‹ Les Césars (volume 5)Chapitre 14 sur 65 · V. aussi rode de la poétesse grec<iue Erhma · texte numérisé non relu

V. aussi rode de la poétesse grec<iue Erhma

cents ans dans Rome païenne ; dans Rome chrétienne réside depuis dix-huil siècles la force spirituelle et Funité intelligente.

Du reste, cet empire romain, œuvre visible de la main de Dieu, pouvons-nous le mieux connaître que par les paroles mêmes que Dieu a inspirées?

« Alors vint un des sept anges il me parla et me dit :

Je te montrerai la condamnation de la grande prostituée qui est assise sur les grandes eaux (1).

« Et range me transporta en esprit dans le désert : et je vis une femme assise sur une bête couleur d'écarlate, pleine de noms de blasphèmes (2), ayant sept têtes et dix cornes....

« La femme était vêtue de pourpre et d'écarlate (3), parée d'or, de pierres précieuses et de perles (4), et tenait en sa main un vase d'or.

« Et ce nom était écrit sur son front : mystère (Si),...

« Salut ! 6 Rome ! fille de Mars, reine belliqueuse, reine au diadème d'or, toi qui habites sur la terre un magnifique, un indestructible Olympe I

« A toi seule la parque antique a donné la gloire d'une étemelle puissance , à toi seule le conmiandement et la royauté suprême.

« Sous le frein de tes puissantes rênes s'abaissent et la terre et la mer écornante. Tu es rinébranlable souyeraine des peuples et des cités.

« Le temps, ce destructeur de toutes choses , le temps qui se plaît à transforme la vie humaine, de toi seule n'écartera jamais le souffle créateur qui donne le pou- Toir.

« Car, seule parmi toutes les cités, tu ne cesses d'enfanter une nombreuse race de guerriers puissants, et comme la terre donne ses fruits chaque année, tu donnes chaque année une nouvelle moisson de héros, h

(1) Apocalypse. XVll. 1. La Méditerranée. V. ci-dessus, page 3 et suiv.

(2) Verset 3. Divinité des Césars et de Rome (F. plus bas. IL 2.) Culte des dieux païens. Idolâtrie.

Terrarum Dea gentiumqne Roma

Cui par est nlhll et nihil secundum. Martial. XII. 8.

(3) Verset 4. Pourpre des consuls et des empereurs.

(4) Pierres et perles de rinde. V. d-dessus, page 30. Gi.

(5) Verset 5. « Les lois mystérieuses de la religion nous interdisent, dit PUne, de révéler le second nom de Rome, et Valérius Soranus, pour avoir P^poncé ce nom

124 UNITÉ ROMAraE.

« L'ange me dit alors : Quel est le sujet de la surprise? Je vais te dire le mystère de la femme et de la bêle qui la porte et qui a sept têtes et dix cornes (1)

« Les sept têtes sont sept montagnes sur lesquelles la femme est assise (2)

« Et il me dit : les eaux que tu as vues , où la prostituée est assise, ce sont les peuples, les nations et les langues (3)....

« Et la femme que tu as vue est la grande ville qui règne sur les rois de la terre (4)

« Toutes les nations ont été séduites par ses enchantements (5)

« Les marchands de la terre se sont enrichis par Fexcès de son luxe (6).

« Elle s'est élevée dans son orgueil et elle s'est plongée dans les délices : car elle a dit en son cœur : Je suis reine (7), je ne suis point veuve et je ne serai point dans le deuil (8)...,

qu'un salutaire et religieux silence avait fait tomber dans l'oubli, n'a pas tardé à être puni de sa faute. » Hist. nat. UI, 5. «Les Romains n'ont pas voulu laisser divulguer le nom du dieu sous la protection duquel leur ville est placée, ni même le nom latin de leur ville... Le nom de la ville est ignoré même des plus doctes. » Macrob. IIL 9. On prétend néanmoins savoir que le nom mystérieux de Rome était Ëpcç on Âvôtpoç, son nom sacerdotal Flora , son nom Sabin Quirium, Munter, de occulto nrbls R. nomlne.

(1) Verset 7. —(2) Verset 9. Septemqae nna aibi mnro eircamdedit arces. Virgile.

(3) Vers. 16.

(4} Vers. 18. Soumission des rois à la puissance romaine. F. ci-dessus, pag. 98 , m, 117.

(5) XVIII. Vers. 23. Rome, le centre des peuples et le but de leur ambition. V. pag. 93, 94 et sulv.

(0) Richesses de l'Espagne, de l'Egypte, de TÀsie mineure, de Tlnde, de l'Arabie par leur commerce avec Rome. F. pag. 13, 17, 21, 22.

(7) Verset 7. Et populum latè regem... Virgile.

Regina et domina orbis (Roma).

(8) Tmperinm sine fine dedi... Id.

Non res Romans perituraque régna... Id,

V, ci-dessus l'ode d'Erinna.

« Et ils se sont écriés : .... Quelle ville a jamais égalé cette grande ville (1) ! »

Mais ce n*est pas assez d'avoir peint la grandeur de Rome- Le prophète nous montre encore cette « prostituée assise sur les grandes eaux (2).... » cette « grande Babylone, la mère des fornications et de toutes les abominations (3).... qui tient en sa main un vase d'or plein d'abomination et dlmpureté (4)..., avec laquelle se sont corrompus tous les rois de la terre (5) et enivrés du vin de sa prostitution, ;> qui « a fait boire toutes les nations à la même coupe (6), qui a trafiqué avec elles en leur achetant la pourpre, la soie, les pierreries, les bois embaumés, le cinnamome, et jusqu'aux esclaves et aux âmes d'hommes (7). »

La richesse, le faste, les voluptés, la corruption de Rome, voilà ce qui nous reste à connaître.

(]} Vereet 18. aime sol possis nihil urbe Rom(l

Viflere majus. Horace.

RomanoB reram dominos... Roma mundi caput... mundi compendium... lumen gentlum.

(2) Apoc. XYU. t. — (3) Verset 5. — (4) Verset 4. - (5) Verset. 2.

(6) Verset 2. Fornication et abomination, comme on sait , désignent l'idolâtrie. « Roma... qoo omnia pudcnda confluunt celebranturq[ue. > Tac, Ann. XV. 49.

ÉiriTcii.v) iràoi}; ^Kiot^ai{x.&vixc. F. plus bas, Ut. U. 2.

(7) F. Ihid, XVIil, 3. 12. 13. Â Déios, grand entrepôt entre l'Europe et l'Asie, on transbordait a une certaine époque plusieurs milliers d'esclaves chaque jour (Strabon). Par les Ames humaines, on entend les hommes libres réduits en esclavage. F. Grotius et Bossuet sur l'Apocalypse. Ce qui arriva souvent, Ole, in Pison... in Verr... Strabon. Ibid.

426 CIVUISATTON ROMAINE.

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