DES FAMILLES ROMAINES
(Note de la pag« 106 et suiv.)
Ce dépérissement et ce prompt renouvellement des familles romaines peuvent ôtre confirmés ici par une courte notice sur quelques-unes des familles qui ont joué un rôle sous les empe* reurs; Touvrage, malheureusement non encore terminé , de Drumann (Histoire de Borne, etc.), donne tous les détails dési* râbles sur une grande partie des familles notables de Rome au temps de César et d'Auguste. Je prends son travail pour point de départ, et je cherche à le compléter de mon mieux, soit pour la partie qu'il n'a pas encore traitée, soit pour les années qui sont en dehors des limites de son sujet. J'ai déjà indiqué les trois figes de l'aristocratie romaine : i® le patriciat, l'ancienne et fondamentale aristocratie, déjà bien diminuée de nombre vers la fin de la république ; 2"" la nobilitas, composée de familles plébéiennes qui arrivèrent aux honneurs quand les honneurs furent ouverts à la pkbs ; 3* les familles nouvelles, qui n'arrivèrent aux honneurs que sous les Césars.
J'indique d'abord le nom propre de la famille {nomen gentilitium)j puis le surnom (eognomen)^ souvent variable, qui servait à distinguer les branches.
FAMILLES PATRICIRNNKS.
.^ËMILII. i* Lepidi. — a Famille féconde en bons citoyens » (Tacite, Armai. ^ YI, 27), garde quelque gloire sous les empereurs. — Le triumvir Lépidus, mort en 741. — Ses deux petits-neveux, consuls; Tun d'eux n capable de gouverner l'empire. • (Tacite, Annal,^ 1, 13.) — Un L. Mm. Lépidus,
consul en 754 de Rome ; mari de Julie^ petite-fille d'Auguste. (V. la généalogie des Césars, Tab. II, n* 21). — Un autre M. Lépidus, pauvre, demeure honorable dans sa pauvreté, dit Tacite, Annal., III, 32. — Mais une Léplda, petite-fille de Sylla et de Pompée, accusée d'adultère, d'empoisonnement (an 20), est convaincue et se donne la mort. (Tacite, III, 22, 23).
— En 35, une autre, femme de Drusus, fils de Germanicus, accusatrice de son mari, accusée d'adultère avec un esclave, se donne la mort. (Tacite, VI, 23, 40.) — En 39, Marcus Lépidus, petit-fils d'Auguste, beau-frère de Caligula, est môle à toutes les infamies de ce prince, conspire contre lui avec Agrippine et Julie, et a la tête tranchée. (Suet., m Claude, 24, 36. Tac, Ann., XIV, 2, et ci-dess. Tab. II, 22.)
*» ScaurL — Famille d'une illustration assez récente, quoique patricienne et d'une origine antique. Au commencement du VII» siècle, leur aïeul était marchand de charbon. (Aurel. Vie, ; Val. Max.) — Un M. Scaurus, pris et gracié à Actium.
— Mamercus Scaurus, son petit-fils, orateur et poôte, accusé ôous Tibère de lèse-majesté, d'adultère et de sortilège, se tue (an 34) (Tacite, VI, 29), le dernier de sa race. (Senec, Sttasor., I, 56.)
3» Paitlù — -^m. Paulus, consul, construit la basilique -^Emilia, t. I, p. 128.
CLAUDII (Clodii). —'Nerones sive Pulchri. Famille d'origine Sabine (Atta Clausus), aristocratique et arrogante (Appius Claudius, décemvir), redoutée même du sénat, maltraitant les tribuns ; jamais un Claudius accusé ne prit le deuil ; jamais, avant l'empereur Néron, un étranger ne fut admis par adoption dans la famille Claudia. (Suet., m Tiber.y 1 ; m Chud., 39 ; m Ner., 6. Tacite, Annal. ^ I, 4; XIT, 25.) — Appius Claudius, censeur au temps de Cicérpn. — Publius Clodius, l'ennemi de Gicéron, se fait plébéien et tribun. (F. 1. 1, p. 56 et 85.) — Un Claudius, adopté dans la famille Livia, est père de Livie, femme d'Auguste ; celle-ci fait adopter par Auguste les deux
fils qu'elle avait eus de Tiberius Glaudius, son premier mari.
— Ces deux fils furent Tempereur Tibère (Tiberius ClaudiuB Nero), et son frère, qu'on surnomma Drusus. — La race de Tibère s'éteint dans son petit-fils, tué par Caligula. — Celle de Drusus, dans les enfants de l'empereur Germanicus (entris autres Caligula), et dans ceux de Claude, autre fils de Drudud ; Britannicusfutle dernier des Claudii. — Une Claudia Pulchra, sous Tibère (an 26), condamnée pour adultère. — Détails sur la gen» Claudia : Borghesi, 1. 1. Osservazioni numismatiche,
CORNELII. !• Sullœ ou 5y/te. — Plusieurs Syllas, consnla, an de Rome 749, ans de J,-C. 33, 52. — En 17, un Sylla exclu du sénat pour sa mauvaise conduite. — En 62, Publius Syllà, gendre de Claude, exilé à Marseille par Néron, y est tué par ordre de ce prince. (V. t. II, p. 201, 212.)
2* Scipiones. — Descendant, peut-être par adoption, des anciens Scipions; consuls en 57 et 58 ; ne jouent qu'un assez faible rôle. — César allant faire la guerre contre Métellus Scipion, en Afrique, où l'on disait que le nom des Scipions était fatalement vainqueur, pour détourner le présage, emmène avec lui un Scipion, homme fort méprisé, surnommé Salucion, du nom d'un bouffon auquel il ressemblait. (Suet., m Cœs.^ 59.) — Pub. Corn. Scipion, mari de la première Poppée, auteur de la proposition au sénat en faveur de l'affranchi Pallas. (Tacite, Annal., XI, 3, 4; XII, 53; XIII, 25.)
S"" LentulL — Tous orateurs distingués (Tacite, de Orat.\ 37). — Pub. Lentulus Sura, complice de Catilina. (K. t. I, p. 97-100.) — Deux Lentuli, consuls en 736. — Un autre, consul en 740, honoré par sa patience dans la pauvreté, sa modération dans l'opulence, accusé de lèse-majesté (24), meurt en 36. (Tacite, Annal., I, 27 ; II, 32 ; lU, 59, 68 ; IV, 29, 44.)
— Sous Tibère, Cnéius Lentulus l'augure, son incapacité et sa fortune. (T. I, p. 329; t. II, p. 138.) — Des Lentuli, consuls en 25 et 60.
4« Cetkegi. — Calus Céthégus, complice de Catilina.
(V. p. 97-100.) — Un Céthégus consul en 24. — Un M. Céthégus, consul en 170.
5® Ihlabellœ. — Publius Dolabella, gendre de Cicéron, son iribunat. (F. t. I, p. 158, 150.) — Son Qls, amoureux de Cleopâtre. {V. p. 217.) — Le fils de ce dernier (ans 23 et 24), vainqueur en Afrique; Tibère lui refuse le triomphe. (Tacite, Anml., III, 47, 68 ; IV, 23, 26.) — Cnéius Dolabella, suspect à Galba, relégué par Othon , tué par ordre de Yitellius. (Tacite, Nist., 1,88; II, 63.)
6* Cintiœ. — Cnéius Cinna conspire contre Auguste, est gracié et fait consul en Tan 5.
7* Maluginemes. — Un consul, an 10 ; un autre, Flamen Dialis, an 20. (Tacite, Annal. ^ III, 58, 71). Son fils lui succède, an 23. (Tacite, Annal, IV, 16.)
FABII. Maximi. — Ceux qui existaient au temps de l'empire^ étaient originaires de la gem ^milia, et ne portaient le nom de Fabius que par adoption. — Q, Fab. Max., dont parle Cicéron, m Vatinium, II, 28. — Son fils, Q. Fab. Max., consul en 743 de Rome, procons. d'Asie. — Son petit-fils, Paulus Fab. Persicus, consul en 34 ap. J.-C. (Sénèq., de Benef., IV, 30. Juvénal, VIII, 13. Tacit., i4nn., VI. 28. Henzen7051. Marini, Atiiy 4, 7, 1 1.) — Oncle de celui-ci, Q. Fab. Max. Africanus, consul en 744, proconsul d'Afrique, 749 de R. — Un Fab. Max. (lequel?) meurt (en 14 ap. J.-C.) peu avant Auguste. (Tacite, Ann,f I, 5.)
FURII. Camilli. — Furius Camillus, proconsul d'Afrique. Ses victoires, an il. (Tacite, Annal, y II, 52 ; III, 20.) Sa gloire lui fut pardonnée, dit Tacite, à cause de la simplicité de ses mœurs. — Son fils (adoptif ?), Furius Camillus Scribonianus. consul en l'an 32, se révolte contre Claude, et est tué. (K t. IL p. 48.) Junia, sa femme, est exilée. — Son fils, exilésous Claude, meurt, fortuite fjiorte an ;>er venenum ? (Tacite, XII, 52, an 53. >
JULII. Cœsares, — V. ce que dit César (t. I, p. 82) deTanli-
quilé de sa famille ; il ne laisse d'autre fils que le bÂtard Césarion. — Octave, son petit-neveu et son flls adoptif, prend son nom. (V, sur les Julii, Borghesi, loco citato.)
SEKVILII. Cœpwnes. — Q. Servilius, oncle et père adoptif de M. Brutus ; Servilie, mère de Brutus ; et une autre Servilie, femme de LucuUus, sont les derniers de cette famille. (Cic, Armai, II, 24. Fam., Vil, 21. PkiL, D. 10.) Cest par suite de cette adoption et de la confiscation des biens de Brutus que la villa de Servilius, dont il est plusieurs fois question, passa aux Césars.
Des Servilii (d'une autre famille) sont consuls sous les empereurs, en 3 et 34. (Tacite, Annal. , III, 22; VI, 31.) Ce dernier meurt en 60.
SULPITII. Galbœ. — Très-ancienne famille, desoendanl, disait-on, de Jupiter et de Pasiphaé. — Patriciens. (Tacite, Annal. , III, 48.) — Consuls en 541 , 552, 644 de R. Plusieurs distingués par leur éloquence. — Le père de Tempereur Galba fut C. Sulpitius, consul, bossu, orateur médiocre, mais très-livre à la plaidoirie. — Un autre Caïus, frère de Tempereur, quitte Rome à cause de sa pauvreté ; consul en 22 ; Tibère lui interdit de concourir au tirage au sort des provinces; il se tue. — Servius, appelé aussi Lucius, consul en 33, fait empereur après Néron, est tué au bout de quelques mois. (Suet., m Galbâj i et s.) F. aussi Borghesi.
— Quoique, selon Denys d'Halicarnasse (I, 85), il restât à la fin de la république une cinquantaine de familles patriciennes, il en est bien peu^ comme on le voit, dont on retrouve sous les empereurs des traces un peu éclatantes et un peu certaines. J'ai expliqué les causes de cette prompte extinction, dont la preuve est dans les nominations de nouveaux patriciens, que César, Auguste et Claude furent obligés de faire, pour suffire aux besoins du sacerdoce. Tacite afBrme ({u au temps de Claude, il ne restait pas une famille des patriciens de la république. (Annal. y XI, 25.)