Cic, ad Attic.y XII
4. Omnis spes largitionis in agrum Campanum derivata est... caetera multitude abalienetur necesse est. (Cic, ad Attic, II, 16.) Césam^joute aux territoires à partager un territoire voisin nommé Slellas, et établit 20,000 familles. Suét., 20. Sur sa loi : Dion, xxxvm, 1-7. App., II. 10. VeHeios, II.
COMMENCEMENTS JUSQU'a IA GUERRE CIVILE. 107
la combat. César, gardant toujours les dehors , supplie Bibulus, le fait supplier par le peuple : Bibulus tient bon , et oomme le sénat peut toujours, quand il veut, fermer les voies légales, César en appelle au peuple, c'est-à-dire à la force.
Il interpelle à la tribune Crassus et Pompée, l'homme d'argent et l'homme d'épée. Tous deux approuvent la loi agraire : oc Si on vient, dit Pompée, l'attaquer avec l'épée, je la défendrai avec Tépée et le bouclier. » La cause de César est Ragnée; la voix de ces trois hommes valait plus que les 430,000 suffrages du peuple romain.
Bibulus et Caton veulent pourtant combattre. Bibulus déclare fériés tous les jours de l'année. César se moque de lui et de ses fêtes. César fait emprisonner Caton, mais une heure après , honteux , suscite un tribun qui fait mettre Caton en liberté. Caton et Bibulus viennent au Forum : mais quand Bibulus ouvre la bouche, on lui jette sur la tète un panier d'ordures; on le traîne sur les degrés; il découvre sa poitrine , il demande qu'on le tue et que sa mort retombe sur César. Caton est rejeté deux fois hors du Forum, et sans qu'il soit besoin de sénat, de consul , ni même de peuple, la loi passe.
Dès lors l'autorité des triumvirs est sans limites : comme Bibulus proteste et se tient enfermé chez lui , César est à lui seul tout le gouvernement; Pompée et Crassus sont le peuple souverain. Ils font des traités , donnent des domaines, répandent des largesses. On ne vient plus au sénat; Lucullus menacé se jette aux genoux de César. Le tribuD Curion ose faire de l'opposition : on suscite un délateur qui prétend que Curion lui a proposé le meurtre de* César. Mais le délateur est si gauche que l'affaire tombe toute seule; il ne reste plus qu'à supprimer ce maladroit
lOS JULES CESAR.
personnage d'une comédie manquée, et le délateur Yettius est trouvé étranglé dans sa prison ^
Les affaires de TÉtat se traitent en conseil de famille : un pèle-mèle de mariages et de divorces, commodes instruments des alliances politiques, et durables comme elles , a cimenté l'union des triumvirs ; Pompée, qui a répudié sa femme à cause de César et qui appelait César son Ëgisthe, épouse une fille de César; César^ qui a aussi répudié sa femme, fille d'un autre Pompée, épouse une fille de Pison et promet à son beau-père le consulat pour l'année suivante ; Cépion, à qui la fiUe de César était fiancée, épouse en dédommagement une fille de Pompée, déjà fiancée à un autre, et Caton va criant « qu'on fait.de la république une entremetteuse de mariages, et que les provinces et les consulats ne seront bientôt plus que des cadeaux de noces *. »
Mais le peuple que dit-il ? Le peuple, qui veut au moins se croire souverain, abandonne tout à fait ses idoles, tt L'autorité du sénat lui était odieuse. Qu'est-ce donc maintenant qu'elle est concentrée entre trois hommes violents? Rien n'est populaire comme la haine contre les gens populaires ^. » Rome est pleine d'invectives, de quolibets contre eux ; on s'attroupe pour lire affichées les proclamations du solitaire Bibulus ; plus libre au théâtre qu'au Forum, le peuple fait répéter vingt fois les allusions contre Pompée, applaudit Curion, siffle César. Les triumvirs, furieux de n'être plus populaires, menacent le peuple de lui supprimer les distributions de blé *.
Cicéron était fort triste et se tenait à part. Les triumvirs,
!. Oc, ad Attic.y 11,21.