Suet
Napoléon en chemin pour Âusterlitz, et s'amnsant à corriger Restant?
La bataille de Manda s'était donnée le troisième anni* versaire du jour où Pompée avait quitté l'Italie. Pendant ces ti^ois ans, la guerre civile avjtit voyagé d'Italie et d'Es« pagne en Grèce ; et de là» par l'Egypte, la Syrie, le Pont, TAfrique et l'Espagne une seconde fois, elle avait achevé le tour de la Méditerranée et du monde romain : le monde était parcouru, la guerre civile finie.
Et, pendant cette guerre, César en soutenait une autre moins brillante, aussi digne de remarque : il bataillait contre son propre parti. Il n'y a pas de pouvoir qui n'ait ses ultras; Robespierre nème eut les siens, qui le taxaient de contre-révolution et de modérantisme : à plus forte rai-* son, César eut-il aussi ses ultras. Croyez-vous que tous les roués de son camp adoptassent pieusement son système de modération et de clémence? qu'ils ne réclamassent pas, ce qui était de droit après la guerre civile S les proscriptions, le piUage,le8 confiscations, les vengeances, la banqueroute? Croyez-vous que cette armée, qui, sur un geste mal interprété de César, avait prétendu comprendre qu'il promettait à chaque soldat l'anneau et le cens de chevalier, se contentât de 2,000 sest. (388 fr.) par tète, le seul cadeau qn'elle eût encore reçu^ ?
Salluste^ qui lui-mèmé n'avait pas été l'homme le plus honorable du parti césarien, dit sans façon à César : a Des hommes souillés de dissolution et d'opprobres^ qui te croyaient prêt à leur livrer la république, sont venus en foule dans ton camp, menaçant les dtoyens paisibles de
J. TiiDor tabularum novarum.. qui ferè bella et cÎNÎIes dissensiones se^ui ooDBuevit (Gaesar, de Beilo civ., III, i.) 2- Suct., 33, 38.
brigandage, de meurtre, de tout ce qu'on peut attendre d'une àme dépravée. Mais quand ils ont vu que tu ne les dispensais pas de payer leurs dettes, que tu ne leur livrais pas les citoyens comme des ennemis, ils t'ont quitté. Un petit nombre seulement se spnt crus plus en sûreté dans ton camp que dans Rome, tant ils avaient peur de leurs créanciers ! Mais il est incroyable combien d'hommes et quelles gens ont déserté ta cause pour celle de Pompée, et choisi son camp comme un inviolable asile pour les débiteurs * ! »
C'est Célius surtout dont Salluste veut parler. — En passant à. Rome, entre sa campagne d'Espagne et celle de Pharsale (705), César avait trouvé la cité reine se débattant contre tous ceux qui voulaient exploiter la chute de Pompée^ contre les débiteurs surtout, qui demandaient les terribles tabulœ nov(ë (abolition des dettes) : aussi n'y avait-il ni argent ni crédit sur la place. César, en courant, (il ne passa que onze jours à Rome), fit, comme nous le disons^ une cote mal taillée, et crut sauver le principe du crédit en permettant une banqueroute de 25 pour 100^.
Or, Célius, alors préteur, était personnellement trèsintéressé dans la question des tabulœ novœ. C'était un Césarien déjà mécontent de. la modération dé César, et tout prêt à se faire Pompéien de colère de voir les Pompéiens trop bien traités ; homme d'esprit, du reste, mais disputeur acharné, qui^ à souper ave^ un de seâ clients obséquieux et toujours de son avis, lui disait en colère : « Au moins, dis une fois non, pour que nousdoyons deux ! » César une fois embarqué pour la Grèce (706), Célius découvre que le parti