‹ Les CésarsChapitre 251 sur 321 · Hîc ubi miramur velocia munera thermas · texte numérisé non relu

Hîc ubi miramur velocia munera thermas

Abstulerat miseris tecta superbus ager.

(W., ibid.)

3. Martial» de Spect,, 2. Dion, LXVI, 15. Spartian., in Hadrian., 18.

4. Ainsi, Calus voulut remplacer par sa propre tête celle de Jupiter Olympien. Dion, LIX, p. 662. Suet., m Calig,, 22. Un homme qui avait remplacé la tète d'Auguste par la sienne , fut iDondamné sous Tibère. Suet., in Tiber., 58. Tacite, Annal., 1, 74, Y- Pline> ^'*' ««'-i XXXV, 2; Hieronyme., in prophet. Habacuc., 4. Dans la prévoyance de ces changiements, on détachait par avance la tête de la statue au moyen d'une cavité que dissimulait la draperie. Gomment un serpent se glissa dans un« cavité pareille et fit remuer une tète de Séjan, V, Dion, LVIII, 7.

aux provinces. La souscription fut ouverte dans tout Tempire; souscription que Néron sollicitait comme une grftce et qu^on n'avait garde de refuser, où vinrent se ruiner villes et citoyens , Italie et provinces, cités libres et cités conquises, hommes et dieux. Les dieux, dit Tacite, tombèrent au butin. Vov des triomphes et des vœux publics fut enlevé des temples ; les vieux pénates de Rome furent fondus; Delphes à lui seul fournit BOO statues de bronze. Des émissaires de Néron parcoururent la Grèce, allèrent jusque dans les villlages , et rapportèrent, pour embellir les boudoirs des prostituées impériales, une moisson de dieux, la troisième, je crois, et non la dernière que fournit aux empereurs cette inépuisable Grèce ^

Mais quelle n'est pas Tinjustice du peuple de Rome! En vain Néron pille le monde à son profit, lui ouvre, après l'incendie, ses jardins comme retraite, fait venir d'Ostie et des villes voisines tout ce qui lui est nécessaire, donne le blé à. trois sest. le boisseau ^ ; en vain, tout en sacrifiant les maisons, il épargne de son mieux les hommes ; en vain , pour rassurer le peuple contre de futurs caprices incendiaires et de nouvelles manies d'artistes, ordonne4-il les meilleures mesures contre de nouveaux embrasements , le peuple persiste à rejeter sur lui le crime de Tincendie , et ce crime, le moins prouvé de ceux de Néron , est celui qui l'a rendu le plus impopulaire.

Que veut donc le peuple? Les superstitions les plus rares et les plus oubliées sont remises en vigueur pour expier les souillures de Rome et pour que le ciel lui pardonne le crime de Néron. Le livre poudreux des sibylles consulté

1. Suet., 38. Tacite, Annal., XV, 45. Pline, Hist nat, XXXIV, 8. Pausanias, V, 25, 28; IX, 27; X, 7. Dion Ghrysost., Or. XXXI, ad Rhode,

2. Ce qui revient à 8 francs 53 cent, l'heclol. Tac, Annal, XV, 39.

tS2 NERON.

par les prêtres, les leotisternes et les veilles sacrées, la procession des matrones qui va chercher en pompe de Teau de iner pour en asperger la statue de Junon, tout cela ne suffit pas : le sang et le sang humain est pour Tantiquité le grand moyen d'expiaiion. Rome , qui se vante d'avoir aboli les sacrifices huuiains par toute la terre , n'en a pas moins conservé Fusage, au moment des grands dangers, d'enterrer vifs un Gaulois et une Gauloise, un Grec et une Grecque ; et Néron, chaque fois qu'une comète parait au ciel, cherche, par le conseil de son astrologue, qurique illustre victime pour le bourreau. Que le sang coule donc, que Rome soit purifiée, que le peuple se taise , et que Néron demeure décidément innocent!

Or, la seconde année du règne^e Claude, un homntie, un pauvre juif, nommé Simon, et que ses frères appelaient aussi du nom de Céphas, qui veut dire pierre^ était venu dans Rome. Il y avait ptèché une doctrine nouvelle dans le judaïsme, contre laquelle les Juife de cette ville s'étaient soulevés, et Claude, ému de ces querelles , faisant comme avaient fiût avant lui Auguste et Tibère, Claude avait expulsé de Rome tous les Juifs à la fois * (an 41).

Mais cette nation tenace ne tarda pas à revenir. Les apôtres même de la nouvelle doctrine reparaissent à- Rome au bout de neuf ans. Et plus tard , un Juif de Tarse, citoyen romain, homme instruit dans les sdences hébraïques, Saul, à qui les nations païennes donnaient le nom romain de Paulus , accusé par ses compatriotes de Jérusalem devant le gouverneur de Syrie, usait de son droit de citoyen et en appelait à César (an 60).

César, ou du moins sa cour, devait connaître cet homme et cette doctrine. Les rapports officiels déposés dans ses ar-

1. Suel., tu Claud., 25. Âei. apost,, LVllI, 2. Dioii^ LX, p. 669.

chives lui apprenaient (je répète les termes de Tacite) que « Christ (le Christ, o Xpi^'iroç, l'oint), celui qui avait donné « son nom à cette croyance, avait péri sous le règne de « Tibère , condamné à mort par Pontius Pilatus, procura- « teur *; que cette superstition , un instant réprimée^ se « propageait de nouveau; que, sortie de la Judée où ce « fléau avait pris naissance^ elle était arrivée dans Rome « même, qui accueille et imite les crimes et les turpitudes c< du monde entier^ ! » On savait encore que Paul avait été plusieurs fois dénoncé par ses compatriotes aux proconsuls romains ; qu'il avait devant eux expliqué sa doctrine; quil Tavaît expliquée, et devant le roi juif Agrippa, et dans les synagogues des Hébreux, et dans les assemblées des Grecs, et même à Athènes devant Taréepage. Le proconsul de Chypre , Sergius Paulus , avait cru à sa parole ^ ; en Judée , en Syrie , en Grèce, en lllyrie méme^, des milliers d'hommes juifs, grecs, barbares, venaient à lui ^.

Paul, amené en Italie, n'y était donc rien moins qu'un inconnu. A Pouzzol, où il débarqua (an 61 ), des frères Taccueillirent. D'autres vinrent de Rome jusqu'aux premières stations sur la voie Appia pour le recevoir. A Rome même, où la police impériflJe se souciait peu de se mêler de ces querelles entre Juifs, Paul, venu comme accusé et

1. Auotor nomlnis <yii8 Gbristus, qui Tiberio imperitaiite, per prooiirtlorem Pontium Pilatum supplicio alTectus erat. (Tac., ArmaL, XV, 44.)

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