‹ Les CésarsChapitre 302 sur 321 · Senec., Controv,, I, ;>r · texte numérisé non relu

Senec., Controv,, I, ;>r

remède, une pensée toute de désespoir et d'abattement. Le genre humain est le Prométhée d'Eschyle, condamné à un supplice sans espérance et sans fin, «jusqu'à ce qu'un Dieu, descendant aux enfers, vienne Taffranchir ense diargeant de ses sou&ances S > Cette double pensée se peint bien dans Virgile. Lorsqu'il est croyant, initié, prophète {vates)^ lorsque avec un admirable instinct de poëte il recueille les vérités éparses que chantent les oracles , que cachent les mystères , que les sibylles jettent au vent ; il annonce le début d'une ère nouvelle. Dans un enfant , a que sa mère vient de mettre au monde après dix mois de douleur , » il découvre « un rejeton descendu du ciel, le grand accrùtssèment de Jupiter. » Alors , dans un magnifique élan , il invite toute la création à saluer ce fils des dieux, pour qui « les grands mois vont commencer leur cours ; » il voit déjà <c le monde tressaiUir sur son axe ébranlé , le ciel , la terre, les eaux, toute chose se réjouir à la vue du siècle qui doit venir ^. » Mais ensuite, quand l'inspiration a défailli, que les oracles ne lui parlent plus , qu'il retombe sur la pauvre et imbécile nature humaine ; frappé de cette fatalité qui emporte toute chose Vers le pire, il compare le destin du monde a à une barque que les efforts des rameurs ont à grand'peine poussée contre le cours du fleuve ; si les bras se ralentissent un moment , le fleuve ressaisit la nef, et la puissance impétueuse des eaux la rejette bien loin en arrière. »

\. Eschyle, Prométhée*

Ufw àv fttwv Tt;, ^là^oxoc t&v ffûv icoWv,

li^iiv^ xvioaîa T'àpiçl Taprapcu ^à^.

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