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CHAPITRE IV

Construction des cerfs-volants.

Matériaux employés. — Carcasse. — Voilure. — Corde de retenue. — Dévi* doir. — Cerf- volant allongé. — Cerf- volant russe. — Cerf- volant Esterlin. — Cerf-volant hexagonal américain. — Cerf- volant Magron. — Cerfvolant octogonal. — Cerf-volant parapluie. — Cerf-volant Biot.

Un cerf-volant plan ordinaire se compose essentiellement d'une monture ou carcasse sur laquelle on tend de la toile ou du papier et à Textrémité inférieure de laquelle on fixe une queue. Une ficelle de retenue est attachée par une bride au cerf-volant, et est fixée à terre sur un dévidoir.

La carcasse d'un cerf-volant se fait ordinairement en bois. Dans quelques grands appareils, on a employé le métal, généralement sous forme de tubes d'acier ; mais une carcasse pareille est lourde, et ne conviendrait qu'à de très grands appareils. Aussi doit-on préférer le bois. On pourrait cependant employer avec succès des tubes d'aluminium, si le prix élevé de ce métal n'en écartait pas généralement l'emploi. Disons aussi que nous nous servons fréquemment, pour les petits cerfs-volants, des baleines de parapluie en acier. Elles sont d'un emploi très commode et extrêmement pratique.

Beaucoup d'essences de bois peuvent être employées. Les qualités que l'on demande au bois entrant dans une carcasse de cerf- volant sont la légèreté, une résistance à la rupture aussi grande que possible pour une faible section, une rigidité suffisante ou au contraire de la souplesse, suivant qu'on construit un cerf-volant à baguettes droites ou courbes, et une homogé-

néité presque parfaite afin de pouvoir obtenir des baguettes d'une section uniforme ayant en tous points un poids égal par unité de longueur.

Ces différentes qualités sont difficiles à réaliser toutes ensemble. Une essence excellente est le poirier : on choisit un bois à droit fil, sans nœuds ni défauts, dans lequel on taille des baguettes de la grosseur voulue, qu'on dégrossit au couteau. En les passant ensuite à la filière, on obtient des baguettes réalisant presque toutes les conditions recherchées. Le frêne donne également un bon résultat. Le chêne est résistant, mais trop lourd ; l'osier est trop flexible et cassant lorsqu'il est sec ; on l'emploie cependant lorsqu'on veut construire un cerf-volant en poire. Le châtaigner lui est préférable. Le sapin est léger, facile à obtenir en baguettes droites et bien calibrées, mais il est cassant. Cependant on l'emploie fréquemment avec succès, à condition de ne pas lui donner de trop grandes portées.

Un bois excellent est le bambou. D'une grande légèreté, il est très droit et très résistant. On peut l'employer dans presque tous les cas tel qu'on le trouve dans le commerce. Cependant il n'offre pas un calibre égal sur toute sa longueur, puisque c'est un bois conique. Lorsqu'il est nécessaire d'avoir un bois de même poids sur toute sa longueur, voici comment on peut y parvenir : on choisit du bambou bien droit et on le fend d'un bout à l'autre dans le sens de la longueur suivant un diamètre de la section : on obtient ainsi deux demi-baguettes qu'on juxtapose en plaçant l'une en sens contraire de l'autre : c'est-à-dire que la partie la plus grosse d'une des baguettes doit être appliquée contre la partie la plus mince de l'autre. On fixe alors les deux demi-baguettes dans cette position à l'aide d'une bandelette de papier collée à la colle-forte qu'on enroule d'une extrémité à l'autre. Une fois bien sec, on a un bois à peu près parfait pour construire toute espèce de carcasse.

On emploie encore fréquemment le roseau, qui, bien qu'inférieur au bambou, s'en rapproche cependant beaucoup.

La surface ou voilure du cerf- volant se fait en papier ou en

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toile. En principe, le papier doit être écarté pour un cerf-volant que l'on désire conserver, car il se déchire facilement, à moins d'employer un papier résistant, mais qui serait plus lourd que l'étoffe. En général on préférera donc une étoffe quelconque. Les plus employées sont le calicot ou la cretonne, l'andrinople, la mousseline, la batiste et la soie.

Le calicot est très bon comme résistance, mais un peu lourd. Il convient cependant dans la plupart des cas. L'andrinople est préférable, et c'est l'étoffe le plus souvent employée. Elle est bon marché, résistante et dure très longtemps.

La mousseline est bien plus légère, mais moins solide. La batiste est excellente mais chère. Enfin la soie est certainement l'étoffe par excellence, mais son prix la fera écarter le plus souvent. Parmi les différents tissus de soie, nous conseillons la soie de chine ou ponghée, excellente étoffe qui sert à confectionner la plupart des ballons.

On peut encore employer la baudruche et surtout le papier japonais ou gambie, qui entre dans la composition des mouches japonaises. Si ce papier était plus répandu en Europe, son emploi serait tout à fait à recommander. En effet, la gambie se recommande par une grande solidité et une grande légèreté : ce papier est fabriqué avec les fibres de deux arbustes, le mûrier à papier et le g ambi, qui se cultivent au Japon, comme en France l'osier. Les fibres qui en proviennent sont très fines, très tenaces et forment une espèce de feutre mince d'une résistance ; énorme. Le papier ainsi fabriqué possède, à poids égal, une résistance environ quatre fois supérieure à celle des meilleurs papiers français. Une feuille de gambie de 2/100 de millimètre d'épaisseur offre en effet une résistance de 5 kilogrammes : par millimètre carré. v

La queue des cerfs-volants se construit le plus souvent à l'aide d'une ficelle que l'on garnit de 10 en 10 centimètres environ avec de petits morceaux de papier de 6 à 8 centimètres de large, repliés 4 ou 5 fois sur eux-mêmes. Il est bien préférable d'employer des morceaux d'étoffe au lieu de papier. On a ainsi

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une queue risquant bien moins de s'emmêler lors qu'on l'enroule pour la serrer.

. Nous donnerons, en décrivant la construction de quelques types, une manière de confectionner une queue en étoffe, qui donne d'excellents résultats.

L'attache se fait au moyen de brides en cordelette bien solide attachées sur le cerf-volant et se réunissant en un seul point.

A ce point de concours des brides, on fait une boucle ou estrope (fig. 87) qui servira à fixer la corde de retenue du cerf-volant au moyen d'un petit morceau de bois appelé CabiPat cabUlot, Cette disposition est très commode pour fixer rapidement la ficelle de retenue et càrdtde la détacher lorsqu'on rentre le cerf-volant. Cela est de beaucoup préférable au système '**' ^' consistant à nouer la ficelle aux brides. Il est

souvent avantageux, avons-nous dit au chapitre précédent, d'employer des cordes élastiques pour les brides inférieures; rappelons qu'elles offrent l'avantage de céder sous l'action d'une rafale, tandis que les brides supérieures ne s'allongent pas ; il en résulte que le cerf-volant se couche davantage sous l'action du vent, ce qui diminue la traction, et peut empêcher une rupture de la ficelle de retenue.

La queue s'attache comme la ficelle au cerf-volant, celui-ci se terminant par une estrope en corde située, suivant les cas, sur le cerf-volant même ou à l'extrémité d'une attache à deux brides, et la queue portant un cabillot.

La ficelle de retenue doit être solide, résistante et très souple. Les meilleures ficelles sont celles qui sont faites en chanvre d'Italie ou de Russie, ou encore en chanvre de Manille. Il est bon, pour conserver à la ficelle ses qualités de résistance et de souplesse, de l'enduire de cire jaune, que l'on apphque sur toute sa longueur à l'aide d'un morceau de drap ou de flanelle. La cire colle ensemble tous les brins de chanvre qui auraient de la tendance à se détordre ; de plus elle rend la

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ficelle beaucoup moins sensible à reffet de Thumidité de l'air. Sa résistance est donc augmentée, et surtout sa durée.

Lorsque Ton veut faire des expériences sur l'électricité atmosphérique, dont nous parlerons plus loin, il faut rendre la corde conductrice ; pour cela, on emploie une corde en chanvre que l'on a fait tresser avec un brin métallique, cuivre ou acier. Mais une pareille corde doit être employée avec beaucoup de prudence, à cause des dangers qu'elle présente en raison de la foudre. Nous verrons aussi que dans les expériences où l'on réahse des ascensions de 3 5oo ou 4 ooo mètres, on emploie un fil d'acier comme corde de retenue. Ce fil d'acier a l'avantage d'offrir sous un faible poids, et surtout sous une faible section, une très grande résistance à la rupture. Mais l'usage d'un pareil fil est exceptionnel et n'est pas à conseiller dans les cas les plus ordinaires.

A terre, la ficelle doit être retenue à Taide d'un dévidoir, qui sert en outre à bobiner la ficelle. Pour de petits appareils, on se contentera d'un simple bâton rond, bien résistant, en chêne, en hêtre ou en buis. La ficelle est fixée au milieu de ce bâton, et on l'enroule simplement à la main. Si la ficelle est un peu longue, 2 ou 3oo mètres par exemple, il est préférable d'employer un dévidoir de la forme ci-contre (fig. 38). C'est une planchette bien dressée, bien lisse, de 8 à lo millimètres d'épaisseur, et de 4 ou 5 centimètres de largeur, sur 3o à 35 de longueur ; on découpe à chaque extrémité une gorge de 4 à 5 centimètres de profondeur, et c'est dans cette gorge qu'on enroule la ficelle. Lorsqu'on fait usage de cerfs-volants de surface assez grande, de i mètre carré ou i mètre carré 1/2 par exemple, on facilitera beaucoup la manœuvre en munissant le dévidoir de deux poignées latérales (fig. 39), que l'on tient une de chaque main; on peut ainsi enrouler et dérouler la ficelle sans se blesser les doigts. Le dévidoir est alors formé de deux planchettes latérales dans lesquelles on fixe deux poignées dont la partie comprise

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