Philostr&te, in Apollonio, V
César. — Allons^ dit le prince, la chose est faite; c'est bien. »
Les affranchis, ces cornacs des Césars, faisaient bonne garde autour de leur ours. Ils vendaient les audiences; nul n'entrait sans porter une bague d'or, qu'eux seuls pouvaient donner *. Les villes, les rois leur faisaient la cour; Ton désertait la table de César lorsqu'on était invité en même temps à celle de l'un d'eux *. Aussi ce fut encore un règne de sang. D'après Suétone et Sénèque, trente-cinq sénateurs, plus de trois cents chevaliers, bien d'autres périrent ^. Les rancunes de valet et les jalousies de femme eurent droit de vie et de mort. Une Julie, fille de Germanicus (41) ; une autre, petite-fille de Tibère (43), furent exilées, tuées ensuite par la jalousie de Messaliue; Yinicius, mari de la première, empoisonné, parce qu'il avait été trop chaste pour Messaline (46) ; elle passait au bourreau les am.ants dont elle était lasse. Un Pompée, gendre de l'empereur, fut tué à cause de son nom ; son père et sa mère tués aussi pour ce nom qu'ils ne portaient pas. Dans ses jalousies et ses haines, elle n'oublia qu'Agrippine, « occupée qu'elle était à d'autres crimes, » dit Tacite.
Un jour (an 42), elle devient amoureuse d'un Silanus, second mari de sa mère; il la repousse; Messaline s'entend avec Narcisse pour le perdre. Tout à coup , avant le jour, Narcisse entre épouvanté dans la chambre de Claude ; il lui raconte ^ue la nuit, en songe, il l'a vu près d'être assassiné par Silanus. Messaline arrive; elle s'informe, elle s'é-
i, Pline, Hist. nat, XXXlll, 3.