‹ Les Césars (volume 5)Chapitre 1 sur 65 · SOUS LES PREMIERS EMPEREURS · texte numérisé non relu

SOUS LES PREMIERS EMPEREURS

S L — PROVINCES d'occident.

J*ai beaucoup dit sur les Césars; je n'ai pas tout dit encore sur leur époque et sur le monde romain. Il y a chez les nations quelques grands traits qui ont besoin d'être pris à part, dégagés des événements de leur vie. Cette lâche me paraît plus nécessaire et plus grave, lorsqu'il s'agit du siècle qui a vu naître le christianisme, du siècle où l'esprit de l'antiquité, uni et coordonné sous le sceptre romain, semblait avoir rassemblé toutes ses forces et se tenir en bataille contre son ennemi.

Ainsi l'empire : — sa constitution politique et militaire, — sa force au dehors, — son unité au dedans, — son bien-être matériel , sa civilisation extérieure ;

Ensuite les doctrines : — soit dans la philosophie, soit dans la religion; — leur origine, leurs combats, leur mélange; leur puissance morale ;

Enfin les mœurs : — sous le double point de vue de la société et de la famille ; telles qu'elles se manifestent dans les II. 1

3 COUP D'CEIL GÉOGRikPHIQUE.

phases habituelles de la vie d'un peuple, sur les places publiques, sous le toit domestique, dans les arts, dans les lettres, au théâtre :

Voilà, ce me semble, trois points auxquels on peut tout ^Apporter» et qu'il suffit d^envisager pour prendre line idée complète de ce qu'était le monde païen au moment où il se trouva en face du christianisme.

Mais avant d'aller |)ius loin, il est bon de connaître le terrain sur lequel nous marchons. Jetons d'abord les yeux sur la forme extérieure de cet empire dont Rome était souveraine, et de ce monde que Rome gouvernait.

Il faut distinguer, en effet , l'empire romain et le monde romain : le premier avait des limites officielles et certaines; le second, à proprement parler, ne finissait qu'avec la renommée du peuple romain et le bruit de ses armes. L'empire, c'étaient les provinces gouvernées par les proconsuls : le monde romain , c'était de plus cette ceinture de royautés et de nations vassales, tributaires, alliées, qui, à des degrés divers, reconnaissaient la suprématie de Rome ou subissaient son influence. Dans cette échelle de dépendance ou de liberté, dire qui était sujet, dire qui était libre est impossible. Les rois de Comagène, de Damas, et vingt autres dont les noms nous sont à peine connus, humbles serviteurs des proconsuls, payaient Tinipôt^ subissaient la loi du cens, et leurs imperceptibles souverainetés formaient à l'orient comme les m<irch&s de l'empire. Plus loin, l'Ibère et l'Âlbani , princes barbares du Caucase, étaient, dit Tacite, « protégés parla grandeur romaine contre la domination étrangère » (1); l'Arménie, royauté fille de la royauté Parthique, habituée néanmoins à recevoir ses rois de la main des Césars, flottait éternellement entre Rome et les Arsacldes (8); et le Parthe lul-rtiême, ce fier eoiiemi, plus d'une

(1) Tacite, Aan. IV. 5. Et Strabon , écrivant à l'époque que Taeite raconte, dit qu'ils attendent un magistrat romain , prêts à obéir le Jour où Rome ne eera pas occupée ailleurs. Vlî, in fin.

(3} Àmblguà gens.*. M\\m\i Inipcrlti int^rjcclt et sÀpîàs discordeè m'Ai, adf§hi4|

PROTÎNCES D'OCCIDENT. 8

fois rendit hommage à la suzeraineté romaine. Où commençait la puissance de Rome ? où finissaitrcHe? Elle n'avadt pas de limite rigoureuse , suzeraine là où elle n'était pas mat'tresse» alliée prépondérante là où elle n'était point suzeraine: Sénèque parle de ces régions placées au delà des flrontièreft de l'empire, pays d'une douteuse liberté (1).

Si l'on veut pourtant fixer> autant qu'il se peut, une frontière à cette puissance illimitée : l'Océan à l'ouest; au midi l'Atlas ou le désert d'Afrique, les cataractes du Nil, les confins de l'Arabie heureuse; à l'orient l'Euphrate, l'Arménie, la mer Noire ; au nord enfin , le Rhin et le Danube : telles étaient à peu près les frontières de l'empire (2)* Ajoutez, par delà la mer des Gaules, une grande partie de l'fle de Bretagne ; par delà le Pont-Euxin, le royaume de Bosphore, vassal ded Rô-^ mains et dont quelques contrées étaient sous leur souverài'^ neté inunédiate.

Au centre de cet empire, entre toutes ces réglons et tous Ces peuples, le grand intermédiaire, le grand lien matériel était la Méditerranée : admirable instrument déH vues de la Providence pour la civilisation et pour l'unité, bassin Unique au monde, construit tout exprès saûs doute pour être témoift dé l'accomplissement des plus grandes destinées du genw humain» Juste Lipse, avec cet euthouslasme que la scîeûee, même au xvi* siècle, savait parfois revêtir, nous peint « cette mer, centre de la grande fédération romaine, coupée par tant de promontoires, partagée en tattt de bassins divers; sorte de

RomanoB odlo et lu Parthuth myidlà. Tàcflë, Âtiû. It. 56. De même Palmyre : fîiteî^ ddo impeiia summa^ Romanormn Parthonimtitte, et, In dldcordià> tnimatttiinqHe etinh Pline, H. N. V. *5.

(0 Reglobes ultra fines imperil, dubiœ libertaUs. Sénèque. « Voua ne commandei pas à des limites certalûed. Nul volsM ne Vous |)re8crlt des bornes..., •» dit le rhéteur Aristide aux Romains. De Hrbe AOMiA.

(2) Claustra ollm Roma&i InqtetiH quod nuûc Rnbrum âd mare patesdt. I^tiflë^ Ann. II. 61. — Mari Oceano aut amnlbus longinquis septum imperlum. Tacite, Ann. I. 11. La Mer Rouge, les cataractes du Nil, les Palus-Méotides (qui passaient pour les bornes du monde), sont les limites de votre empite. Âtistides, JMd«

grande route ouverte au commerce des peuples ; jetée à travers le monde comme un baudrier sur le corps de l'homme ; ceinture magnifique enchâssée d'îles comme de pierres précieuseSy qui resserre et qui réunit en même temps qu'elle distingue et partage (1). » Par cette mer sans flux ni reflux, par ce grand lac , les climats les plus divers , les races les plus éloignées, les produits les plus variés de la terre se rapprochent et se touchent ; le noir fils de Cham, le Grec ou le Celte enfant de Japhet, l'Arabe ou l'Hébreu descendant de Sem, en un mot , les trois parties du monde antique sont, grâce à elle, à quelques journées l'une de l'autre. Par le PontrEuxin et le Tanaïs, elle remonte jusqu'aux steppes de la Tartarie; par le Nil jusqu'aux cataractes d'Éléphantine. Peu de jours de route la mettent en communication par l'Èbre avec le Tage et toute la côte de Lusitanie, par le Rhône avec le Rhin et les mers du Nord, par le Nil avec la mer Rouge et les Indes (chemin longtemps abandonné, et qu'aujourd'hui la civilisation va reprendre). A ces bords si admirablement dessinés de la main de Dieu, et découpés en tant de formes diverses pour mêler plus intimement la terre que l'homme habite à la mer qu'il parcourt , jamais ni les grands hommes , ni les grandes choses, ni les grandes cités n'ont manqué. L'unité romaine s'est façonnée autour de cette mer ; l'unité chrétienne l'a embrassée tout entière, tant que l'unité chrétienne n'a pas été tronquée par le schisme. Le sacrifice de la croix s'est accompli près de son rivage ; et depuis la croix, là ont été remportés tous les triomphes du christianisme, depuis le naufrage triomphant de saint Paul jusqu'à la victoire de Lépante. L'empire de Gharlemagne s'est étendu sur ses bords pour faire contre-poids à celui des califes; sur ses bords l'Espagne a soutenu contre le Coran sa lutte de huit siècles ; la longue guerre des Croisades n'a fait que revendiquer pour la Méditerranée le beau titre de lac Chrétien. La croix de saint

(0 Llpslos, de Magnlt. Roman. 1. 8.

Pierre est debout près de cette mer et domine le monde. Tout ce qui a été grand et puissant a eu vers elle une sorte d*attraction : les barbares y étaient poussés comme par une impulsion du ciel ; le mahométisme l'a envahie avec fureur, et a été près de la conquérir ; les puissances du Nord viennent se baigner et se fortifier dans ses eaux. ^ A tout ce qui s'est tenu éloigné d'elle, il a manqué une certaine vérité, une certaine civilisation dans la grandeur. Alexandre et César sont nés près d'elle, Bonaparte (kns son sein ; Gharlemagne est venu conquérir son rivage : les quatre plus grands noms de l'histoire profane. Près d'elle se sont élevées Rome et Carthage, Venise et Corinthe , Athènes et Alexandrie , Constantinople et Jérusalem. Et si l'on en croit aujourd'hui les préoccupations des politiques et leurs regards tous tournés vers cette mer, les grands combats et les grandes choses vont y revenir, et c'est là, comme autrefois , que se jugeront les questions décisives pour l'humanité.

Or, cette admirable mer n'était que la grande artère de l'empire romain , le chemin de ronde des légions. La flotte de Fréjus et celle de Misène la parcouraient incessamment, portant à l'Espagne ou à la Syrie les ordres ou les envoyés de César. Autour de son bassin se rangeaient les provinces romaines ; les plus riches et les plus puissantes étaient celles qui se baignaient de plus près dans ses flots.

Quinze provinces sous la république, dix -neuf selon la première organisation d'Auguste, trente-trois à la fin du règne de î^éron, partageaient cet empire. Entre ces provinces, dont chacune serait un royaume, une distinction est à observer.

Une ligne, à peu près identique au IT degré de latitude, sépare au nord la Dalmatie de l'Épire ; puis traversant la mer Ionienne l^sse à droite l'Italie, à gauche la Grèce; puis tombe en Afrique, près de la ville de Bérénice, entre les colonies grecques de la Cyrénaïque , et ies déserts où, h la race lybique, se mêlent quelques descendants des colons phéniciens. Si nous laissons de côté la Sicile, Grecque par son

9 COUP D'OEIL GIÈOGRAPHIQUE.

origine et ses arts. Romaine par ses relations intime avec ritaliot cette ligne se pose assez bien entre les deux grandes influences qui formaient la civilisation de Tempire, rinfluence grecque et Tinfluence romaine. Cette distinction n'est point factice; Rome la sentait et s'en rendait compte. Ni ses procédés de gouvernement, ni la marche de sa politique ne furent les mêmes en Orient et en Occident, chez le Grec ou chez le barbare. Auguste, en traçant sa division des provinces, au lieu de rattacher la Cyrénaïque aux provinces voisines d'Afrique ou d'Egypte, la joignit à la Crète, séparée d'elle par la mer, mais comme elle Grecque et civilisée.

Au point de vue de la civilisation, l'Italie et la Grèce étaient donc les deux foyers de cette vaste ellipse que l'on appelle l'Empire Romain , les deux métropoles auxquelles , plus ou moins, chacun des peuples se rattachait. La Grèce, la première, avec une admirable puissance d'expansion, toute libre et toute spontanée, avait semé des colonies sur tous les rivages, sur les bords du Pont-Euxin, sur le Danube, j usqu'à l'entrée de la mer de Tauride. La côte d'Asie était grecque comme elle ; la Sicile était toute sienne. Cyrène, sa colonie, déployait aux portes du désert une merveilleuse civilisation ; Marseille, colonie phocéenne , avait ouvert à la Grèce l'entrée de la Gaule ; à la suite des Phéniciens et des Carthaginois, la Grèce était arrivée en Espagne. Les conquêtes d'Alexandre avaient amené rOrient à S4 science et à ses mœurs ; et cet empire de quelques années, démembré, comme celui de Charlemagne, le lendemain de la mort de son fondateur, avait donné naissance à vingt monarchies gréco-orientales, en Egypte, en Syrie, dans l'Asie mineure. La Grèce enfin avait fondé Alexandrie et Byzance. De nos jours , des médailles grecques ont été trouvées jusque dans la Bactriane et près des Indes ; et, si mOus tenons compte des simples traces laissées par les voyageurs, bien longtemps avant les Romains, Pythéas avait exploré la Grande-Bretagne, Néarque visité l'Inde, et Éra^

tosthène nous la peint telle que nous la connaissons au^ jourd'hui.

La civilisation romaine, au contraire, avait dû prendre une autre route. L'Italie, admirablement placée, défendue au nord par les Alpes , se prolongeant au midi vers la Grèce et TAfrique , entre les deux mers qui lui servent de rempart à droite et à gauche ; Fltalie était Gauloise par le nord, grâce aux invasions celtiques qui avaient peuplé la Cisalpine ; Grecque par le midi et par ces colonies opulentes qui firent donner le nom de Grande-Grèce à la partie méridionale de la péninsule. Les peuples italiques proprement dits, et leur chef le peuple romain, se trouvaient donc entre les Celtes et les Ioniens, entre la barbarie et les lumières. Ils reçurent la civilisation et la transmirent. Les arts leur vinrent de Corinthe et d'Athènes ; ils les portèrent à Narbonne et à Vienne, d'où le» conquêtes de César devaient les mener plus loin encore. De plus, la lutte héroïque contre Carthage, ce moment décisif de la vie du peuple romain, lui avait ouvert par une autre porte le monde occidental. La Sicile, l'Afrique, l'Espagne, lui furent livrées , d'abord comme la lice du combat , puis comme le prix de la victoire, l'héritage de l'ennemi vaincu. L'accession de l'Orient, même à la considérer comme conquête , ne fut que secondaire ; les républiques épuisées de la Grèce , les décadentes royautés des généraux d'Alexandre, coûtèrent peu d'efforts aux Romains, et tombèrent sans peine dans leurs filets. Mais l'Occident demanda plusieurs siècles de lutte; aussi, c'est en Occident que la conquête romaine devait être fructueuse, et que Rome devjait gagner le titre de peuple civilisateur.

Montrons (Jonc cet Occident soumis, gouverné, civilisé par l'influence romaine; nous passerons ensuite à Tinfluence grecque et à l'Orient. Dans l'Occident était véritablement la force de l'empire ; la culture et la population active étaient là. Là se rencontre le génie d'Auguste, comme aussi le génie auxiliaire de son lieutenant Agrippa. Ce sont douze ans de

voyage (ans de Rome 714-726) d'Auguste et d'Âgrippa , qui oût civilisé la Gaule et FEspagne. C'est à cette époque, dans une assemblée générale tenue à Narbonne, que le partage et le gouvernement de la Gaule ont été réglés. C'est alors qu'ont été tracées ou complétées ces routes qui, partant de Milan, vont rejoindre d'un côté Cadix et l'Océan , de l'autre Boulogne et la mer du Nord. Alors aussi les deux contrées ont reçu de la munificence des empereurs leurs plus magnifiques monuments, tous marqués du cachet de la même époque. Nîmes , cette ville d'Auguste , qui semble avoir fait du fils d'Atia son génie populaire, Nîmes a vu s'élever sa Maison carrée et cet aqueduc que nous appelons le Pont du Gard ; en même temps que se bâtissaient, dans des formes pareilles, le temple de Vénus à Almenara, les immenses aqueducs de Ségovie et de Tarragone. Narbonne, Vienne, Fréjus, Lyon, s'embellissaient des magnificences romaines , en même temps qu'Antequerra, Mérida, Tarragone, Cordoue, recevaient de la libéralité de César ces temples et ces amphithéâtres, dont les vestiges debout à chaque pas nous étonnent encore (1).

Aussi, sous l'influence de ces grands civilisateurs, la barbarie recule vers le nord, les forêts disparaissent, les routes marchent en avant, les fleuves deviennent navigables , les canaux se creusent. Le midi de la Gaule n'est plus une province» dit Pline , c'est de l'Italie (2) ; forte, laborieuse, économe, féconde, comme Tltalie, hélas! ne l'est plus; féconde en hommes et en richesses {magna parens frugum... Magna

(!) Monuments da règne d'AugnsIe en Espagne : —Temple d'Ântequerra (An- Ucyra), b&U par Agrippa sur le modèle du Panthéon. — Aqueducs magnifiques à Mérida, Tolède, Ségovie.— A Tarragone, tombeau des Sciplons, palais des proconsuls dit palais d'Auguste, amphithéâtre au bord de la mer, temple d'Auguste (F. Tacite, Ann. 1. 78], aqueducs, cirque, etc.— Ailleurs enc>oie, théâtres, amphithéâtres, thermes, naumachies, dont les yestiges se retrouvent dans presque toutes les grandes villes d'Espagne. — Médailles, inscriptions, etc.. F. le voyage pittoresque de M. de Laborde.

(2) ItaUa veriùs quam provincia.... virorum morumquc dignatio. Pline, H. N.

virum). Toute celte contrée porte la toge {GaUia togata)^ parle la langue latine; elle est, je le croirais volontiers, plus romaine que Rome elle-même. Narbonne , le port de toute la Gaule, par lequel la Méditerranée se met en communication avec l'Océan; Marseille, cette université gallo-grecque, qui, depuis un demi-siècle , enlève à Athènes les étudiants romains, et dans laquelle s'unissent avec bonheur la politesse grecque et l'économie provinciale (1) : voilà les deux ports par lesquels la civilisation est arrivée chez les peuples celtiques. Marseille depuis longtemps l'amena de la Grèce, et fit pénétrer dans les Gaules la science et les arts helléniques ; Narbonne reçoit de son proconsul les traditions romaines, et les transmet aux peuples avec toute l'autorité du commandement. Puis de Marseille, la civilisation remonte à Lyon , la colonie de Plancus, la cité favorite des Césars, si puissante et si belle au bout de cent années d'existence (2) ; — Lyon à son tour commande à toute la Gaule celtique {Gallia Lugdunensis) , vaste triangle dont le sommet est Lyon et dont la mer d'Armorique (la Manche) est la base ; — des bords de cette mer une nuit de navigation conduit jusque dans l'inculte et sauvage Bretagne. Voilà la route que suivent la civilisation et le trafic: dans toutes ces contrées, les navires remontent et descendent les fleuves, les légions arrivent, les envoyés de César amènent avec eux les arts, l'industrie, les habitudes de la paix. Ici , sur les bords du Rhône, un peuple barbare de la Gaule, les Cavares, grâce à la colonie d'Orange, étaient déjà sous Tibère de véritables Romains par la langue , par les mœurs, quelques-uns par le droit de cité (3). Là, près de

(1) Locum grœcà coniitate et provinciali parcimoniâ mixtum et benè compositum. * Tacite, In Agrlc. 7. F. aussi Ann. IV. 44. Strabon.

(2) Tôt pulcherrlma opéra quse singula si ngulas urbes ornare possint.... Lugdunum quod ostendebatur in Gallià... Una dies interfuit intcr maximam urbem et nullam..., dit Sénèque en déplorant l'incendie de Lyon. Ep. 91.

(3) strabon. IV. Ara«s|o seciindanorum In agro Cavarum. Pline. H. N. Ilï. ;4. Mêla. H. Ptolémée.

POcéan , rAquilaine\ qui au temps d'Auguste ne savait bâtir qu'en bois et en paille (1), élève à Saintes, ville toute romaine» un arc de triomphe en l'honneur de Tibère et de Drusus (2).

Ainsi la Gaule se civilise et s'amollit. La Gaule Belgique elle-même , ces peuples , au temps de César , les plus belliqueux de tous les Gaulois , la Gaule Belgique ne sait plus se défendre. Quand les hordes germaines passent le Rhin, quand les riches plaines de la Dyle sont menacées, un cri s'élève et appelle Rome au secours. Rome, qui combattit quatre^ingts ans pour dompter la Gaule , sourit maintenant de ce qu'elle appelle l'inertie gauloise (3). Le sentiment national de ces peuples s'est perdu dans le sentiment romain. Le temple d'Auguste à Lyon , ce magnifique édifice où , en face des deux fleuves (4), un collège de prêtres offre chaque jour des sacrifices au dieu Octave , où soixante statues des peuples de la Gaule entourent la statue de cet empereur ; ce temple est le vrai symbole de l'unité et de la nationalité gauloise. Donner des soldats , des chevaux , de l'argent à Germanicus prêt h venger Rome contre les Germains, est l'unique gloire du patriotisme gaulois. Sous Tibère (an de J.-G. 31) , Sacrovir se révolte encore au nom de la nationalité celtique ; mais cette révolte de débiteurs fugitife et de gladiateurs échappés est facilement vaincue (5). Saus Néron (an 68), Vindex se révolte , mais contre l'empereur , non pas contre Rome ; il se révolte , je dirais volontiers comme Romain, irrité dans son

(1) Vilmv. i. U.

(2) L'arc de triomphe de Saintes est de l'an de Rome 774, de Jésua-Chrlst 21. — Un Julius Afrlcanus, habitant de Saintes, fut condamné comme ami de Séjan. Tacite,

ÀDD. IV. 7.

(3) Galli , dites et imbdles (Tacite, Ann. XI, 18). Gallorum inerUa (Germ. 28). Segnitia cnm oUo iotravit, amissls simul virtute et libertate (Agricola, 1 1). Ils avaient été puissants et bdliqaeux , ajoute Tacite dans ces deux endroits, et il cite César, quem vide.

(A) Au lieu où est l'élise d'Ainay. — La fondaUon de ce temple esl de l'an de Rome 744. V, Dion, etc. — (6) V. Tacite, Ann. 111. 40, etc.

orgueil et sa dignité romaine, contre un César qui joue de la flûte et chante au théâtre (1).

De la Gaule, la conquête et la civilisation se sont de bonne heure embarquées pour la Bretagne. La Bretagne, sœur de la Gaule, mais sœur plus barbare, est peuplée par les mêmes races, parle les mêmes langues, présente les mêmes noms aux voyageurs (2). Elle a encore un autre lien avec elle dans une religion puissante, sévère, positive. Les dogmes du druidismc, confiés à la seule mémoire de ses prêtres , n'en sont que plus précis et plus ineffaçables ; ses rits inspirent la terreur ; son clergé est façonné par une éducation sévère, accoutumé à la réflexion par un silence de vingt ans, gouverné par une hiérarchie inflexible (3). Le druidisme , qui apprend à l'homme à mépriser une vie qui doit rçnaître (4), est le grand appui du courage et du patriotisme chez les peuples celtiques. Aussi Rome Ta-t-elle combatlu de bonne heure, et, pour détruire ces autels souillés de sang humain, la politique s'est trouvée d'accord avec la philanthropie (6). Mais le druidisme a cherché un refuge dans la Bretagne ; c'est l'île sacrée, l'école de ses prêtres, le dépôt de ses plus profonds arcanes. César ne se fut pas cru maître des Gaules, s'il ne fût allé montrer ses aigles aux sauvages tatoués des bords de la Ta? mise. Claude, qui avait achevé dans la Gaule l'extermination des druides , déjà condamnés par Auguste et proscrits par

(0 V. ci-dessus, pages 606-507.

(2) Belges au midi.— Parisli vers rembouchure de rHumber.— Silures vers l'embouchure de la Severa , d'origine ibérique comme les Âquitalus ; V. César, B. G.

(3) F. César, B. G. VI. 13. 16. — Pline. XVI. c. uU. XXIX. 8. XXX. l.-Diod. Sic. V. — Strabon. IV et XIV. — Diog. Laert., in Prœmio.— Lucaln lU.— Cic, Divin. 1.41. — Tacite, in Agric. 11.

W .... Ignavum rediturœ parcere vllae. Lucain. Phars. I.

(5) Le druidisme interdit par Auguste aux citoyens romains (Suétone, in Claud. 2h), ■— proscrit par Tibère (Strabon. IV. Pline. XXX. i), — par Claude (Suétone, loc. cit.). — lien resta cependant des traces. Pomponius Mêla. III. 2. Tacite, Hist. lY. ôi. Sparlian. Lamprid., in Alex. Severo. 60. Yopiscus.

12 COUP D'OEIL GÉOGRÂreiQUE.

Tibère, Claude a passé le détroit, et est venu attaquer cette île que Rome, dans son ignorance, appelle un monde (1). Après dix-neuf ans de guerre (an 42-61) , après des révoltes et des massacres, le druidisme est forcé dans son dernier repaire ; rîle de Mona (Anglesey) est attaquée par les troupes romaines, dont les chevaux traversent à la nage les eaux de la mer. Une foule pressée bordait le rivage ; au milieu de ce bataillon fanatique, des femmes, des furies, les cheveux épars, agitaient des flambeaux et poussaient des hurlements ; des prêtres, les mains levées au ciel, faisaient entendre d'abominables imprécations. A cett« vue, le soldat romain hésite un moment ; puis il s*anime , renverse l'ennemi , égorge les druides, détruit leurs autels (2) : » et, encore aujourd'hui, on montre les troncs coupés de ces chênes immenses où les adorateurs d'Hésus venaient cueillir le gui sacré.

La Bretagne cependant n'était point encore romaine. Les arts romains y arrivaient, mais y arrivaient lentement. Des temples s'élevaient au dieu Claude ; la colonie de Camulodunum {Colchester) avait un cirque et un amphithéâtre ; la colonie de Londres était déjà le centre du commerce. Mais la Bretagne était la dernière venue des conquêtes romaines Rome, dit Tacite, l'avait domptée jusqu'à l'obéissance, non pas encore jusqu'à l'esclavage (3).

(1) Sdon le panégyriste Eamenius, César, débarquant en Bretagne, crut découvrir un nouveau monde. Josèphe dit avec une incroyable ignorance : « Le monde des Bretons est égal au nôtre. » De Beilo. H. IG.

Serves iturum Cffîsarem in ula'mos

Orbis Brilannos Horace.

Et penitùs toto divisos orbe Britannos. Virgile.

. . . Praesens divus habebitur

Augustus, a^jectis Britannis

Imperio gravlbusque Pcrsis. Horace.

(2) Tacite, Ann. XIV. 30.

(3) Ità domlU ut pareant, nondùm ut serviant. Tacite, in Agric. « II arrive, dit-Il çpçore, aux Bretons comme il est arrivé aux Gaulois. Ceux dont la soumission est

J'ai insisté davantage sur les peuples celtiques nos aïeux. Du reste, la marche de Rome était la même partout, et je puis rapidement passer sur l'Espagne et sur l'Afrique.

L'Espagne marche de pair avec la Gaule. Ce sont, dit Tacite, les deux plus opulentes provinces du monde (1). Dans l'Espagne, comme dans la Gaule et plus encore que dans la Gaule, le midi , la fertile Bétique, déjà préparée par la civilisation grecque, a facilement subi le pouvoir, les mœurs , la langue, l'habit du vainqueur. Dans l'Espagne comme dans la Gaule , le nord a plus longtemps résisté : ce prolongement des Pyrénées, qui suit la côte nord de la Péninsule, est le refuge éternel de Tindépendance espagnole ; de là sont sortis Pelage et les royaumes chrétiens, et la récente insurrection provinciale qui avait pris pour drapeau la royauté de Charles V ; là vivaient, au temps de la conquête romaine, ces Cantabres et ces Astures qui chantaient lorsqu'on les mettait sur la croix , et dont les femmes tuaient leurs enfants pour qu'ils ne devinssent pas esclaves (2). Mais partout le mouvement est rapide vers la civilisation romaine ; Auguste , pour contenir les provinces du nord , y avait placé trois légions , seule force militaire de l'Espagne ; Néron n'en a conservé qu'une (3). Nulle terre ne semble avoir été plus favorisée par la domination romaine, et lui avoir gardé plus de reconnaissance ; nulle ne semble avoir accepté avec moins de répugnance le culte impie des Césars. Les peuples d'Espagne à Tarragone, comme les peuples Gaulois à Lyon, ont élevé à Auguste leur temple national; ils ont sollicité le bonheur d'en élever un à Tibère (4). L'Espagne a contribué avec la Gaule pour l'expédition de Germanicus. Mais aussi l'Espagne est

ancienne ont perdu leur force et leur courage; les autres restent ce qu'étalent jadis les Gaulois.» Ibid. 11.

)l) Validissima pars terrarum. Hist. 1. 53. — (2) V, Strabon. III.— Florus. IV. 12.

(3) F. strabon. III. — Tacite, Ann. IV. 6. Hist. III. 53.

(4) (An 25.) Tacite, Ann. I. 78. IV. 37.

semée de monuments romains ; d'immenses aqueducs amènent Teau dans ses cités ; des routes magnifiques la coupent en tous sens ; partout des temples, des cirques, des ponts, des palais, des amphithéâtres s'élevant au bord de la mer et combinant par un goût admirable les beautés de l'art avec la plus grande merveille qui soit sortie de la main de Dieu. Nulle cité antique , quelque peu importante , qui ne montre aujourd'hui encore un de ces superbes débris. Ce n'est pas assez ; l'Espagne s'enrichissait de la pauvreté manufacturière de l'Italie : non-seulement ses vins et son huile , mais ses armes et ses tissus arrivaient sans cesse de l'Èbre et du Guadalquivir au Tibre; la maîtresse du monde, devenue, par Fin* suffisance de son industrie^ tributaire de ses propres sujets, ne payait à aucun d'eux peut-être un plus lourd impôt qu'à l'Espagne.

Suivons maintenant cette côte de Libye que Carthage à faite si commerçante et si riche, que Rome possède si laborieuse et si fertile. Rome a hérité de sa puissante ennemie ; Rome, par ses guerres patientes, a encore agrandi l'héritage; elle a poursuivi dans les gorges de l'Atlas, dans leurs gourbi épars {mapalia) , dans leurs villes de boue et de paille ces nomades de Jugurtha et de Tacfarinas, tant de fois fugitifs, tant de fois ralliés (1). D'un côté, les souvenirs de Carthage, relevée par César et par Auguste de l'abaissement jaloux où le sénat l'avait tenue ; de l'autre, l'importance du grenier africain qui nourrit Rome pendant huit mois de l'année , ont tourné vers cette côte de la Méditerranée toute l'attention du pouvoir. Nulle part Rome n'a semé plus de colonies , élevé plus de villes à son image. Pline compte, dans les trois provinces africaines, quatorze colonies, dix-huit municipes, quatre villes latines. Par delà les colonnes d'Hercule, sur la côte qui regarde les îles Fortunées» Zilis et Lyxos se baignent

(1] 7. les guerres des généraux romains contre Taefatlnas (ans 17-24). TacltSi Ann. U. 52. IH, 73. 71. IV. 23-2G.

PROVINCES D'ORIENT. i5

dans les eaux de rAllantique : Tanger {Traducta JuUa) garde le détroit ; sur la Méditerranée, Utiqne sert à contre-balancer Carthage ; Cartenna, Césarée, Saldae veillent sur la côte ; Girte (Constantine) , comme une vedette avancée, épie le désert (1). Maintenant, si nous traversons ces sables libyques, qui ont coûté à Gaton trente Jours de marche et de souffrances ; si, après avoir passé les Syrtes, nous apercevons un édifice s'èlever dans le lointain, ce ne sera plus le toit de paille de l'africain, la hutte informe du Numide : regardez ! ce sera quelque chose de pur et d'harmonieux comme le temple grec; c'est la ville de Bérénice, c'est la Gyrénaïque: c'est un autre monde qui commence. Ici, tout à coup, séparé seulement par cette bande de sables, le monde oriental, le monde de la Grèce apparaît devant vous. Rome ne règne ici que par ses proconsuls et ses licteurs ; c'est la Grèce qui règne par la langue, par le culte» par les mœurs. Gyrène, oasis de la civilisation jetée au milieu du désert , Gyrène a courageusement défendu sa nationalité grecque contre les Barbares. Nous entrons dans la seconde partie du monde romain, dans cet Orient qui est tombé sous la loi de Rome, déjà tout civilisé par la colonisation grecque et par la conquête d'Alexandre.

§ II. — PROVINCES d'orient.

[ci, une tout autre marche des faits se présente à nos re* gards. Ici, Rome gouverne; elle n'a point à civiliser. Elle â trouvé les peuples plus savants , plus habiles , plus industrieux qu'elle-même ; elle n'a pu qu'apprendre et recevoir d'eux. Mais elle a craint, si elle les associait trop à sa vie propre , de doubler la puissance que leurs lumières et leur richesse leur donnaient déjà. Elle les a tenus à distance ; peu de colonies ont été fondées, peu de villes étrangères érigées

(1) F. Pline, V. 1 et sq.

16 COUP D'ŒïL GÉOGRAPHIQUE.

en villes romaines ; elle a éloigné ces peuples d'elle-même et de sa nationalité ; elle a compris que ceux qui n'avaient à recevoir d'elle aucune leçon de civilisation et de science recevrdent d'elle, s'ils en approchaient de trop près , des leçons de politique, et n'ayant à lui envier ni son éducation, ni ses arts, porteraient envie à sa puissance. Appeler à elle les barbares pour les civiliser et les rendre siens, éloigner d'elle les peuples civilisés trop près d'être ses égaux, telle a été sa politique.

S'il en est ainsi pour l'Orient en général , que dirons-nous de l'Egypte ? Tout s'accorde pour la rendre redoutable : une aristocratie macédonienne, installée par la conquête d'Alexandre et abaissée par la conquête romaine ; un peuple ar<dent, inconstant, léger, séditieux, moqueur, fanatique (1); une religion qui tombe, il est vrai , mais qui a eu son pouvoir politique, sa hiérarchie cléricale, ses doctrines secrètes, ses écoles de prêtres (2). Enfin, comme pour l'Afrique, la fécondité de son territoire rend l'Egypte nécessaire à la vie matérielle du peuple romain ; c'est le second grenier de l'Italie, la clef de lannone (3) , qu'un gouverneur révolté n'a qu'à retenir dans sa main pour affamer Rome et faire tomber César. Aussi, pour garder l'Egypte et contre elle-même et contre les ambitions romaines, Auguste l'a mise à part {seposuit jEgyptum). Nul sénateur, nul homme de haute naissance ne peut y entrer sans la permission expresse de César ; le préfet qui la gouverne , comme successeur et avec la pourpre des Plolémées, n'est jamais qu'un chevalier, quand ce n'est pas un affranchi : telles sont les traditions inviolables qu'Auguste, parmi les secrets de l'empire, a léguées à ses successeurs (4).

(1) Cœsar, de Bello Alex. 1.1.3.— Tacite, Hist. Ml.— Juvénal, Sat. XV. — CIc. Tnscnl. V. — (2) Strabon. XVII. —(3) Tacite, Hist. III. 8. « Claustra annon». »

(4) Augustus, ioter alla dominatioDls arcana, vetJtis niai permissu ingredl senatoribuB cquiUbusve illuslribas, seposuit iEgyptum. Tacite, Ann. II. 59.— iEgyptam copiasque quibus coercetor, jam indè à Divo Augusto Equités Rom. obtlneut loco regum. Ità visum expedire , provinciam adiiu didleilcm, annons fccun-

En Egypte cesse le respect habituel de Rome pour les races qu'elle a vaincues : cette province n'a point de"sénat, ni de magistrats à elle (1); un juridicus romain gouverne Alexandrie. Nul Égyptien ne peut devenir sénateur de Rome (2) : nul Égyptien même ne peut devenir citoyen romain, s'il n'a obtenu d'abord le droit de bourgeoisie à Alexandrie (3) ; car dans Alexandrie , cité hellénique, ce sont les Grecs qui sont citoyens par la naissance ; l'Égyptien n'est qu'un étranger (4). Mais aussi c'est une ville magnifique que cette ville grecque d'Alexandrie : ville savante , ville opulente , ville de plaisir, peut-être aussi peuplée et aussi étendue que Rome, certainement plus commerçante, plus régulière et plus belle (5). Un songe, disait-on, avait désigné à Alexandre l'admirable emplacement de sa ville fiiture. Entre la mer et un grand lac, ayant ainsi deux havres magnifiques , l'un pour l'entrée , l'autre pour la sortie ; commandant à toute cette côte de la Méditerranée qui n'a pas d'autre port, depuis le promontoire de Libye jusqu'à Joppé (Jaffa); station nécessaire sur la route de l'Arabie et sur celle de l'Inde ; Alexandrie lève un tribut sur ces masses de denrées précieuses que le luxe romain fait arriver par la mer Rouge ; elle exporte de plus tous les produits de l'industrie égyptienne qui établissent en sa faveur une balance manifestée par la supériorité des droits d'entrée sur les droits de sortie (6) ; Alexandrie est la capitale de l'Orient et la seconde ville du monde. Voyez maintenant

dam, insciam legam, Ignaram magistratuum domi retlnere. Id, HUt. I. il. — V,âe plus Tacite, Ann. XH. CO. Strabon. XVU. Dion. LI. LUI.— DIg. llv. I. ttt. 17. — Suétone, in Tib. 52.

(I) Dion. LI. 17. strabon, --(2) Ammien Marcellin. XXII. IG.

(3) Josèphe, contre Apion. II. 4. — Dig. I. S 2, de municip.

(4) Pline, Ëp. X. 5. 22. 23. —Josèphe in Apion. II. 6.

(6) V, sur Alexandrie, Josèphe de Bello. II. 16 : h Elle a 30 stades de long (environ une Ueue un quart) et 10 stades de large ; paye plus de tributs en un mois que tonte la Judée en un an » (?]. ~ Q. Curce lui donne 86 stades de tour.

(6) strabon. Le revenu de l'Egypte, qui était de 12,500 talents (environ 76,000,000), sous les Ptoléroées, augmenta encore sous les Césars.

Page 1