V. la lettre où Cicéron s'en plaint. Fam , V
les pierres pleuvest sur lui, mais sa bonne contenance a vaincu, il parle au peuple ; le sénat intervient, Métellus furieux quitte Rome; César, mieux avisée demande son pardon de bonne grâce et l'obtient.
Une année de préture en Espagne (693) lui donna le moyen de payer ses dettes et lui permit une politique un peu plus noble. 11 revint génétal vainqueur, plus puissant que lorsqu'il était l'idole fragile du Forum. Par un coup d'habileté, il réconcilia deux anciens ennemis , Crassus et Pompée; une alliance se forma entre eux trois, où Crassus mit son argent, Pompée sa popularité. César son génie : alliance qui devait les rendre tout-puissants. Tous les intérêts généraux s'effaçaient devant la puissance d'un nom et d*une armée.
Cette alliance fit César consul. L'élection coûta 20 mil^ lions de sest. (3,880,000 fr. ). César ne devait pas être riche, surtout s'il avait payé toutes ses dettes; Crassus se souciait peu de lui prêter une telle somme ; César associa à sa candidature celle du riche Lucceius ; Lucceius paya pour deux et César fut seul nommé (694).
Consul, il fallait qu'il reprit la question agraire (an 695). Chacun prétendait à l'honneur et au bénéfice de la résoudre. Pompée, qui n'y voyait qu'un moyen de doter ses soldats , avait fait proposer une loi agraire, toute menaçante pour les droits acquis *. Cicéron, l'homme des tempéraments et du bien possible, voulait au contraire rassurer tous les possesseurs, et prétendait acheter des terres pour le peuple avec cinq ans des nouveaux revenus de la repu-; blique; car Pompée, vainqueur de Mithridate, avait rapporté 20,000 talents au trésor ^ et presque triplé le revenu
I. Gic, ad Attic,^ \, 18, 19. Texte précieux. 3. 9t,iM,000 francs. .
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public *. César à son tour imitait cette sagesse, déchargeait Rome, repeuplait l'Italie, récompensait 1^ soldats, mais ne troublait aucune possession ^ , n'achetait rien qu'à Tamia* ble, réservait le territoire de Capoue, s'excluait lui-<mÀme du nombre des commissaires chargés de la répartition , soumettait sa loi au sénat, implorait des amendements, promettait de les adopter, se posait en homme modéré, en conciliateur.
Le sénat , que dirigeait l'oligarchie financière, ne critiquait rien, mais rejetait tout. La loi agraire était de ces actes si souvent proposés, amendés, discutés, que peu importe de savoir Si'ils se feront, mais qu'on dispute seulement à qui les fera. Le sénat (et Caton le disait tout haut) craignait moins la loi agraire que la popularité de celui qui la ferait ^
César irrité change alors sa loi : c'est la Campanie, terre sacrée aux yeux du sénat, qu'il veut partager au peuple. La question est bien réduite ; la partie libre de la Campanie peut nourrir environ cinq mille familles, le reste du peuple se trouve désintéressé dans la querelle ^. La loi ainsi faite, le consul Bibulus, collègue de César,
1. Il le porta, dit Plutarque^ de 50 à 135 millions de drachmes (m Fompeio, 62), ou plutôt de denier» romains comme le fait comprendre M. Letronne (Considéraiions sur la monnaie, p. 96). Le denier équivaut à 4 sesieroea. — Le revenu public aurait donc été depuis la victoire de Pompée (692) de 540 millions de sesterces (104 millions de francs). — C'est environ 330 millions de francs que Cicéron aurait prétendu employer entachât de terres.
Gicéron en 698 (firo Sextio, 25) semble flzer à 40 millions de francs seulement le revenu de TÉtat; il est clair qu'il ne parle que des revenus anciens. V. aussi Pline, Hist naf., VII, 27 (26).
2. Ainsi pour le territoire de Volterra. Cic, ad Attic,, Xll, 21.