‹ Les CésarsChapitre 281 sur 321 · Suet., in Othone · texte numérisé non relu

Suet., in Othone

2. Rx intimis libidinibus adsumptus. (Tacite, Annal,, XVI, 51.)

tète , des pantoufles aux pieds , une étoffe épaisse autour du cou , une longue robe de festin , lâche et toute parsemée de fleurs, une femme en un mot : cette femme est Néron.

Au milieu de ces joies et de ces grandeurs, pourquoi Néron respecterait-il encore cette fiction de Tordre républicain, devant laquelle il s'abaissait humblement au début de son règne? « Pourquoi, lui crie toute cette cour, > a-t-il encore un sénat? Pourquoi cette vaine pompe de faisceaux et de lacticlaves qui ont la prétention de ne pas relever de César? Pourquoi tant de ménagements et tant de fiedhlesse?!» dit à Néron le jeune délateur Régulus, qui, triomphant dès son début de l'illustre famille des Crassus. semble devoir éclipser tous ses prédécesseurs. « Pourquoi fatiguer ses délateurs et lui-même à combattre homme par homme cette aristocratie que d'un mot il peut détruire tout entière*? En un jour, ces derniers restes du gouvernement républicain peuvent disparaître , en un jour le sénat peut être effacé : les affranchis de César et les chevaliers romains gouverneront seuls Tempire sous la protection de son divin regard *. » Tel avait été aussi le projet de Galigula^, et Néron trahit souvent la pensée de cette révolution sanglante ; à son arrivée , à son départ , il ne donne plus le baiser aux sénateurs; il ne regarde même pas leur salut, et dans les prières publiques, il n'invoque plus les dieux que pour lui-même et pour le peuple *.

Mais cette pensée ne va pas enco're s'accomplir. A travers les nuages de sa divinité, Néron ne laisse pas que de

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