Fragments de grecque primitive; mêmes couleurs
6. Six oiseaux passants sur une seule bande. Il n’y a pas un seul de ces fragments qu'on fût surpris de trouver en Grèce. M. Perrot, t. II, p. 7 13, reproduit la plupart de ces fragments.
(I) Voyez encore Anwaè' 1873, Osservazioni sopra la prooenienza délia decorazione geometrica, pp. !2!21, 233, pl. IV. Fragments de Kouyoundjik publiés par M. Helbig. Oiseau dans une métope; oiseau passant; bandes circulaires bistres avec caractères qui ressemblent à du phénicien, zigzags, etc. — Monianenti 1873, pl. XXIII X Diversi monumenti d' aiie ani/chissiina. M. Loftus a trouvé à XVarka, l’ancienne Ouroukh, des murs décorés de purs dessins géométri<[ues, losanges, triangles de couleurs dilférentes, rubans formant des angles réguliers, rubans parallèles. Le dessin gcoméLri(jue ici est un système de décoration déjà avancé, Ti'avels and researches, pp. 187-189; Perrot, Hist. de l’art, t. II, p. 293. Remarquez aussi à Warka les panneaux formés de lignes droites régulières qui remplissent le champ d’un rectangle, lig. 100; restauration, fig. 09; Khorsabad, lig. 101 ; en Égypte, t, I, p. 201.
STYLE GÉOMÉTRIQUE
Si ce style géométrique est en partie phénieien (i), il peut s’étre répandu partout où la civilisation antique a pénétré, sans qu’il soit nécessaire d’iinaû'iner un centre inconnu de métallurgie aryenne dans le Caucase. Le problème rentre dans les conditions naturelles de toutes les questions de rapports entre les peuples de l’antiquité : les peuples les plus civilisés prêtent aux autres. Nous avons l’avantage de parler de ce qui est certain, de l’existence d’une civilisation incontestable, d’en chercher les périodes et les influences, au lieu de prendre pour base une industrie dont nous n’avons pas de monuments incontestables, dont l’existence est une hypothèse, et dont le nom n’offre que des idées vagues. Je ne touche ici qu’à ceux des arguments qu’autorise le point où nous sommes arrivés de l’histoire de la céramique. Je crois qu’on verra dans la suite des raisons qui fortilient singulièrement celles que j’ai exposées, et cela dès le cha])itre suivant (2).
(1) Les disques, les carrés, les stries, les triangles décorent des draperies d’origine phénicienne, comme on le voit par le costume des hommes sur des vases de Chypre de style ancien. La collection Barre en offrait un exemple remarquable. (Catalogue n“ Si; chromolithographie pl. 111; globules, chevrons et lignes parallèles, et aussi n“ 85, chromolithographie pl. IV.)
(2) Voyez aussi chap. ix, sect. III. — Nous n’avons pas parlé d’une théorie que nous avons admise longtemps et que nous avons cherché démontrer par des rapprochements tirés des industries primitives les plus variées mais sans pouvoir y parvenir. « Le style géométrique, dit-on, est si simple, si naturel, qu’il se trouve dans toutes les céramiques très anciennes. » A ce titre il ne faut pas en chercher l’origine; elle est dans la nature même de l’esprit humain. Cela n’est vrai que des combinaisons élémentaires de lignes et de cercles. Qu’on véritie le fait à Sèvres, en examinant les poteries du Nouveau Monde, au Louvre au musée mexicain et au musée de marine, au Trocadéro au musée d’ethnographie. On verra dans ces musées quelques spécimens très simples qu’on pourra rapprocher de vases communs de Chypre ou d’autres parties de la Grèce; on y reconnaîtra des chevrons, des Ilots, les lignes brisées, un ornement même qui se rapproche de la ijrecque; rien de plus; ces éléments ne font pas un style; or la décoration que nous venons d'étudier est un véritable style, bien caractérisé, qui ne s’est formé qu’avec le temps et qui, tel qu’il est, appartient à une industrie précise. Les Grecs pourraient très bien l’avoir inventé ; mais s’il se trouve dans des industries qui ont précédé la leur et qu’ils ont connues, il n’est nul besoin de supposer (ju'ils ont créé ce qu’ils pouvaient imiter, üu reste, pour répondre d’avance à la critique, nous ferons remarquer que nous ne parlons pas, dans ce chapitre, du style géométrique en général, mais des formes grecques de ce style; ce sont ces foi mcs qu’il nous a été impossible de rapprocher do tous les autres styles géométriques de manière à présenter au lecteur des ressemblances importantes empruntées à des industries du Nouveau Monde ou à toute autre civilisation primitive.