‹ Les CésarsChapitre 48 sur 321 · Plut, in Cœs., in Pomp. Appien, Bell, civ., 41. Dion, XL · texte numérisé non relu

Plut, in Cœs., in Pomp. Appien, Bell, civ., 41. Dion, XL

4. Sur cette réconciliation de Cicéron avec César, V. Fam,, VII, S ; V. 8 (LittewB, fœduB, non epistola), sa con-espondaiice avec Quintus, II, 12, 14; III, 1 et seq., et avec Trebatius, jurisconsulte attaché par lui à l'état-major de César, député de Cicéron pour être ami de César. Fam., VII, 5 et seq.

5. Suétone dit plus de 100 millions. In Cœsare, 26. Pline, 120 millionB' avec les frais de construction. Cic, ad Ait, IV, 16. Hist. nat,, XXXVI, 40.

6. Sur ces monuments de César : Basilique Emilia, bâtie par Paulus. — Forum dé César. — Septa Julia et Villa publica au Champ de Mars, — r.Plut., in Cœs,, 29; Pline, Hist. nat, XXXVI, 15; Suet.,m C«^.,26, 78; Appien, Bell civ., II, 102; Dion, XLIÏI, 22, etsurtout Cicéron {Attic., VII, 16) qui, en ce moment ami de César, présida avec Appius à Tezécution de ces travaux. La Villa publica était le lieu où se tenaient les augures pendant l'assemblée du peuple. Varron, de Re rust., III, 2,

Déjà tout & Rome se fait par César : pour obtenir les charges, on écrit à ce soldat, peut-être assiégé à l'heure qu'il est dans quelque marais de la Hollande ; il se fait délivrer par les gens qu'il appuie une promesse écrite de ne jamais consentir à ce qu'on lui donne un successeur. Dans rhiver de 698, où il est venu renouveler le triumvirat, tout s'est pressé autour de sa croissante renommée. Il a tenu cour plénière à Lucques, le point extrême qui le sépaire de la frontière romaine ; 200 sénateurs y sont venus avec Pompée; 620 licteurs, amenés par des magistrats d'ordres divers, ont fait antichambre aux portes de César. Qui peut résister à ce séducteur? Exilés de Pompée qu'il a accueillis ; visiteurs qu'il a comblés de présents, eux, leurs affiranchis, leurs esclaves mêmes ; gladiateurs qu'il a fait relever de l'arène; condamnés qu'il protège; banqueroutiers qu'il secourt * ; aventuriers plus compromis encore auxquels il dit : « Pour vous, attendez la guerre civile; » rois auxquels il fait des cadeaux d'un millier d'esclaves; viDes d'Italie, de Grèce, d'Espagne, d'Asie qu'il a embellies de monuments ; nations qu'il a secourues sans la permission du sénat ; la jeunesse ; le peuple ^ de Rome presque entier; la coterie sanguinaire et frisée de Catilina; la garde populaire de Clodius ; et par-dessus tout ses onze légions auxquelles il donne le blé sans mesure, la paie double, des cadeaux de terres et d'esclaves : — tout cela forme autour de lui une immense armée révolutionnaire. Son grand point d'appui est la Gaule cisalpine, le foyer révolutionnaire de la Péninsule, très-suspecte de sympathie pour Catilina ; partagée entre les Cispadans, les derniers venus de la cité romaine, et les Transpadans qui en

i. Omnes damnaioft et igrnominià aflectos. (Gic, ad Attic, VII, 3.) 2. Urbanam plelM»m, juventiitem. {Fbid.)

sollicitent encore la concession. César a peuplé toute cette contrée de ses colonies et pour elle il a déjà manqué faire une révolution ^ Et même les gens paisibles, les hommes des intérêts matériels, les chevaliers, amis peu fidèles, désertent Pompée et viennent à César*. Ceux qui possèdent, usuriers et cultivateurs, sont déjà tout résignés à sa tyrannie si elle leur donne le repos ; et quand, la Gaule pacifiée, il redescend dans la Cisalpine, tout ce nord de ritalie vient en fête à sa rencontre : ce ne sont que repas publics, victimes immolées, arcs de triomphe à rentrée des villes; riches et pauvres le fêtent en commun; César a trouvé le secret d'avoir pour lui et les débiteurs et les créanciers.

Oue reste-t-il donc contre César? — Pompée, Bibulos, Caton, les princes du sénat, les dynastes, les amateurs de belles murènes, une quinzaine d'hommes; en un mot (si vous me permettez cette accumulation de barbarismes ) quelques positions aristocratiques assez récentes, et à leur tête une individualité creuse et médiocre. Cicéron n'est pas avec eux; Cicéron, ami de César et de Pompée, s'afflige et doute ^. Le sénat même n'est pas avec eux, le sénat est traîné par eux plus qu'il ne les suit. Ces gens malavi*sés, qui ont nourri pendant huit ans la puissance de César, veulent aujourd'hui lui faire la guerre *. Pompée, ce

1. La Gaule cLspadane (Bologne, Modène, Ravenne, etc.) et la Gaule transpadane (le Milanais, Mantoue, Crémone, etc.) forment les deux parties de la Cisalpine.

2. An publicanos qui numquam flnni, nùnc sunt Gœsaris amicissimi? an fœneratores? an agricolas quibus optatissimum est otium? Niai, eos tiraere pntas ne sub regno sint, qui id nunqu&m, dummodo otîosi essent, recusArunt? ad Atticum, VII, 7.

». K. le septième livre à Atticus. Et ailleurs : Je souhaite que César soit vertueux, je puis mourir pour Pompée. Fam., II, 15. 4. Serô resistimus ei quem per annos decem aluimus. (Cic, lldd,, S. ]

COMMENCEMENTS JUSQU A LA GUERRE CIVILE. i31

cœur malade, qui ne sait jamais ce qu'il veut ' ; Pompée qui pour César a violé toutes les lois ; qui, dans une de ses phases d'amitié pour lui, est allé au Capitole faire gratter une loi déjà inscrite sur l'airain et y «jouter la permission pour César de demander le consulat sans venir à Rome ; Pompée a lancé contre lui sa loi sur la brigue, véritable déclaration de guerre. Pompée lui a fourni pour faire la guerre ; et le motif, une menace d'accusation ; et le prétexte, le droit de demander le consulat ; et le moyen, dix ans de commandement dans les Gaules.

Pompée souhaite la guerre : Pompée trouve le monde trop étroit pour César et pour lui. La mort de Crassus, qui les débarrasse l'un et l'autre d'un commun rival, la mort de Julie, fille de l'un, et femme de l'autre, adorée de tous deux, tout doit hâter la rupture. César sait que, s'il vient à Rome, il aura une accusation à subir ( Caton qui jure tofgours ajuré de l'accuser dès qu'il n'aurait plus d'armée ) ; d'onéreuses promesses d'argent et de monuments à tenir envers le peuple ; peut-être des dettes & payer : tant de magnificence a dû l'appauvrir, et Pompée prétend qu'il est ruiné uhe seconde fois ^. Les temps d'ailleurs sont mûrs pour une révolution : Pompée fait dire par ses amis que la monarchie est nécessaire, qu'il s'agit seulement de prendre ce remède de la main du plus doux médecin ^« Tout appelle et semble justifier un 18 brumaire.

Et César pourtant, si puissant, si évidemment appelé , si excusé d'avance^ César est prudent, réservé, plein de modestie et de mesure. Cicéron lui rend cette justice que Pompée seul souhaite la guerre, que César, sans la

1. Stomacho Ma^nus ita languenti ut quid cnpiat non sciât. (Caelius ad Cicer., Fam., VIII.)

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