‹ Les cercles agricoles dans la province de Québec [microforme]Chapitre 2 sur 22 · PAR · texte numérisé non relu

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Pour faire progresser l’agriculture, il ne suffit pas de gémir sur l'ignorance de ceux qui s’y livrent. A une théorie bien entendue il faudrait joindre une pratique raisonnée. Imbus de cet axiome, que l'union fait la force, nous devrions organiser dans toutes les paroisses des cercles agricoles.

Dans chaque centre, il serait indispensable de fonder une bibliothèque populaire, où naturellement nne large place serait faite aux ouvrages d'agriculture, d'horticulture et d’arboriculture. La bibliothèque serait le centre d'action intellectuelle de la paroisse. On y passerait les soirées d'hiver, et l’on trouverait dans le curé ou, à son défaut, dans le médecin ou le député, des conférenciers qui traiteraient spécialement

d'agriculture. Le cercle aurait à la disposition de ses membres les journaux canadiens qui s'occupent exclusivement d'agriculture, tels que la Gazette des Campagnes et le Journal d'Agriculture.

En résumé donc, nous proposons dans ce petit ouvrage comme des moyens les pis propres à remédier au mal que tout e monde déplore, les suivants :

Création de cercles agricoles sous la direction des curés ;

Fondation de bibliothèques spéciales à l'usage des membres du cercle ;

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Conférences suivies sur l’art agricole, données au cercle par le curé, le médecin ou par un agriculteur instruit ;

Lecture des journaux d'agriculture dans la famille et dans les cercles.

Nous n’entendons pas exclure tous les autres systèmes proposés déjà par des agro nomes distingués dans le but de faire progresser l’agriculture, tels que le maintien des écoles spéciales, les expositions de comté, l’enseignement agricole dans les collèges, dans les couvents et les écoles, la diffusion des journaux. Bien loin de nous cette pensée ; au contraire, nous ne désirons rien tant que le succès des écoles d'agriculture, et c'est en développant le goùt de la jeunesse pour l'agriculture au sein des paroisses, que nous fournirons à ces institutions un plus grand nombre d'élèves ; de même qu'en groupant les cultivateurs, nous obtiendrons d'eux l'immense résultat de leur faire lire, comprendre et mettre en pratique les bons enseignements de nos deux excellentes publications agricoles, la Gazette des Campagnes et le Journal d'Agriculture illustré.

Tel est notre but en publiant ce petit ouvrage, qui est écrit sans aucune autre visée que celle de faire un peu de bien à nos compatriotes canadiens français.

Il se produit au milieu de nos populations agricoles un mouvement remarquable et digne d’être souvent mentionné. Nous voulons parler de la formation de cercles ou | associations au sein de nos paroisses.

Il y a plusieurs années, cinq ou six ans, croyons.nous, que l’on a commencé dans différentes paroisses de notre province à établir des cercles agricoles. C'était préci- | sément durant cette période où le gouvernement avait confié à M. E. A. Barnard la tâche de parcourir la Province pour y

rononcer des conférences sur l’agriculture.

es cultivateurs, remués par la parole si convaincue de cet agronome distingué, n’ont pu résister à l'appel chaleureux qu’il leur adressait alors de s'associer et de prendre en main leurs intérêts propres.

C'est alors qu’on vit se fonder des cercles agricoles dans les paroisses de Ste-Anne la Pocatière, de Chambly, de St-Michel Archange, de St-Jacques de i'Achigan, de St-Edouard de Lotbinière, de Joliette, de Lambtor, ei dans plusieurs autres endroits.

Mais ce beau zèle se ralentit bientôt, et si tous r'ont pas cessé d'exister, il en est plusieurs qui mènent une vie bien cachée.

Aujourd'hui un nouvel élan est donné vers formation de cercles agricoles, et cette fois il vient de notre clergé. Sachons

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Serait-il possible. que l’on commencçât à comprendre qu'il faut briser avec cet esprit routinier qui a toujours rendu inefficaces les efforts de nos gouvernements. À voir le travail qui se produit, on doit commencer à espérer que la classe agricole, mieux éclairée que par le passé, va prendre elle-même ses intérêts, en étudiant Îles causes des maigres résultats qu’elle à toujours obtenus, pour en tirer des conclusions qu'elle devra mettre err pratique.

Comme nous le disions plus haut, de tous les moyens propres à améliorer l’agriculture et les conditions de l’agriculteur, un des meilleurs est la formation de cercles sous la direction du clergé. Les écoles d'agriculture, les revues agricoles, les exhibitions des produits du sol, sont d’excellents moyens, mais ils n’atteigneut qu’une toute petite partie de notre population.

Tandis qu’au cercle on discute, on entend les conférences, on apprend ; l’émulation

. S'y développe avec une grande facilité, car chacun y raconte les succès qu’il a obtenus:

et celui qui réussit à doubler ses revenus, trouvera toujours un auditeur anxieux d’imiter son exemple.

La réunion mensuelle ou bi-m nsuelle des cultivateurs d’une paroisse a l'effet de vaincre l'isolement, qui sera toujours un obstacle au progrès. L'homme toujours !

replié sur lui-même, fût-il le mieux doné, À finit par s’amoindrir, et se laisse bientôt décourager: par linefficacité de ses efforts isolés. Sil veut grandir, prospérer, il lui faut le coniact avec des.esprits supérieurs au sien.

Ceux-ci l’auront bientôt transformé. s’il n'y met pas à dessein des obstacles. L'agriculteur, plus que tout autre peut-être, a besoin, et il lecomprend bien, de s’instruire; et, au moyen de l'assistance au cercle, il acquerra vite les connaissances qui lui font défaut. Le curé, le médecin, l'avocat, le notaire, l’instituteur ont des notions justes e : agriculture. Tous peutêtre ne sont pas des agronomes à un égal degré ; mais, avec un peu d'étude, il leur est encore relativement aisé d'obtenir assez de notions théoriques pour les inculquer à leurs auditeurs. C'est ainsi que tous ensemble, avec de la bonne volonté et de la persévérance, ils rendront réellement utiles ces sociétés, que la presse et le gouvernement devraient encourager avec tout le zèle possible.

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