DE L'UTILITÉ DES CERCLES AGRICOLES
* L'association a été de tout temps l’instrument des grandes œuvres. Plusieurs volontés mises au service d’une idée, sont toujours certaines du succès. L’Ecriture a dit : * Malheur à l’homme qui vit seul !
Væ soli! Cette parole peut s'appliquer à l'agriculteur qui s’isole et ne cherche pas à mettre au profit de tons le secret de ses succès.
Corroborant l’idée que nous émettons, le Pionnier de Sherbrooke, journal plein de dévouement pour les classes agricoles, s’exprimait un jour comme suit :
‘ Cette utile et intéressante classe n'occupe pas, dans notre Province, la place qu’elle dévrait avoir, parce qu’elle ne connsîit pas sa force, faute d’Associations qui lui révèleraient sa puissance, et qui la mettraient sur un pied ‘egalité avec les autres classes de Ja société.
Les cultivateurs vivent tous isolés les uns des autres, et par là se trouvent dans l’impossibilité de protéger leurs intérêts
Car, dans l’état actuel de la société, l’homm individuellement ne peut rien, et ce n'est que par l'association qu'il peut arriver à obtenir sa part d'influence.
Le commerce et les intérêts commerciaux jouent un grand rôle dans le monde, +t forment un formidable puis-ance qui ne manque p4s5 d’avoir l'instinct de sa conservation «t le secret de son avancement. Le cultivateur est le ucteur de la matière première sur laquelle o la classe commerciale. Le cultivateur doit donc être en posit on de rencun-
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trer le marchand sur le terrain commercial, c'est-àdire, être au courant du marché, et surtout connaître la valeur de l’article qu'il veut vendre ou acheter, suivant qu'il est rare ou abondant.
La classe commerciale comprend tellement bien '
l'ins- ses intérêts, qu’elle pousse l'étude de ses affaires eurs jusqu’à faire faire des statistiques sur la production sont de chaque pays, afin de baser ses opérations sur ces ture connaissances. | Le cultivateur devrait en faire autant, afin de eul ! connaître les prix que devront commander tels ou er à tels articles dont il peut disposer ou qu'il est obiigé } pas d'acheter.
» ses De plus, la culture de la te’re, comme tous les autres arts, peut toujours être amélioree ; dans notre province surtout, elle est susceptible de grauds s, le prog ès.
) de Or. le meilleug moyen pour notre classe agricole oles, d'ar iver à ces deux buts, ce sont les associations, Nous avons déjà parlé de ce sujet. nous avons conseillé aux cuitivateurs de se former, dans chajus pas, paruisse, en cercl-s agric les. Nous constatons avee voir, plaisir que dans certaines localités on s'est mis à ocia- l’œuvre et les résultats sont des plus satisfaisants, 1 la En eff:t, c'est dans ces associations-que les cultiutres tivate-urs peuvent étu lier la rich-sse de leur localité, calculer l’excédant de ses nroduits ; puis, au moyen : des d'une affiliation de tous le: cercles, il serait facile té de ensuite de connaitre la richesse totale ou le déficit, ; suivant lecas. La discussion des questions agricoles indi- don: e ensuite l’élan aux progrès et aux améliorations. par C’est l- résuitat que nous con:tatons- partout où il y part a de ces cercles. ” 1 uent | rmitinct < dent. 1e Ù us | tière Telle est l’opinion d’un journal qui s’ociale. cupe sans cesse des intérêts les plus chers ‘|
des cultivateurs. S'il fallait d’autres témoignages pour prouver l'utilité des cercles agricoles, nous n’aurions qu’à ouvrir les gs du pays exclusivement dévoués à ‘étude des questions agricoles.
Ainsi, le Journal d'Agriculture, dans son auméro de juille: 1880, publiait une correspondance contenant ce qui suit :
‘ Une chose me parait indispensable au progrès et à l'avancement de l’agriculture ; ce serait la creation de cercles agricoles dans chaqu# paroisse. Ces c:rcles seraient composés de tous les cultivateurs qui voudraient en faire partie. Ils auraient un président, un secrétaire et des officiers de direction, L:urs séances auraient lieu chaque semaine ou chaque mois, ‘uivant les circonstances. Chacun des m« mbres aurait droit à un exemplaire du Journal d'Agriculture. Un rapport serait fait chaque annee au surintendant de l’agriculture, per chaque cercle de ; aroisse. Eatre autr s détails, il serait mentionné dans ces rapports : le nombre de personnes composant chaque cercle, l'état de l’agriculture dans chaque psrois e, ce qu’on pourrait y eultiver avec plus d'avantage, si une manufacture quelconque pourrait y être établie avec protit. etc. Je veux surtout parier des manufa tures de beurre, de fromage et de sucre de betteraves.
Les professeurs ou inspecteurs d'agriculture, au nombre de vingt, je suppose, seraient nommes ! our: toute la Province. qui strait divisée par con équent en vingt arrondissements d’insyection. Ces inspecteurs, qui pou:raient remplacer les professeurs des écoles d'agriculture, consacreraient tout leur t-mps à visiter chacun leur district d’inssection, et douneraie t chaque soir, à tour de rôle, devant l-s c-rcles agricoles, un entretien ou lecture sur l'agriculture.
Ou ae saurait croire tous les benétices etavautages qu les cultivateurs retirent ordinairement de ces
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associatinns de paroisses. Ils s'entr'aident de bisn d:s manières et, par des achats en commun, diminuent beaucoup les dépenses d’un chacun, tout en s’assurant d: meill urs achats. Ils s’instruisent mutuellement, et profitent des expériences les uns des autres, sans compter les avantages inappréciables qu'ilsauraient de rencontrer le temps a autre lie pryfesseur ou iuspecteur d'agriculture ”?
Le même journal écrivait en septembre dernier : ‘* Nous constatons avec grande joie la formation de plusieurs cercles agricoles dans le diocèse de Québec. Espérons que ce mouvement si patriotique se généralisera bientôt dans la Proviiee tout entière.”
La Gazette des Campagnes n’a pas cessé depuis plusieurs années d'encourager la formation de ces cercles, les regardant comme un des meilleurs inoyens de com.
battre les abus. la routine et l’ignorance en agriculture. Dès le 7 janvier 1876, ce journal faisait les remarques suivantes :
“ Nous apprenons avec plaisir que, dans plusieurs paroisses, l’on se propose d’établir prochain-m:nt des cerc: s agricoles.
Que l’on profit des visites du jour de l’an pour en causer avec les voisins et | s amis, et que l’un se mette immédiatement à l’œuvre afin d+ pouvoir profiter des longues soi ées d'hiver qui nous restent pour établir ces réunions. Que l’on fasse pour ainsi dire de ces cercles dans les villages une école du so r, où les jeunes gens trouvervnt des lumières pour
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teur esprit, des délassements et des distractions honnôtes qui les attacheant à leur condition d- cultivateur. Pour que le cercle vive et prospère. il faut que ceux qui peuvent le nourrir des moyens d'actions nécessaires fassent quelques sacrifices. Déjà dans plusi-urs paroisses, où l:s jeunes gens ne savaient que fa re pendant leurs loisirs d'hiver, ils tro@vent aujourd'hui au cercle devenu en plusieurs endroits uue chambre de lecture et un lieu de récréation, des ami qui les éclairent, des journaux qui les instruisent : ils y trouvent des mains amies qui leur prouvent que la fraternité chrétienne est la seule qui montre son att-ntion et ses sympathies. Enfin ils s’attachent à Di-u et à la patrie, qui est le drapeau arhoré p:r les cercles agri:oles. Amour de Dieu, amour du sol : telle e-t la devise de+ cercles agricoles. Ernparons-nous du sol, si nous voulons conserver nolre nalionalilé."
Dans tous les pays où l'agriculture est en honneur, on s'occupe de la création de ces cercles. Pour n'en citer qu’un exemple, la Nouvelle Angleterre possède plus de 250 clubs de cultivateurs, ayant 75,000 membres actifs, et des bibliothèques contenaut 25,000 volumes traitant de l’agriculture.
Lors du dernier congrès des cercles
catholiques français, une commission agricole fut nommée exprès pour étudier les intérêts agricoles ; un des membres les plus distingués de cette commission disait alors : “Fort bien appropriées aux besoins spéciaux
tractions de cultis. il faut d'actions jà dans savaient tro vent endroits tion, des ; instruiprouvent i montre Is s’attau arhoré mour du
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ront être d’une application un peu diffcile dans le sein des popuiations rurales. Dans
tous les cas, je pense que le moyen le plus
sûr, le plus efficace pour prendre influence sur les cultivateurs, sera toujours d'étudier avec grand soin les questions spéciales qui, dans chaque contrée, touchent le plus vivement à leurs intérêts, et qui font l'objet. de leurs plus constantes préoccupations. parce qu’elles répondent à leurs besoins les plus urgents. On devra dans ces réunions rechercher ces questions, les étudier avec grand soin. et en aborder, autant qu'on le pourra, très résolument la solution. Il se trouvera toujours dans leur sein quelques personnes auxquelles ces questions seront pius particuliérement familières. La parfaite conpaissancequ'ellesaurontdesintérèts locaux, leur zèle éclairé, leur indiquera bien vite les points qu’il faudra principalement toucher ; et toutes les fois qu’elles auront touché juste,'leur action trouvera un facile accès au cœur des populations.”
La commission ayant à examiner q:::l serait le mode le plus efficace pour propager les bonnes publications, suggère l’établissement des cercles ruraux.