‹ Les cercles agricoles dans la province de Québec [microforme]Chapitre 6 sur 22 · EC · texte numérisé non relu

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cercles à faire connaître plus souvent le résultat de leurs discussions, le journal leur offre trois prix annuels : un de vingt piastres, un de quinze piastres et un de dix piastres, pour les trois rapports de cercles agricoles les plus fréquents,les plus cumplets et les plus utiles. On le voit, il ne s'agit pas ici de prix de littérature. Auront les prix ceux qui se seront montrés les plus pratiques et les plus actifs.

Voilà déjà quelque chose de tangible et bien propre à stimuler l’émulation chez les membres. Mais ce ne doit ni ne peut être le seul er unique mobile de l’action des cercles, remporter un ou plusieurs prix peut être quelque chose de fort honorable ; car il y a un motif plus élevé qui doit faire agir les membres.

L'honueur qui retombe sur tout un corps n’atfecte les parties %e ce corps qu’indirectement. Chacun doii travailler à remporter le plus de succès possibles, et, pour cela, il faudra que le cultivateur sache montrer ce qu’il sait faire, et jusqu’à quel point il a pu réussir à mettre en pratique les leçons qu'il à puisées au cercle. C'est alors qu’on touche au côté pratique de ces réunions.

Réussir à doubler, à tripler le rendement de sa terre, voilà le but à atteindre. Or, il n’est pas un cultivateur qui n’y parvienne, s’il sait utiliser les connaissances qu’il acquiert daus ces réunions bi-mensuelles ou mensuelles même.

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La Gazetie des Campagnes, dans un article sur les cercles agricoles, nous faisait connaître quelques-uns des princijaux avantages de ces associations et citait, pour corroborer ses assertions, des exemples frappants de leur utilité pratique :

‘ Les cultivateurs d’une paroisse se réuniront et mettront en commun leur savoir et ils s’instruiront par l'expérience, leurs expérimentations respectives. Chacun dira dans ces réunions ce qui lui a réussi et ce qui n’a pas été suivi de succès, les conseils

ar :a parole. les conseils mis par écrit par e concours de nos journaux agricoles. Les cultivateurs d’une paroisse s’entendront ensemble ; ils se réuniront à ceux des paroisses environnantes et se communiqueront leurs essais, leurs besoins.

« Cet avantage de s’éclairer les uns les autres deviendra alors évident pour la masse des cultivateurs. On reconnaîtra la nécessité de consulter le voisin qui touche notre champ ; plus encore on consultera des confrères que l'on sait avoir plus d'expérience et de connaissances que soimême en agriculture.

‘* Un homme, quelque instruit qu'il soit, ne voit qu’une faible partie du tableau, et ne sait par lui-même que peu ; mais en s'associant, en faisant partie du cercle agricole, il voit par les yeux de tous.

“ Comment refuser un avantage aussi précieux qui nous est offert par l’établissement des cercles agricoles ? ”

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Le même journal disait récemment, lorsqu'il annonçait la création d’un nouveau cercle agricole :

‘ On se plaît souvent à vanter les Ecossais comme étant des cultivateurs modèles et d'une grande expérience. Ce que l’on ne sait probablement pas, c’est qu’en Ecosse on attache une grande importance au développement de l'instruction aussi bien dans les campagnes que dans les villes, et il ne faut pas s'étonner que la science agricole y obtienne sa grande part et que les cultivateurs soient en état d'exercer leur profession avec calcul et raisonnement.

ans chaque paroisse de l’Ecosse, les cultivateurs se réunissent en clubs pour converser sur des sujets de politique et d’agriculture, et pouvoir obtenir, par leur réunion, une étendue de connaissances qu’ils n’acquerraient point en restant isolés. Ces clubs ont ordinairement tous une bibliothèque entretenue par les souscriptions périodiques des membres qui les composent, où les journaux agricoles trouvent une première place.”

Nous citons encore du même journal un extrait d’un article qui nous prouve toute l'importance de ces sortes d'association :

‘“ Faut-il citer des exemples frappants sur les avantages que nous relirerions par l'etabliss-ment des cercles agricoles dans chacune de nos paroisses, en voici :

Un des membres du cercle signalera à l’attention de ses confrères agriculteurs, une variété de blé qui

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réussit mieux, qui donne un produit double ou triple de celui du blé dont on se sert ordinairement pour la semence ; mais il ne pourra se le procurer qu'en s'adressant à Montréal, ou même il ne pourra se le procurer qu'en le faisant v-nir des Etats Unis. Le cultivateur peu aisé, qui entend vanter oe lé, ourra-t-il seul en faire venir d'aussi loin, quand

ien même il le voudrait ? Absolument non, car l'achat, le port pour une si faible quantité lui coûterait trop cher ; il restera avec le regret de ne pouvoir essayer d’un produit qui peut doubler son revenu en blé. Mais s’il fait partie du cercle agricole, il s'’associera à d'autres membres pour acheter ce grain, et la dépense étant moins forte, lui facilitera cet achat. Il en est de même des instruments agricol:s dont le prix d'achat serait trop élevé pour un seul. Par une contribution de chaque membre. un instrument re-onnu d’une grande utilité serait acheté, et chacun en aurait le service: à tour de rôle.

Mais, nous diront quelques cultivateurs. si nous formons partie du cercle agricole, il pourrait se faire que plus tard nous ayons une contribution à puy-r, par de nouveaux règlements qui pourraient être étahlis. Soez certains, cultivatr-urs, que l'intention de ceux qui travaillent avec autant d'énergie à l’établissement des cercles agricoles n’est pas de vous mettre à la gên-, même au moyen de la plus légère contribution. Au contraire, en étant membre d'un cercle agricole, vous aurez même occasion d'y faire de l’ rgent.

Voici un fait à l'appui de ce que nous avançons :

A un cercle agricole établi dans l'une de nos paroi-ses, l- secrétaire avait pour habitude de laisser des journaux d'agriculture à la disposition des membres. A une des séances de ce cercle il y avait apporte le furmer’s Advocale dans lequel se trouvait uue gravure représentant un instrument d'agriculture. Un des membres présents, en voyant cette gravure, crut qu'il pourrait faire fabriquer de s m-

lables instruments en y faisaut quelques changements.

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Sans en parler à personne, le lendemain il se rend chez !e forgeron, et lui demande s'il ne pouvait pas lui faire un instrument dont il avait préparé d'avance les dimensions. Le forgeron ne comprenant pas à quoi pourrait être utile ce que lui commandait le cultivateur, crut que ce dernier voulait rire de lui; mais enfin il se décide à accepter la commande. Au bout de deux jours, l'instrument est fait et revendu à un cultivateur qui ne put en faire trop de louanges, vu son utilité, et le forgeron ne put fournir qu'avec difficulié aux nombreuses commandes qui lui étaient faites. Le cultivateur qui avait introduit cet instrument, en a porté un à la dernière exposition provinciale de Québec, pour lequel il a obtenu huit piastres en prix.

Si ca cultivateur n'eut pas appartenu au ‘cercle agricole. il n'aurait certainement pas eu l'avantage d'introduire cet instrument dans tout un comté, d'y faire un assez bon profit par ses ventes, de procurer de l’ouvrage au forgeron, et d'obtenir un premier prix à une exposition provinciale, Comme nous ne sommes pas autorisé à donner le nom de cet heureux et entreprenant cultivateur, nous le taisons ici.

Voilà jusqu’à quel point le cultivateur appartenant à un cercle agricole, doit craindre d'y perdre de l'argent. L'avantage qu'a obtenu le cultivat-ur que nous venons de citer j:eut être partagé par tous l-s cultivateurs fermant partie d'un cer-le agrirole. Au moyen des renseignements qu’il pourrait y pui-er, il aura maintes occasions d’y faire de l'argent, en les mettaut à contribution.”

Citons un autre moyen pour arriver à des résultats fructueux à l’aide des cercles agricoles. C’est celui employé par le Cercle agricole de St-Pierre de la Patrie, et communiqué au Pionnier de Sherbrooke par un des membres de ce Cercle :

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‘* L'association se divise en plusieurs classes de trente membres chacune. Les versements sont de douze sous par mois, par chaque part, pendant trente mois. Un tirage a lieu tous les mois. L’heureux gagnant dans chaque classe, au tirage du mois, a droit à un mouton dont il a le profit, mais qui demeure la propriété du cercle agricole en fidei commis, tant que le dit gagnant n'a pas fait ses trente versements.

‘Tel est le but que s’est proposé notre cercle agricole en commençant une association du genre de celle dont je viens de parler, savoir : d'aider les colons de peu de moyens à se pourvoir de la matière première pour la confection des vêtements, d’une mauière plus facile et moins dispendieuse à la fois ; en second lieu, de nous habituer, par l'élevage des moutons sur nos fermes, à fabriquer nous-mêmes les étoffes qui nous sont nécessaires et que nos femmes canadiennes savent si bien tisser.”

N'est-ce pas là un moyen bien propre à engager les cultivateurs à former partie de ces associations.

Nous pourrions citer d’autres moyens analogues à ceux-là; mais, comme ils doivent être subordonnés aux ressources et aux besoins spéciaux de chaque localité, nous craindrions de faire fausse route en entrainant trop loin le lecteur dans des considérations spéculatives.

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