‹ Les cercles de Paris, 1828-1864Chapitre 16 sur 69 · LE JOCKEY-CLUB SI · texte numérisé non relu

LE JOCKEY-CLUB SI

sonncllement tout ce qui se commettait d'excentrique pendant le carnaval.

Ceux qui vivaient alors dans le milieu parisien se rappelleront qu'un jeune homme très-riche, nommé La battu, imagina de ftiire concurrence à lord Seymourd et déploya, pour arriver à ce. résultat, plus d'argent et d'imagination qu'il ne lui en eût fallu pour accomplir la plus belle lâche.

Le noble lord, dont les bruyantes gaietés ne durèrent pas plus de trois ans, s'était fatigué de cette vie. Lahattu organisa son parti; il eut des séides comme en avait eu celui qu'il se jurait de faire oublier, et un lieau jour de carnaval, renouvela les cavalcades, les déli'és, les distributions de jouets et de sucreries et mille autre.", folies ruineuses. Il avait un chef d'état-major nommé Froment, qui écrivait dans un journal de théâtre et mourut fort jeune. Dès le matin, les posli lions enrubannés faisaient claquer leur fouet devant les fenêtre* de l'hôtel; les chevaux et le char stationnaient là (tendant quelques heures afin qu'on ne s'y trompât pas, et Froment avait soin que personne n'ipiorût son nom ni celui du prétendant.

Knfin. ce- ni<\*M«M:rs, revetus des costuma les plus singuliers, descendaient en ouvrant avec fracas h*s portes de l'hôtel; les piqueun» sonnaient de la trompe,

le char s'ébranlait aux cris de la foule qui hurlait comme un seul homme : « Vive lord Seymour ! »

Et Labattu avait beau payer des fanatiques qui devaient jeter son nom aux groupes dès que son attelage arrivait à la ligne des boulevards : les passants s'extasiaient sur le luxe de lord Seymour. Les gamins suivaient la voiture en répétant leurs vivats; la masse , qui s'y trompait et pour qui le nom de Seymour était populaire , se persuadait facilement que cette voiture était celle du lord. Les enfants balbut iaient son nom , et le promeneur naïf, en rentrant le soir, racontait à ses petits qu'il s'était bien amusé et que la cavalcade de lord Seymour était plus brillante que jamais.

Labattu tenta pendant quatre ans de combattre ce préjugé trop enraciné. et F rebuté par ses échecs, se retira sur les bords du lac de Côine, où il mourut.

tr CERCLE RUE DROUOT. — L'ÉLÉMENT SÉRIEUX.

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