‹ Les chaines de l'esclavage [electronic resource]Chapitre 8 sur 10 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

encore de prétextes , c'est plus par habitude que par nécessité.

.Ces tyi:annies révoltent les esprits ; on se soulève, et le sang coule à grands flots.

Ainsi , le dernier coup que les princes portent à la liberté , c'est de violer les lois au nom des lois marnes , de toutes les renverser , en feignant de les défendre , et de punir conime rebelle quiconque ose les défendre en effet : tyrannie la plus cruelle de toutes^ en ce qu'elle s'exerce sous le manteau même de la justice.

De la crainte des supplices.

Après avoir tout envahi, si du moins les princes étaient justes; mais, malheur à qui refuse de reconiiÊ^ître leur unique empire , à qui ose encore avoir recours aux lois et réclamer la liberté. Comme ils n'ont épargné auc n forfait pour s'emparer de la souveraine puissance ils n'en épargnent aucun pour la conserver. Ainsi, après avoir forgé les chaînes du peuple, ils ont si in de les river, et de les river si fortement qu'il soit enchaîné pour toujours.

Armés de toute la.force publique, dépositaires de toute l'autorité, interprètes et arbitres des lois, ils s'en font une arme offensive, qui les rend redoutables à leurs sujets, et terribles à leurs ennemi^.

1 En montant sur le trône, Gromwel fit passer un bill portant qu'accuser le gouvernement d'être usurpé , illégitime ou tyrannique , ^tait un crime de haute trahison.

Les tyrans, accoutumés à se jouer de la nature humaine , sont cruels et féroces : sans cesse à ordonner des supplices ou des massacres , pour assouvir leurs passions et calmer leurs transes, ils ne peuvent se désaltérer de sang. *

Après avoir usurpé le souverain pouvoir, quelquefois le prince, ne voulant plus se montrer oppresseur, se désiste du pouvoir judiciaire, toujours odieux au peuple; mais c'est pour lé faire exercer par des juges dévoués à ses ondres. A Faudace de commettre des forfaits ont succédé des crimes profondément réfléchis : on ne verse plus le sang avec autantde férocité, mais on voit paraître un nouveau genre de tyrannie : ce ne sont plus des massacres , ce sont des jugemens iniques qui flétrissent la vie et conduisent à la mort.

Que si , dans les tribunaux où le prince traine les malheureuses victirafes de ses fureurs, il se trouve encore quelque reste de pitié , il nomme des commissions particulières , auxquelles il remet le soin de ses vengeances ^ : dès lors le glaive de la tyrannie est suspendu sur toutes les tètes ; quiconque ose parler est égorgé à l'instant : dès lors aussi chacun vit dans de mortelles angoîses, chacun craint pour ses jours, et voit en silence les attentats du despote. C'est ainsi qu'Auguste, Tibère, Néron, Henri Vil, Henri VIII, Marie, Charles h'% Jacques II, Louis XI,

1 Telles étaient les commissions du trail-bàton, de la chambre étoile* , la hattt« commission de la cour, le conseil de York, la chambre ardente.

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