déjà avancée. Sur une amphore de l’Acropole, un serpent en reliet, modelé avec vérité, fait le tour de l’orifice du vase. Une cruche du musée de Varvakeion porte également sur l’anse un serjjent.
Les ornements géométriques n’offrent rien de particulier : il en résulte que, pour la forim^ et pour la décoration linéaire, on ti'ouve en Attique des vases qui ])Ourraient aussi bien provenir de Santorin ou de Alilo. ALM. Hirschfeld et Collignon ont indiqué ces ressemblances.
Les motifs empruntés au règne animal sont les oiseaux en zones, deux oiseaux se faisant face, le boue, queh[uefois tombant sur les genoux, des animaux passant, des chevaux, un quadrupède qui {)araît être une anti-
(1) llirscllfeld, mém. cité, p. 135 et liT. IlpaxT'./.à tt,; iv/. itaip., 187i.
STYLE GEOMETRIQUE
lopc, sujets que nous connaissons. J’ajouterai, de plus, que quelques motifs, par exemple deux animaux ailés se regardant et sépares par une fleur, bien que traités d’une façon très primitive, me paraissent une imitation d’un modèle asiatique (i).
On rencontre dans les pays grecs et en Italie, aux origines de toutes les céramiques, des essais enfantins qui s’efforcent de reproduire par le dessin la forme humaine. La médiocrité même de ces œuvres et les grandes incertitudes du potiei- pi'ouvcnt (ju’il n’imite pas un modèle qui serait fourni par une autre industiie, mais qu’il s’applique librement à reproduire la nature telle c[u’ll la voit. On serait porté à croire que si les Grecs ont beaucoup imité dans l’ordre des motifs de décoration, ils ont été plus originaux quand ils ont traité pour la [)remlère fols la ligure humaine. Il y a toutefois lieu de remarquer c[uc le dessin maladroit et puéril est de toutes les épo(|ucs et que ])our savoir si un personnage représenté de la sorte remonte à une haute antiquité ou est d’époque récente, le dessin seul ne sul'lit pas. D’autres preuves doivent être fournies. Pour ce qui est d’Athènes, nous trouvons une suite de vases qui ont le double caractère d’appartenir encore au temps de l’intluenee géométrique et de porter des figures et des scènes compliquées. Ils sont un des premiers exemples que nous ayons de la tentative faite en Grèce poui‘ tracer autre chose que des lignes, des cercles, des feuilles ou des animaux. Au lieu que la décoration géomélri(pie est exécutée avec habileté et témoigne d’un goût déjà exercé, les hommes et les scènes auxquelles ils prennent part sont représentés avec une entière gaucherie. Les sujets sont principalement : i“ les diverses parties des funérailles; 2® les combats sur mer; 3” deux guerriers comlmltant; 4“ le choros; 5** une marche de chars, des chevaux conduits par un homme, un cheval entre deux hommes, la chasse, etc. (2).
( l) Collignon, Catalogue, n“ 116.
("2) Musée derrière rfreclilheion. — .4niphore : haut. 0,80; sur le couvercle, chevaux courant; entre eux, oiseaux sur des triangles; sur la panse, six chars; dans ITiu, un homme;
TYPE ANCIEN D’ATHÈNES
Un des tableaux les plus complets est celui que M. de Witte a mis sous les yeux de la Société des antiquaires de Fi’aneeen i8j3 (i). 11 se voit sur un grand vase de forme presque sjjhérique supporté j)ar un pied élevé campanirorme. La scène, bien qu’aujourd’hui incomplète, ne compte ])as moins de cinquante-sej)t figures. Le milieu de la composition est oceuj)é j)ar un char à (piatre roues traîné par deux chevaux et j)OiTant un lit élevé sur lequel est le mort; un tapis paraît formel' babhupiin audessus du mort. A droite du spectateur, les dessins occupent (h'ux registres : le pi’cmicr représente cinq femmes cpii s’arrachent les ehevciix, le second, des hommes qui ont une hache ou uni' courte lance à la ceiu-
<lans les autres, deux personnages, l’un tenant les lèiK's, l'antre une lance dans chacpie main: an-dessnns, vingt hommes enilte dn easfjne, i)ortant le honclicr, et, semldc-t-il, des cnémides; ils ont chacun deux lances dont la pointe seule est visible. Hirschl'eld, n" I.S; dessiné par M. Chaplain.
Ibidem. — Amphore ; haut. d,il ; sur le col, chevaux devant lesquels se tient un homme; sur la panse, cerf. Hirschl'eld, n“ 17.
Ministère des cultes. — Large vase à pied bas : haut. 0,"2"2; homme entre deux chevaux; sons chaque cheval, gros poisson; champ rempli par divers motifs, quadrillés, triangles, figures en forme de F, — Iteproduit par M, Hirschl'eld, n® 2i., tav. 1, 1.
Ibidem. — Coupe profonde. Forme 15 de la pl. V. A la partie intérieure, chœur d’hommes et de femmes, se tenant par la main ; près d’eux, homme jouant d'un instrument qui est peut-être une lyre; de l'autre côté, deux femmes se donnant la main; homme jouant du même instrument que le précédent; femmes debout ne se donnant plus la main. Les femmes ont des robes à carreaux; le vêtement du buste est diflicilc à reconnaître; ceinture à la taille. Plusieurs des hommes portent dos épées. — A la partie extérieure, trépieds à oreilles, ornés de bandelettes. Hirschl'eld, n® 39 et Pl. XXXIX, lig. 2.
Ibidem. — Fragment : trois chars conduits alternativement par un homme qui porte une cuirasse et par un homme sans cuirasse, Hirschf. n“ ii.
Ibidem. — Orand vase à pied élevé, représentant un transport funèbre. Itirschfeld, n° il, pl. XXXIX, 1, XL, 1.
Ibidem. — Fragment : exposition du mort. Hirschf., n” -12, pl. XXXIX, 3.
Ibidem. — Fragment ; scène funèbre.
Musée de Varvakeion. — Amphore : sangliers derrière lesquels court uu chien. Sur le col, figures ailées en adoration devant une plante. Collignon, n° 115.
Ibidem. — Amphore : six chars conduits chacun par un homme qui tient un aiguillon. Collignon, n” 117.
Ibidem. — Col d'amphore ; des deux côtés, homme casqué, armé, conduisant un cheval. Collignon, n» 118.
Collections privées. — Fragment représentant un combat sur mer. Hirschf., n" 77.
Ibidem. — Fragment reproduisant une scène du même genre. Hirschf., n°'' 78, 79.
(1) Bulletin de la Société nationale des antiquaires de France, 1873, p. 118; Ilirschleld, Monumenti, vol. I.X, pl.x.xxix.
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turc; celui qui est le jjIus près des chevaux lève une main pour prendre la J)ride. Les deux registres de l’autre côté sont remplis parties figures debout et j:)ar des l'emmes qui portent les mains à la tète. Audessous de cette composition s’avancent neuf chars à deux chevaux conduits chacun j)ar un homme f[ui paraît être recouvert d’une cuirasse. Les vides sont remplis par des ornements géométriques. Sur un autre fragment, nous voyons rex|)osition ; le moid, recouvert d’une vaste draperie, est étendu sur un Ht où l’on a déposé des rameaux; les hommes |)leurent aux pieds, les femmes à la tète.
Les vaisseaux ont été étudiés par iM. Graser (i); ce savant reconnaît qu’ils n’étalent })as faits pour de sim])les transports, mais |)Our la guerre. Il note la forme de ré|)eron (pii est destiné à l’attaque, l’élégance de la proue qui se relève; il croit que ce type se rajiprochc beaucoup de celui fpi’avaicnt ai.lopté les Phéniciens et il serait tenté d’y voir une construction caricnne; dans tous les cas, il ne croit pas que nous ayons une représentation plus ancienne du vaisseau appelé pai' les Grecs
/.'XTaçpa/.To; a'TTpwToç.
\jQ cJiorns est représenté avec une grande vérité; les hommes et les femmes se donnent la main ; ils n’alterncnl pas; les femmes sont d’un côté, les hommes de l’autre ; deux femmes dansent seules. Nous reconnaissons ici la trdtta^ la chaîne, où les tlanseurs se tiennent par la main et exécutent un pas lent rhythmé, scène reproduite par d’autres monuments, et cpi’on peut voir encore en Grèce de nos jours; il n’est pasjus- ([u’aux deux musiciens fpil ne rappellent les joueurs de guitare (pil encore aujourd’hui donnent la mesure au choros. On se rappelle rpie ([uand Glaukos eût fini de couler le cratère auquel il attachait tant de prix, il représenta tout autour du rebord des hommes (d des femmes ipii se réjouissaient de son succès. Les trépieds nous rapprochent thnantage encore de l’éqioque classique; ils ont les oreilles du TpiTroj: wtws-.; d’Homère, telles qu’on les retrouve dans les fouilles; ils sont tels que nous
(1) AtinnJi, 187-2, p. 178; 1880, p. 127, tav. G; Monnmenli, IX, i; X, SOU l^ayard, .\foiiiiiiicii/s, I, 71; Boita, IS'inive, pl. 32, I, 111. Graser, A/t. Schilfadarst. auf miiuzm, pl. Go type doit être rapproché des vaisseaux phéniciens à éperon, tels qu’ils sont connus parles bas-reliefs ninivites du viiG siècle ; il dillére de celui des monnaies de Samos et de- (ünidc et de la l'orine adopt<'‘e pour les vases à figures noires. On ne le voit pas encore sur les peintures ('‘gyptiennes du xin*' siècle. Homère ne connaît que les vaisseaux de transport.
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allons les voir durant tonte l’époque elassique et peu differents de ceux ([UC Lysicrate fit sculpter vers 335.
fvcs scènes funèbres répondent à l’idée qne nous pourrions nous en faire [)ar les récits de l’/Z/rtf/e,- nous y voyons la lamentation, l’exposition, la marche du cortège, les jdeureuses; des rameaux, op.vavy., sont [)lacés sur le catafal([ue : les chars peuvent se ra|)porter à des courses. La conelamation est déjà représentée telle (ju’elle sera reproduite plus tard sur les plaques et les vases à figures noires. Cette scène est encore tonte semblable dans certaines parties de l’Orient, par exem])le en Albanie. On a cru longtem|)s que l’art grec avait évité les images lugubres ; on sait aujourd’hui (pi’il n’en est rien. M. Ilirchsfcld, rapprochant avec ])lus de précision encore ces peintures des récits homériques, croit (pie le lit, les sièges sont entièrement en bois; il reconnaît que les morceaux qui les forment entrent les uns dans les antres, et il cite ces ex[)ressions : '7pri~ ~oiGi Isyéac'ja (//. , HT, 44^) , -/.lici-ri fLvtoT'/i iJJd., XIX, 55), e'jçoo; (//.,
XI, 628) . Les chars de guerre ont deux roues, les chars de transports ({uatre (//., XXIV, 324; 2.42). L’épée, la courroie, le casc[ue à
aigrette, les jambières, la lance et le bouclier sont des armes honiéri- ({ues. Ainsi non seulement les formes des vases, mais les sujets et les détails de ces sujets, tout nous montre ({u’avec cette eérami([ue nous sommes déjà très près de la partie de l’histoire grecque que nous commençons à bien connaître.
An [)oint de vue de l’art, tout ce que cette industrie a pu emprunter à des cxcm[)les déjà savants est heureux et bien traité : la disposition [lar zones, rusage des méto[)cs, les oriîements géométri([ucs, l’habitude de remplir les vides par des ornements; elle rc[)roduit assez bien les navires; on a remarejué que c’est là un des sujets (jue les enfants traitent le plus volontiers; cette sorte de figure est facile à dessiner; elle a aisément un sens compréhensible. Les vaisseaux ne sont donc j)as mal rendus par les potiers athéniens. Il en est aidremcnt de la figure humaine. Ces artistes primitifs n’ont naturellement aucune idée de la perspective, ni des mouvements; ils se bornent aux contours les plus élémentaires. Un homme est composé d’une tète, d’un buste, de bras et de jambes :
uxtaposent ces différentes parties. La tète est un cercle, mais jjour rcjjréscnter le profil, ce cercle a une [)artle j)ointue (jui lorme bec d’oi-
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seau; un triangle renversé représente le hiisle ; deux masses allongées, les euisses. Ce qui importe, e’est d’aeeentuer le prineipal ; de là l’aspeet aigu de la figure, la finesse extrême de la taille et des genoux; de là aussi les |)roportions fortes des hanehes et des mollets. Le plus souvent on ne voit pas traee de eostume; ce[)endant plusieurs détails indiquent (|ue les hommes ne sont pas nus. Les vêtements sont supprimés eomme .les attaches de réj)ée, eomme heaiieouj) d’accessoiies. (^luelques soldats dans des chars présentent un asjject hi/.arre. Les corps ont la forme (run bouclier béotien, (jiii serait très étroit au milieu; cc|)cndant il est probable que le |)olier a voulu re|)résenter nue cuirasse serrant la taille et une tunique qui, l'essortant à la ceinture, s'étale sur les genoux. Le casfpie est reconnaissable à un ])anaehe (pii paraît s’enfoncer directement dans la tête : les corps sont longs, la tête est petite, ce ipii est conforme au ty|)e grec de l’art classiipie.
La robe à carreaux de deux couleurs distingue un certain nombre de femmes, mais le buste ne jiaraît pas être recouvert d’étoffe (i). D’autres femmes semblent être tout à fait unes et ne diffèrent en rien des hommes, ni j)our la taille ni poui‘ les proportions des différentes parties du corps. t^)uehjues traits indicpient les cheveux que ces femmes s’arrachent, et deux petites saillies paraissent figurer grossièrement les seins. Ce sont des tracés élémentaires, des hiéroglyphes oi'i un art tout à fait pi'imilif marque ce ([ui lui paraît être l’essentiel et ne cherche pas une précision ([u’il ne saurait rendre. Pour comprendre ces dessins, il faut les comparer aux |>reinières ébauches des enfants; les procédés sont les mêmes. Je ne crois pas tpi’un peuple qui ei'it voulu imiter des figures sculptées ou peintes comme il y en avait alors dans tout l’Orient, eêit donné à ces essais les caractères que nous remarquons ici; la part de l’imitatiou est nulle aussi bien pour les chevaux que poiu* les hommes et les femmes; l’originalité est incontestable. S’il est vrai, comme on l’a dit, (pic l’art grec a commencé le jour oii j)Our la première fois un Grec a reproduit la vie et le mouvement, tels qu’il les voyait, ces vases maripieiit la première étape de l’art vraiment grec.
Nous pouvons dire en résumé poui‘ ce style :
( I) Mus. Nap. Ill, pl. i; Mj/cènes, f. 530; Milchliœfer, ouv. cité, p. 35, 101, — p. 36 et plus luin, p. 141.
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i“ Que le progrès des formes est remarcpiable et que, dans eet ordre, les principes que l’art grec n’abandonnera plus sont an*ètés;
2^ Que le dessin géométrique est arrivé à son plus haut point de développement ;
3“ Que l’industrie a introduit un motif nouveau, la figure humaine, dont l’imperfection l'ait contraste avec le mérite des formes et l’habileté du dessin linéaire, mais qui n’est en rien une œuvre d’imitation;
4“ (^)uc les scènes représentées ou plutôt ébauchées sur ces vases apjiartiennetit à une civilisation dont les caractères grecs sont précis;
5" Kniin que nous voyons, dans ce style, queh[ues détails rpii indiquent la connaissance de l’ornementation orientale, qu’évidemment les produits de l’industrie asiaticpic sont familiers aux Grecs, cpie leur originalité indéjiendante dans ces ébauches n’en est rpic jdiis remartpiable.
Tijpe de Pliai ère.
Cette classe de vases est encore très peu nombreuse. Elle se compose
surtout de petites olpés. Le musée de la Société archéologique, le ministère des cultes à Athènes et le British Muséum en possèdent des cxcmplai-
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l’OS intérc.ssant.s. J’cnaivii au total une cinquantaine. J’en fais une classe particulière, parce qu’il est possible de leur attribuer avec certitude une même oiaginc; ils proviennent des nécropoles inférieures de Phalère et ils ont des caractères communs auxquels un archéologue ne se trompe pas. Ces olpés primitives sont de couleur jaunèitrc à dessins bistres; celles (}ui ont été publiées jusqu’ici ont été classées avec les vases de style géométrique. Elles a[)partlenncnt à ce style par la prépondérance des ornements linéaires. On y voit la ligure humaine, encore très maladroite, mais cc|)cndant beaucoup plus avancée que sur les vases anciens d’Athènes ; en même temps l’influence orientale y est plus sensible; la tresse, le griffon, des spirales sortant d’une bande horizontale, indiquent que cette influence va devenir ])réj)ondérante. Je donnerai l’indication sommaire de ceux de ces vases (pii sont à Londres, renvoyant pour ceux du Varvakeion au catalogue de AI. Collignon (haut. o'",o'j à o"’,9/5).