‹ Les chaines de fleurs comédie en un acte mêlée de chantChapitre 7 sur 30 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

BUSSANG, VALBREUSE.

Bussang, qui a été raide et affecté depuis son entrée, se met b danser après le départ des jeunes filles.

BUSSVNG, très-gai.

Et tra, la, la! la, la, la !

VALBREUSE, surpris.

Il danse!... Ah çà I que diable as-tu donc!...

BUSSANG.

Ce que j’ai?... tu me demandes ce que j’ai ?... (Tirant un almanach de sa poche et le montrant à Valbrense.) 19 juillet... Orné d’un point rouge.

VALBREUSE, h part.

Il y pensait!... (Haut.) Eh bien! je ne comprends pas... 19 juillet... c’est demain le 20... voilà tout.

Monsieur fait l’étonné?...

VALBREUSE.

Explique-toi.

BUSSANG.

Valbreuse, je suis ton ami... et je vais aider à tes souvenirs.

VALBREUSE, à part.

Nous y voilà !

BUSSANG.

Allons-nous quelquefois au Théâtre-Français?

VALBREUSE.

Selon nos vieilles conventions, nous allons au Théâtre- Français toutes les fois que l’un de nous a perdu un parent...

Il va s’asseoir sur le caoapé.

BUSSANG.

Précisément. Tu avais reçu une lettre qui t’annonçait le trépas prématuré de ton cousin Isidore de Pithiviers... Nous nous rendîmes le soir dans la maison de Molière, qui, du reste, a déménagé depuis longtemps.

Je ne le nie pas.

BUSSANG.

Afin d’éviter une dépense toujours inutile, tu entras sous le nom de Voltaire fils et moi sous celui de Folies amoureuses.

VALBREUSE.

Le contrôleur s’inclina...

BUSSANG.

Les comédiens ordinaires donnaient Une Chaîne, comédie de M. Scribe. Te rappelles-tu maintenant?

VALBREUSE.

Oui... c’est une jeune Pille nommée Rosine, que veut épouser son tuteur Bartholo. Par bonheur, le vieillard a besoin de se faire raser...

BUSSANG, s'asseyant en face de Valbreuse.

Ce n’est pas cela du toutl... Valbreuse, lu es de mauvaise foi. C’est l’histoire d’un jeune premier, qui aime une dame haut placée. Ils se promènent le soir, au clair de la lune de miel; ils sont heureux, cela pourrait finir là. Mais le jeune homme songe à se marier, il veut épouser sa cousine, qui a beaucoup de mobilier... C’est ici que la chaîne se fait lourde... « Je ne te quitterai pas, s’écrie la dame haut placée, je m’attache à toi... Je' te suivrai, même en voyage... on ne nous séparera que par le couteau... tu es la pêche, je suis le noyau 1 »

VALBREUSE.

Pauvre femme !

BUSSANG.

Effectivement, cette dame s’incruste, elle place celui qu’elle aime dans des situations atroces, si bien que ce jeune homme, notre ami, tinit par croire qu’il aurait bien mieux fait de rester tranquille.

Il se lire.

VALBREUSE, à pari.

11 n’a rien oublié... le gredin... (Haut et lai tournant lo dos sans •« tarer.) Où veux-tu en venir?

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