Cic, PAiV., II
Afrique ; nous vaincrons à nous seuls ; décime-nous si ta le veux. » 11 fallut le prier longtemps pour qu'il leur accorda.! la grâce de se faire tuer pour lui par les cavaliers numides et les éléphanU de Juba (708).
Voilà quelle double lutte soutenait César : d'un côté contre l'esprit de la république mourante, de l'autre contre l'esprit de l'empire qui approchait. Ce double fait va nous apparaître encore dans le récit de son gouvernement après la victoire.
César est revenu d'AMque vainqueur de Juba et de Ca« ton (709). Il y a quarante jours de fête, quatre jours de triomphe; César triomphe des Gaules, puis du Pont et de Pharnace, puis d'Alexandrie, puis de l'Afrique et de Juba (il ne veut pas qu'il soit question de Pompée ni des Romains). César acquitte en une fois toutes les fêtes qu'il devait au peuple : inauguration de son nouveau Forum ; obsèques de sa fille ; dédicace d'un temple à Vénus, mère des Césars. Le monde lui a fourni pour les payer 63,000 talents (296 millions environ *), plus 2,822 couronnes d'or, du poids de 2,414 livres romaines^. Rome est pleine d'étrangers qui passent les nuits sur les places dans l'attente d'une si belle fête, et plus d'un spectateur a été étouffé dans la foule.
César parait, précédé par soixante-douze licteurs, traîné sur le char triomphal par quatre chevaux blancs que le sénat lui a votés comme pour l'égaler à Jupiter. Le Forum tout entier, la Voie Sacrée, depuis sa maison jusqu'aux dégrés du Capitole, sont recouverts d'un voile de soie '. Ses
1. Selon VelleiuB Paterc. (11^ 56), 600 millions sest (116 millionB de fr.) seulement.
2. 788 kilogrammes, valant, d'après le prix de l'or à cette époque, 2,697,000 fr. Appien, de Bello cti; , II.