Tacite, Annal., XIV, 27. Suet., in Nfr
auprès des jurisconsultes , restreintes par ceux-ci, éludées par ceux-là, affaiblies même par le favoritisme étourdi des empereurs, qui consentaient à être rigoureux envers tous, pourvu qu'il leur fût permis d'être indulgents envers leurs protégés. Tantôt on se mariait juste autant qu'il était néces* saire pour être admis à un emploi, recueillir un legs, et le lendemain un divorce vous débarrassait de cette menteuse et passagère union ^ Tantôt, par l'adoption, on simulait la paternité, on se donnait la veille des comices un fils qu'on émancipait le lendemain, et Ton gardait, avec les honneurs de la préture^^ toute la liberté de sa solitude. Les empereurs, dans leur toute-puissance, accordaient à des célibataires les droits du père de famille le plus favorisé {jus irium liberorum) : on se trouvait époux et père par brevet impérial et par fiction de la loi. Claude , pour encourager l'importation des blés , ne sut offrir à ceux qui faisaient ce commerce une plus belle récompense que la permission de ne pas se marier ; il accorda les mêmes privilèges aux soldats. i( À Crotone (c'est-à-dire à Rome), dit le satirique Pétrone, il y a deux classes d'hommes, les adoptants et les adoptés : l'homme qui n'a pas d'enfants est seul honoré^ seul brave , seul vertueux ; le père de famille est un proscrit. » Et les pauvres pères de famille se plaignent en effet que, par des fraudes légales , on leur vole les privilèges que leur accorde la loi en dédommagement des soucis de l'éducation : « Les célibataires , disent-ils, ne sont-ils pas assez heureux déjà ? Sans charges, sans soucis, ils ont pour eux et le crédit, et les soins, et le respecta »
i. Suet., m Tiber.y 35.