FUSION OES MOUTAROS AVEC LE JOCKEY
Vingt années s'étaient écoulées depuis l'installation du cercle dans les salons de la rua Drouot, lorsque s'effectua (1856) la fusion du Jockey-Club av*c le cercle détoné familièrement sous le nom de cercle des Moutards, installé dans les salons de la rua Royale.
Cette fusion a eu une trop grande influence sur
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l'avenir du cercle pour que nous ne donnions pus quelques détails à ce sujet.
Ce cercle était composé de jeunes gens du fanbourg Saint-Germain auxquels leur âge ne permettait pas encore l'accès du Jockey-Club. Cette élégante société recommençait rue Royale les premiers temps du Jockey; on y avait installé une salle d'armes et jusqu'à une gymnastique de salon; on y soupait longuement, et toute cette jeunesse dorée, qui comprenait les plus beaux noms et les plus honorables personnalités, menait là joyeuse vie.
Les grandes impures qui se rendaient au bois mollement étendues sur les coussins de leur calèche, n'auraient jamais doublé le cap de la rue Koyale et de la place de la Concorde sans lever. avec un faux air d'indolence, leurs beaux yeux cerclés de khôl, vers les fenêtres du cercle, ordinairement assiégées par les jeunes membres. Elles étaient sûres de ne pas perdre une œillade assassine ; toujours recueillie par un jeune duc, ou tout au moins un comte ou un baron.
Le cercle de la rue Royale était extrêmement bien administré; on pensa que ces deux sociétés, qui pouvaient marcher de pair par la considération qui s attachait à leurs membres respectifs, ne pourraient
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que gagner à se réunir : on entra en pourparlers.
La base des négociations reposait sur ce principe : absorption complète et admission sans scrutin des membres du Jeune-Cercle.
La fusion fut résolue, et pendant une année les salons du Jockey et ceux de la rue Royale furent communs aux deux cercles. On doit ajouter qu'une soixantaine de membres du cercle des Moutards faisaient déjà partie du Jockey.
Ce dernier cercle compta donc deux cent trente membres de plus. On conçoit l'importance que cette fusion donnait au Jockey-Club.
Les jeunes membres qui venaient se mêler aux sociétaires du cercle représentaient sinon une majorité, au moins une collection imposante, et qui devait avoir une sérieuse influence sur les décisions; ils avaieut l'immense avantage de se tenir entre eux par les liens d'une solidarité née d'une commun»origine. Le jour où il fut question de renouveler lt* bail de location des salons de la rue Drouot, ils représentèrent qu'on était loin du bois, loin de la Madeleine et du centre effectif. Quoique leur demande fût prise en considération, on chercha les moyeu*»
de concilier les nouveaux besoins, tout en conservant le même local.
On était disposé à s'imposer des sacrifices, on sous-loua du Chemin de fer d'Orléans certaines dépendances qui devaient permettre de créer de nouveaux salons; mais, en même temps qu'il augmentait le nombre des pièces que le cercle devait occuper, le propriétaire de l'hôtel, dont la demeure était contiguë, exigeait qu'on lui rendit l'un des grands salons ayant façade sur le boulevard , afin de le joindre à son propre appartement. Cette exigence, jointe aux difficultés de l'appropriation, firent qu'on résolut de chercher activement un nouveau local.
V Union venait de s'installer dans son hôtel du boulevard des Capucines, son ancienne résidence était vacante ; le propriétaire consentit à faire de notables changements dans l'économie de cet immeuble ; il fut décidé que le Jockey s'y installerait, et le comité signa un bail de vingt années, aux énormes conditions de 60,000 francs par an.
La rue de Grammont (dont par parenthèse le nom est improprement orthographié, car elle tire son nom des Gramont du Béarn) est étroite, les voitures n'y peuvent stationner, l'entrée du cercle est mesquine; c'était encore une décision dilatoire,
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quoique l'intérieur fût assez commode et confortable ; le cercle occupa néanmoins ce local pendant sept années, pendant lesquelles les membres les plus actifs du comité rêvaient une installation définitive.
Enfin, vers la fin de 1862, on entra en pourparlers avec M. Pereire pour la construction du nouveau cercle : on avait/ait des plans fort beaux sur le papier; rassemblée générale les avait adoptés, quand la municipalité changea l'alignement. Nouveaux plans, nouvelle réunion , acceptation définitive, enfin exécution et signature d'un bail de trente années, aux conditions suivantes : 90,000 francs les premières années, et 120,000 francs les quinze autres. Pendant ce temps on cherchait à se défaire de l'embarrassante location de la rue de Grammont, et ce résultat ne fut atteint que quelque temps après, avec une perte assez sensible.
Le local livré par l'architecte, il fallut le meubler ; on chargea de ce soin une commission, désignée depuis sous le nom de commission des trois dues, et composée de MM. d'Albufera, de Bisaocia, de Pitz-James.
On mit à la disposition des délégués la somme néoewaire, résultant d'une souscription.
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Les lecteurs entreront avec nous dans ce nouveau local, que nous allons essayer d'inventorier, avec la sollicitude d'un commissaire-priseur.