‹ Les céramiques de la Grèce propreChapitre 72 sur 94 · TYPE CHALCIDIEN · texte numérisé non relu

TYPE CHALCIDIEN

On |)ciil reconnaître coiiinie ajjparlenant aux colonies chalcidiennes de l’Italie niéi'idionale les vases dont l’alphabel a les earactèrt's cjne nous venons d’analyser. L’alphabet de ces ^ases est le suivant : a A A, B,

2I,T, VY, 4), Y 9 Il ne diffère <|iie jjar des détails de celui des colonies, tel qu’il est constitué jusqu’ici par les monuments épigraphiques. Nous ne trouvons sur ceux-ci ni le C = F , ni le I = 'C ; il v a ch* plus cfuelcpies léj.;ères variantes dans les mêmes t\pes. I/alphabel de (^dialcis , même, encore incomplètement connu, est tout à fait send)lable à celui des colonies, sauf = au lieu ch* C. L’alphabet de Stvra et d’Lrétrie représente aussi y par t ou P.

M. W Girard (i) a publié cpielques inscriptions anciennes de la Loci’ide Opontienne, pays dont nous n’avions [cas de texte archaïcpK*. mais c[ui, selon toute vraisemblance, de\ait avoir un aljdialcet très \oisin de ceux de l’Eubée et de la Béotie. Sur un vase noir, sans ligui'cs, le mot /.a'To; donne U =: sur un autre h* mot Air^yaiTcov est écrit AlOCEITOH. a\ee C =y; dans ’E;7.yv£Toç (EY5Ar/^ET02I), sur une plaque de tnf, le Y a la valeur de /. Cet aljchabel paraît donc être semblalch* à celui des colonies chalcidiennes. Il en est même plus [crês cpie ceux de Chalcis,

d’Erétrie et de Stvra.

Nous nous demanderons cpielles sont celles des colonies chalcidiennes cpil ont pu fabricpier les cas(*s dont nous parlons? Ces colonies étaient en Sicile : Nax<js, Catane, Léontini, Iliméra; les trois premières datent de la seconde moitié du mu'‘ siècle, la dernière du milieu du vu'' siècle. En Italie, nous trouvons Bhe^ium fondée \ ers 6()8 a\ . J.-th, Cumes et les villes fondées par Cumes, Dicæarchia et Neapolis, sans jcarler d’établissements secondaires. L’arri\ée à Cumes des Chalcidiens Ilippokiè.''

influencées réciproquement. Bien ne prouve que tel détail de technique ou de style n’ait pas été employé par les peintres dans des centres cérami<iues très divers, à Clialcis comme à Corinthe, à Athènes et à Rhodes. La plus sûre méthode dans les questions d’origine, eneme si comph'.xes et obscures, est de s’en tenir aux vases à inscriptions et de n’admettre les autres qu’avec beaucoup de prudence. Encore devons-nous ajouter que l’alphabet chalcidien, avec ses lettres caractéristiques, comme L, V et C, se retrouve dans d’autres contrées grecques, par exemple en Locride, à moins que les vases de Locride qui portent ces inscriptions ne viennent de Chalcis même. V. ci-ilessus, p. 2(SH.]

(1) liuUetin de Corvespnndnnce hellénique, t. II, i». oXK.

TYPE CHAECIDIEN.

et Mégasthéiiès, d’après les témoignages des anciens, remonterait an lemps des premières colonies grec(pies établies en Italie (i); elle sérail lout au moins antérieure aux autres eolonic's du môme peuple. Cette ville était plus [)rès fpie toutes les autres de rKtrurie; elle eut de botine heure une civilisation tlorissante dont les historiens nous ont pai'lé. Ses relations avec riürurie sont évidentes ; vers la fin duvb siècle, les Ctrusques entouraiejil de tous les cotés Cumes <'l ses colonies : ils occupaient Capoue, Nola, Abella. En ôad, la guerie est déclarée entre eux et les habitants de Cumes; plus tard, Aristodémos jMalachos va détendre Aricie attafpiée par Porsenna. Les exilés cyméens cpii renversèrent cet Aristodème venaient de Capoue, ville étrusque; précédemnuMit, Tarquin s’était i-éfugié à Cumes. l^n dyd? Hiéron et les Cyméens battent les Etrusques (li). Il serait lacile de multiplier les faits qui prouvent ces relations continuelles. Il est donc possible que les vases chaleidiens d’Elrurie \ iennent surtout de Cumes. Il est à noter (pie, de tous les vases trouvés dans l’Italie méridionale, celui (pii présente l’exemple le plus complet de l’alphabet chalcidien, le lécythe de Tataia, provient précisément de cette \ ille (3).

Ces vases sont, en général, plus récents (jue ceux du tyj)e d(' Céré; ils doivent apjuirlenir, d’après le style général, à la fin du siècle et même au commencement du v^ Sur les monnaies de Rhegium, (ju’on rapporte au temps d’Anaxilas, mort en d/tb on voit tantéit REClHO^et lant(jt RECIN05 (dj- Ea forme 51 a donc commencé à se substi-

(1) Raoul Rochette, Histoire de l'rtaOlisseoieot des colonies (p'ccqnes, t. 111, p. lOtt; Vell. t’alerculus, 1, i; Strabon, V, p. "Jt;! B. Nola et .4bclla étaient aussi, selon Justin i.\X, Ij. (les colonies cbalcidiennes.

t!) Gas(jue d’(Jlymi)ie cominémoratir de celte victoire, Rœckh, Corpns inscr. (jr., n" l(i.

(3j Minervini, BuU. nreh. napoL, t. 11, p. "iO, pl. I; Corpus inscr. i/r.., 8337 : TaTa(r|Ç

o’ 3tv [xz x/i.Lr,, O'jcpAo; ïc-y.’.. 11 est actuellement au Musée Britannique. Voyez aussi une autre inscription, Hu/l. arc/i. napolit., t. VU, p. 13(1. [Nous rappelons ici que l’étude de l’alpbabet de Chalcis même iKirchholI', 3“ édit., p. 108 et suiv.j permet aussi de supposer (jue la métropole a dù envoyer ses produits directement en Italie, comme Corinthe a envoyé les siens. Voyez dans Fuplironios, 2' édit., p. 71-72, le tableau que trace M. Klein de la brillante civilisation de Chalcis et de la didusion de ses types monétaires. 11 n’en est pas moins vrai (|u'un certain nombre de ces vases ont pu, comme le dit l’auteur, être l'abriqués dans les ateliers chalcidiens d’Italie.]

'il Eckhel, Docl. nuni., t. 1, p. 221.

'PYIM: eubeen.

liiei* à la forme $ vers ee temps, à Rhénium, et au clébul du n” siècle ou (“crixait encore c — y. T^es médailles de Cumes ne |>araissent mallieur(‘nsemenL offrir aucun renseignement utile. Le ç v est rare; cependant il se renconli'e sur une monnaie Irès ancienne, cpii est sans doute fies dernières années du m" siècle (i).

A la suite de la fabrique chalcidienne , j’ajoute une am[)lior(‘ du Musé(‘ du réouvre dont les caractères très parliculiers n’offrent pas d’indices sûrs (jui permettent d(' la rattacher à une orii>ln(' bien détermin('‘e. I^a paléographie des inscriptions décèle seulement un caractère ionien très |)i'ononcé; i\[. Klein serait temté d’v \oii‘ un produit de l’haibée, jjeut-ètre d’Krétrie (a).]

Ainpliore de béré, au Louvre (3); plusieurs jiarties eudommajiées (4). — Sui- le col, [lalmelLes noires régulières; eu haut de la }»ause, godrous noirs et rouges; prt“s du ])ied, arêtes noires laq’ounantes. Chaque sujet est ])lacé dans uii eadre résiu-vé sur le fond d’argile rougeâtre ; lout le reste du vase porte un beau vernis noir, \oinhreuses l■clouehes rouges; retouches blanehes rares. Les visages des femmes sent [leints eu noir (h leurs yeux incisés, mais [dus légèrement que ceux des hommes. — Face ; Zens JVHI), armé en hojilite grec, avec un casque à double cimier édevé, la cuirasse, l'épi'-e qu'il brandit de la main droite, le large bouclier entouré des serpents siftlant, s'élance contre deux Géants, costumés aussi en hoplites, Ilypcrhios (JOiaSHI'V) et Eidiialtès HlPIA/'TELi; un troisième, Agasthénès? (..VaG^ATA) (5) est étendu mort aux pieds de Zens; derrière lui. Itéra ( HEP . )drapée et cas(|uée perce de son épée un quatrième Géant. I larjiolykos'? (APPOA . . . i tombé sur un genou. — Revers ; Athéné drapée et casquée (AOEHAH ) saisit par le casque et frappe de son épée b' Géant Eucm'-lados l50AAA3Hi3H) tombé sur un genou; à droite, Poséidon, armé d’un trident el vêtu d'une cuirassi* d’écailles, frapjie l‘olybotès ( .aTOaVAOP); à gauche. Hermès pi'i’ce lie sa lance Polybios? (P. . BIOL).]

[(). .lahii eoiisidérail ee xasc comme aUiqiie; mais, à moins d’atlmetlce

1) Didrachine. Face ; tête de leniine à droite, ceinte d’une bandelette et d'nne couronne

de lauriers, KVM. Revers : coipiille, ÇV . H (collection du Capitole). .Fen eniprnnte la

ilescription à un mémoire inédit d(' Al. P. Girard sur les anti(iuit('‘s de Cumes.

3) i'' édit., pp. 72-7;f.,

(3) fiel Mitseo l’ampnna , Sér. II, n" ;>!); de W’itle, /'Jtiule sur k’s tv/.sc.s penUs.

pp. -Ml, 39; O. Jahn, Aiuiali delt' Inst., I8(i3, p. !2i3; Mninmenti , VI- Vil, pl. i.xxvm.]

I (La planche des Mununientl ne rend pas exactement l'aspect de l'original où mampienl une partie du torse et du visage d'Éphialtcs, du visage d’IIyperbios, presque tout le corps d’.Vgasthénés, le bas des jambes d’.\théné et le haut de son casipie, la tète de Polybotès.j C,‘i Miette inscription est inexactement reproduite dans la plancbc des !\lnnninnnl

TYPE EUBEEN.

avec Brunn (i) qu’il est une imitation tardive des produits archaïques, ce qui nous semble peu acceptable, la paléographie des inscriptions ne ('onvient pas du tout au dialecte attiquc qui n’a é(diangé ses lettres A — y et U = A contre les lettres ioniennes r et a (pi’après l’olympiade (4o3 ans av. J. -G.) (a)- EHp «p convient pas davantage à l’alphabet chalcidien, dans lequel >. = U et y = C. L’h redoublant l’E, ou même le remplaçaut (Zviù;, IVApêio; ), peut appartenir cà une époque ancienne : on connaît des exemples de l’H ouvert (au lieu de H) qui remontent jusqu’à la première moitié du m" siècle (3). Si l’on admet, d’après le style des figures, que ce vase date de la fin tlu vé siècle, il faut prendre, comme |)oint de comparaison épigraphique, les alphabets juirement ioniens, comme ceux de Milet et d’II alicarnasse. liCs fouilles archéologl([ues ne nous ont pas permis encore de reconnaître sur ces points de la cote d’Asie un centre de fabrication important pour les vases à ligures noires de cette époque; mais peut-être faut-il attendre des découvertes ultérieures. Dans l’état actuel de nos connaissances, les inscriptions du vase du Louvre nous offrent un caractère d’ionisme très prononcé, mais qui n’est pas exactement celui des alphabets ioniens proprement dits sur lesquels nous sommes renseignés par les monuments lapidaires. En somme, l’hvpothèse de M. Kl ein paraît assez plausible, car l’alphabet d’Erétrie, un peu différent de celui de Chalcls, possède le y = r, le A = A, le le I et le V (4). (3n s’expllfpierait aussi la forme de

(1) [Pfohhnne, p. ;29 [ll3i. Il la rapproche de l'hydrie du Louvre représentant Thésée combattant le Minotaure, que nous rangeons plus loin dans la série attique ( chap. XX). Il est vrai qu’à première vue les deux vases offrent quelque analogie et que les inscriptions y sont tracées en caractères remarquablement grands. Néanmoins, le style et la technique sont différents : comparez surtout la facture de la tète de Poséidon et celle de Tlièsée; les chairs dos femmes sont peintes en blanc sur l’hydrie, tandis qu’elles restent noires sur l'amphore; enlin on ne trouve pas sur le vase de Thésée le dialecte spécialement ionien qui est si remarquable sur l’amphore de la (ügantomachie.]

[Cf. Schiitz, Historla alphabeti allici, lS7o, et le tableau reproduit par S. Reinach, Traité d'épiymphie (frecque, p. 193, note 1.]

(3) [Kirchholf, Studien, 3“ édit., pp. 15 et suiv.; G. Hirschfeld, llheinischcs Muséum, Nouvelle série, t. XLII, pp. :216 et suiv. Il est vrai qu'en général il joue alors le rôle d'aspiration plutôt qu'il ne remplace l’E. Le vase appartiendrait donc à une époque de transition dans laquelle l'H joue encore le rôle d’aspiration et où il commence à prendre place comme voyelle, époque qui pourrait être voisine de la tin du vi* siècle, i

(i) [Cf. Kirebhoff, Studien, tableau IL]

'PYPI-: BKOTIEN.

1 ampliore si semblalile à ( elles de la fabrique chalcidieniie, la couleur un j)eu rougeâtre de I argile, 1 apjibejue des retouches rouges préleu’ées au blanc, etc.]

TT. Nous 11 avons encore que tia*s peu de vases de style ancien avec inscriptions trouves (^n Biîolic^ (i); h^ ljOu\re [lossède une œnochoé

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