‹ Les chaines de fleurs comédie en un acte mêlée de chantChapitre 9 sur 30 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

BUSSANG, stoppait.

Tu commences les hostilités 1

VALBREUSE.

Si tu n’es pas un imposteur, Muguelte n’existe plus pour moi.

BUSSANG.

Brisons nos chaînes!... Silence aux artichauts 1

Et comment t’y prendras-tu pour donner à Salambô la fatale nouvelle ?

BUSSANG.

C’est fait.

VALBREUSE.

Elle avait l’air si calme tout à l’heure.

BUSSANG.

Ainsi sont faites les femmes... un tissu de dissimulation.

VALBREUSE.

Et tu lui as dit comme cela tout simplement : « Salambô, prenez le deuil, nous ne devons plus nous mirer dans nos prunelles réciproques^... Salambô, vous faites partie maintenant de la société des balancées!... *

BUSSANG.

Pas le moins du monde.

VALBREUSE.

Eh bien?

BUSSANG.

Un soir, j’ai conduit Salambô chez une somnambule. Une somnambulo est une femme qui fait semblant de dormir pour avoir le droit de vous insulter.

VALBREUSE, ge rasseyant.

Après?

BUSSANG.

En rentrant, j’ai vu Salambô qui s’escrimait à me lancer ' du fluide... La perfide essayait de m’endormir. Résolu à tirer parti de la situation, je fermai les yeux... et alors, voilà Salambô qui commence : « Où êtes-vous allé hier? » Je réponds ce qui me plaît ; tu comprends. Elle reprend :

« Quelle est au juste votre fortune?... » Et les questions continuent à croire que cela ne finirait pas. Depuis ce jour, Salambô est convaincue de sa puissance magnétique. Elle m’endort à chaque instant et je profite de sa crédulité pour lui en planter de toutes les couleurs.

VALBREUSE.

Étrange révélation!

BUSSANG.

Hier, Salambô commence ses passes magnétiques... Une lueur m’illumine... * A quoi penses-tu?» demande-t-elle... « A te lâcher. — Quand cela ? — Demain 19 juillet. — Tu t’es donc aperçu de quelque chose? » reprend-elle... Je ne sais pas ce qu’elle voulait dire, par exemple...

VALBREUSE, à part, souriant.

Je le sais, moi.

BUSSANG.

Enfin, je réponds avec la fermeté que tu me connais : « Je me suis aperçu que vous abusez de ma faiblesse pour prolonger votre amour... Ce n’est plus de la passion, c’est la rue de Rivoli. »

Qu’a-t-elle dit ? ,

BUSSANG.

Je crois avoir entendu ces mots : « Tu me le paieras I »

VALBREUSE, ss lerant.

Mais alors Muguelte ?...

BUSSANG.

Doit être au courant de l’affaire...

VALBREUSE.

Bussang, tu es un misérable 1

BUSSANG.

Pense au zouave, mon ami, et entonnons notre vieux refrain :

Air nouveau, de M. Lindheim.

Reprenons notre indépendance,

Au diable la fidélité!

f Vive à jamais l’insouciance,

La jeunesse et la liberté t VALBREUSE.

Pour compagnons de ma soirée.

J'aurai ma pipe et mon hamac.

BUSSANG.

En respectant (bis) la foi jurée,

Mous honorons (bis) notre almanach.

ENSEMBLE

REPRJSE.

Reprenons notre indépendance, etc.

Muguette et Satambd entrent par le fond.

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