‹ Les chaines de l'esclavage [electronic resource]Chapitre 7 sur 10 · III · texte numérisé non relu

III

Continùktiôwdurhéfne si^et:

Une fois que les prince^ ont goûté ces maximes y Us n!epVéùîent plus entendre d'àùlrês ; H'ahord ils usurpent à , petit bruit des droitis qu'Us n'osaient s'arroger ouvertement , ils glissent péii a peu les titres dé leUïTiteuVelIe puîâsfilnce-dan^- les brevets àe îeùrs ojfïïcîèrs, dans dès chârtres'décDrbôf'ation^l dans dej». édi*Si„4^m5 k forxiMj^e de la pijpn^vïg^iiûn des lois ^ ; puis ils les preimënt dand les.eenéiiioiiîes

^^/i.Quapd.lea roU de France comiiieii,cère&^ à usurper la. puissance législative y ils prirent beaucoup. île .précautions pour, que les peuples ne s'alarmassent pas de l'exercke de ce nouveau pouvoir :, aussi ne |Xo]^Uèi*ei4-il8 pii0{d*a|)or4 leurs ordonnances avec un ton d.'^uiiQrlté; i)a leur marqu^ent <}e qu'il y avait de mieux à faire ^ et les invitaient À »'j c^qnforniçi;. A mesure que la couronne étendit son autorité , les ro^. privent peu à peu le ^on impératif de législateurs. Voyez leurs édits, depuis .]pl]^U]^»^Âç(guste jusqu^à lyouis XVI. > I^M rois d'Ë^g^front^çivi la même inarche.

i Gharlee If}^ chypaggi^ cf tte . Cormule du brevet des juges : Quamdiu se hene gesserint , encell^-çîy âi{rante bene placito noitro, M. S. Journ, of the Lords.

ptiblî<JfTés ^^ 1 Ènûtî j ilf^ <wëeott*f àtesèwt }e souverain', ils se dîsfen*^ iridëj[)èttdàttsy ife jyrëténderit ne tét)fr leur autorité que des dieux; ils exigent en leur nom: une ôbéf ésiricë^àVëuglè , »e<f pôurisuivent Aree riguetar C€*ufe^fii oseritéi^^dôoter^; î^^ ' ' ' <. mm ^ A> présent jdi^f9à<;quê»lf^^dà)^ l«^<)îpcooi^s qa%^

dres : « A présent je dois vous obsemer que^dan^là a parole de Dieu même, les rois sont appelés des « dieux, ftt^q^u'en J^qr^gUaUlé^cte ^^ « sur iaterre', ils brillent de quelque étincelle de la a divinité ^ » ,

QetaU la coutume du . Protecteur a assurer le. parlement qu'il, avait .été élevé par les.mams de Diéii a ïa place émînénte qu'il occupait daiis l^tàt.*

4u sacre cet article t Remplissez et conservez soîfoeu&ement la place que TOUS tenez de vos pères ; la couronne vous étant dévolue par 1 autorité *dîi'*fot»t-^Pttis«ant et pai^iAos mains, dfe'n<^tis<tèÀ8 les é^ètfaeé sérf iietiM jir Dicra. 'DÂsht««Mii ^' foL 4 ^ pargf 30^1 i .' i ': ; . ^ < ' ,

Au couronnement des rois de France, on demandait au peuple s'U avait pour aspréable le roi qu'on allait sacrer. Mais à celui de Louis XIV on retràikha cette forihuîè, traintfeMtiltfoii faWiijférât^joe là'èottt^onne était élective, •comme l^àvaSt ftflt Ceftiî qtf trrëéîdà au ' Jngettyent -di ChsLTliXp^i mtoîreiàiéatiihi'àl'Mtizdriff, ' '"' >^> '••[ • -^ '•. ' ' '- <

« Pour fixer l'ek préjugés' de la mtîbtf/lfeEmrl' VhI , ayant jHiMîé aeux livî-ets; infitulés : VlhstltutiaAda OitMàhte^ r^hijhlàk du^€h^én\ dans lesquels on avait incuîqwé 'la ddâiiflè dé^rbbëîisaîiëefaAîli^^.ifrii gagea le parlement à déicrétter que «dût pi-édicàttaitr qtil éttéèi^éi^fl une doctrine opposée serait cottdamiié;'la.|rt'è*mète'fftïs,'' à Jerétrac»ter; la seconde à porter tin fagot sur !a pkce^ dVjfégtitron; la trbhlèiTie fois à être brûlé t quant aux feics, oti se* coïif!enfiift^«onfisqwe<*'l€tir» biens , et de les condamner * uhe-pHson-pe^pétûéttév ' . ' '

3 Stat. xxxrv et xxxv, Henri VIII, cap. 1 .

Guillaume III, appela à la couronne par ie choix du peuple, dans le temps même qu'il avait soîis les yeux rhérilier expulsé , débuta ainsi dans le discours qu'il prononça, en montant sur le trône : « Voici la première fois que je me rends auprès de mon peuple en parlement, depuis qu'il a plu au Tout-Puissant de m'appeler au trône de mes ancêtres ».

Georges t" tint le même discours.

aujourd'hui les princes de l'Europe, à l'exception de celui de la Grande-Bretagne, s'énoncent tous dans leurs édits. comme n'étant comptables qu'à Dieu , et ne deyant rien aux peuples. Il n'y a pas jusqu'à ce pauvre roi de Pologne, dépouillé de ses états par ses honnêtes voisins, qui n'ait réclamé l'obéissance de ses anciens sujets, en vertu de l'autorité qu'il prétend avoir reçue du ciel. Et comme si cen*étaitpas assez de se dire, en toutes rencontres, princes, par la grâce de Dieu^ ils font graver cette sentence pour exergue des monnaies, afin que les peuples l'aient sans cesse sous les yeux.

Le peuple réclame-t-il contre leurs injustes prétentions? Ils trouvent mauvais qu'il ose examiner ces mystères ; ils crient qu'ils veulent des sujets soumis, non des juges; et, sous prétexte d'obéissance où de respect, ils asservissent à leur aise ceux que la crainte fait taire, et oppriment ceux qui osent se récrier.

<c C'est un crime de contrôler la puissance mystique des rois; ce serait éclairer leurs faiblesses, et détruire le respect sacré qui est dû à ceux qui sont

assis sur le trône de rÉternel »-, disait Jacques P% dans un discours adressé à la chambre étoilée, lorsqu'il y évoqua la cause du chancelier Bacon ' «^ 2.

Louis XIV ayant fait arrêter, au mépris de sa pa^ rôle , le cardinal de Retz , répondit à cejux qui en sollicitaient Félargissement : « Qu'ils ne devaient pas se flatter qu' il changeât d'avis , eiçuon devait rêvérer sa résolution y comme inspirée, de celui qui tient en ses mains et sous sa protection les cœurs et les volontés des rois K »

Sottise des peuples.

Ce ne sont pas seulement les projets ambitieux xles princes, leurs trames perfides, leurs noirs attentats qui amènent la servitude : presque toujours la sottise des sujets prête la main à rétablissement du despotisme.

Chez tout peuple .où le pouvoir législatif n'a pas soin de rappeler sans cesse le gouvernement à son

1 Sanderson, 1656, 1436, etc.

^ Ce grf)nd personnage , qui fut cheTalier, conseîtler, sôllicitâur général, garde-det*sceaux et chancislier, avec le tî^re de baron, fat aussi marchand déplaces et de privilèges ; il devint, pour e^ .motif, le Wjet d'une enquête; et, convaincu du plus honteux trafic dont on puisse accuser un homme d'état, on le condamna à l'amende et à l'emprisonnement. Les hommes d'éiat de nos jours sont plus heureux ; ils font beaucoup plus qpie itacpiii et>i)» j^eçoiyent la récompense de leur improhité des mains mêmes du chef, de l'état. A la vérité , nous sommes en progrès ! (IVoui^l éditeur.)

^ Histoire dû cardinal Mazarin, tom. 3, liv, vi, ch$p. 4.

priàci|ie , àiàemine cpi'ôn s'éloigne des^ tes^s où il; ptit ' naîssan€6 , les. citoyens , perdent âe vue leurs droits^ilsJes oublient peuàpeii^ etîils èo viennent à ne plus s'^n souvenir : k force de les penitede vue, de ne plus avoir le légirfateur soijs Jes yeujt , et de voir lé prince comniaQdesr seul, ils leconiplent pour tout da»sl'étaj:, et ils .finissent par se.cbinptér pour.

rien \ , : ».

Le vulgaire pense bonnement que les grands de ce monde ont de grandesâoies; qu'ils .rougissent d'une àctiott basse' ' ; qu'ils s'indignent de procédés honteux.-Fausse opinion bien favorable au despor

ti&me* ; • '

H suffit à un prince estimé de faire quelque or-* donnance..4q^i{tabIe, pour avoir l'assentiment général, pour que le peuple l'admette à J.'iàstant commie. une loi, pour qu'il sanctionne liii-mémie l'usurpa* tion foîtô de sa puissance : c'est ce que fit voii^. l'exemple de Henri III d'Angleterre, dont les simples* procjaiu^t^o^ç. avaient fôr.ce de loi.

Le beiiheut cpi^mutx.e&t le seulbut légitime de. tpute association politique; et quelles que soient

1 La plupart des peuples sont si fort plies au joug , qu'ils portent dans l'étranger la crainte servile des esclayes. Voyez les Vénitiens domiciliés en quelque pays libre; jamais ils n'y parleront dtt' Couver demeoft^ lettT'patfitf. J'en ai vu- plusieurs à Londres pâfîr jpôur entendre un homme de bien donner essor k son inoignatib^ <k>ntre la sourde* tyrannise dés .in^fuîsitean d'état: '" ''

2 11 en est quelques-uns , aao» doute , qur r<mgiraiebt de mettre )a ' main» dsBS» Ifi podue d'antmi^ mais en est-il nnseul-qui nd'fôl pfét à déyaliser le trésor public ? • " "... .

— seules prétentions de ceux qui commandent^ il n'est aucune considération qui ne doive céder à cette 'loi suprême. Mais les peuples ne regardent comme sacrée que l'autorité des princes ^ ; ils sont prêts à tout sacrifier, plutôt que de sévir contré Xoint duSeU gneur; ils ne se croient jamais en droit de recourir à la force contre son injuste empire , et ils pensent qu'il n'est permis de le fléchir que par des

prières ^,

Où he va pas leur stupidité} '

Qu'une nation nombreuse gémisse sous le joug, à peine quelqu'un y trouve-ti-il à redire ; mais qu'une nation entière punisse un tyran , chacun crie à l'outrage.

Quand le prince peut soustraire un coupable à la justice, on méprise le devoir et on recherche la protection. Est-on protégé ? Fier du joug humiliant du despote , on; est honteux du joug honorable des lois ^.

Les rois, les magistrats, les chefs d'armée, tous ceux, en un mot, qui paraissent revêtus des marques de la puissance , tiennent les rênes dé l'état , et dirigent les affaires publiques, sont l'objet de l'ad-

1 C'est une chose comique d'entendre les étrangers parler da vos^ plice de Charles \^^. Les Anglais , disent-ils , firent un crime atroce en violant la sacrée, majesté des rois.

2 Bonqs imperatores voto expetere^ 'qtiaiesctimque tokram, dit Tacite ^ l'un des plus grands ennemis de la tyrannie.

3 A Athènes y les riches avaient la mauvaise honte de passer pour soumis aux tribunaux.

mtratio» 4es peuples. Vieilles idoles qu'oa adoi>e et qu*ojti ^Eiçense bêtement ^

Qiiele pri»ce dissipe en fêtes., en banquets, en tournois;, les deniers publics ; on \6iv ses sjtupides sujets , Ibin de s'indigner de ces odieuses prodigâ^ lités y admirer en extase ses folies , et vanter sa irm-

gnificence-

• Outre la pompe , le peuple respecte dans les pria^ ces l'a-vantage de ianaissanûe, la; riche$sé de K taille \ hihe»iiéà^'hL figure; et ces frivoles^ avantages ne servent pas moins à augmenter leur 'empire, qu'ils ne fowLoeïiii de l'amour.

La bonne fortune des prinees leur tient lieu de mérite auprès du péupte ? car,, quelque-fortuits que soient les événemens , il prend toujours leurs :brillans succès pour des effets de leur habileté; et cette erreur augfnente . encore k vénération qu'il a pour cux^

1 Le peuple mépn«e~cecrx qu'il a ym ses égaux. Parmi les inTectWes dont s^accahlexift les Gastetlani et les Nicoloti, ceux-là ré]^rochent à ceux-ci d'avoir ed pour doge un artisan du quartier Saint-Nicolas. '

Les Germains eux-mêmes, les plus libres des hommes , se décidaient par la naissance danA> le choix- de leurs- t^s. Tacite, de morib, Qerm: '^

2 Pépin était de petite taille; aussi les seigneurs de sa cour n'araientils pas toujours pour lui les égards convenahles, tandis que l'air- noble de Louis- Xi¥'en imposait et attirait le respect; la beauté de Philippe IV le rendit Tidole. des Castillans; Ahngé chronologique de rhis' toire d'Espagne. " -

Les Éthiopiens- élisent toujours pour leur roi le plus beau d'entre eux. HéDod., Tkalie^

3 Après que le duc Pepîn et Charles Martel eurent fait triompher deux fois rAtutrasie de la Neustrie et de la Bourgogne, les seigneurs

admiration pour, certains caPiietèi^ ddiUraâ^ Qii'uii j>riiiqe^,ail!4ela vigilaûoe> db; k fesmûlié!, dtec^.va- Jçu^; q^'il: ^oit £up<^rbie^ ôiltiif pjoenadt ^. itiagnifitfnej : ^Itoilàassazf il peut dfaiUeufSiêtii^e pétviidfe^^âiuts ^id<^. vicest ^ qitelqueB bdUapites.^u«lit^le!tachàtejDft de tout. . ) ' .ii ..'

. . Poui^;UQi:ne,pasJug^*|es^çpi!ao^s.de ^it^ /liéti^: (fUQ des particulière?. Nôu^ ûe^lc%midémiUi^ actions des , hmiimeâ d'-état ^ ' .cpie t cooBihd. ibitodSioâ? i;randes.^ extraQiîdin^res.} au 4ié.u. de ks^ «Quartdéf^r comme justes, bonnes, Yertm^^sé^/r^ou^J^W^paiv- ^iyiOps.,|e;mëpm deleuT/parote^ le- »ft«qii.a de foi, J'ffrtifioe, je ;p^^i^r6,c la îtrati^QU) :l^r?çru*iité, la barbarie :ique dts-jp, qouB. eBoea^ons.leurs foUi^»*,

tion était sans bornes. < Le délire de la nation pour la famille de 'P^ pin alla si loin, qu'elle élut pour maire du palais un de ses petits-fils,, encore dans l'enfance , et l'établit sur le roi Dagobert. » Le commen-

r .Ç^ ^V^: M liaixte réputation ;^e/^'a«quit j&dflurfand» Ui , ipàx laiamsiite ba^tiile ^e ; Çrjéçy ^ qui le rendit al)solu d»jifi «es.étfit»» i ic . -

Les Ang).ais étaient ^i*çnflé^ ^e la glaire qiïirPfej»i]li««aiA.9iK>ei».«les exploits militaii^es de Ricbard^I^* » q^'iM l'M^K'èvedt ,'^iMik[u.'ii lôstint «ousle joug..IlQyedan, pag...73â. . ■ ." t mj; , ^) inv- ,, . '! - .y. rLpug-temps L'ai^eugle persq^si*;)^ iqiie>Ve9tpM!&<<»t(UJfi'dcqit sacné 4e .ta couropne ,. et que la rplooté. jdv. iippiigr^^.e^ «n ^tîÉijâiqiieLén.sue

doit point résister, nous .a tenus spu» le i^âgo: J ' - *> i - :

Ce préjugé est détruit; mais nous n'avons secoué le joug dil àionar-

.que p que pour prendre celui diÇ.nqs>ç]Fiargés de |MiièTQirsL > • /• -^ Peuple insensé ! Au lieu de les couronner de laurierâ, .yàh» devries

liçs CQUvrir d'infamiç; et œs tours où vous attaclieE lei:|rs-. tracées,

dcYxajlent <tre lui échafaud où rignoiiû<fre4ttiich«frH«tij9ArSnoiii.

au lieu de noua irtdîgner; nous célébrons leurs attentais^ au lieu Aé leâ noter d'infemie ^ : aveugles que ndti^ âomm(E|s 9 àouvetit même nous leur décer** noiîstles'couronnes pour' des forfaits que nous devrions punir du dernier supplice.

, Laissonslà les louanges prodiguées aux Alexandre, aux César, aux Charles-Quint; et parmi tant d'autres exemples que fournit' Thistoire, bornons-nous à celui de. Louis XIV, ce Cfomédien magnifique, qiié tarit deooiirtiaattïsj;, tant de poètes , tant de rhéteurs; tant- d'histrions ,'iont bassement prôné; que tant dé sots ont stupidement admiré, et dont la mémoire , flétrie par. les vrais s^es, doit être en horreur à tqut fao^mmé de bien; '

:> Un bon prince doit toujours se proposer le bon* faeur des peuples: mais qu'on examine la conduite de ce mionarque* Durant le long cours de son règne, il ne s'étudia jamais qu'à tJhercher ce qu'il pourrait entreprendre îpoup sa ^oire; toutes s:es actions né lendirGfnt qu'il! faim; }]^rler dé lui: déplorable manie à laquelle le royaume fut sans cesse sacrifié!

Au lieu d'admiYiîstrer avec sagesse les révçnus jbiiblics, il les prodiguait à §es, .créatures, à ses fa* joris^. a r^es,: maîtresses, à; ses valets; il les' dissipait en bais y èdi. ^^pectades -, en tournois, en fêtes; il' les

^ Quel homme sensé aurait pu sVmpiècher dé rif e ou de s'attendrir sur le déplorable ayeuglement de l'espèce humaine, à la vue d'une foule de mallieureux exténués par la faim et à demi-nus , dansant en sabots autour d'an feu de joie , pour célébrer les victoires du grand monarque?' "

consommait à faire des jets-^i^e^u , à bâtir des palais, à transporter des^ montagnes; à forcer la nature : au Jieu de laisser ses sujets jouir en paix du fruit de leurs travaux, il immolait au vain titre de: conquérant, leur repos, leur bien être, leut vie même; et tandis qu'il disputait à l'ennemi de nouveaux lauriers, il les faisait périr de faim au milieu de ses victoires ^ .

Que dis-je? Pour satisfaire ses caprices, son fol orgueil, ses besoins toujours renaissans, il ne se contenta pas d'épuiser le produit dépannées passées, il ruina l'espérance des années >à venir, il obéra l'état'? •.

VoyezJe, enivré de la gloriole de commander, faire tout plier sous son bras, renverser tout ce qui s'op* posait à ses volontés , et, pour montrer jusqu'où allait son pouvoir, porter la tyrannie jusque dans les cœui^, armer une brutale soldatesque contre une partie de ses Sujets , et livrer à. mille rigueurs qui-^ conque d'entre eux refusait de trahir le devoir ^.

U érigea en faveur du public quelque» monumeos

1 En 4 664 , il y eut famine dans tout le royaume.

2 A sa mort, les dettes qu'il laissa à la couronne montaient i 4,500,000,000 Ht. de notre monnaie. Il dépensa pendant son règne 48,000,000,000 Ut.; ce qui fait à peu près 380,000,000 'annuellement, tandis que les revenus d« l'état ^ sous Goibavt „ n'allaient qu'à 4 1 7,000,000 ; l'excédant fut fourni en fonds d'amortissement, en papier de crédit sans valeur, en emprunts onéreux , en vente de charges de magistrature, d'emplois, de dignités, et en mille autres spéculations d'industrie.

3 La dragonade *.

* On nMgnore pas qae le niouslre que Marat peint avec des couleurs sivraiex eut la prétention de faire changer de religion & un million d^hommcs. Les moyens ^u^U cm*

>^ 865 — d'ostentajtion^ JusquHd taot célébrés^ : milis <[j[«t'oH7 réfléchisse un peu; s'il eût laisse à^son peuples sommes imiDensés ; qu'ils on t coûté y 6lles> bnraxeiit bien:aulremeiitiContribué au bonheur de l'état. Pour ipielques soldais 2 impotens nourris aux iqvafUdes ^ une multitude de laboureurs n'aurait pas été reduiltt |i I4 mendicité; làvec l'aiçent qu'il leurra eiaèevé, ils jiursâent cultivé, lenars champs ^ amélioré teur patriemoine f assuré leiir^ubsistance ^ et leur malheureuse postérité ne langimait pas aujourd'hui dans i'indii» gence. . : ::

Pour quelques: oisifs qui vont twer le temps dans

plaju pour arriver à ses- fins sont bien dignes d'nn pareH scâérst. Vnrbommfe'd^e^itf marchait en tête des dragons ; on amenait devant ces convertisseurs à. coi^s de saty:^. les familles calvimstes ; et , quand les paroles de Thomme d*ëglise n^opéraient pas , la ■alire ttanœuyrait.Cela dkevait être ainsi : le marquis de Louvois , f onLde nos ^lus J>eanz types du coquinisme , avait dit : « Sa majesté' veut qu^on fasse éprouver les dwTxieres rigueurs à ceux qui ne voudront pas se faire de sa religion. » Ces nioU soût 'extrait! d'une lettre de 1685, écrite de la propre main de ce misérable, qui a son di^^ pendant dans ce brigand de Le Tellier , dont la joie fut si douce et si grande , quand il signa la révocation de Vedit , qa*na contemporain ^ le comte de GtammoAt , a Alt de lui : « Je crob voir une fouine qui vient d'égorger despoblets , en se lecbau^ Iç museau pleÎA de leur sang. » Et puis les catins de la cour d'un polisson couronne » qui reçut àe l'Hôlelde-Yille le nom de gmnd (l'esprit est altéré de tant; de Ut^ettll' ly^-^vtre antres madame deSévigné écrivait dans des billeU folâtres et parfumés (Yoyes une lettre du 28 octobre 1GB5 , an c(»it« de Sussy , son cousin) : J'aime toujours le père Rapin ; c'est un bon et bonnête homme. Il était soutenu du ^ère Bonrdaloue , dontcPesprit est charmant , et d'nne facilité fort aimable. Il s'en va, par ordre du roi, prêcher à Montpellier, et dans ces prqvinceaon t«ttt4e-9eni se sont convertis sans savoir pourquoi. Le père^BoiurdAlàÉs Itf leur apprendra, et en fera de bons catholiques. Les dragons, ont été de très -bons missionnaires {uâqulci : les prédicateurs qu^on envoie présentement reiidronr l'ouvrage parfait. Vous auras vu sans doute l'édit par lequel le roi révoque celui de Nantes, m Bien n*est si beau que ce qu'il contient , et jamais aucun roi n'a fait et ne fera rien de plus mémorable. » Allons , gens de la plus belle des monarchies du monde , admires, sautes dé joie et battes des mains*! Tout oela u'est-il pas digne de votre héros » dé ce '. grand ^oi qui portait des reliques dont lui avait fait présent la Maintenon; qui , après la perte de la bataille de RamilUers, ^ue précédèrent les dragonnades, s'écria : «Est' ce que Dieu aurait onblié ce que f ai fait ponr lui ; » et qui, pour en finir avec cet homme - de boue et de sang , se croyait immortel. {Nouvel éditeur.)

-•-»■ Sflp —— lesi9$2i^te9iJQndiQà deses pdbis^ «fnean^l^txide.Miiioiii^ ^i|ibl^idl^uv£ie^i»'«itilés n'aurait ;pas{été:réilaitè'à: de méchantes (ibajàiniènes, exposée à iarrigueûr des^Bai^ $ODS ; .el iCQQoibiea . da miUiers .de : onsiiiœnvTes ir^aui raièirt ; /pèio t . . .péri • sou s dek . iiuine^ iou dan» * des

miaraisi Vj'j f'si: ii;.:..' .j ••«•.*-• • • • >«. - •

^li It ac€ÉDC90ura^: le 'cqinin^cse \ le8*'4i:ts y les» }ett^ès | inâis} cptfil dont ces frivoles avaiwtsigèâr '-cbmpafés^ âUM nmxsmqàVAeL mudsés ? Que isàm^il^^^ '40(Mxiparé^ À\èèA flots 'flersaïkg \efd^ fait couier ^â fibtt&iamfaitîon , à U misère où son orgueil a réduit ses peuples , isiu)t soHGTmpaeldie'iocttéafouIe'd'irifortutlé^èi^^ a livrés aux horreurs de la famine? Que sont-ils, comparés auxtjqg^^j^i^rs.qu'^tr^jue la manieudlavoir toi^urs sur-pifedîdésarrtiées formidables de satellites? Manie dont iLiXionnâ l'exemple; manie qoi a saisi tous les!éiad,' et 'qui cf^û^^ k. riiÎAe. de l'Europe

i . Lestuais.sont SI aGûûu4}umes a ne compter qo eux daùà lès ëritféjprisé^ p^ ' eUf:&- !f\jl]^^^ie peiiV

ohafitest la"8OU'r0e^de"4ant de manx ^ q^'on ne sauliait. ti?op^4eVr^^ de. l'exercer- , La vj»aie

glôli'e dé!i" wîrtcès'esft de' feîre' réetiçr lesjois, de maintenir; iai .paixcyi de procurer l'abondance > de rendr^iëiirS.jpéùple:0i^^^^ : mais pdur.ïé malheur

'. ■ ' >. ./.•.l.i.V .... liû , , ,.., î. »i •>!:-. ; t . ■ ■ - I. V 1 i.

"^ Plu^. d.e eux mille ii^anœuviçes .pé^ifent d|u^ marais de Ver-

saillesit^, ■...»..• • , , ■■;; ji../., i^i

* Le château de VersuiUes u coûte 1 87 /)7.8.,^37 hvras.13 soqs 2 (Jkmer«.

• ■ {Nouvel édiCeur.)

4^ boi^mi»^j€ï9- il'e»t pas 4e èeite gloires dont IcbuK

Stupides que nous sommes , n'est-ce pasâssesde 'teurâ(yiQe^P 'pà\xv' nous désolËir?.£'pùt-îl qu'une l 'sotte ^dmii^iio»-:) pôur.'Jei\r&. folies .serva.encdreà^ â^pèt^utûr-nûs^rfhrii?.; fii'r;j> .:'/::.u ./-l '. - ^.-- .'N^-v-^

' F remues stUpiaes.

Je ne sais ce qui doit le plus surprendrei^de Ji^ |)f if}4ie. dç§.^i?jiy5f§ , qvk 4^[I^ fA^4it4) dk»ipe*iples.

^e. i^lqwi p^Jf. jf^ffi

c^rfifin^P^? l?sl>^lWP f<?ï'iHn^'?fiil^ q:Haiî4^ jb/îi]|iai>tés

4??i priw^Sj,qontrih>v^ntytft; s^igff^Mud^^iiîMàs feéfc

sots préjugés sont souvent des titres dont iljaîsse

jîxi#r;.J[Éf$j,tyraps. . ;: ,^,;. .,;,. ho,jj -,5 Iim • u.; ;.î

... ^.e,TjLl}gai^Am^fiJ?riǧa,Yé^4t•ayip§^^ft

et non sur le mérite; il méprise les mona^^quissiqUi

,p^,^p^;pftç,?fe^;iiftj^ rA\>A réyèrevJ^SrdespotcsrflÛbéir

.sifl'. :^Çj. .trpper e^t |Mpiur- ^lu^ ;i^ ,^^^^^

^ Le sénat roinaîu ne fut plus respecté dès (|ue sa pyi^ss^Qp^^j^j^iv

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Le czar gouverne ses états aVeÔ un sceptre de fer rjjirb^.^ d^ la Vie et .de la mort, sa yolonté est, sans appela. Cètjte autoriité sans-boc»nés , loin d'être odieuse à ses sujets , sein})Ie. être fort de leur gq^t,rPlus le pi'ince a de pouvoir, plus, ils le croiei^ près delà diviniité.,Qi|anc[,p^ interroge un Russe sur une chose flu'il ignore,:, //.«'/ a que Dieu elle i^zqr qw le sache , pépond-il à l'instant.

£t la puissance limitée des rois d'Angleterre n'est-eïîe pas pour les.

,iiable; it n^est Q^ppé que de la grandeur d- une aû^ torité sans bornes, et il n'admire que l'excès 4ù pouvoir.

. Un roi n'est-il pas tôut-puissant? les peuples le méprisent i . souveraîm sans pouiHnty eselaçe couronné , tels sont les titres qu'ils lui donneort. Ce n'est que lorsqu'il peut les faire gémir qu'ils commencent à le révéï^er ; souvent même , loin de s'opposer à ses entreprises pour devenir absolu , ils se disputent à l'envi le malheur d'être soumis à nu

despot«%- ^ : ' ./ : ..:: : ^

I^s vues du cabinet doivent être <3afchées } bn'rie saurait* lefs divulguer sans découvrir lès secrets de l'état , et faire échouer ses entrépr?ses ; d'où Ton infère que toute la gloire des peuplés consiste dans l'obéissaiïce aveugle aux' ordres du gouveniement.

Le roi ayant le droit de nommer ses ministres , on en conclut que le peuple n'a pas le droit de leur résister K »

Certains peuples ont la sotte prévention de croire que la gloire du prince consis^té dans la dépendance

Français lin chapitre intarissable de mauvaises plaisanteries? Les An;^ glais eux-mêmes ne sont pas exempts de ces petitesses.

On rapporte qu'Edgar voulant aller à la classe par eau de Chester à l'abbaye de Saint' Jean-Baptiste, obligea huit rois » ses tributaires, de conduire sa barque. Les historiens anglais sont charmés de comptejr dans le nombre Kennal, roi d'Ecosse; et les historiens, écossais s'opi-

niâtrent à nier ce fait. Hume, hhi, iJ^ Angleterre,

1 La maxime des torys.

servile des sujets ^ ; d'autres se piquent du faux honneur d'une loyauté à toute épreuve pour leurs maîtres ^ ; et c'est la folie de chaque nation de vanter la sagesse de ses lois. Sottes maximes,. préjugés stupifdes destructeurs de la liberté!

Continuation du même sujet.

Mais jusqu'où ne va pas la stupidité du peuple! Qui ne serait pénétré de douleur à la vue des égaremens de l'esprit humain ! A voir les hommes se livrer sans sujet aux fureurs des passions les plus effrénées 9 on les croirait des automates , ou plutôt des forcenés. Combien abhorrent leurs semblables , dont ils ne reçurent jamais aucun sujet d'offense, et dont ils auraient à se louer, s'ils les connaissaient, simplement parce qu'ils n'ont pas la même opinion sur les objets qu'ils n'entendent ni les uns ni les autres ? Et combien com-

1 Les Français sont teliement imhus de ces préjugés , qu'ils ne considèrent jamais dans les entreprises publiques que la gloire du monarque.

2 Lies Castillans se piquent 'd'une fidélité inviolable pour leur roi. Lorsque l'empereur Joseph youlut détrôner Philippe V, et que ses armes firent proclamer dans Madrid l'archiduc roi d'Espagne , personne ne répondit aux acclamations de la soldatesque ; les paysans et les citadins assommaient à la brupe les soldats qu'ils rencontraient, les chirurgiens empoisonnaient les Jblessés dans les hôpitaux, les courtisanes infectaient à dessein les yainqueurs ; les curés et les paroissiens s'enrégimentaient d'euvmémes, et Tolaient au secours de Philippe; les éTéques se mettaient à la tète des moines, et jusqu'aux femmes combattaient pdur leur roi. Abrégé ekroHologique de VhistMre tT Espagne»

blent ûe b^ëdiciioqs les monstres cjui les tyrannisentPUn'y eut jamais soùs lè soleil de tribunal plus épouvantable que l' inquisiticm ; twbuiiàl redoutable à l'innocence, à la v;e'rtu la ^\\is pure; tribunal où la malice la plUs rafflnéef, la pierfîdîe hi plus consommée, la. barbarie la plus recherchée , déployaient àJa-fois leurs fureurs , et où tous les supplices de l'enfer étaient exercés contre ses malheureuses victimes. Aurait-on imaginé qu'il se trouvât sur la terre des hommes auxquels un pareil tribunal ne «fût en horreur 3 Hélas !• parmi ceùx-mémes qu il enchaînait, et qu'il devait épouvanter, il s'en est trouvé qui tremblaient de le perdre. A la prise de Barcelone , .les Imbttans. stipulèrent qu'on laisser rait l'inquisition. .

Ridicide Tmnité des peuples.

Ln sotte Vanité des peuples prête aussi à Fautorité.

A la mort du despote^ seul instant où les sujets puissent faire éclater leurs vrais sentimens, au lieu de chants d'allégœsse ^ ils jouent la douleur; et, crainte de passer pour plébéiens ou indigens, ils' prennent le deuil comme les valets de la cour.

Mais s'pa accordent ees marques d'honijieur à un Tibère, à un Louis XI, à' un Henri II, qu'auront-ils pour uti Marc-Atirèle, un Titus, uiî Trajàri? Insensés! nç voyez-vous pas que ççs vains dehors vous, privent du seul moyen.. qui vous restait de vous

venger ave^ éclAt d'un mauvais prince y du seul moyen qui vous restait d'honorer la mémoire d'un piinee. vertueux! Ne voyez-vous pas que ces vains dehors vous ôtent le seul frein qui \ous restait pour réprimer l'audace du successeur à la couronne , aiguillon qui vous restait pour le porter à la vertu!

Sous ces habits lugubres , vous voilà confondus av)6C les courtisans^ vous voilà transformés en vils adulateurs 9 vous voilà* mis au raiig des ennemis de la patrie.

Et combien d'autres inconvéiiiens!

Par ces vaines marques de respect, vous avez renversé les vrais rapports des choses. Pour la perte d'un prince qui savait à peine balbutier, plus de jeux, plus de ris^ les spectacles se ferment, les fêtes soïit suspébdues^ partout un air de tristesse, de consternation; tandis que pour la perte des bienfaiteurs de la patrie, de ceux qui l'ont défendue au prix de leur sang, de ceux qui l'ont- enrichie de leurs lumières, de ceux qui l'ont ornée de leurs vertus, point de marque publique de douleur, les fêtes continuent et l'état est riant. Que dis-je? Un prince allié vieiit-il à mourir y on imite la cour, on prend le deuil, et on lui prodigue des marques d'intérêt

^ Combien le refus de la sépulture fâît à un mauvais prinee n'en a^-il pas piac^ de bous ^ur le trône d'Egypte *.\ .

* On sait qa^après la mort d?« rois d^Egypte, toutes leurs actions étaient ezamiue'es avec une rigotirease sévérité, et que si leur vie n^avait pns été pure , leurs cadavres. étaient :*> jetés à la vobie. {Noutfcl éditeur,)

que Ton ne yoit pas même dans les calamités pu* btiques , lorsque le feu du ciel consume les cités.^ lorsque la famine réduit le peuple au désespoir et que la contagion pousse par milliers les citoyens dans la tombe.

. Enfin, par cet esprit servile, les princes en viennent à nous faire un devoir de ces marques de vénération, et portant leur empire tyrannique jusque dans nos cœurs, ils nous ordonnent de pleurer quand ils pleurent et de rire quand ils rient.

Dès lors, toute idée de saine politique est anéantie; le prince est tout, et l'état n'est plus rien.

Usurper le poussoir suprême. '

Quand les princes en sont venus là, ils conduisent jusqu'au bout leur sacrilège entreprise. Brûlant de voir leur: esclave dans leur souverain , ils travaillent à s'en rendre maîtres; et pour cela, ils ne font souvent que tourner contre lui les vices de la constitution même.

Dans tout pays où l'activité de la puissance qui ordonne dépend de la puissance qui exécute, le législateur est réduit à n'oser se montrer que lorsque le prince le lui permet, et à ne parler que lorsqu'il l'interroge ; pour le rendre nul , il ne s'agit donc que de ne plus le convoquer. Or, une fois qu'il est tombé dans l'oubli, le prince s'en arroge peu à peu les fonctions ; il commence à publier de son chef quelque édit, d'abord sur des objets frivoles, ensuite

sur des objets sérieux, puis sur des objets importans; il répète sans bruit cet attentat, il accoutume doucement le peuple à ce transport d'autorité, et^il se trouve enfin nanti du pouvoir redoutable de faire les lois.

C'est ainsi que les rois de France ont usurpé la souveraineté ^ Au commencement de la monarchie, l'autorité royale était bornée au pouvoir exécutif; la suprême puissance résidait dans les assemblées de la nation, où tout homme libre avait droit d'assister^. Cette puissance s'étendait sur chaque branche du gouvernement. Élire le prince, accorder des subsides, faire des lois, redresser les griefs nationaux, juger en dernière instance les différends^, tout cel^ était de son ressort ; ainsi tout ce qui regardait le bien

'l Voyez , sur ce point si important de notre histoire , le chap. 3 du liy. 4 des Observations sur l'histoire de France, parMably, oùTontrouTe des détails curieux et d'un yif intérêt , sur les causes qui ont ruiné le principe démocratique sous les premiers rois Mérovingiens. Voyez aussi le Ut. I^^ de l'excellent ouvrage de Thouret, sur le même sujet.

( Nouvel éditeur, )

2 Les anciennes annales des Francs décrivent en ces mots les personnes présentes aux assemblées tenues en 788 : « In placito Jugelheimeruis conveniunt pontifices , majores, minores, sacerdotes , reguli, duces, comités , pivfecti , cives, oppidani, etc. Sorberus , art. 304.

3 Les capitulaires, c'est-à-dire les lois faites dans ces assemblées, avaient rapport, les uns au gouvernement politique, les autres au gouvernement économique , la plupart' au gouvernement ecclésiastique, et quelques-uns au gouvernement civiL ' ...

Voyez les capitulaires recueillis par Baluze; le capitulaire de l'an 877 nqpporte le serment que fit Loais-l&-Bègue lors de son sacre. Ce serment commence ainisi : Louis, constitué roi par la miséricorde de Dieu et Vé' Uction du peuple , je promets f etc.

— JT4 —

piihUcy ëtanidqlibéré dans ces assemblées^ le roin'avait que le droit de consentir ces délibérations ^ et non celui de s'y opposer Mel était le gouvernement français sous ces rois de la première race.

Malgré les usurpations de la couronne ^ les assemblées conservèrent, sous les rois de la seconde race, une puissance très-étendue. Elles décidaient quel membre de la famille royale devait monter sur le trône : le prince devait les consultef sur les affaires importantes de l'état; et sans leur consentement, point de nouvelles lois reconnues , point de subsides levés.

Sous les derniers descendans de Charlemagne, Tautorité de la couronne, à son tour, fut réduite presqu'à rien : chaque baron faisait de sa terre un petit état presqu'indépendant, qu'il gouvernait d'une manière arbitraire. Le royaume ainsi divisé , chaque partie reconnaissait un maître particulier, se gouvernait par des usages particuliers^, avait des intérêts particuliers, il n'y avait plus entre elles aucun principe d'union : dès-lors les assemblées nationales, considérant à peine l'état comnïe un même tout, ne

^ On convoque ces a$seiabléed , dit Clotaire II, afin que tout ce qui regarde la sûreté commune soit stattié par une commune délibération ; et quels que soient leur^ décrets, je m'y eonficmneraL Amoinus, de GetHs Franc, , lib. 4 ; Bouquet , recueil 3 , cap. Mh^ etc. Voyez aussi les capitulaîres de Cliarles-le-GhauTe , de 823 et 857.

2 Depuis l'élection des granda fiefs , tonte terre, à peu près , étant de» Tenue fiscale ,^ le ro4 n'eivroya plus d'offîciers extraordinaires dans les proYÎnces pouf surveiller l'administration de là justice ; dès lors il n'y eut plus de lois communes.

purent pluis faire de lois commutées ; elles évitèt^érit doiic d'en faire de générales, et elles laissèrent, poâf ainsi dire, sommeiller le pouvoir législatif.

Sous tes descendans d'Hugues Capet , ces assemblées bornèrent leurs fonctions à régler les subsides, à choisir l'héritier de la couronne , et à nommer là régence, si le roi ne l'avait pas fait par son tëstaihent.

Citait au prince à convoquer les assemblées nationales ; mais comme il n'avait pas souvent besoin de subsides extraordinaires, il ne les convoquait que dans les circonstances critiques ; car l'obligation dé lés tenir régulièrement en activité ne faisait point partie de la constitution : ainsi, pour annuler la puissance de ces assemblées , il suffisait d'éviter avec soin de les convoquer.

Quand l'exercice de cette puissance eut été longtemps suspendu, les rois se l'arrogèrent; mais ils l'exercèrent d'abord avec beaucoup de retenue , et ils prirent toutes les précautions imaginables pour que les peuples ne s'alarmassent point de cette usurpation. Cachant leur nouveau pouvoir le plus qu'ils purent , ils ^commencèrent à publier leurs ordotinances y non avec un ton d'autorité , mais de récjtiîsition. Ils semblaient traiter avec leurs sujets , ils leur mai'quaient ce qu'il y avait de mieux à faire-, ^t

ilsr les invitaient à s' v conformer.

A mesure que la couronne étendit sa pùîfesâncè, cet humble ton fit place à un ton impérieux, et vers le milieu du quinzième siècle, les rois affichèrent

le droit de commander en maîtres. Le dernier des <^pitulaires recueillis par /Baluze fut fait en 921, sous Charles-le-Simple. Cent trente ans après parurent quelques ordonnances royales, contenue^dans la collection de Laurière; mais la prenrière qui concerna tout le royaume fut celle de Philippe-Auguste. En II 90, les établissemens de saint Louis ne furent point donnés comme lois générales, mais comme un code de lois pour le domaine de la couronne. La vénération qu'on avait pour la piété de ce prince fit adopter ce code dans tout le royaume, et ne contribua pas peu à réconcilier la nation avec l'exercice d'un pouvoir usurpé. Amenée peu-à-peu à voir le monarque publier de son chef des édits sur les sujets les plus importans, elle ne fut pas surprise de lui en voir enfin publier sur la levée des subsides pour subvenir aux besoins du gouvernement. Aussi, lorsque Charles VII et Louis XI hasardèrent ces actes arbitraires , les esprits y étaient si bien préparés qu'à peine celte usurpation exeita-t-elle; quelques murmures.

A mesure que les rois continuèrent à exercer le pouvoir législatif , leurs sujets cessèrent de le trouver ^trange; ils oublièrent enfin que ce pouvoir était usurpé : et aujourd'hui l'idée qu'au prince . seul appartient le droit de faire les lois , est si universellement reçue en France, que soutenir le contraire paraîtrait un paradoxe ^

< Il ne faut pas oublier que cet ouyrage a été publié en 1 774;

Continuation du même sujet.

Quand le prince né peut réussir à faire tomber le législateur dans Foubli, il suspend l'exercice de ses fonctions^ il s'efforce d'aveugler le peuple, et de le faii-e donsentir à is'en passer.

Pressé de lever des subsides , Charles I" assembla enfin le parlement; mais trouvant beaucoup d'oppo-^^ »itioB dans la chambre des communes , il le dissout au bout de qi\elques jours. Le peuple murmure : Gharlei» essaie de justifier cette dissolution prématurée, en k rejetant, suivant sa coutume, sur des prétendus factieux de la chambre basse^ et il tér-^ mine sa déc}aratk>nveii invitant ses sujets à adreisâér leurs ' humbles pétitions à sa majesté sacrée, qui s!empre8seTà de redresser leurs griefs, de manière^ qa^ils reconnaîtront : bientôt qu'aucune assemblée ne pourra prévaloir sur le cœur du roi , autant que» son amour pour la justice, et la tendre* afFéctioU' qu'il porte et portera toujours à son peuple.

Ce prince ayant mis dans ses intérêts les intrigans qui avaient quelque ambition, et qui chercha^nt leur avancement dans les désordres , laissa tonibèr le.' masque, déterminé à tout entreprendre pour se rendre absolu : mais afin de ne pas alarmer la nation il fit proclamer que s'il avait dissous le parlement, e!e8t que, jaloux du bien public, il ne ^^ulait pasque la chambre des communes , livrée à im esprit

de parti et de sédition , parvînt à renverser la monarchie, et à usurper i|n pouvoir arbitraire.

,. Des cq^ps 4^étaf.

"Çel qu'un fleuve mine lenteipe«t les digu^ <|u oa lui oppose et les rompt tout-à-coup, ainsi le pouvoir 6iéc\itif agit sourdemenjt et renverse, eafin toutes sej$ barrières.. ./- j

r:jyij(\'^st point de moyen que las princes: n'em-r pl$HeptpouriisurperJa puissance (Suprême. ;

itJjajusHi^ei la bontëytkotmeurj la v^srm^ nesohà faites quç pour des particuliers i à\h&i\% lès fauténns du dç^potismej c'est par d'autres principes querdoFf V4^]Eit $e conduire ceux qui tiennent les réncH: de Fatftt, Tout est permis poiir monter sur le trône, el^ quaiad on y est assis, on doit tout tout immoler à son propre agrandissement. Sur le moindre sotip(* çon, il faut sacrifier tous ceux qui donnent defom* binage; il nfi faut ni respecta sa parole, ni ganderia foi donnée) ni épargner le sang. x> Ces horriUjei& le-« çon^f on les érige en maximes de politique^ et ees fîinéstes maximes ont produit les plus odieux for-: faits, décores du grand nom de coups d^état%

Combien de ces coups d'état couverts des ténèbres de la nuit! mais combien encore dans l'histoirel

Pisistrate, ayant obtenu des Athéniens cinquante hommes ainoés de bâtons pour le défendre, prétexte^ de faux dangers pour se &dre tme garde nombreMe

— 2T9 — qu'il ariaô complètement, et dont il se sert pour asservir ses mâitres.

Pour s'en9|>arep du gauveroement de Syracuse^ Agatootes convoque le sénat et le peuple , fait égor»gçp par sa garde tous les sénateurs et les plus il- Ipstres citoyens, puis il monte sur le tr6ne.

Pour renverser d'un seul coup le pouvoir des nobles napolitains et s'emparer de Fautorité suprême, Alphoni^e, fils de Ferdinand, fait assassiner les plus puissans barons^

Pour soumettre entièrement la Romagne, César Boi^ia y envoie Renaro Dorca pour se défaire de tous ceux qui s'opposeraient à ses desseins. Mais., çr^gnant que l^s cruautés inouïes emj^oyées contre eux n'eussent rendu son autorité trop odieuse; pour calmer les esprits, il joint l'hypocrisie à la férocité^ il désavoue la conduite de 30n ministre et le fait éçartderdâins la place publique^.

Las de la longue et tyrannique domination de leurs princes, les Vénitiens reprirent, en 1 171, les rênes du gouvern^nent Us continuèrent bien à élire un doge, mais ils resserrèrent si fort son autorité, qu'ils ne lui laissèrent guère qu'un vain titre. La puissance suprême résidait alors dans le peuple^ toiuCdbis^ comme le concours de tous* à toutes icfaos es

1 Giaunone, Hist. de Nap,y lib. 28, cap. %

2 August. Niphus, de regnandi periL, lib. 3 9 cap. 9.

DisoDfr-le, dans ramertume de uotre coeur : Le»* peuples ue devraient être gouverjxés qqe par des sages; et, à la honte de rhumanité, ils ne le sont, presque jamais que par des imbéciles , des fous , des sc^éra^.

ne pouvait avoir lieu, elle fut transférée à un conseil composé de quatre cent soixante*dix citoyens nommés par douze électoirs. Pour que : chacun eût son tour, chaque année , au jourde la Sain t^Mioiiel, ces citoyens cédaient la place à d'autres. L*autorité de ce

conseil était illimitée^ ; or, pîour avoir négligé de la

I Lorsque le souverain s'assemble par ses représeotans ^ leur aut6» rite n'est limitée que par les lois fondamentales de l'état; souvent il ne faut qu'un coup de main pour détruire la liberté.

A cet égard , la constitution anglaise est extrêmement vicieuse. Les députés du peuple sont les gardiens de ses droits ; ils doivent toujours les défendre, jamais les enfreindre; mais on n'a point donné de bornes à leur pouvoir pour garantir de leurs attentats l'enceinte sacrée des lois.

• Us ne contractent aucim engagemckit avec leurs commettans. Une fois nommés, ils vont prendre leurs places «dans le sénat; et au Heu df ne se regarder que comme les défenseurs de la constitution , ils s'ep croient les arbitres : aussi l'ont-ils altérée plus d'une fois.

C^était un article fondamental que le parlement se tînt au moins une fois l'année. Durant le règiie d?Édouard 1er, cette Icn f«t d'âboni confirmée, puis altérée; sous Henri YXtl, le parlement passa un bill pour étendre sa durée à sept ans ; sous Charles Ici* , ce bill fut rendu triennal; sous Charles II, un bill ordonna d'assembler le parlement une fois toiia les ans; puis le bill septennal ftit rètabli; Dans tous ces actes, le parleu^ent outre- passa les bornes dé &on autorité. I^e droit de déterminer le retour des élections et la durée des sessions appartient incontestablement au peuple, et au peuple seul j car, si les représentans ont le droit de fixer la durée de leur mission à trois, cinq où sept aoS) pourquoi n'anraient-ils pas celni de l'étendi» à dix, y'^gtf tieate années , ou plutôt de la rendre à vie et même héréditaire ; c'est-àdire, de se rendre indépendans, de renverser la constitution, et d'asservir la nation ? ^

II semble que les Anglais n'aient pas^senti les funestes conséquences de cet abus , et qu'ils ne le' sentent pas même aujourd'hui. Parmi les wighs les plus chauds ^ combien d'hommes inconsidérés ne cessent de travailler à faire reconnaître la compétence de la chambre basse sur

i^streindre^.lepeuple se vit bientôt asservi par sesre*^ présenlans. Sous prétexte de reformer les abus^ le d.oge Pierre Gradaaigo changea la forme entière du

cette matière , en y agitant BansTcesse la question des parlemens trîJBar uaux !

Ce que je dis de la durée des élections , je le dis de la fréquence des sessions, et généralement de tout ce qui tient aux lois foncïamentalès. Avec un pouvoir sans bornes pour trayaiUer au bien public, condor* mément à ces lois , les députés du peuple ne doivent en avoir aucun pour toucher au fond de la constitution , sans consulter la nation , fûtce pour améliorer le gouvernement , fût-ce pour le rendre parfait.

Cependant , ie parlement s'est depuis long-temps arrogé le drmt de statuer sur tous les points; droit que le peuple doit revendiquer à quel-^ que prix que ce soit. Ce point, ga^é ou perdu, la nation est libre ou esclave. Tant que le pouvoir de ses représentans n'est pas limité, il est possible encore d'être libre, j'en conviens; mais la liberté n'est point solidement établie ; l'état n'a pour lois qu^ leurs volontés ; •m^dtres absolus de s'ériger en souverains , de dépouiller le peuplç de. sc^ droits , de l'asservir , de l'opprimer , et de lui interdire jusqu'à la plainte.

Or, si c'est làla libfité que leût ont acquise leurs pères, fallait-il faii^ pour elle de si grands sacrifices , fallait-il verser tant de sang ? Je ne dis pas que le législateur ait dessein de faire un usage aussi funeste de son pouvoir ; mais il le peut quand il le voudra ; et la simple idée qu'il pourrait impunément s'ériger en tyran , doit leur faire sentir les mêmes maux que s'il l'était en effet.

Je le répète ; tant que le peuple anglais ne sera pas parvenu à donner un frein au pouvoir dé ses députés, sa liberté est précaire ^ si même elle n'est illusoire.

Mais comment s'y prendre , dira quelqu'un ? Le choix des moyens' n'est pas la grande affaire : le point important est d'être unis. Quelque parti que prennent les citoyens , leurs efforts seront toujours coiu'onnés de succès, dès qu'ils le prendront de concert.

Quand le parlement fit le bill septennal sous Henri Vni, et le bill triennal sous Charles I^r, etc., on peut excuser les électeurs sur le malheur des temps de n'avoir pas désavoué leurs mandataires ; dans ces jours de discorde et de dissension , on ne songea qu'à soustraire

gouvernement. Il fit passer par là^Hanantie^ cxmir nelle une ordonnance* portant que tous ceux qui éCaient. cette année du grand conseil et qui eu. avaient été les quatre années précédentes , en seraient) eux et leurs deseendans, à perpétuité; de la sorte remettant l'administration de l'état entre les m^a3 .des députés du peuple , il dépouilla le souverain de toute autorité ^.

Quand Cromwel revint victorieux de son expédîtioiidXcQsse, le parlement Jui envoya une. dépulatkm nombreuse pour le féliciter; il entre dauas la capitale en triomphe , chacun s'empresse de lui faire la cour : mais le fourte n'est attentif qu'à se concilier tous les partis. D'abord il se sert de son crédit pour capituler en faveur des royalistes , il s'attache à capter la bienveillance des presbytériens par l'austérité de ses mœurs , à séduire les bigots en déclamant leontre les dérèglemens des ministres delà religion, ^ flatter l'armée en éveillant ses soupçons contre le parlement, et a. gagner l'amitié de toute la naûon en sollicitant une nouvelle élection. Ensuite^

Tétat à une domination tyraunique.; piais Al]jourd'jb^i que la auperstition ne divise plus le peuple , si le parlement venait jaijAais à étendre le terme de sa durée , et qu'à la Yoix di| peuple il refusa^ de rappeler le bill , quelque dure qpie soit la^nécessité de se faire justice par la force, je di3 qu'il ne faudrait pas balancer un instant à prendre les armes. C'est le cas d'une insurrection légitime.

1 C'él;ait , comme on sait , up tribunal composé de quarante mem* brej9. (Nouwl éditeur.)

2 Ce coup d'état, les Vémtiens l'appellent //^e/7tir,i2?/co;uEiif/û^^ Con* tarini , Hist. Fenet , lib. 7.

il j^'£(Uaph6 à xoaq^ 4^ ,$^ ci^fitUE^^ tomes les placer, milit^ir^ çt Pivîlefi^ U pousse j^ niiéeonlens à I4 révolte,, se repd au parlemejat à la bête d'ube sol^ d^tos^u^ dévouée 9 acpuse de. projeta ambiticju^. les. défeQs^uJTs de}a patiiç,. elles expulseboiUeufiement. Pè§;gq'U se fut rendu maître du gouvernement) par ce coup d'^^utorité^ U fprai£i son conseil des chefs de l'armée qui lui é^iqnt 1^ plus dévoués ^ il: pritJe timon . 4e$ affaire^ , et fit élire un uouyeau: p^lem^^t. Ne Je trouvant pa$ a^ez soumisy.il en^. g^eaiie^rmemi^res qui lui éts^ient vendus àsesoù-^ lever çonfr^ leurs oollègîiesy et à résigner le%a aù^ tc^it^. eïitriç sea mc^nâ. ^nliu; il chasaa les députés! P^friote&y etil;u^upp^ le j)Ouvoir suprême sous le;

Chargé de$ dépouilles de rénnemi^PérîcIès rentredans l'état ajyi bpruit des acclamations publiques : les qito^eng . <i?pwQnt . à sa rencontre ayec une joie QfïVéné^i il leui: prodigue les caresses., les spectadiea^ les fçtes : le$ cœura se livrçni à la joie; et dans udj d^.cç^iH^^iW^ns^ où l!o&. .ne sait. rien râ&iser,. il sa t^% proclamer, souverain |>arses <a*éatu9es /.il . 'ean gage fi^i^itemênt le peuple à lui donner un pouvoiir» illipiité d^ faire: ce qu'il jug^a le plus convenable<à l'état y et il usurpe ainsi, sans effort, ce que la craiisM^& ou le respect empêche qu'on ne lui refuse.

Déterminé à s'emparer du souveraici pouvoir ^ Charles XI de Suède fit venir à Stockolm un corps de dragons , sous les ordres d'officiers étrangers ; il éloigna, au moyen d'une mission particulière, les se-.

'nateurs qui avàieik le phis de poids'èt d'éldqti^lideV il s'assura de tous les nobles qui tenaient' quèl^uei place de la couronne ^ il accorda le titre de baron à un- grand nombre de militaires , pour leur ouwîrles' portes du grand conseil de k nation ^ et il assembla les états. Glaudius Flemniing ^ , Thomixie le plus rusé, le plus arrogant et le plus bruyant du royaume, fut nommé orateur de là première chambre; et deux^ hommes qui ne lui cédaient en rien , furent nomriiés! à la seconde. Il donna 'Yachlneister pour adjoint à Flemming, et son frère Axel ^ aux autres orateurs/: afin qne leurs clameurs réunies pusisent subjuguer les deux chambres. Puis il chargea la bande de ses* plus fidèles suppôts % de réduire ausileniceceux qtiil élèveraient la voix, de les empêcher de placer liïî seul mot, de les contraindre à se con tenter de dotirier leurs i^afTragesi Et afin qpue les ' sufirages achetés' fussent pris pour un consentement gëileral, ilHV arrêter, d^ns la chambre des xiobles; ^ull ne ^enit' pas nécessaire de voter par écrit, et de compter les' ▼oix : ehosie aussi hardie qu'insolite. Ayant ainsi minél'autorité du sénat, il procéda à larenverséi' de fond en comble. Pour la mettre en question devant un-

comité vénal des états, il fit avancer, par Canut Gurch, a^ ^e le sénat était un ordre du royaume, médiateur

< 4 II était connétable de Suède. {Nouvel éditeur.)

. 2 Ih étaient tous deux avocats. (/dL)

3 Dans Le uombre étaieut le ohanceller, le secrétaire de la çliambie des comptes , le ministre de la guerre , le surintendant des douanes y le secrétaire des révisions.

entre le roi et les états ^ ri ayant pas moins le droit de rappeler le roi à ses dei^oirs^ que de forcer les sujets à la loyauté envers leur prince. Ce comité décida^ comme il en m^àitVordre^que le roi était effectivement obliger de gouvetner F état j suivant F avis du sénat ^ sàns'toutefois préjudicier à sa prérogative ; mais que lés sénateurs né formaient pas deux-mêmes un ordre du royaume j et qu'ils n'étaient nullement médiateurs entré les états et le roi! Charies confirma cette décision pac un ëdit , dans lequel il déclarait qu'il était loin de méconnaître les lois constitutionnelles qui lui avaient déféré le droit de gouverner le royaume, suivant l'avis du sénat; mais qu'il était seul juge des affaires qui devaient lui être communiquées. Ainsi les sénateurs virent en silence le prince usurper la puissance suprême, et les empêcher de prendre aucune part aux affaires, sans qu'ils pussent former la moindre réclamation, pourvu qu'il leur signifiât qu'il ne jugeait pas à propos de leur communiquer ses résolutions.

Tandis que les sénateurs étaient assemblés, Gustave III se plaint à sa garde, du peu de respect que ces magistrats lui portent ; puis il marche à la tête de cette soldatesque, s'assure de leurs personnes, les force de résigner leurs charges en faveur de ses créatures , récompense ses partisans , assemble ses troupes , fait des gratifications aux officiers, exhorte ces sujets à l'obéissance, et reste paisible possesseur de la souveraineté ^

1 Éyénement d'autant plus étrange que, depuis la mort de Char-

Des mesures "violentas.

Alarmés de ces attentats, les citoyens élèvent-ils leurs plaintesyfont-ils des réclamations? Le prince lève le masque 9 parle en maitre, s'écrie qu'il veut des sujets soumis et non des contrôleurs; s'ils récla^* ment les lois, il répond que tel est son bon plaisir.

Révoltés de ces outrages , les citoyens se soulèvent-ils, le prince fait marcher des troupes, et s'il n'a pSL& des forces suffisantes, il a recours à ses voisins ^ Alors il exhorte ses sujets à la soumission, il les menace d'employer la force, leur fait entendre qu'ils doivent se sQumettre^ sans capituler, que tout doit fléchir sous ses lois. Ainsi les princes em-

les XII, la Suède était entièrement gouvernée par de& états; qu'il ne se trouvait que peu ou point d'officiers royaux dans l'administration , et que les droits de la couronne étaient réduits à une simple présidence.

Ou l'attribue à ce que les- sénateurs étaient vendus atix puissances étrangères , et avec' raison.

Lorsque les pères de la patrie se sont rendus indignes du respectdes peuples', et que les peiiples eux-méaies ne sont point passionnés pour la liberté , qu'il faut peu de choies pour les asservir !

1 -Il y a un accord tacite entre les princes , de s'aider mutuellement à mettre leurs sujets sous le joug. Lorsque les Anglais eurent condamné Charles t'' à perdre la tête, tous les princes de l'Europe proposèrent de se liguer entre eux pour venger leur autorité, qu'ils disaient com« promise par le supplice dé ce tyran *.

Lorsque les protestans de. Franee se sonlevèrem contre la tyranme

* Cette politique , on ne le sait que trop « fut celle du lâche Loois XVI « da fourbe «t astucieux Louis XVIII . de lUmbeciIe, méchant et sanguinaire Charles X; et quand on songe que le gouvemement de déception et de lâcheté dn 7 S#it ett imbb de cet abomi«nables principes , qu''en dirons-nous? Qu^il sera traduit un jour an tribunal dn peuple , et que fusticc en sera fuite. (Nouvel éeUtfurJ)

ploiant d'abord la ruse pour asser\ir leurs sujets ^ et ils finissent par les enchaîner par la force.

Enfin 9 quand ils ont bien prouvé que leurs volontés doivent servir de lois , ils les annoncent sans détour, le peuple s'y soumet sans résistance , et sa docilité se change en servitude.

Pour asservir les peuples , le prince commence par les traiter en sots, et il finit par les traiter en esclaves révoltés.

Ici , l'histoire de la marche du pouvoir au despotisme n'offi*e plus que les derniers efforts de la liberté expirante. — Spectacle humiliant et affreux , où les peuples ne paraissent surmonter le désir d'être libres que par la crainte des supplices.

Du cérémonial et du style de chancellerie.

Le prince n'a pas plutôt renversé les barrières opposées aux écarts de son autorité, qu'il cherche à réprimer l'essor des esprits , à étouffer les lumières et à favoriser les progrès de l'ignorance ; or , une foisque les peuples cessent d'être instruits de l'histoire de leur gouvernement, ils s'en forment les idées les

de Charles IX ^ Philippe II of&it ses armes à ce tyran pour soumettre ses sujets.

Lorsque le parlement eût forcé Jaaqofis H à chercher son salut dans la fuite, Louis XlV lui donna des forces pônr remonter sur le tr6ne; il chercha même à engager Charles '^11, roi d'Espagne , à s'unir à lui pour venger la cause commune des rois.

plus fausses ^ et ces fausses idées prêtent beaucoup au despotisme.

Comme le prince est établi par la nation pour défendre l'état, à son sacre, on lui ceint l'épée au côté; comme il est établi pour rendre la justice, on porte devant lui le glaive de la loi; mais ses créatures partent de là pour établir son indépendance ^ Ce glaive porté devant le prince, disent-ils, dénote qu'il a sur ses sujets un pouvoir absolu.

Dès que le prince est sacré , les représentans du peuple ^, c^ux qui sont à la tête des affaires, et ceux qui occupent les premières places de l'état, lui prêtent serment de fidélité. Mais ce serment, qui aujourd'hui suppose toujours manque de foi dans les sujets, ne suppose jamais prévarication dans le prince : ainsi, tandis qu'il met les premiers dans le cas d'être traités en rebelles , il n'expose le dernier qu'à écouter les plaintes de ceux qu'il opprime.

C'est un grand vice de constitution, de n'avoir pas ménagé au peuple , un moyen légal de forcer le prince à rendre compte , et à réparer ses prévarications

^ Les rois, disait Sirjeant Ashley, dans la chambre des pairs, pour justifier les attentats de Charles 1er ; Xjes rois sont les enfans du Très- Haut, il leur a donné le sceptre et Tépée; le sceptre, pour instituer; répée , pour exécuter les lois, et il y a ajouté une couronne , qui est le signe de la dignité dont il les a revêtus. Pari. HUt., yol. 8, pag. 47.

2 Dans le serment que les deux chambres prêtent au roi, loin de prendre un ton correspondant à la part qu'elles ont au pouvoir législatif, elles parlent en subordonnées. Goodwin, Défense de Vhonorabh. sentence. ^

; tiljorsqiiet- les lob 'sont ivioléeà par ceux qui.sont étatdis pour les faire observer^ tout opprimé a droit d'«ei2Ûger le^sedresseihent de ses- griefs. Mai^ les termes qu'emploient les sujets dans -Imn^ femotftrances oti leui>»i6ti|yfiliqui»^.en.*pbrtaxit leof^ plaintes au pied d«;tr6ne9^sailt iBrdinairieiBent très-respeetueux ; et^ Ge^:éga!fclsrjiinipiDsas< par Ik bienséance ^ sont exigés eemtœidts devoirsL : D'ailleurs, les mots de remonn ttanpe^:dè supplique dénotent infériorité^ et on part <li^iàipoùr)dépp»iUer les peuples du droit qu'ils ont d':eaugeff jusjbicei • li >

:. Au:':CQiitraîre) quand 4ç priwce s'adresse à ses sujf(to:^3kK)mme il : jparle' aunom de la loi , il prend toujours un ton impérieux, et ce- ton est, pour les ignor^ps^la niarque^d'un empiré absolu ^

.iiQ'â^tbîâB.pis lorsque de bas i^lets ajoutent encore^^tRtOD iranipant des pétitionnaires, au ton impâ*ie^ttx dufprince , et en. donnent des fortnules sous la dénomtnatiàfn de style 'de chancellerie; formules dii^sJj&squdiles: les citoyens s'expriment en esclaves, ^t le premier fonctionnaire public en maître absolu. Particuliers I membres du corps législatif^ administrateurs, magistrats, généraux, tous s'y qualifient de irèS'fidèles y très-humbles^ très-respectueux sujets , et ils qualifient le prince de souverain^ de mi(y!^sté^^açrée^ titres ppmpeux qui tendent en-

> i G^'fiélittut pTOuye que jamais nation ne s'est trouvée dans Theureuse circonstance de faire une constitution libre; il prouve qu'elles ont top tes été .obligées de Intter contre la tyrannie, et d'arracher au des- ^t e quelques prérogatives.

— »0 — icare à donaer une fausse idée de son autorité, filais ce qui confond tous les n^^rts, c'est que* ies^jia* tîons f seulas vrais souverains de ia tecse^ siûvenl aveuglément FusTge reçu*

Lorsque le prince a usurpé l'autCNrité àxptêmBy si les suj^ viennent à se siiMilever contrepoison tyran* nique empire et à humilier son pouvoir; ce n^est plus comme un bien propre qu'il leur reloue lews droits, mais comme de nouvelles concessions qu^^ ti^Quent de sa £siveur et dont il leur esqpédie les titt«s^ De la formule de ces titres, on infère qae les peu* pies ne jouissent d'attcun priyil^ que sons le bon plabir du prince ; et que son autorité est au^essn^ de toute puissance humaine •

Dans certaines fonctions publiques, c'est à gé-^ i:k>ux qu'on s'idresse aux rois; et, de cette h«m^le posture, on conclut que les sujets sont esdaves«

Telle est encore la logique de presque tous les étrangers et telle a été la nôtre. Mais, au lieu de ces absurdes cominentaires, nous avons anjourd'hiii de saines idées de l'autorité des princes; et c'est là, sans contredit, l'une des grandes causes de notre liberté.

* L'ancien style des ordonnances , dit Legendre, dans son Traité de

Popinion, Ht. 5 , chap. 4 , explique la plénitude dû 'pouvoir de nos

rois. Au lieu de ces mots : Car tel est notre bon plaisir , on trouve dans

les anciennes ordonnances, aw ainsi V avons ordonné et "vtiuh^. être

• fait.

2 Toatas les duirires accordées par les pmces en sont «ne preuve

incontestable.

Le peuple forge ses fers.

Le peuple ne se laisse pas seulement enchaîner, il présente lui-^méme la tété au joug.

Qu'un fourbe gagne sa confiance, il en fait ce qu'il veut; il le ptousse, le mène et lui inspire les passions qu'il lui plait. Après avoir assisté à la pompe funèbre de César , Antoine monte à la tribune , tenant à la main la robe ensanglantée de l'empereur; il là montré au peuple, il l'émeut, et bientôt les Romains courent avec les torches du bûcher aux maisons de Cassius et de Brutus pour les réduire en cendres. Mais^ après ce qu'ont fait Mahomet et les autres faiseurs de sectes^ qu'es t-il besoin d'exemples !

Non content d'être la dupe des fripons , le peuple va presque toujours au-devant de la servitude, et forge lui-même ses fers.

Sans songer jamais que , dans un état libre , tout citoyen a droit d'en accuser un autre, il se laisse emporter à son zèle aveugle pour ceux qui ont défendu sa liberté; et, cédant à la reconnaissance, il donne lui-même atteinte à cette liberté dont il croit venger les défenseurs. Tîmoléon, accusé de crimes d'état par quelques orateurs de Syracuse^, cité à comparaître pour se justifier, le. peuple était prêt à mettre en pièces ses accusateurs.

Pour rester libre , il faut que le peuple ne souffre

^ PluUgrque , rit de TimoUon,

jamais que la loi soit éludée; mais souvent il est le premier à la violer en faveur de ceux qu'il vénère.

Zaleucus ^ législateur des Locriens y venait . de promulguer une loi sévère contre l'adultère : bientôt après, son propre fils est convaincfij de ce crime , et le peuple , touché de l'affliction du père, sollicite vivement sa grâce.

La flatterie est toujours basse , nms elle , pi'end quelquefois l'air de la liberté. .:

Messala ayant proposé que le sénat prêterait, chaque année , un nouveau serment de fidélité à Tibère, l'empereur lui demanda s'il l'avait chargé d'ouvrir cet avis. Lorsqu'il s'agit de l'intérêt public, je ne prends conseil que de moiH9[)éme , répond le sénateur ; réponse qui est le comble de la bassesse. D'une flagornerie qui avait bksse Tibère, Messala passe à une autre qui allait à l'anéantissement de la liberté. J

Godius n'osait célébrer ouvertement sop mariage avec Agrippine , sa nièce : alliance illicite chez les Romains. Vitellius se charge de lever tous les obstacles. À cette nouvelle, plusieurs sénateurs sortent du sénat, pour aller contraindre l'empereur d'épouser Agrippine, s'il en faisait difficulté; et la populace les suit, en criant que le peuple romain le veut ainsi ^.

Un consul décerne à Gallus les ornemens de la

1 Annales de Tacite.

2 Annales de Tacite,

prêture, qu'il accompagne d'un présent de trois milles sesterces ^ Dans cette occasion , l'autorité puplique intervint auprès de l'empereur pour engager son favori à ne pas refuser cette dignité : et comme si ce n'était pas assez que le sénat fût témoin de cette infamie , on grava sur l'airain le décret des honneurs décernés à cet affranchi , et on l'exposa dans un lieu public ^.

Combien de fois , dans l'idée d'assurer leur liberté, les peuples ne remettent^ls pas entre les mains du prince le poweoirde les opprimer ? Les persécutions que les protestans d'Angleterre eurent à souffrir sous Marie, avaient rendu son gouvernement odieux. Aussi lorsqu'Elisabeth , qui professait leur religion , monta sur le trôné, s'empressèrent-ils de l'armer d'une autorité sans bornes pour extirper le papisme; ou plutôt ils lui remirent le sceptre de fer dont elle gouverna ses peuples : bientôt la crainte des persécutions se changea en crainte de la servitude civile, et les protestans se virent accablés eux-mêmes sous le poids de la puissance qu'ils avaient élevée pour écraser leurs ennemis.

Combien de fois aussi, dans la vue de réformer ou de venger l!état , les peuples ne remettent-ils pas le pouvoir absolu entre les mains de quelques individiiis. Les décemvirs, Marins, Syllà, Pompée , en

^ Il j. avait cbe^ le8.RQinainsi.de grands ex de petits sesterces : le petit sesterce yalull le quart du dénier; et le grande qui était une monnaie de compte, valait mille petits sesterces. (^Nouvel éditcitr.)

2 Pline,^/?«(.,liv. 8.

ibnt dès exemples f&meux. Revêtus de toutes les foroes de la république , Rome fut étonnée du pouvoir qu'elle leur avait confié^ le sénat baissait la vue devant eux ^ les lois étaient dans le silence , et bientôt on entendit de toutes p^ts retentir les noms des proscrits, et on vit ruisseler le sang.

Lorsque César eut écrasé le parti de la liberté, les sénateurs s'empressèrent de renverser toutes 1^ bornes que les lois avaient mises à sa puisisance , et ils lui déférèrent des honneurs inouis.

Tandis que les Vénitiens étoi^t gouvernés par des tribuns , las de leurs divisions domestiques et des lenteurs des délibérations publiques, ils se donnèrent pour chef un doge , et ils lui remirent l'autorité suprême dont ils ne tardèrent pas à être écrasés.

AiTranchîs de la domination de leurs maîtres par la mort de GuiUaume II , les Hollandais remettent le pouvoir entre les mains de son fils; ils massacrent les zélés citoyens qui s'opposaient à cette téméraire démarche, et ils relevèrent de nouveau à la ruine de la liberté.

ComlKien de fois encore ne se redonnent-ils pas à l'héritier de ses maîtres détrônés ou massacrés!

Annibal Bentivogli^ ayant péri dans les conjurai tions des Conneschi , le . peuple de Boulogne mit à mort les conjurés et envoya à Florence chercher un descendant de ce prince pour le placer sur le trône.

1 Prince de Boulogne.

995 — - Ët.cofiHdbmiide fi^ts les Anglais n'onuils pas reforgé leurs fersI.Loi^ue le peuple se fut révolté au sujet de la capitalîon de trois groats^, à laquelle Ri* chard Ill'airait imposé chaque sujet au-dessus dé qbinœ ans^ seule époque où l'on aurait pu établir un gouvernement libi*e et ramener tousi les rangs au même niveau ; il es^ea l'abolition de la glèbe , rentière liberté du commercé, et une taxe sur les terres au lieu du service militaire ; toutes ces demandes lui furent aotordées. Mais bientôt les grands s'assemblent, le roi entre en campagne, le parlement ré-' voque la chartre d'affranchissement, et le peuple est condamné à reprendre ses fers ^

Vil instrument d'Henri VIIl, le parlement lui asservit lé peuple de la manière la plus humiliante. D'abord il lui conféra le titre de chef suprême dé l'église anglicane, et il l'investit de tout le pouvoir qu'elle s'était arrc^é de visiter , réprimer , corriger ^ étendre, restreindre et réformer les erreurs, les hérésies, les abus et les délits du ressort de la juridicliou ecdésiastiqtie. Mais comme si ce n'était pa$ assez de remettre entre ses mains ces armes dangereuses, il ratifia l'attribution faite aux commissaires de là Goinronne de* donner une religion au peuple; croira4Han qu'il eut l'impudeur de déclarer qu'on ne devait point réconndtre d'autre loi en matière civile et religieiise que là volonté du roi.

1 noaze deniers sterling.

2 Froissard, liv. 2, c. T7.

.Ayant r^»bnoéde la sorte à feûrsLtioiiiDiunntei^ eccléaiastiques, ils renoncèrent^ feurs<hx3ii^«fvîk, et^ sans auci^nje autre fonnalité, ik^ ren^r^èifent d'tih seul coup la constitution' entâèrç , en. àttribuarit aux proclamations royales la même force qu'aux, actes 'du corps législatif i; ils donnèrent même à cetteattribu* tion une tournure à faire croire qu'elle n'était^qu'ùn» conséquence naturelle de l'autorité royale; et,' pour en assurer l'exécution, ils décrétèrent que chaque conseiller du roi serait autorisé à punir toute désobéissance à ses ordr^s^ '

Pour mieux manifester la bassesse de leur prostitution, ils ratifièrent le divorce de Henri avec Anilede Boléyn; ils déclarèrent bâtards les' enfans qu'il av^it d'elle, dévolurent la couronne ià cewx qu'il aurait de sa nouvelle concubine, et l'autorisèrent, en 0a$ qu'il n'en «eût point, à disposer de la couronne, par testament ou lèttr^s^aténtes.

Quand la réforme eut Éàit des progrès/ en Angleterre, fêtât se trouva travaillé par deux partis de sectaires, qui recoururent 4.otïr à tourna Henri VIII, et le forcèrent souvent de tenir la balance entr'eux; mais pour les accabler par. leiirs propres forces, il la fît pencher, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. • •

Comme ce princie était l'esclaTe de ses passions , ces partis se flattaient également rqu'urte déférence aveugle à ses volontés le jeterait. dans leuf& intérêts) et ils s'abandonnèrent absolument à lui.

1 31 Henr. VIII,cap.8. . .. '

Ce n'était jpoint assez pour eux de s'éire 'prostitués: de ia sorte aux \ploiitcs du piince»;* ife établi*» relit dam le nyf aumé un : tribnrrai d^inqui&ition ^ cfaavge de;tpoursuivre, xîomme critniiiel - de haute trahison ,* quiconque refuserait le serment de maintenir de tout son pouvoir cet acte d'attribution.

*MaiB l'histoira d' Angietwre fournit des i traits encore plus bumilians. '

. Quand Charles II fut rappelé à la courofine, il fallait voir les différens ordres de Fétat se précipiter au-devant de la servitude , et chercher à se surpasr ser par la bassesse de leurs protestations de loyauté. Les nobles , les papistes- et les tories insultaient en iDhœur le corps législatif , dont le civisme avait jusqu'alors êïïipêdhé la patrie de retomber sous le joug de leur anden maître , et ils célébraient à l'envi rheUMux retour du despote. Les presbytériens, qui s'imaginaient bêtement célébrer leur propre. triomphe, faisaient chorus. Les patriotes eux-mêmes, renonçant aux douceurs de la liberté , qu'ils avaient achetées au prix de tant de sang, imitaiient l'aveugle multitude : chacun s'empressait d'écarter ce qui pourrait blesser la vue du monarque; on arrache les armes de la république pour replacer celles de Charles \ oti enlève les étendards pris sur les Ecossais- k Dombar et à Vorchester ; • on brise 9es sceaux del'élat; on efface tout ce qui porte encore quelque empreinte de la liberté ou réveille quelque idée d'indépendance, et on prdoAne un Te Deum en actions 4e grâces. . • '

L'amiral, sans attendre aucun ordre , s*avafice avec la flotte au^evant du prince: il Tamène^ le peuple vole à sa rencontre ^ le parlement ya se jeter à ses pieds : Charles est conduit en pompe dans la capitale au bruit des acdamatbns publiques; partout des fêtes, des illuminations, desVéjouissances; tandis que, dans les transports d'une joie effirénée ,. l'aveugle multitude portant aux. nues le nôm.du mo^ narque, nuiudit le nom. de ceux qui Tavaient si long-temps privée d'un maître, et kisulte au seul gouvernement qui pouvait la retirer de la servitude et de la misère où elle avait toujours croupi.

 peine le prince fut-il monté sur le trône, que le parlement déclara rebelles tous ceux qui s'étaient opposés aux usurpations de Charles V^ ; puis il lança des arrêts de proscription contre les membres du tribunal qui avaient jt^é ce tyran. Il ordonna que les corps de Cromwel, d'Isreton , Bradshaw et Pride, seraient exhumés, traînés stir une daie à Tibum, pendus à une potence, et enterrés dessous.

U arrêta que les murailles de Glocester^ Coventry, Njorthampton, et Leycester, villes qui s'étaient distinguées par leur zèle pour le parlement, senôent rasées.

Non content de mettre Charles sur le trône, il l'investit du pouvoir absolu. Après lui avoir assigné un revenu beaucoup plus considérable qu'à aucun

^ Bra^lahaw était président de la haute cour de justice qui Condamna Charles l'r à monter sur Téchafaud. (Wmtpel ^êfur.)

— »9 — de ses prédëcesseurtSy il lui attribua la disposition de toutes les forces de l'empire britannique, il annula Tacte triennal, déclara inhabile à tout emploi les personnes mal affectionnëes au roi, il arrêta que les corporations seraient toutes sous là main des officiers de la couronne, il imposa un nouveau serment de fidélité aux agens royaux, il déclara criminel de lèse-majesté quiconque prendrait les armes contre les ordres du prince : ce qui le supposait seul maître de l'empire.

Enfin les membres du sénat ne cessèrent d'accumuler sur la léte de Charles les plus redoutables prérogatives, et d'étendre son autorité jusqu'à ce qu'écrasés eux-mêmes sous le poids de sa puissance, ils ne regardèrent plus qu'en tremblant l'idole qullé avaient formée.

Et comme si pour prix de leurs vices nos pèfés eussent été condamnés par le fatal destin à être éternellement les artisans de leur misère, ils n'avaient pas plutôt reiaversé une idole, qu'ils en élevaient une nouvelle , pour l'adorer avec plus de bassesse, et se prostituer plus honteusement encore.

A peine J9cq^es II est il sur le trône, que le parlement rampe à ses pieds; au milieu des témoignages de ^èle que les deux chambres lui prodiguent, on ne sait laquelle des deux est plus empressée de s'avilir. Celle des communes lui vote à vie le revenu' accordé à son prédécesseur % et le met ainsi en état

il'enlaretenir, sans le concours du peuple , une flotte et une armée formidables , pour écraser tout ce qui osleraitlui résister : tandis que celle des pairs , à la réquisition du procureur-général, décharge de toute accusation les lords papistes détenus à la Tour comme conspirateurs , et annule le décret d'accusation qui avait été lancé contre le vicomte StafFord.

De leur côté, les magistrats se prostituent aux ordres du roi; et comme si les dépositaires des lois étaient conjurés pour les anéantir, ils déclarent <c que les ordres du roi sont les lois du royaume , et qu'il a seul le droit de dispenser de s'y soumettre »

La clei^é n'est pas moins jaloux de se signaler par son asservissement à la cour; toutes les chaires retentissent des maximes de l'obéissance servile • et ces maximes sont admises par les tribunaux avec une bassesse révoltante.

Enfin , pour achever de rendre le prince absolu , toutes les corporations du royaume s'empressent de lui ^remettre leurs chartres., de s'abandonner à sa discrétion , comme si la nation entière s'était liguée pour lui fournir les les moyens d'anéantir à jamais les derniers vestiges de la liberté.

Ainsi , à l'exception d'un petit nombre de têtes saines , le peuple n'est composé que d'imbéciles , toujours prêts à courir au-devant de leurs fers.

Du despotisme.

Dès que le prince est en possession du souverain

fiouvoir, ce n'est pks du bien du peuple « dont il est question dans les entreprfâes publiques ; c'est de son autoiité, de- la. dignité de sa couronne, de son orgueil , de ses caprices ) dès-lors il regarde rétat comme uu patrimoine , efc les deniefô publics ccûxime ^^es revenus ; il trafique diaé chargesf, des villes , des provinces ; il vend, ses sigéts^èt disposé à son gré de tçute! la puissance ' de la nation .-'• ^

L'autorité usnrjpée ne se ' SQutfent iq[liè pa^'ides troupes , c* les troupes ne lestent fidèles qu'à force d'ai^ent ; aussi le. prince •dépouille-t*-il ses sujets/ et confisquert-il les fortunes des -plus- riches citoyens pour soudoyer ses satellites. .\

Indigna de ces outrages , les citoyens ^éMveht-ils leurs plaintes, font-ils des reffiôntrànces, réclamentils le^'lois? Le prince lève lé masque!, parle en maître, crie qu'dr veut des sujets soumis^ non des contrôleurs ; il répond à toutes les représentations : Td est noire bon plaisir.

Lui résiste-t-on ? Il ne parle que de réprimer Taudaee et de dbâtier. l'insolence, des mécontens. Alors les plaintes sont inutiles ; et comme la puissance du prince; est affermie , quels que soient ses ordres , il . ne reste que le triste parti d'obéir aveuglément.

Déjà il n'y a plus de liberté publique ; le prince Q^t tout , et l'état n'est plus rien : toutefois certains individus, certaines communautés, certaines classes de sujets jouissent encore de leurs privilèges, mais on ne taîde pas à les leur enlever.

— soi —

Une fois en possession de faire les lois , le prince travailla à renverser toutes les barrières ; il voit d'un œil inquiet les ennemis de son injuste etnpire, et il s'empresse de s'en défaire : puis il promène des regards jaloux sur ceux qui conservent encore quelque pouvoir dans l'état, et il travaille à les en dé-» pouiller squs différens prétextes ; il accable les amis de la liberté y il humilie les hommes puissans, il restreint l^urs prérogatives j il enlève les droits des citoyens y il lies force à y renoncer y et alors souvent il joint l'insulte à Toutràge ^ Ainsi Jacques II , après avoir forcé ses sujets à remettre leurs Chartres j les remerciait, dans une proclamation , de la confiance particulière qu'ils lui avaient témoignée, eh protestant que y pour leur marquer sa reconnaissance y il se croyait obligé de continuer à se montrer plein d'indulgence I comme il l'avait toujours fait*

Richelieu, l'un de ces fourbes adroits, remuans et vindicatifs y que l'aveugle fortune appdUe quelquefois au timon des affaires pour le malheur des peuples , n'employait pas moins les rubriques^odieuses de sa politique pour assouvir ses passions criminelles, que pour troubler le royaume et bouleverser le monde I à dessein d'établir le despotisme. Tyran féroce, sous le nom de son maître, il frappait d'exil,

^ Charles II sacrifia le lord Ruuel , le comte d'Essex , le col<Hiel Algemon Sydney, Jacqae$fIdiloway,le chevalier THoma^Amstrong^jetc, Sons prétexte qu'ils avaient conspiré contre ses jour».

Pour devenir absolus , Louis XI et Louis XIII se défirent de tous les grands du royaume qui leur donnaient de l'ombrage.

4e pHton ouile mort, tout ce qui lui résistait. Les parlemendy la cour , rarmëe, furent tour-a-tour le théàlre.oii il allait cbercher des victimes; et jamais scâiérat ne prouva mieux que lui combien les plus noire» intrigues du cabinet font souvent les destinées des empires. Pendant son ministère , les prisons furent remf^ies de ses ennemis; pour p^dre la liberté , il siifiBsait de ne pas être son partisan ; ce dont le marédial de Bassompierre ne fit que trop Icmg^témps ia triste expérience ^ .

Après la journée des dupes, ses fureurs n'eurent pdhis de bornes : on vit alors ce que peut la soif de la vengeanoe, armée du pouvoir suprême, et couverte du. manteau de la justice., Pour &ire périr ses ennemis sur i'échafaud, ^non content d'empêcher qix*ils fussent jugés par les chambres assemblées, comimé ils en avaient le privilège , il leur donnait des ooianiissâires , dont il cassait l'arrêt quand il le trouvait tB6p doux ; et il leur en donnait d'autres plus <x>rrompus , qu'il faisait siéger dans l'une de ses maisons, de campagne, pour mieux s'assurer d'eux.?. .

Ayant fait déclarer par lé conseil criminels de lè^e^ mi^esté toi:» les amis de Gaston, son mortel entiemi,

1 On u'ijg^Dore pas que cet infâme JBUcheUçu» à qui Bassompierre déplaisait , le fit mettre à la Bastille en 1 631 , et qu'il y resta jusqu'en \ 643, époque de la mort de ce ministre , ou plutôt de ce maire du palais. VoyèsB, pour dc^ détaâ» pins amples et très-curieux, les Mémoires de Bassompierre, Cologne, 4605, 3 voL în-12. (Nouvel édit)

^ C'est ce qu'il fit au sujet du maréchal dé Marillac, qu'il accusa de concussion.

il envoya Tarrét auiporlemcM'deiPalis^maigi'blenltôt^ . furieux d'apprendre qi»»'!^ - vok . se ,. trouvaient partagées ^ il engagea le i>oï à mander le pafrleiÉMgnt, à le faijre parier à genoux ,. à; dechiDerPairBét lote par* tâge ^ et :à exiler trois des; priikipatax m^brés-.de ce

Fourbe < Atroce^ Biciielieu fraf^^iadte Itenrénr lea courtisait^, de - maiiière 'qu'ils laisË^ent ùti ^ JKbpé cours à ses: fureurs ) s'ils n'enldaTenaièntieait-'iiiâineb les instrumens ^ La Uste >dës 'proscrits; kprih'fboppa est nombreuse; il fît périr' par la main des' bpurreaùx. ceux qui traversaient ses intrigues'Atnàurei^ ses^ ou qui ruinaient son ereditjilrméçontenjkax tous les ordres duroyaume^ il. fit trembler^ fesrgmtidsy il rétablit le -pQuvQtiriarhitrair&âur.Jeiisuines de la liberté publique j*. sous son administration:^- le doi^aire de la <ttère>du roi fut con^squë ; la^reineeti l'héritier présomptif du trôifee furent, exilés ;' Cini|dftaa)&9^de Thou 9 le connétable de Montmoreniiy ftle «nlaréchal deMarillac, le commandeur de Jarre S etc.,. îres^ ^rivaux, furent décapi^s; .plqs de; cent fanûUésipui^ santés eurent di^ sang à venger, et l'état fut àé&xÀé p^ le plus affreux despotisme; > :;;«•*'

Lorsque le . prince en est' t ternit . Jà , . stntant qu'il peut tout, rien ne l'arrête plus; chaque jour il commet quelque nouvel attentat, et s'il lés couvre

^ Thémines reçut le bâton dç jofigi^écjbual pouir ayoir ^^H^. le pmcc de Gondé , et Yitry , pour avoir assassînçL le naaréchal d'Ancre.,

2 II était le confident des amours d^^ )a' duchesse de GhfTrçuse, qu'aimait Richelieu.

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