Eciog., IV
Sic omnia fatis, In pejuB ruere ac re£rô sublapsa referri : Haud aliter quam qui advereo vix flumine lembum Remigiis subigit, si brachia forte remisit^ Atque ilium in prsBoeps prono rapit alveus amni *.
Et nous , ne croyons pas plus au fatalisme dans le bien qu'au fatalisme dans le mal. Que des siècles de progrès ne nous poussent pas à une espérance orgueilleuse , comme des siècles de décadence poussaient l'antiquité au désespoir. Si le monde est fatalement conduit vers le bien , à quoi bon travailler pour lui ? Si le progrès se fait par la seule force des choses , pourquoi se mettre en peine du progrès? Ce vague optimisme dont on veut faire toute une philosophie, cette croyance à un progrès inévitable, quoiqu'il ne soit jamais défini , ne tombe-t-elle pas dans un quiétisme orgueilleux , qui , comptant sur la raison des choses ou sur quelque divinité aussi vague , se croiserait les bras et la laisserait faire ? Le monde a marché , certes, depuis le temps où Néron le gouvernait ; mais comment a-t-il marché, sinon par le secours de Dieu d'un côté, et de l'autre par ses propres efforts? Il en est du monde comme de l'homme ; son salut est au prix de la grâce du ciel, toutepuissante , mais qui ne se donne qu'à condition , et veut être secondée par notre faible labeur.
Le christianisme est, divinement parlant, la cause de la civilisation moderne et son principe dans le passé ; humainement parlant , il en est le motif , la raison logique , la justification et le soutien dans le présent. La civilisation, si vous ne la faites absolument matérielle , repose sur des idées, et les idées ne sont efficaces que parce qu'on y croit. L'auteur, l'inspirateur , le persuasor de ces idées a été le