Apud Xiphil., LXI
2. Notissimus eques romanus elephanto insedit. (Suet., ùi Ner., 12.)
3. V. sur tout ce qui précède Tacite, Annal., XIV, 14, 15, 20, 21 ; XV, 3i; Suet., in Ner., 11, 12; Dion, LXI, p. 697,698. Vitellius depuis défendit, par un édit sévère, l'admission des chevaliers sur la scène. Même dans les pro\io-
Il y a quelque chose de plus déshonorant encore. Cette prostitution de la noblesse parle thé&tre ne suffit pas^ il en faut une autre. Les jeux Juvénaux avaient déjà été accompagnés de scandales de ce genre ; et plus tard, à une époque où Néron était dans la plénitude de sa puissance, une d^ ses innombrables fêtes fut signalée par des excès qu'il n'est pas possible de raconter. Dans cette orgie mons* trueuse, tout ce qui s'appelait encore noblesse, honneur, vertu, pureté, liberté, ou du moins tout ce qui jusque-là en avait prétendu porter le nom, fut' jeté en proie à une démocratie (qu'on l'appelle ainsi si l'on veut) de prolétaires, de déshonorés et d'esclaves ^ . Néron était démocrate, oui sans doute ; il Tétait, non pour ennoblir ce qui est petit, mais pour avilir ce qui est grand. Sa politique était de dégrader autrui, comme lui-même se dégradait. Dans cette lutte par la prostitution, l'aristocratie qui la subit est coupable comme le prince qui l'inflige; il faut qu'elle soit déjà bien corrompue pour ne pas rejeter au prix de sa vie cette corruption dernière. Mais que dire du prince qui, pour tuer l'aristocratie, ne sait mieux faire que de l'associer à ses plaisirs, de la faire aussi vile que lui-même et de la jeter dans la fange où il vit?
Cependant, il faut dire aussi le noble côté des choses; dans cette triste histoire, nous le rencontrons si rarement ! Tous ne cédaient pas, tous ne s'avilissaient pas ; il y eut même sous Néron, peutr-être parce que la dégradation était plus grande^ des résistances plus nombreuses et plus hardieis que sous Tibère. La fierté de l'aristocrate, du Romain, de Thomme libre, de l'homme de cœur se relève parfois.
ces, les entrepreneurs de spectacles spéculaient sur cette dégradation des Als de famille. Tacite, Hist, II, 62.
i. Xiphilin, LXII, p. 707. Tacite, XV, 27.
2i0 NERON.
Des hommes se reDcontrent ou qui se refusent à Toutra^e an risque de leur vie, ou qui, après Tavoir subi, ne se eonsolenl pas. Bieu des gens peut-être, qui d'eux-mêmes seraient montés volontiers sur le théâtre , gardent rancune à Néron de les y avoir fait monter de force.
Néron voit donc s'élever ison grand et sérieux ennemi. Le stoïcisme a un peu retrempé le vieil esprit romain. Il se fait une aUiance entre la philosophie et le patridat, entre la vieille Rome et la Grèce nouvelle, une alUance défensive contre l'esprit impérial. Le sénat, qui garde encore depuis Tavénement de Néron quelque liberté de déhbération , laisse cette opposition se trahir ; le jurisconsulte Cassius fait entendre dans son sein ces graves paroles : a Plus d'une fois, pères conscrits , j'ai vu proposer dans cette enceinte des mesures contraires aux lois et aux tnûlitions de nos aïeux ; et si je ne les ai pas combattues, ce n^est certes point que je ne crusse plus sages et plus justes en toute chose les règlements de nos pères. Mais d'un côté, je ne voulais pas affecter devant vous un amour exagéré des traditions antiques ; de l'autre, si nous avons quelque autorité, je ne crois pas qu'il faille l'afiEaiblir par des luttes continuelles, et j'ai voulu la garder entière pour le jour oik la chose publique aurait besoin de nos conseils '. b Cassius, un de ces honmies dont il semblerait que l'espèce n'eût pas dû survivre à la bataille de Philippes, conserve chez lui l'image du meurtrier de César son aïeul, avec cette inscription : « Au chef de parti ^. » En même temps, au milieu des voluptés de Rome, des hommes, des femmes se rassemblent dans les jardins pour entendre le philosophe cynique Démétrius, cet homme hardi qui répond à