‹ Les Césars (volume 4)Chapitre 17 sur 72 · II · texte numérisé non relu

II

i&$ GIVaiSATION ROMAINE.

la vie commune des gens aisés, bien élevés et raisonnables. Je parle en masse de toute la bonne compagnie romùne (viri illustres f noH, honesti), de ceux qu'on opposait aux prolétaires, à la plèbe, aux petites gens (cajrite censi, cerarii, tunicatif tribules^ tenues, ignobiles, etc.);

Et ces derniers même étaient-ils exclus de tous les bienfaits de la civilisation? Outre les grandeurs qui appartenaient à quelques riches ^ d'autres grandeurs étaient communes à tous. Le faste privé était pour quelques-uns ; la munificence publique était au service même du plus pauvre. La société moderne croit avoir beaucoup fait pour le pauvre quand elle lui donne le nécessaire à bon marché. La société antique lui donnait pour rien le superflu .

Faut-il parler en détail de ce luxe monumental dont nous retrouvons après tant de siècles et tant de catastrophes d'admirables et d'ineffaçables vestiges? Élevons-nous, pour la promenade et pour le sommeil de l'homme du peuple, pour lui donner l'ombre en été, le soleil en hiver, beaucoup de portiques comme celui de Pompée, qui formait un rectangle de 400 pieds sur 500, et qu'ornaient 285 statues de bronze, 230 statues de marbre ? Notre science peut se passer de ces immenses aqueducs ameïiés de bien loin, quelquefois dans le seul but d'avoir une eau plus agréable au goût (celui de Nîmes n'avait pas d'autre but) (1) ; mais avons-nous rien qui ressemble à ces thermes cyclopéens bâtis par les empereurs pour les lazzaroni de Rome? Les chefs-d'œuvre de la peinture, de la statuaire, de la mosaïque, les ornaient; pour embellir ses bains. Agrippa paya 1,200,000 sesterces (2) deux tableaux d'un artiste grec. Des gymnases, des bibliothèques, des promenades, des bosquets faisaient partie des thermes ; l'enceinte de ceux de Néron devait avoir 700 pieds de long sur 500 de large ; celle des thermes d'Agrippa 900 pieds sur 700 ; et ces

(1) F. mUin. Voyage dans le midi de la France,

(2) 323,000 fr, Pline: XXXV. 4.

DES JOUISSANCES PRIVÉES. ihî

lieox de délices, construits souvent en quelques mois, étaient bâtis pour des siècles, avec des voûtes inébranlables et d'épaisses murailles, comme les citadelles et les donjons de nos aïeux.

Que sont nos misérables salles de spectacles, petites^ étroites, enfumées^ faites de bois et de plâtre plutôt que de pierre, avec leurs décorations de carton, leurs ornements fanés, leurs couloirs étroits, leurs entrées difficiles, auprès de ces monuments grandioses des divertissements romains, de ces colosses de l'architecture théâtrale, où des milliers d'hommes, protégés par les plis ondoyants d*un voile de pourpre, jouissaient gratuitement de spectacles dont le moindre épouvanterait notre parcimonie? L'amphithéâtre de Nîmes pouvait contenir 17,000 spectateurs (1) ; celui de Vérone, 22,000 (2); le Colysée, 80,000 (3). Chacun des trois théâtres de Rome comptait de 27 à 30,000 places (4). Grâce à la perfection de Tacoustique théâtrale, cette foule immense pouvait entendre ; et de nos jours encore, dans les théâtres ruinés de ja Sicile, la voix se fait ouïr avec une sonorité merveilleuse. De larges escaliers, des galeries immenses, des passages distribués avec un art et une régularité infinis conduisaient ces milliers d'hommes chacun à la place qui lui appartenait, et les larges vomitoires donnaient pour la sortie un prompt écoulement à

(1) MIDin. ÎUd, L'amphithéâtre de Pouzzol pouvait contenir lO^OOO personnes.

(2) Le Colysée ayait 1,837 pieds romains de circonférence, 16& de hauteur. H pouvait contenir 80,000 spectateurs , plus 2,000 dans les arcades supérieures (Nibby). Les anciens topographes disent 87,000.

(3) Le théâtre de Scaurus, bâti pour le seul temps de son édilité (an de Rome 095), avait une triple scène disposée par étages, une en marbre, Tautre en verre , la troisième dorée; 360 colonnes; 3,000 statues de bronze. U pouvait contenir 80,000 «pectateurs; et dans un incendie qui eut Heu chez Scaurus, il périt pour 100,OOi),OOÔ sest. (20 millions) d'objets précieux qui en avaient été rapportés. Pline, H. N. XXXVI. 2. 3. 16 (24).

(4) Théâtre de Balbus, 30,096 (P. Victor., in Regione. IX). Théâtre de Matcelius, 30,000 (IWd.). Théâtre de Pompée, selon Pline, 40,000? ( IWd, ). Selon la notice de l'empire, 27,000 seulement.

ces flots de peuple. Dans ces abris d'une joie frivole, rien n'était provisoire ni passager ; tout était de marbre, de pierre, de briques cimentées par une maçonnerie que la main dés hommes a seule pu détruire et sur laquelle le temps n'a rien fait. Les cirques et les naumachies, ces autres créations du dilettantisme romain, n'avaient pas moins de magnificence. L'étang creusé par Auguste sur le bord du Tibre avait 1,800 pieds de long sur 200 pieds de large (1); trente navires à éperons et d'autres bâtiments y combattirent. Le grand cirque avait la même longueur, une largeur double, et des places pour 150,000 spectateurs au temps d'Auguste, pour 260,000 après la restauration de Néron (2). Un canal de 10 pieds de profondeur se prolongeait le long de son enceinte et pouvait le remplir d'eau ; des dauphins de bronze, des autels, des statues, des obélisques, amenés de TÉgypte, s'élevaient au milieu et traçaient la route des chars (3).

Telles étaient les grandeurs publiques dans lesquelles s'encadraient les grandeurs de la vie privée. Il faut en convenir, si un des contemporains de Cicéron ou un des sujets de Néron César revenait au monde, notre civilisation, si merveilleuse à certains égards , lui paraîtrait au premier coup d'oeil bien mesquine et bien pauvre. — En ce qui touche la chose publique, le gouvernement des peuples modernes ne lui semblerait-il pas bien laborieux, et bien embarrassé ? Ces impôts énormes, extorqués sous mille formes diverses par des milliers de publicains, ne le choqueraient- ils point comme durs pour le peuple et insuffisants pour le pouvoir qui fait si peu de chose avec tant d'argent? Une route à faire est une si vaste

(i) F. Lapis Âncyr. Il s'agit de pieds romains qui équivalent à 10 ou 11 pouces des nôtres (309 millimètres).

(2) V. Pline. VUI. 7. Dionys. Halic. III. C8. P. Victor (in Regione. XI) dit même 385,000.

(3) Le cirque de Néron avait 1,450 pieds sur 330 à rextérieur; Tarène était de 1,300 sur 200. Le cirque Flaminius avait 600 sur 1,000; le grand cirque, 2,187 sur 40U.

DES JOUISSANCES PRIVÉES. \h9

entreprise ! un canal est l'œuvre de tant d'années, œuvre pour laquelle le pouvoir doit encore mendier l'argent des citoyens! Ne jugerait-il pas misérable cette nécessité de mettre une pièce d'or sur chaque pouce de terrain , de chicaner avec le propriétaire et de lui rogner, s'il se peut, par des ruses d'avocat, le denier qu'on se proclame assez généreux pour lui payer? Et quand, d'un autre côté, il verrait les villes dépouillées ou à peu près de toute liberté administrative, au profil de ces gouvernements si embarrassés de leur propre pouvoir ; ce budget énorme passant presque entier dans le stérile entretien d'une soldatesque immense et inoccupée : sa pensée ne serait- elle pas de préférer à nos monarchies modernes, l'empire romain avec la facilité de son action, la liberté de ses municipes, le chiffre minime de son budget, la grandeur et la franche allure de son labeur matériel , le petit nombre de ses troupes et les grands travaux accomplis par ses soldats?

Si maintenant, jetant un regard sur la vie privée, il nous voyait dans nos rues et dans nos maisons, agités pour le gain ou la perte de quelques sesterces, ne dédaignant ni les humbles travaux de la manufacture, ni les petitesses du trafic ; — s'il voyait notre allure inégale, notre marche précipitée, notre gesticulation inquiète, nos attitudes sans noblesse, notre habit étriqué et ces braies celtiques qu'on n'osait porter à Rome sous peine de passeîr pour efféminé ; — s'il nous observait, si rarement calmes et libres , haletants au contraire du matin au soir, sortant du repas pour nous mettre aux affaires, quittant les affaires à l'heure tardive du repas, n'ayant pas encore notre liberté après le coucher du soleil , mais courant à la hâte, pour satisfaire mille devoirs incompréhensibles pour lui, et faisant succéder aux tracas , aux petitesses , à l'assu jetlissement des affaires, les tracas, les petitesses, l'assujettissement du monde ; — en quelle pitié ne prendrait-il pas ces ArdMions (Rome avait trouvé un mot pour condamner cette vie de stérile inquiétude ) , « qui ont une telle bâte de

vivre et vivent sans but, qui agissent beaucoup et ne font rien, qui s'essoufflent gratuitement et, tout en s'agitant, demeurent oisifs (1)? » N'opposerait-il pas à l'orgueil de notre époque une parole vraiment belle de Sénèque, bonne à répéter et à approfondir dans tous les sens : « Rien n'est grand que ce qui est calme (2) ? »

Jetant les yeux sur l'ensemble du monde , il verrait sans doute sur beaucoup de points, mais depuis quelques années à peine, des communications plus actives, plu^ promptes, plus journalières qu'elles ne le furent jamais. Et cependant le monde civilisé lui paraîtrait bien loin encore de l'unité romaine 1 Au lieu de cette unité de pouvoir, de science, de civilisation, tant de souverainetés indépendantes, souvent ennemieSi toujours jalouses ! dans les lettres mêmes et dans les arts, tant de discordances de peuple à peuple ! au lieu de cette communauté de langue, œuvre de la conquête dQ Rome, la suprématie bien méconnue, toujours contestable de la langue française, contre laquelle, depuis 1813, les deux races germanique et slavonne sont en pleine insurrection !

Si l'Occident est devenu plus riche, plus peuplé, plus instruit, l'Afrique est improductive et barbare ; et ces deux belles provinces d'Égypta et d'Asie , les plus opulentes de l'empire, pourrissent tristement sous une domination inintelligente et décrépite.

Trouverait- il donc, ce revenant des siècles pas&és, notre époque en définitive inférieure à la sienne? Un plus long examen, une vue plus réfléchie, n'aurait-elle rjen de plus à lui apprendre? Ce que je viens de dire des grandeurs et du bien-être de la société romaine, contredit-il ce que j'ai dit

(1) Est Ardelionum quaedam Romœ naUo ,

Trépidé concursans, oecupata in oUo , GraUg anlielaos, inuU« agendo nil agens ,

Sibl molesta et aliis odiosissima. Phèdre* I. 5.

(2) KilMl mmm ?Mw qUQd eit placidum.. n« Içâ, iUi, |, îq Ône.

ailleurs , de sa dégradation et de sa misère ? Une vie aussi facile et aussi douce s'accorde-t-eile avec ce que j'ai tant de fois dépeint , la dégénération de la race , l'appauvrissement du soi, Fborrible tyrannie des gouvernants ? Tant de force et tant de gloire peuvent-elles se concilier avec jtant d'abaissement, tant de bien-être avec tant de misère ?

La réponse est nécessairement dans le côté intellectuel et moral des choses. La réponse sera donc dans le tableau des doctrines et des mœurs qui achèvera ce livre, lugubre opposition à la peinture de ce bien-être extérieur, qui appartenait aux privilégiés de la civilisation romaine.

Mais avant d'aller plus loin , un remarquable exemple va manifester toute ma pensée. Un précieux débris de l'antiquité nous a été conservé par la catastrophe même qui devait le détruire. Des cendres du Vésuve, il y a un peu plus de cent ans, une ville antique est sortie, vivante pour ainsi dire, ou du moins tout empreinte des traces de la vie, de même que la couleur, l'attitude, l'air de la vie en un mot, demeure longtemps à l'homme qui a été tué d'un seul coup.

Si nous entrons dans Pompéii, et si nous le comparons à une ville moderne du même rang, tous Les contrastes entre Fantiquité et nous deviennent palpables. Nous ne les voyons pas seulement, nous les touchons sur le corps de cette curieuse momie que la lave nous a conservée.

L'homme, aux temps païens, vivait plus dans la cité que dans la famille. Aussi les demeures privées sont-elles étroites. Celles de Pompéii ne sont guère que d'élégants boudoirs ; quelques chambres sans jour ouvrent sur une cour à moitié couverte et éclairée seulement par le haut {Gavœdium, atrium). Pas de séparation, pas de clôture ; un passage étroit où couche le portier est seul entre le salon et la rue (1). Des rideaux seulement séparent Yatriurriy le salon des clients, du tablinurrif

(1) Les cris des passaïUs me révciUent -, la vUle est à la porte de ma cl^ambre à coucher (Martial).

le salon des amis ; et le tablinum du péristyle ou jardin. Rien ne rappelle la retraite, la solitude, le sérieux de la méditation ou l'isolement de la famille ; peu de place pour le recueillement, pour l'étude, pour la prière ; les dieux sont au fond du jardin ou quelquefois dans la cuisine. On ne vit pas dans cette maison, on s'y repose : le bourgeois de Pompéii, las de la chaleur du jour et des tracas du forum, fatigué du gouvernement de sa ville, vient y respirer et y dormir; l'élégant de Rome, aux jours des grandes chaleurs, trouve là une villa d'été, voisine de la mer, moins brillante que la grande ville, moins monotone et moins solitaire que sa maison de campagne, une retraite obscure, élégante, où la volupté moins magnifique est plus commode, quelque chose comme Isl petite maison dii xviii'' siècle.

Mais ce boudoir, cet abri de quelques heures de repos ne doit pas offenser les yeux délicats du maître. Il faut que Yatrium soit pavé de mosaïque ou de marbre, que des jets d'eau et des fontaines y entretiennent la fraîcheur, que la douce clarté qui l'illumine descende sur des fresques , des bronzes, des statues. Jusqu'en des boutiques et d'étroites maisons, des décorations moins élégantes révèlent encore quelque intention d'art et d'ornements.

Mais surtout, si la maison est petite, la cité est grandiose. L'architecture domestique se rapetisse et s'efface devant l'architecture municipale. Qui peut s'enfermer dans la famille quand la cité est si belle? rester chez soi quand les thermes, les forum , les théâtres déploient tant de magnificence ? Pompéii n'était qu'une ville de troisième ou quatrième ordre. Un tremblement de terre, quinze années seulement avant sa catastrophe, avait renversé ou ébranlé la plupart de ses édifices (1). Et pourtant dans la seule partie que nous connais-

(1) Au mois de février 63, un tremblement de terre renversa une grande partie de la ville de Pompéii, ainsi qu'une portion d'HercuIanum, et détruisit plusieurs édifices à Nucérie et à Naples. Tacite, Ann. XV. 22. Sénèq., Natur. Quœst.VI.l. L'inscription de Pompéii cjtée plqç liaut, page 103.

sons, et qui forme à peu près un cinquième de sa superficie totale, quelle place ne tient pas le luxe municipal» la vie publique! Deux forum entourés de temples et de statues servaient aux assemblées, aux marchés, aux affaires. A l'entour, le sénat de cette petite ville, ses magistrats, ses corps de métiers avaient pour leurs réunions des édifices que l'on est tenté de prendre pour des temples, et le lieutenant criminel de ce bailliage siégeait dans une basilique , destinée à faire honte aux ignobles mairies et aux prétendus palais de justice qui enlaidissent souvent nos plus grandes cités.

Les affaires sérieuses à leur tour cédaient le pas au plaisir, Tarchitecture civile à l'architecture voluptueuse , la cité au théâtre. Qu'avait à faire ce gouvernement si bien logé, sinon la joie et l'amusement communs? Deux maisons de bains publics ont été découvertes (1), qui unissent à toutes les recherches de la volupté romaine toutes les délicatesses de l'art hellénique. Les salles de spectacle de Pompéii, si je puis leur donner ce nom qui rappelle les tréteaux, étaient trois monuments bâtis avec le marbre, le bronze et la lave du Vésuve. Les banquettes , les loges , que dis-je , la scène et les décorations étaient en marbre. Là, comme ailleurs, on retrouve et les portiques destinés à abriter la foule, et les galeries, les escaliers , les innombrables entrées qui lui donnent passage, et les traces de ces moyens acoustiques dont le secret est perdu (2). L'amphithéâtre pouvait contenir de 18 à 20,000 hommes. Cent ouvertures y donnaient entrée, et l'on calcule que, grâce à leur disposition, l'amphithéâtre pouvait être vide en deux minutes et demie (3).

Ce qui venait là en effet n'était pas un public ; c'était la

(0 La plus grande, découvcrle en 1754, a vie recouverte.

(2) On trouve dans le grand théâtre des espaces destinés à contenir les vases de bronze qui augmentaient la sonorité de la voix.

;3) H y avait 40 ouvertures par lesquelles deux personnes pouvaient sorti f en même temps, 67 par lesquelles une personne seule pouvait passer; de plus, deux entrées du côté de Tarène et une pour les bétes féroces. F. les descriptions.

I5k CIVILISATION ROMAINE,

. cité , la cité entière présente au théâtre comme au forum. Le consul ou duumvir était là sur sa haute tribune (podium) et sa chaise curule ; les sénateurs et les prêtres sur les prejQdiers bancs; au-dessus et en arrière, les chevaliers, les riches, ceux qui portaient la toge ; plus haut sur les places gratuites, le peuple en tuniques, les prolétaires ; au couronnement de Tédiflce étaient les loges des femmes. La société était là tout entière ; la chose publique siégeait au spectacle, exacte au plaisir comme à un devoir.

Et ces édifices, ce n'était pas une spéculation inquiète et laborieuse qui les avait élevés, ni des souscriptions recueillies sou à sou , ni de pesantes charges imposées au budget municipal. Les colons de Sylla ou de Néron , installés dans un des faubourgs, paraissent avoir eu grande part à la construction de l'amphithéâtre (1). Deux citoyens, pour Vhmneur de la colonie (ob decm coloniœ)^ avaient élevé à leurs propres frais le grand théâtre, un tribunal et un portique souterrain (i). Un autre, après le tremblement de terre, avait

(1) C. QviNCTivs. G. F. Valgvs.

M. PORGIVS. M. F. Dvo VIR.

qvimq. golonijb. honoris.

gavssa. spectacvm. de. 8va

Pec. fag. goer. et. golqmeis.

logym. in. perpetwm. deder.

(2) Inscriptions de Pompeii :

M. M. HOLGOMU. RVFYS. ET. GELER.

GRYPTAM. TRiBVNAL, Theatr. S. P. (suâ pecuniâ). Ad. degvs. goloni^.

m. m. holgonii. rvfvs. et. geler. gryptam. Tribynaua. Theatrym. s. p.

Le fragment d'inscription suivant semble placer la construction de ce théâtre en I*an de Rome 753 (l«r avant Fère vulgaire) :

Avgvsto PATRi. patricB

COnSUli Xlli. PONTIF. MAX. TRIB.

potesT. xxn.

relevé le temple d'Isis (1). Leurs noms inscrite sur les parois de marbre, des souhaits publics pour leur félicité, l'admission au sénat (2), Térection de leur statue, quelquefois une inscription constatant que la statue offerte avait été refusée (3), paraissait une suffisante récompense à ces bienfaiteurs publics qui avaient élevé de si beaux édifices pour les tueries da Tarène et les obscénités du théâtre.

La cité moderne , la ville chrétienne est donc bien petite et bien méprisable! Ses monuments péniblement achevés, ses maisons sans ornements, la pauvreté de ses édifices publics, la mesquinerie de ses lieux de plaisir doivent l'humilier beaucoup! Oui, s'il est vrai que le bien-être matériel et le divertissement des sens fassent l'unique bonheur de cette vie, nous sommes descendus bien bas et le genre humain a singulièrement rétrogradé. Si la ville antique donnait tant de place et consacrait tant de travaux au soin de ses plaisirs, c'est que le plaisir était sa seule affaire. Si la ville chrétienne, au contraire^ est à cet égard humble, modique, parcimonieuse, c'est que le plaisir pour elle doit être au plus un des accessoires de la vie ; c'est qu'il y a et pour l'homme et pour la cité, un bvit plus important, des soins plus dignes, des devoirs plus urgents à remplir. Il est vrai, le plaisir chez nous n'a guère qu'un tréteau de bois où il amuse un instant nos yeux et nos oreilles ; le pouvoir n'a qu'une simple maison à peine distincte au milieu de nos demeures, comme le père de

(0 F. ci-dessus, page 103, note 5, rinscripUon cUée. — (2) Même ioscripUon. (3) Inscription trouvée à Arles :

T. POMPEIANO

ARELATENSISS.

HUNIGIPES. OPTIMÈ. DE.

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