‹ Les CésarsChapitre 134 sur 321 · V. Tacite, Atmai., IV · texte numérisé non relu

V. Tacite, Atmai., IV

aT<«8 flatté tout ce qui l'entourait, nous avons fitit la cour à ses affranchis, ntms avons été heureux de nous faire reconnaître de son portier. » Ce nous le sauva. Un autre, à qui Ton demandait le nom de ses complices, commençait à les désigner parmi ses juges ; les pères conscrits tremblèrent sur leurs sièges, le désespoir de cet homme les menaçait tous : ils se hâtèrent d'étouffer sa voix par des murmures et de le condamner.

Il y avait une autre raison pour se h&ter. La condamnation était presque toujours si certaine, que Taccusé, dès le premier moment , cherchait à y échapper par le suicide. AUait-il attendre dans sa maison que les pas des soldats vinssent l'avertir qu'il était temps de mourir ; que deux valets du bourreau lui passassent le lacet au cou dans un cul-de-basse-fosse? souffrirait- il que son corps fût traîné aux crocs^ jeté aux gémonies; qu'on vendit ses biens sous la pique du préteur au profit du fisc; que ses accusateurs s'engraissassent de son patrimoine; que son testament, Taete le plus solennel et celui qui tenait le plus au cœur du citoyen romain, fût déchiré? En se donnant la mort, il dérobait ses restes à Finfamie, son testament à une honteuse radiation, aux mains des délateurs l'héritage de sa famille '. Mais si l'accusé était pressé de mourir, Tibère et le fisc tenaient à le faire vivre jusqu'à sa sentence ; il y avait donc une effi*oyable émulation à qui irait le plus vite de l'accusé ou des juges, l'un pour sauver ses biens et sa mémoire, l'autre pour sauver les droits du trésor. — « Camutius m'a échappé , v> disait Tibère d'un proscrit qui s'était tué ^. D'autres fois il fit le bon prince, et se plaignit que les accusés, en se donnant la mort, se dérobassent

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