‹ Les CésarsChapitre 99 sur 321 · Et (lulcia linqiiimus arva · texte numérisé non relu

Et (lulcia linqiiimus arva

Nos patriam fugimus. ....

At nos hinc alii sitientea ibimiis Afros,

Pare Scythiam

Impius haec tam culta Dovalia m\W» linbchU!

Barbants bas segetes? ....

Au milieu de ce déchirement de la propriété, vous comprenez que la culture est abandonnée *. Môme dans la fertile Campanie, les nouveaux maîtres sont de trop nobles hommes pour manier la charrue ; ils affluent dans les villes, passent leur vie au théâtre, jouent aux dés le bien mal acquis^; et toutes ces révolutions de la propriété aboutis* sent, en ligne de compte, à Tenrichissement définitif de quelques aventuriers de toge ou d'épée.

Octave était donc en face de ces maux alors que Dion nous le montre délibérant entre Agrippa et Mécène (725).

Or, à côté d'Agrippa, le rude homme de guerre, toujours vêtu de la saie guerrière, et qui, lui, opinait franchement pour le rétablissement de l'ancienne république ; Mécène était^ comme nous disons, Thomme des idées nouvelles, le représentant du progrès^ tout à fait un galant homme (pour parler comme La Fontaine) digne de la petite cour de madame la duchesse de Mazarin. Mécène, l'auteur de cette boutade épicurienne que vous savez \ boutade fort peu romaine en effet; Mécène, qui ne voulut jamais être sénateur ; Mécène, qui portait le pallium, se couvrait la tête, siégeait sur son tribunal en tunique flottante, maiv

1. Tàm mult» scelerum faciès; non uUus aratro Di{fnu8 honos; aqualent abductis arva colonis.

{Gcorg., I, 306.) .... Quamvis lapis omnia nuduB LimoBoque palus obducat pascua junco.

2. Sur cette vie des vétérans aux dilTéreutes époques, V. Sallust., Cai.y i% 18; Cic, in CatiL, II, 9; Phil, XI, 9. Ils ont mieux aimé, dit Varron, tatiyuer leurs mains au théâtre qu'à la charrue, [de Re rust., I, II, 9,)

S. Debilem facito manu

Debilem pede coxà, etc.

(Dans Sén^ue, Kp., 101.) £t la traduction de La Fontaine :

Mécénas fut un galant homme,

Il a dit quelque part, etc.

chait an Forum entre deux eunuques ; qui, épris d*une femme capricieuse et coquette, la répudiait, la reprenait sans cesse, et se maria cent fois sans avoir jamais eu qu'une seule femme; Mécène, qui, dans ses chagrins amoureux, se faisait endormir par le son lointain des symphonies * ; Mécène, le protecteur de la littérature nouvelle, le patron du style enjolivé dans les arts, le modèle de l'éloquence traînante et dissolue ' : Mécène (il faut le dire) était aussi l'homme de l'humanité ; et lorsqu'au début de son règne, Auguste, assis à son tribunal et emporté par la passion, commençait à prononcer des sentences de mort, Mécène courait à lui, et, arrêté par la foule, lui jetait ses tablettes avec ces mots écrits :« Lève -toi donc enfin, bourreau'! n Mécène disait à Auguste (ou au moins Dion lui fait dire): « Proclame l'unité du monde ! Appelle tous les hommes libres au droit de cité, les notables de toutes les provinces à l'ordre équestre et au sénat. A Rome, point de vote, point de comices ; dans tout l'empire, pas un Forum libre, pas une assemblée populaire. Efface sous ce grand niveau ces différences infinies de lois, d'usages, de gouvernement local ; de cette agrégation de petites républiques, fais une monarchie une et puissante : établis l'unité des poids, des monnaies, des mesures ; un seul impôt égal pour tous, applicable à tous ; une armée permanente, également recrutée dans toutes les populations de l'empire. Vends ces domaines vastes et peu productifs que l'État possède dans les provinces : constitue une banque qui soutiendra par ses prêts l'industrie et l'agriculture. Honore beaucoup les

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