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3. Lex Jnlia de Doiibtu, Oaias, InsU't., M, 62, 6). Paal^ Sent., îl, 3f B. § 2. 0. de Ftmdo dotait (XXIII, 5;.
RESTAURATION DE l'aNCIENNE ROME. 230
ponvait être accusée, et par son père, et par d'autres ; droit de mort sur le séducteur, donné au mari , donné au père, pourvu que le père en même temps n'épargn&t pas sa propre fille*.
Auguste alors, dans sa colère, proclame la loi depuis longtemps méditée , mais pour laquelle il avait attendu le plein affermissement de sa puissance, sa loi Papia PoppaBa^ D'après cette loi, le mariage est une charge publique, un impôt qu'on doit à TÉfat; le veuvage même ne doit pas être trop long, en dépit de Tancienne morale qui n'aimait pas les secondes noces et honorait la femme d'un seul épouse [tinivirà). — Quiconque, à 25 ans, ne sera pas e'ncore marié ; quiconque, veuf ou divorcé, ne sera pas remarié au bout de la courte vacance que la loi lui donne (c'était pour les femmes 2 ans après la mort, 18 mois après le divorce *) ; quiconque enfin se sera marié seulement à l'âge auquel le mariage est déclaré tardif (60 ans ^DUr les hommes, 50 pour les femmes), est réputé célibataire et puni comme tel. Il ne peut recueillir ni hérédité testamentaire, ni legs, ni succession , si ce n'est de ses parents les plus proches. S'il veut hériter, il n'a qu'à se marier bien vite ; on lui donne, pour prendre son parti, 100 jours & compter de l'ouverture de la succession. — Mais croyeavous l'homme marié à l'abri des rigueurs de la loi? Non ; à iS ans pour les bommes, à 20 ans pour les femmes, la loi exige des enfants ; sinon , mari et femme ne peuvent se donner l'un à l'autre que le dixième de leurs biens, et ne touchent que la moitié des legs qu'un étranger leur laisse.
1. Lex Julia fie AduUmis et de PudicitUl V. Paul, Sent., II, 26; D. ad L JuL deAduiteriis, (XLVIII, 5); Code Jwitin,, eod, tituîo, (IX, 9.) Suel., in Aug., 34; Pline, Ep., VI, 31; Horace, Ode, H, 5,
2. D'après la loi Julia antérienre, un an après la mort et six mois après le divon'«.
— Aa contraire, le père de famille est Theureux du siëde : legs, successions, hérédités, lui appartiennent; il recueille la part de ses cohéritiers célibataires; sa femme et lui peuvent disposer Tun pour l'autre de toute leur fortune ; il a le pas dans les cérémonies, la place d'honneur au théâtre ; chaque enfant le dispense d'une année d'âge pour les magistratures. Et s'il a trois enfants (3 à Rome, 4 en Italie, S dans les provinces], c'est alors qu'il devient le favori de la loi, le monarque de la civilisation ; la république Taccable de ses privilèges , Taffranchit des charges pubUques , le dispense des tutelles, lui donne une double part dans les frumentations, le préfère dans la nomination aux emplois. — Quatre enfants font échapper la femme affranchie à la tutelle de son patron ; trois enfants donnent à la patronne l'héritage de son affranchi. Le Latin qui présente au magistrat un fils âgé d'un an et déclare <( s'être marié pour avoir des enfants , i» devient citoyen romain * ; le sénateur qui a la plus nombreuse famille, opine le premier au sénat. — Auguste, en un mot, déclare aux célibataires obstinés que sa patience est épuisée. 11 a tout fait pour leur faciliter le mariage^ leur a permis d'épouser même des affranchies, a autorisé ce mariage de la main gauche [concubinalus) par lequel on échappe à certaines prohibitions légales^ ; il leur a déjà donné trois ans, puis deux ans de délai pour chercher femme : il leur accorde un an encore ; mais au bout de ce terme, il sera sans pitié. D'ailleurs, le fisc et ses émissaires, les délateurs^ auxquels la loi promet une forte part des sommes qu^ils rapporteront au trésor, gardes \nigilants, épieront leur proie — La délation et la fiscalité arrivent au bout de toutes les institutions impériales. Quelle devait
1. D'après ]a loi Junia Norbana. Uljiien, ReguL, III, 3. Gaiue^ Instit,, 1, 20. a. Digeste, 3, de Concubinis. (XXV, 7.)
donc être la haine de ce siècle pour le mariage , quand le législateur en venait à de telles promesses et à de telles menaces ' !
Ainsi Auguste voulait-il sérieusement se faire Romain. Les temples se relevaient , les collèges de prêtres étaient enrichis ; les fêtes oubliées remises en honneur. Le tyran Auguste était antiquaire et amateur de vieux bouquins, cherchant partout, dans les poudreuses annales de la république, quelque chose d'édifiant pour ses Romains dégénérés : tantôt lisant au sénat le discours de Métellus de Proie augendâ ; preuve , hélas ! que les anciennes mœurs étaient bien anciennes, et que depuis longtemps on se lamentait sur leur décadence : tantôt retrouvant de vieux préceptes et de sages maximes, qu'il adressait a ses généraux, à ses magistrats, & ses préfets ; et il écrivait sur la table d^airain où il rendait compte de sa vie publique : « J'ai proposé à la république les exemples oubliés de nos aïeux '. )» Si quelqu'un dans Rome était Romain , c'était lui.
Vous étonnerez-vous donc qu'il évoquât sans inquiétude les souvenirs de la liberté? qu'il laissât Horace chanter « le noble trépas et l'atroce courage de Caton ; d que Virgile
i. En 724, première tentalive. Tacite. Ann. III^ 28. Suct., 34. Propert., 11,6. — En 734, loi Julia de Maritandis ordinibus, Tactt., ibid. 111, 28. Dion, LIV, 16. Soet., m Aug.y 34. Horace, Orf., IV, 15; Ep., 18. Carmen sœeuktre. — Ulpien, Reg., 13-14. En 762. Loi Papia Poppœa. Dion, LVI, 1-10. SaeU, 34, 89. Tacit., Annal., III, 25, 28.
V. sur ces lois en général : — parmi les précieux monuments du droit autéjustinien : Ulpien, ReguL, 16, 17, 18, 22 (§ 19), 24 (§ 31), 27,29 (§ 3 et suiv.); Gaius, InsHt, II, 111, 144, 206 et suiv., 286 (III, 7.) — Dans le droit Justinien : Itutit, de Sticcesstombus libertorum, 111, 42. § 2. Digeste, fod, tituh (XXXVIII, 2.)— Parmi les classiques : Dion, LIV, 16; LVI, 7; Gellius, I, 6; II, 15; V, 19; Suet., m Aug,, 34; in Claudio, 19, 23 Pline, Sjn't,, VIII, 16 ; Juvénal, IX, 88 et suiv. ; Pline, Panégyr., 26; Tacit., Afmal., XV, 19. — Parmi les modernes, Montesquieu, etc.
2. Ezemplamigorumexolescentiajamex (rio^r(lre/n<6/rVd) muUanimrprum exempla imitanda {proposut), {/xipis Ancyranus.)
î«« AUGUSTE.
mit Gaton aux Cbamps-Ëiysées, à la tète des justes * , ék qu'auprès de Tapothéose de ce républicain il y eût un reproche pour César * ; que Tite-Live ne dissimulât pas ses sympathies pour la liberté aristocratique de Tancieane Home, et que le tyran son maître se eontenlAt en riant de l'appeler Pom« péi^i^?Était*ce donc Auguste qui avait abattu la vieilla Rome? Auguste, & vrai dire, avait^il à défendre le parti de César?
Aussi voyez comme sa littérature officielle est bien romaine! Quel élan religieux et national! Quel concert de louanges^ d'espérance, de morale et de sentimentalité ro* maine, enfanté par tous les lauréats du mont Palatin, par toute la cour poétique de César ! L'un de ses poôtes chante l'agriculture des vieux Sabins, l'autre les fastes de la Rome quirinale, celui-ci tout le fatras mythologique des origines romaines ; leur poésie vient en aide à. sa pditique. Pas une loi en faveur du mariage et des bonnes mœurs qui ne soit inaugurée par un chant du libertin Ovide ou du célibataire Horace : tous sont de pieux Romains à genoux devant les dieux pour leur demander le retour aux anciennes mioeurs ; tous dtê agriculteurs passionnés, prêts à ressusciter^ s'ils le