I N F L U E NEE O I M E N T A L E
[»loyéc par Hérodote pour les ciselures des i)his anciens vases d’imitation orientale, vases qui portaient aussi des animaux. Si cette draperie, qui fut vendue cent vingt talents, était d’une beauté si exceptionnelle qu’aux grandes panégyries d’IIéra, au cap Laoiuium, les Italiotes venus eu foide u’admiraieiit rien davantage, le système de décoration du moins était dans les habitudes de l’époque, et nous avons là un nouvel et intéressant exemjde de la similitude de roruementatioii en Orient et chez les (irecs (1).
Le catalogue (lui précède montre clairement un style de décoration à la fois original et précis, élégant et compliqué, très différent de ceux que nous avons étudiés jusqu’ici; il a été connu depuis le golfe Persique jus(ju’à la mei' ryia-héniennc. Nous l’appelons oriental parce que les exemples les plus remaiapiables (jue nous en possédons se trouvent dans la vallée du Tigre et de l’Kiqdirate, sur des monuments considérables, et (jue ces exemples sont aussi ceux dont la plus grande antiquité est certaine. Sans savoir exactement à quelle date il a commencé, nous voyons (pi’il est constitué, au moins en ]>artie, au ix*^ et au miE siècle j>uisque nous le rencontrons, à cette époque, sur des édifiées considérables; nous disons e)i partie : on a déjà vu, en effet, qu’il s’est certainement modifié j)lusieurs fois cl que le considérer comme un ensemble uniforme, qui n’admettrait ni variété ni périodes différentes, serait contraire aux faits constatés. Nous nous bornons, pour le moment, à admettre comme démontrée l’existence au x® et au ix'’ siècle d’un mode
(1) La date d’.\lkiménès c.st inconnue; la période llorissante de Sybaris va jiiscpi'à l'année .'ilO. Les colonies Ihessaliennes et athéniennes qui repeuplèrent la ville au y° siècle n'atteignirent jamais la grande richesse de la première Sybaris, qu’avaient détruite les Crotoniates. Cependant il est peu probable que ce vêtement si riidie l'nt antérieur à 510; on s’e.xpliqnerait dilficilement qu'il eût échappé an pillage et à la destruction de la ville. Denys l’Ancien le trouva an début du iv” siècle et le vendit aux Carthaginois; cet himation appartiendrait donc à la seconde moitié du v“ siècle, mais ce n’est là qu’une hypothèse vraisemblahle. On remaninera que Sybaris était représentée sur cette broderie, probablement sons la ligure d’une femme, selon un usage fréquent dès la lin du v'’ siècle. — Voyez aussi Diodore, II, ti, ti, décrivant d’après Ctésias, les murailles couvertes des briques des palais babyloniens, ün y voyait toute esi)èce d'animaux, dont les images avaient été imprimées sur les briques encore rrues... Ces animaux étaient imités selon toutes les règles de l'art tant pour la forme que j)onr la couleur... Les proportions dépassaient (jnatre coudées. Sémiramis à cheval lançant un trait contre une panthère. Ninns frappant un lion. Ctésias no dit pas que ces tableaux fussent encadrés par des guirlandes de llenrs. Voir cependant l’usage très frécinent de C(‘s zones de Heurs, mais souvent d'une importance secondaire. Place, oin\ fi!., pl. XV.
INFLUENCE ORIENTALE
de décoration très répandu dont les éléments sont orientaux et qui est certainement beaucoup plus ancien que la date à laquelle nous nous arrêtons (i).
En recherchant les caractères de riniluenec orientale à l’époque où nous sommes arrivés et en donnant à ce chapitre le titre qu’il porle, nous n’avons garde d’oublier qu’il a existé bien au|)aravan(. une industiâe asiatique qui a été florissante et qui a répandu scs produits dans une partie du bassin de la iMéditcrranéc. Cette industrie est encore mal connue; dans l’état actuel de la science, nous constatons, aux cnvir(nis du x® siècle, un style de décoration compliqué dont nous pouvons déter miner la date minima (2); cette décoration a été imitée par les Crées; elle est restée longtemps chez eux tout à l’ail préj)ondérante ; elle j)ermet de supj)oscr que l’induslrle (jul l’avait produite a eu une action sérieuse sur les développements de l’ornementation hellénicpie ; il y a donc eu là entre les ouvriers grecs et les ouvriers éti’angers des rapports qui peuvent être réunis sous le titre d’intlucncc orientale, dut l’avenir démontrer par des arguments de jour en jour plus nombreux et plus précis, — comme on peut s’y attendre avec certitude, — (pie l’Orient, avait déjà auparavant exercé une intlucnce du même genre sur les mêmes pays et (pi’au x® siècle c’est en réalité le début d’une seconde période d’influence asiaticpie (pie nous de\ons étudier.
; 1) Voici quelques dates ai)pi’oximalives qui peuvent servir de point de repère : fin du .\i' siècle et x“ siècle; obélisque de Salman-Asar II (lülO-990?) ; — ix” siècle; palais du nordouest à Nimroud, .\ssour-Na7,ir-lIal)al (SS^-SoT) ; palais central à Nimroud, Salinan-.\sar III (857-8!2!2) ; - — ■ yiii“ siècle; palais de Khorsahad; Saryoukin ou Sargou (7;21-70t); — vu“ siècle; palais du sud-ouest de Nimroud, Assour-Akhé-Idin ou Asarhaddon (68l-()t)7) ; palais nord de Kouyoundjik, Assour-Ban-IIabal, titi7. — Les plaques de bronze décorées en reliet des portes de Balawat sont du temps de Salman-Asar II, x“ siècle (1010-990). Nous n avons malheureusement que des fragments de l’obélisque de ToukIat-IIabal-.\sar (vers 1130) (aujourd’hui à Londres) qui nous donnerait le style du xu° siècle. Les principaux exemples de
rornementatiou orientale que les Perses nous ont laissés sont du Y(“ et du v” siècle. Il serait important de fixer des dates plus précises dans une période (pii compte au moins cinq cents années. On voit pourquoi nous prenons le x'‘ siècle comme la date minima où nous sommes certains que cette décoration orientale, a été en usage. Bien que les plus anciens exemples déjà nombreux soient du ix“ siècle, rornementatiou du ix'^ siecle vient certainement d’une époque beaucoup plus reculée.
(2) Nous nous bornons à dire que tout au moins au x*^ siècle ce style d ornemeutatiou commençait à être en usage.
INFLUENCE ORIENTALE
Nous avons vu, d’une façon générale, les grands rap})orts qu’il est possible de constater entre l’art décoratif de l’Orient et celui de la Grèce; nous préciserons par la suite dans le détail beaucoup de ces ressemblances, mais dès maintenant il est utile de s’arrêter à une classe d’objets qui commencent à devenir nombreux et qui me paraissent donner des renseignements d’un intérêt tout particulier. Je \cux jjarlcr des coupes de bronze, d’argent et d’or, décorées au trait et au repoussé. On les a trou\ées juscpi’ici en Assyrie, en Grèce, en Italie en j)articidicr à Salerne, à Géré et à Palcstrine. Elles offrent des différences et des caractères communs qui sont importants dans la cpiestion (pii nous occupe. Nous avons déjà eu plusieurs fois l’occasion de les citer; nous aurons souvent encore à y renvoyer dans le cours de cette étude. Je ne crois pas qu’aucune autre série de monuments fournisse des renseignements plus précieux pour l’étude de l’inllucncc orientale et en particulier des céramicpies grecques j)rimitives. Jf* donnerai d’abord la liste et la tlcscii{)tion, en général sommaii’C, tlu plus grand nombre de 'ces coupes, en essayant de les classer selon les analogies (pi’clles présentent.
Assyiue. Palais de Nimroad. Les coupes de bronze de Nimroiid sont travaillées an rej)onssé et an trait. Le système de décoration consiste presque toujours en zones concentriqiu's, quelquefois très })Ctites, d’autres fois plus larges. Les zones ornées alternent avec des cercles vides; tantôt elles portent des liles d'animaux et des scènes ligurées ou des suites d’ornements; tantôt elles sont divisées en métopes (jiii ont chacune un sujet. Ces bandes sont encadrées le plus souvent par deux tresses. Le fond de la coupe est occupé par une rosace ou ])ar un cercle. Les zones, sur plusieurs coupes, sont si étroites que les ligures qn'on y voit ont forcément de très ])etites jiroportions. La répétition des mêmes motifs sur une môme bande est une loi jiresque générale. Dans la de.scription sommaire que nous douuons ci-dessous, nous commençons toujours ])ar la zone la plus étendue sauf pour les numéros 30®-30’‘.
1. Ornementation très simple, zones décorées d’niie suite de demi-cercles juxtaposés; guirlandes de palmettes cà pétales très fins, terminés par un cercle un peu plus fort, palmettes phéniciennes.
I N F L U E N G E 0 lll E N ï ALE.
I. Simplos motifs de déc(n'atioa; deux zones de demi-cercles avec gouttes. Rosace
ordinaire. PI. LVII (1), fig. D. Yoy. pl. V, fig. 6.
Trois tresses encadrant trois zones, décorées de palmettes à pétales très lins. Rosace centrale. Pl. LYIII, üg. I). Pour la tresse et les palmettes, pl. Y, fig. 7.
d. Dcu.x petites zones de palmettes. à pétales très fins. Rosace centrale formée de quatre boutons et de quatre tbmrs alternant, réunis par des entrelacs qui foi-ment un cadre occupé par une rosace. Cette guirlande de palmettes se retrouve sur un grand nombre d’antres coupes; de même la guirlande formée de demicercles. Remarqiu'z aussi la tresse. Pl. LYIll, C.
Y Crande zone décorée de ([uatre rangs superposés de palmettes phéniciennes. Centre occupé par un semis d’étoiles à six rayons., les pétales de l’une rentrant dans la composition de celles (jui l’environnent. Pl. LXII, A. Voy. n” .36, Des étoiles à six rayons, disposées de la même manière, se voient toutes semblables sur une dalle qui est conservée au Louvre et qui provient de Khorsabad, viiC siècle. Pl. Y, fig. Tl et 12.
II. Zones étroites décorées d’animaux passant ou de sujets très simples, répétés tout autour de la coupe, et toujours les mêmes sur la même zone. Ces figures sont de très petites proportions. — Sans motifs égyptiens.
O. Six petites zones portant des daims passant. Cercle central avec rayons. Dans les vides des rayons, lignes brisées régulièrement et cercles. Pl. LIX, C (2).
fi. Deux zones étroites portant des daims marchant séparés par une tlenr à cinq tiges ; deux zones décorées de gouttes ? Rosace. Pl. XIX, D.
Animaux et motifs égyptiens.