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On se rappelle encore l'enthousiasme de nos populations, surtout dans les districts de Montréal, de Richelieu et de St-Hyacinthe, pour créer des cercles agricoles, enthousiasme tel qu’il ne s’en est pas pro:
duit de semblable depuis cette époque du commencement de l’année 1875. Le 12 septembre de cette même année, une convention agricole à laquelle était invitée une délégation de chacun des cercles en opération, s’ouvrait à Montréal, dans la vaste salle du cabinet de lecture paroissial. Le succès le plus éclatant couronna cette Convention agricole nationale. Des agro-
nomes distingués, tels que MM. Benoit, Gaudet, Lévesque, Landry, Massue, Chicoyne, Barnard, Schmouth, Casavant et un grand nombre d’amis de l’agriculture s’y étaient donné rendez-vous.
À la première séance, M. L. Lévesque, président de la Convention, développa longuement l'avantage des cercles agricoles.
M. l'abbé Provancher, dans un discours élaboré, démontra que les cercles agricoles avaient pour but et pour mission l’avancement de l’agriculture dans le pays. Dans un compte rendu de ces séances solennelles, le Franc.Parleur disait :
‘ Il n’y a pas de doute que les cercles agricoles doivent d’abord faire des efforts inouïis, afin de propager l’enseignement agricole dans nes campagnes ; ce n’est que par ce moyen que nous parviendrons à obtenir des milliards au moyen de l’amélioration de l’agriculture. C’est en donnant aux enfants de nos campagnes un enseignement agricole que les cercles agricoles auront un auditoire avec l'intelligence nécessaire pour profiter des lectures qui s'y feront et les mettre à profit, un auditoire de jeunes cultivateurs disposés à abandonner les idées de routine, un auditoire préparé d'avance à comprendre l’avantage
es améliorations agricoles.
Nous l'avons souvent répété, la dépopulation des campagnes, l'éloignement de la jeunesse pour la culture, et, par suite, le manque de bras pour l’agriculture, nous
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devons aussi ajouter le manque d’intelligence pour ces travaux, sont incontestablement amenés par le défaut d'instruction spéciale en agriculture.
Pourremédier avec certitude à ce fâcheux inconvénient de la dépopulation des campagnes, il est nécessaire de donner aux enfants, dès leur bas âge, avec les éléments de lecture et d'écriture, l’habitude du travail et les premières notions d’agriculture ; faites-leur comprendre la différence entre la bonne et intelligente culture et la culture de routine et de l'ignorance ; faitesleur apercevoir les avantages matériels qu'ils peuvent espérer et qu’ils réaliseront indubitablement par leurs paisibles occupations et leurs travaux rémunérateurs, sans les risques qu’ils ont à courir par les déceptionset les chômages qui les attendent dans les villes.
Les jeunes gens aiusi préparés s'empres seront, avec la certitude de mettre leurs connaissances à profit dans leur intérêt, de faire leur propre expérience de leur force et de leur mérite ; ils voudront par amourpropre faire preuve de leur savoir et augmenter, par leurs travaux et leur valeur personnelle, les oroduits de leurs propriétés particulières, et de là, bien-aise et profit pour tous et pour chacun.
Que l'instruction agricole, ainsi que son application et la pratique aux travaux, aux progrès agricoles, trouvent dans chaque cercle agricole des propagateurs zélés et
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dévoués : par là nous aurons l’assurance que, pour l'avenir, nous compterons dans nos cercles agricoles une foule de jeunes gens qui se feront un honneur et un devoir de s’enrôler sous leur bannière.
Vingt-deux cercles agricoles étaient reptésentés à la Convention par des délégués spéciaux. Ces cercles avaient été fondés dans les paroisses suivantes : La Baie du Febvre,St-Edouard de Lotbinière, St-Basile, St-Alexis, L’Acadie, St-Michel Archange, Longueuil, Chambly, La Patrie, Notre- Dame des Bois, St-Bruno, St-Marc, Joliette, St-Hubert, Ste-Anne de la Pocatière, L'’Assomption, Piopolis, St-Hyacinthe, St-Dominique, Ste-Elizabeth, Berthier et St-Guillaume.
Plusieurs de ces cercles agricoles subsistent encore, mais nous ignorons leur vie intime, et pourtant il serait à désirer que nous connussions les progrès qu’ils ont dû réaliser depuis cinqausqu'ilsexistent.
Eussent-ils vécu au grand jour, il n’y a pas le moindre doute que la plupart de nos paroisses seraient aujourd’hui dotées d’institutions aussi utiles. Heureusement, toutefois, la semence jetée en terre n’a pas péri : d’autres cercles se sont fondés depuis cette époque, et l’idée recueillie dans d’autres localités, germe aujourd'hui avec une vigueur de croissance qu’il importe de faire connaître au public. La petite paroisse de St-Sébastien d’Aylmer, en publiant chaque année depuis 1878, par la voie de la
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presse, le résultat de ses opérations, a donné un magnifique exemple que d’autres aujourd’hui se font un orgueil d’imiter. St-Agapit, St-Casimir, Deschambault, St-Ubalde, Roberval, Ste-Marie de Beauce, ont résolument fondé des cercles, et nous croyons devoir stimuler le zèle des cultivateurs de la Province en mettant sous leurs yeux les travaux opérés par ces associations qui ne
‘font que de naître. Il y a bien encore
d'autres cercles qui ne sont pas mentionnés dans cet ouvrage, mais ne connaissant rien de leur histoire, nous sommes forcément obligé de n’en rien dire. Nous nous bornerons à en faire connaître quelques-uns seulement.