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CHAPITRE IX

INFLUENCE ORIENTALE

On trouve dans la vallée dn Tig^re et de l’Euphrate, sur les bords du golfe Persique, eu Phéuieie, eu Asie ÎMiueure, à Chypre, à Rhodes, dans l’Arehipel, eu Grèee et eu Italie des objets d’une haute auticpiité qui portent les luèiues déeoratious et parfois les luéiues seèues figurées. Ces objets sont eu grand nombre; les resseiidjlauees qu’ils offrent entre eux sont aussi couq)lètes qu’il est possible; nous sommes doue amenés à penser cpi’iiue même industrie les a produits ou tout au moins, quand nous les rapportons à des industries différentes, cpie eelles-ci ont eu à une eertaiue éj)oque les mêmes modèles, bleu (pie ees objets se reueontrent aujourd’hui à de si grandes distauees. Ce fait a déjà été remarqué plusieurs fois, et ([uelqiu's-uues des eouséqueuces (ju’il eu faut déduire ont été très bien établies., .le voudrais iei présenter le tableau de ees ressemblauees, de telle sorte cpie la démonstration fut de toute évldenee. .J’essaierai ensuite de montrer quelles sont les eonelusions cpi’il est permis d’admettre avec eertitude.

Les prlneipaux éléments de eette déeoration sont la ti'esse, la palmette dlt(‘ phénleienne, l’arbre saeré, les guirlandes de fleurs et de boutons, la rosaee, un eertain nombre d’animaux.

1" T/rssr formée de deux rubans; d’ordinaire, point central à chaejue œil.

Ninive, nombreux exemples, en particulier bri(pies peintes de Nimroud, rubans verts et jaunâtres bordés de noir, œil central noir. Layard, The Monuments of Nmeveh,

IDC

influf:nce (irientaiæ.

1849, pl. 84; autres exemples, pl. 86. Ivoires, pl. 90, lig. 17 et 23. — Deux rubans clairs bordés de jaune, point central noir. Layard, .1 second sériés of the Monuments of Nineveh, 18S3, pl. 55, fig. 6. — Autre brique de Niniroud, ruban noir tressé avec un ruban blanc, œil blanc avec jmint central noir, ibidem, lig. 3. — Coupe de bronze de Niinroud, ibidem, ])1. 60; trois tresses de ce genre séparant des zones d’animaux; autre coupe de Nimroud, huit tresses sans Oui central, deux tresses avec œil, ibidem, pl. 61, lig. A. — Autre coupe de Nimroud, six tresses, ibidem, pl. 62, lig. D, etc. — Fourreau d’épée de Nimroud, trois tresses. Layard, Nineveh, II, p. 298. — Droderies assyriennes; Layard, The Momanents of Nineveh, 1849, pl. 9; sur des harnais de chevaux, pl. 27; sur un carquois, }d. 28; sur une situla, pl. 51, lig. 12; autour d'une rondelle, pl. 51 , fig. 2. Cette tresse servait souvent d’encadrement aux sceaux. M. Dotta a trouvé un certain nombre de boules de terre séchées, portant un homme qui frappe un lion debout, et encadrées de la sorte : Mo)iume)its de Ninive, t. II, pl. 164; t. V, p. 169. Lajard, Introduction à l'étude du culte de Mithra, 1847, Atlas, cylindres, pl. XXIX, 1; XXXIII, 5, exemple remaiapiable ; XXXVIII, 4; XL, 1; XLIX, 4, sceau ; fig. 5; LU, 6, 7; LVI, 1 , et beaucoup d'autres exemples : cette tresse est un motif fréquent sur les cylindres. — Voyez encore brique émaillée du palais d’Assour- Nazii-IIabal, Perrot, Ilist. de l'art, t. II, pl. XIII.

PuÉxiciE, pla(]uc de bronze travaillée au repoussé, encadrée d’une tresse avec j)oint central. Longj)érier, Musée Napoléon III, pl. XXL — Doux bas-reliefs d'Aradus, ibidem, ]d. XVII 1.

Chypre, nombreux exemi)les; coupes; Ccsnola, 6'///;^#/.'^, pl. XIX, 329; coupe tri's ancienne de style égyptien, }>. 337; petit bouclier, }d. XX.

UnouES, nombreux exem[des sur vases peints. Longpérier. ouvr. cité, pl. LVllJ. Voy. plus loin ch. x.

Céré, boucliers de bronze, Musei etrusci, 1842, t. 1. jd. IX, fig. 2; pl. X, fig. 2; pl. XI, fig. 2; fragm. de lames d’or, pl. XVI, cimj exemples; lame d’argent, frise bordée de deux tresses, pl. XIX, fig. 5 ; lame d’argent en d’ occupée tout entière par une tresse, pl.XIX, lig. 11. — Fragments de vases d’argent, pl. XXIV, fig. 3, 8. — Pied de vase d’or en urine d’holmos, décoré de frises d’animaux et de palmettes séparées ])ar des tresses, pl. XVII, fig. 1 et 2. — Bracelet en or, pl. XXX. — Pour ce motif d(' décoration et pour tous ceux de celte section, voyez aussi ch. x, Association du sti/le (léométricpie et du style oriental, type de Rhodes; ch.xi. Style oriental, tyjje de Corinthe. Ces deux chapitres donnent surtout des exemples empruntés aux vases grecs.

2“ Palmette phénicienne . Ce nom a été donné à cet ornement par M. de Longjiérier (1), parce «pie ce savant l’a constaté principalement sur des monuments découverts en Phénicie; Cette palmette se compose d’un arc de rende coiqié horizontalenumt à la hase par i»lusieurs bandes en demi-cercle sur lesquelles s’élèvent verticalement des pétales.

Ninive, patère de bronze de Nimroud ; semis de palmettes se rajtprochant beaucoiq» du ty[)e décrit [)lus haut, mais plus larges et à ciu(| pétales. Layard, Second sériés.

(1) Musée Nnyoléon, III, pl. .WlII.

])1. LXIl, liy. A. — J voire, Momim. of Mncveh, pl. XC, 21, 22; riiitérieur de la [lalmctte est occupé par deux grillons.

Phénicie, bas-relief d’Aradiis, semis de jialmettes à trois pétales et à deux bandes demi-circulaires à la base. Longp., Musée Napoléon, pl. XVIII (1).

Chypre, Curium, patère; Cesnola, Cyprus, p. 329; autre iiatère. Mus.Nap., pl. X. Cf. pierre gravée du trésor de Curium, Cyprus, pl. XXXYl, fig. a. Cette palmette se retrouve sur certains chapiteaux chyjiriotes, formés de deux volutes appuyées sur un chevron central, « et au-dessus desquelles s'élèvent des tiges jdates, courbes, terminées par des volutes et renfermant au centre une plante. ». Longpérier, Mus. Nap., pl. XXXIII. — Bas-relief de marbrt^ d’Amathonte, Cesnola, Cyprus, pl. XIV, mais d’époque relativement récente.

Céré, grand pectoral d’or, zones de palmettes, les unes se raiiprocbant de la palmette de Nimroud, les autres de celle d’Aradus, ces dernières à quatre pétales et à quatre barres liorizontales; Musei etrusci, jd. XXVIII, XXIX. — Bracelet d’ivoire, sphinx jiortant cette jialmette sur la tête, mais à uu grand noiubre de pétales, ibidem, pl. VIII, fig. 10.

Sarüaione. Bracelet d'or au British Muséum, orné de quatre palmettes phéniciennes à six pétales; dessiné pour le tome III de Vllisloire de l’Art. Beux petites plaques qui forment les extrémités de ce bracelet sont ornées d’une corolle qui se rapproche beaucoup d'ornements en pâte de verre trouvés à Spata; au môme musée, provenant aussi de Sardaigne, pendeloque en pâte de verre, reproduisant la fleur de lotus.

3“ Plante sacrée, palmette, yuirlande de fleurs et de boutons, rosaces. On connaît l’arbre sacré des Assyriens, formé de palmettes réunies par des entrelacs. Il se compose d’une tige centrale au haut de bujuelle se déjiloie une })almette qui d’ordinaire a sept pétales; au bas et au milieu, combinaisons de demi-rosaces, de palmettes et de rinceaux; autour, sur un cordon elliptique, série de palmettes reliées entre elles et à la tige centrale (2). Les artistes de Ninive représentent d’ordinaire des deux côtés de cet arbre deux personnages qui se font face. Ce sujet est souvent reproduit d'une façon monumentale par la grande sculpture; il décore les ustensiles, les armes. Layard, The Monuments..., pl. V; .1 second sériés, pl. LXIX. On le voit sur la bordure des vète-

aucune reproduction tout à fait exacte; mais on en rencontre une autre forme qui se rapproche beaucoup de la première et qui se compose de plusieurs palmettes phéniciennes, en Phénicie, à Chypre et en Crèce (3).

La rosace est semée à profusion sur les monuments assyriens; il n’y a pas à Niniviï de motif de décoration plus fréquent, aussi bien sur les murs des palais que sur toutes les jiarties du costume, les meubles, les bijoux et les étoiles (4). Ou la reconnaît sur

i l 1 M. de Longpérier cite un fragment de bas-relief en ivoire du cabinet de Janzé représentant un lion ailé et portant une bordure de palmettes de ce genre.

(^2) Layard, The Monion. of Nineoeh, pl. Vil, Yll A; Longpérier, Mus. Aap., pl. MIL

(3) Longpérier, Mus. Nap., pl. et XVIII.

(i) Iteraarquez en jiarticulier les bracelets (r.4ssour-Nazir-tlaljaI sur les bas-reliels de ce prince.

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dos hri(|uos peiiilcsdc lîabylone qui sont plus ancieunos et qui peuvent remonter « au temps de Sémiramis » (1). On sait combien elle est fréquente sur les vases grecs : les bijoux do Céré en oll'rent des exemples très nets (2), les coupes de Chypre do même.

Ija palmette, la guirlande de palmettes on de Heurs do lotus alternant avec des boulons, sont, avec la rosace, un des éléments les plus fréquents de la décoration assyrienne. Ces motifs ne se trouvent pas moins souvent répétés sur les objets anciens, vases, bronzes, (de., des autres pays dont nous nous occupons. Il suffit de rappeler les vases gri'cs d’ancien style. Dans un grand nombre de cas, la ressemblance est entii're. La décoration d’une porte du palais de Ivouyoundjik en briijues peintes, conqtosée de feuilles de lotus ouvertes et de boutons reliés par des rubans, est tout à fait celle de r(jmocboé de Camiros que M. de Longpérier a publié sous le n“ LYIII (3j. Cette ornementation S(^ tiajuve identique sur les murs de Ninive^ sur les coupes de Nimroud, sur celles de Chypre et sur des vases grecs d’ancien style (4).

On remaiajue à Céré des ])almettes réunies par des rubaiis et formant une bordure ([ui rappelle tout à fait une partie de l’arbre sacré de Ninive. Les jderres gravées otfrent de nombreuses variétés de cet arbre. Lajard, ouvr. cilé, pl. LVII et suivantes. Nous verrons plus loin d’autres ornements secondaires, écailles, zigzags, pyramides, triangles recoupés, etc., qui donnent lieu aux mêmes remarques.

4“ Aiiimfaix. On connaît les lions, tigres, taureaux, sphinx, antilopes, griffons, bouquetins, daims, des vases peints de style ancien, des vases noirs étrusques, des vases rouges ou gris à relief, enfin d’un grand nombre d’objets de bronze, d’or et d’argent, d’ous ces animaux se retrouvent de très bonne heure dans la décoration et dans le symbolisme asiatique; il en est de même de beaucoup de compositions fantastiques, oiseaux cà tête de femme ou à tête d’homme, hommes à corps de poisson, quadrupèdes à tête humaine. Les caractères généraux de ces types sont les mêmes. On trouvera plus loin, ch. XI, les ra[(prochements (jin; comporte cette partie de notre sujet. Les plus anciennes poteries représentent ces animaux accostés, face à face, se tournant le dos, placés des deux côtés d’une Heur. Il suffit de regarder les broderies assyriennes, surtout les bordures des riches manteaux, pour y voir les mêmes animaux, dans la même attitude, et des deux côtés de la même Heur. Excmjdes, Layard, T/te Monumetïts of Kineve/i,

(1) C’est l’expression dont se sert M. de Longpérier : Mus. Nap., pl. III; c’est-à-dire au premier empire assyrien et probablement beaucoup plus haut. La Sémiramis des Grecs est un personnage légendaire.

(^j Mus. etr., pl. XV, fig. 9, XVI, etc.

(3) Louvre. Egide d’or gravée au trait, de petite proportion, deux bandes concentriques décorées d’une alleriumco de fleurs et de boutons de lotus; zone de pendeloques; quatre zones de cercles. Inscription donnant le nom d’un Usorkhon et de la reine Ta-ti-basI (XXIF dynastie). Exemple rare de bijoux égyptiens qui doit être rapproché des bijoux phéniciens et do l’orfèvrerie de Céré. Pierrot, Gazette archéologique, 1880, p. 85. Perrot, Histoire (le l'Art, t. I, p. 834.

(4) Schiiaase, Geschichte (1er hildenden hunst, t. 1. Boutons et palmettes sur les vêtements et les bijoux, lig. ti ; sur briques, lig. 8G.

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pl. Y ; sur un carquois, plante sacrée, des deux côtés deux grillons se regardant; pl. VI, tunique du roi, personnage entre deux animaux symétriques, deux pernoctères des deux côtés de la plante sacrée; deux autilopes; palmette accostée de deux oiseaux. Li; groupement symétrique de deux motifs, celui de deux motifs se faisant pendant avec une ligure centrale, sont une des habitudes de la décoration assyrienne; nous les retrouvons exactement sur les vases grecs (Ij. Enlin l’usage des zones sur les(pielles sont les animaux passant caractérise les plus anciennes cérami(pies. On en voit (juelques exemples sur les bas-reliefs d(! Ninivc. Nous laissons de côté pour le moment les coupes de bronze sur les(juelles ce motif est souvent répété (2). Ces animaux passant figurent sur l’obélisque que M. Layard a publié, The Monuments..., pl. EIIl-LYI ; lion jiassant, lion attaquant un cerf, bouif, sphinx, etc. Ces zones réservées, à Ninive, jiour les coupes, sont lin motif ordinaire dans les palais de l’ersépolis; elles y ont tout à fait les mêmes caractères (|ue sur les vases grecs, et nous y constatons de plus, ce qui est très remarquable, l’alteriiauce des frises d’animaux et des frises décoréi's d’ornements végétaux. La ressemblance est aussi grande qu’il est jiossible (mtre les sculptures conservées sur les bords du golfe Persiipie et les di'ssins trouvés sur les vases ou les bijoux de l’Etrii-

rie. Eugène Elandin et Pascal Coste, Voijmie enVerse, Perse oneienne , lions et taureaux passant entre deux bandes de rosaces, pl. CEI Y, CEY, CEVl. Procession d’bommes armés; au-dessus cl au-dessous, rosaces, pl. XCY et suivantes. Deux séries d’animaux j)assant et marebant vers une tleurde lotus, pl. CLXIV. lUqqirocbez aussi ces bas-reliefs des grandes jarres portant une ou deux zones d’animanx passant de petite proportion, par exemple à Céré, Musei etriisci, pl. 11 ; cerfs, chevaux, gazelles, etc. lloucliers d(! bronze, quadrupèdes, pl. X, 2; pl. IX, 2; pl. XI, 2. Grand pectoral d’or, pl. XXVIII.

M. de Longpérier a montré toute l’importance d’un texte grec où il est parlé do rtaiTiov d’Alkiménès ou Alkisthénès de Sybaris (3) ; l’auteur dit (pie cette idèce d’étoiles de quinze coudées portait les images des dieux, Zeus, Iléra, Thémis, Apollon et Ajdirodite, entre deux bandes d’animanx asiati(jues, au haut ceux des Susiens, en bas ceux des Perses (4). Ces bandes d’animaux sont celles mêmes qui encadrent les scènes royales et les dieux sur les bas-reliefs de Persépolis; on les trouve aussi sur un grand nombre de vases d'ancien style. L’expression dont se sert le texte grec, est em-

( l) Roi tenant deux sphinx, luttant avec deux animaux, l’im droite, l’antre il gauche, tenant deux taureaux ailés, deux lions. The Monuments..., pl. VIII, I.X, etc.

(2) Voir plus loin section IL

\d) Notice sur les monuments antiques de l’Asie nouvellement entrés au musée du Louvre, lue à la Société asiatique dans la séance du 12 juin LSoL Journal asiatique, 1833.

(i) Aax'.ij-Évîi xw X’jêapiTTi cpaVi y.a■:x'JX^'JxaOr|Val taxTiov toioOtov 7to'Xu-:£}.£Î:x, lorjzz 7tpOTÎ0£'î0xi.

xOto £7tl .Vax'.vû.) -fl irxvriY’jpE!, Rpxç, £l; a'jiX7ïop£'JOV':x', TtivTEC ItxÀ'.ojtxi., tûv •:£ 8£ixv'jp.£vc.jv axA'.'jTX "âvTojv èxîîvo Oa'jaâi^î'jOa'. • cj qy-n'. x'jp'.î’j'jxv-x A'.ovj'j'.ov tôv irpc'jê’jTîpov àTroôô'jOai. Kap;^y|àov(oi; xal z'iy.oa<. tx/xvtwv. Uv 5’ xùtô ixàv à/.o'jpyîç, -(3 ôè ix£y£0£!. Ti£VT£xa!,8£xx7iri;i(u, £xaT£ptü0£v

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0£|X'.ç, .\0Y)va, ÀtcôXàwv, Àcppo8(-Yj. Ilapà 8’ èxâ-£pov iiépaî À)^xi[/.£vyiç ‘^v, éxaT£p(i)0£v Sè l’jôapt;. JJe mirahililjus auscultalionibus, XCVT. Aristote, édit. Didol, t. IV, p. 90.

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