‹ Les cercles de Paris, 1828-1864Chapitre 15 sur 69 · LE JOCKEY-CLUB · texte numérisé non relu

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sur un dressoir d'un admirable travail, il avait réuni les coupes et les vases qu'il avait gagnés aux courses. Comme on était on train de créer cette langue imagée et pittoresque qui s'appelle l'argot, il n'avait pas voulu rester étranger aux progrès de l'idiome, et en avait étudié à fond les nouvelles ressources. C'était un prince Rodolphe (on dit qu'il a servi à Eugène Sue pour sa création des Mystères de Paris) ; il était fort à l'escrime, robuste au pugilat, la première savate de son temps. Avec tout cela, un Bruramcl, moins le brouillard, généreux, causeur écouté, gentilhomme chevaleresque, qui obtenait dans un salon des succès de tout genre.

Lord Seyraour, né à Paris, n'a, dit-on, jamais passé la Manche.

Il avait grande mine, était ardent au plaisir, et ce portrait ne serait pas ressemblant si je n'exposais aussi le rôle effectif qu'il a joué dans les carnavals parisiens. Dune imagination inouïe, dès qu'il s'agissait d'inventer un divertissement nouveau, il s'entourait volontiers de gens originaux , gais et bien portants qui devenaient vite ses séides. Débraillé h ses heures, mais avec une grùre parfaite, l'idole des titis que la force physique, jointe & l'exquise distinction , a toujours séduits; la tox popnli l'avait baptisé d'un nom énergique.

*i CERCLES PARISIENS

La rox itoptfJi s'était trompée, le jour où, au coin te la rue de la Paix et du boulevard, il s'était colloto avec deux individus qui insultaient une vieille marchande, et les avait étendus sur le carreau aux applaudissements de la foule : c'est le gentilhomme qui avait tait des concessions. La marchande de pain depices était un symbole, et représentait le sexe faible, lîalanterie mal interprétée. Les foules sont

mirâtes

Kn temps de carnaval , et cela pendant trois ou quatre ans tout au plus, il avait un état-niajor recrute priai tous les viveurs émerites de ce temps-là, o oiait lo grand stratégiste qui disposait ses forces; il paraissait, ou plutôt sa voiture, attelée de six chc- \,m\, précédée do piqueurs sonnant de la trompe, ■mrlail do la rue I-afïitte et parcourait le boulevard; lo canuxal commençait, et tous les travestis lui fai- Miotil oortoge.

I'ho particularité assez singulière a contribué à oimuli-o la insularité de lord Seymour. J'ai dit «iu il olait stratogiste et qu'il organisait les divertisiuiohU carnavalesques plutôt qu'il n'y prenait part f » h lnoii mmxont il regardait la cohue, caché deriiou>«i<i poiMoiuios. La foule des rues, qui prenait «m muu pour drapeau et s'enrôlait volontiers sous sa Kttmtoio, lluusait cependant par lui attribuer per-

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