‹ Les chaines de l'esclavage [electronic resource]Chapitre 9 sur 10 · SOT · texte numérisé non relu

SOT

Charies IX, Henri H[, Louis XIM, Louis XIV, etc., parvinrent à faire trembler leurs peuples, malgré les magistrats, le sénat et les lois.

Lorsque le pi^ince a enfin sacrifié tous les homtœs puissans qui lui faisaient ombrage, tous les hommes jaloux de la liberté qu'offensait sa puissance, tous les hommes courageux qui refusaient de reconnaître son injuste autorité : lorsqu'ils renversé toutes les barrières qui s'opposaient à son ambition; qu'il a fait taire toutes les lois; qu'il a tout envahi, tout inimolé à sa grandeur, il laisse quelque temps respirer l'état, il récompense ses créatures, répand ses dons sur Tarmée , sur la populace^; il ramène l'abondance, donne des festins, des fêtes, des spectacles: images trompeuses de la félicité publique.

Telle fut la conduite d'Auguste. Une fois maître

1 Le peuple ne hait pas les mauvais princes , pourvu qu'ils soient prodigues et fastueux. Lorsqu'il n'a plus de part aux affaires , plus de magistrats à élire, plus de chefs à écouter, il ne demande que du pain et des spectacles ; l'oisiveté dans laquelle les despotes l'entretiennent par leurs largesses, lui inspire le goût des divertisscmens , et bientôt il ne peut plus s'en passer : Néron, Commode, Caracalla, eux-mêmes étaient regrettés du peuple à cause de leurs folies , car ils contribuaient do leyrs personnes à ses plaisirs. Pour l'amuser , ils prodiguaient leur» trésors; et quand ils étaient épuisés, il voyait sans peine dépouiller les grandes familles de l'empire ; il applaudissait à la tyrannie , pourvu qu'il en moissonnât les fruits.

A Bome, sa fureur pour le cirque et le théâtire était excessive. Les mimiques ayant pris différentes livrées, à l'imitation de ceux qui couduisaient les chars dans les courses, le peuple se partagea entre eux; les factions du cirque , dont il est si souvent parlé dans l'histoire romaine, se déclarèrent pour ces troupes de mimiques, et devinrent non moins acharnées l'une contre l'autre, que celles des Guelphes et des Gibelins l'avaient été sous le» empereurs d'Allemagne.

de la république, il répandit. ses dons sur les légions et sur le peuple, il ramena l'abondance, il fit de grandes fortunes à quelques particuliers, il en fit espérer à tous, il prodigua les fêtes ; et au milieu de ces nouveaux plaisirs , les citoyens ae se rappelaient plus de l'ancienne république, qu'avec les idées de proscription, de massacre, de concussion. et de brigandage.

Pour s'élever, un usurpateur; abaisse tout; mais pour se soutenir , il faut qu'il intéresse le peuple à son sort : et ce n'est que par }^ douceur du gouvernement qu'il y parvient ^ : aussi semble-t-il , pour un moment , rétablir la liberté publique. Il fait quelques bons règlemens, afin de prévenir les désordres qui ont ruiné l'état avant qu'il en eût usurpé la toute-puissance ; il rend aux magistrats les fonctions de leurs charges; il va même quelquefois jusqu'à laisser subsister le fantôme du souverain, et il le consulte sur les lois qu'il a dessein de porter, mais après lui avoir dicté sa réponse ^.

^ Ce qu'un despote fait dans les coramenceniens de son règne , les maîtres d'une république continuent à le faire toujours , non qu'ils y soient portés par principe de justice; mais, comme de bons économes ^ ils ne veulent que dissiper sans raison leur propre bien.

A Venise, les nobles gèrent et ils régnent sans confusion ; leur jalousie réciproque les empêche de s'élerer les uns au-dessus des autres» tandis que leur intérêt commun les empêchie de s'ériger en tyrans. Les sujets de la république sont considérés comme des esclaves qu'il faut ménager, crainte que les mauvais traitemens ne les portent à la révolte ou à la fuite. On cherche donc à y retenir les peuples par l'amour des plaisirs , et on les laisse vivre tranquilles.

^ C^sr/, ayant usurpé le souverain pouvoir, disait insolemment que

Que s'il fait quelque injustice pour satisfaire ses plaisirs , c'est à la faveur des lois , dont il tord le sens naturel ; s'il sacrifie quelque victime à son ressentiment, c'est à l'aide des tribunaux, satisfaisant de la sorte sa vengeance sans se charger de la haine publique. Mais , pour avoir toujours des juges dé- .voués, il remplit les tribunaux d'hommes de néant, d'affranchis , d'infômes scélérats ^ .

D'autres fois pour calmer ses craintes, ou satisfaire ses basses passions , il engage des assassins à

la république n'était rien , mais que ses ordres étaient des lois, Auguste ne paria que de son respect pour la république ; il refusa la dictature que César avait rendue odieuse; il ne voulut point être appelé du nom de seigneur; il ne se conduisit en apparence que par les conseils du sénat ; il lui laissa Tadministration des provinces du centre de l'empire ; il rendit au peuple ses assemblées , lui laissa le droit d'élire ses ma-» gistrats ; il le consultait sur les lois qu'il voulait porter, après lui avoir toutefois dicté sa réponse ; ainsi , affectant de n'être que le premier magistrat du peuple y il tâchait de persuader aux Romains qu'ils étaient libres encore. Il fit plus : saisissant avec adresse l'un de ces moraens où le peuple comparait les maux passés à la prospérité actuelle , il feignit de vouloir abdiquer pour rétablir la république/ H parvint delà sorte à faire regarder sa fortune sans jalousie ; ainsi , en tyran rusé , Auguste ne leur parlait que de liberté , en les conduisant à la servitude. Suétone.

I Qu'était le sénat sous César, Auguste, Tibère? Qu'une bande dliommes vils, toujours prêts à servir les fureurs d'un maître; sous Caligula, Caracalla, Néron , il n'était rempli que d'affranchis.

Louis XI , Louis Xm , Henri lU , Henri IV , Jacques 1 1', Charles I^S ne nommaient àx aucune magistrature que des hommes prêts à se prostituer. Charles II et Jacques II élevèrent aux premières magistratui*es les plus atroces scélérats de leur royaume.

II en est de même dans toutes les royautés. Le gouvernement de déception, de prostitution du 7 août , n'a-t41 pas conservé la magistrature de Charles X ? ( Nouvel éditeur, )

œ défaire de ses incommodes ^jets i ; puis ^ pour apaiser les mécontens, il désavoue les ministres de ses vengeances, il les abandonne à Jeur mauvais sort , s'il ne les punit lui-même de leur obéissance criminelle.

Trompés par ces funestes artifices , séduits par ces "^ vains fantômes d'équité > les peuples se précipitent au-devant du joug, confirment les usurpations du prince, s'abandonnent à lui, et lui confèrent le pouvoir de faire tout ce qu'il croira convenable au bien de l'état ^

Mais ce bonheur apparent ne tarde pas à s^évanbuir. Quand une fois les despotes ont affermi leur puissance, iJs oublient la modération, ils se livrent

^ A Venise, lorsque Les inquisiteiirs d*état veulent se défaire de quelque homme suspect , ik se servent quelquefois de délateurs; et sur des dénonciations simulées y ils immolent l'infortunée victime; puis, pour adoucir la douleur des parens aigris par la honte d'un supplice ini'âmant» ils sacrifient aussitôt le ministre de leur scélératesse à la vengeance publique » et se déchargent ainsi sur lui de tout le mal qu'ils ont faÏL Ils en usèrent de la sorte en '4622 , à l'égard des accusateurs du sénateur Antoine Foscaria. Amelot de la Houssaye , Goiwernement de

Telle était la politique d'Auguste , de Tibère , de Néron , quand qudqa'un des délateurs qu'ils employaient venait à être découvert.

2 César est le tyran de sa patrie, et on l'en nomme le père ! Les lois appelaient chaque citoyen à le punir de am crimes, et on déclare sa personne sacrée ; on veut qu'il assiste aux spectacles , assis sur un siège d'or avec une couronne sur la téce. Dans une ville , où la violence faite à la chasteté de Lucrèce avait soulevé tous les esprits contre Tarquin , on délibère de donner à l'empereur un pouvoir absolu sur la pudeur de toutes les matrones. Dans les places publiques , ou place ses images à côté de celles des dieux ; on lui consacre un temple, des autels, des prêtres, etc.

aux plaisirs y à la tnoUesie^ à la débauche, aux excè^ de lous genres. Les revenu$ de l'état deviennent la proie des mignons, des histrions ^ des courtisanes^ et de la canaille , qui ne subsiste plus que de leurs dilapidations. Bientôt la cupidité des délateurs achève d'enlever ce qui était échappé à la rapacité du tyran : à ces prodigalités scandaleuses se joint la licence ; les créatures font un honteux trafic de la puissance de leur «aaitre; et, après avoir vendu les charges de la magistrature , elles vendent la dispense d'en remplir les devoirs.

A force de satisfaire ses passions , ses caprices j le despote dilapide enfin la fortune publique ; pour remplir le trésor épuisé , il recouvre par des crimes ce qu'il a dissipé en folies ; et sous prétexte de fournit aux besoins de l'état, il accable les peuples d'impôts.

Ces ressources épuisées , il a recours aux concussions , aux confiscations , aux rapines , aux brigandages; il fait un crime aux sujets d'être riches, pour avoir un prétexte de les dépouiller : aux peines corporelles il ajoute la confiscation des biens '; et pour

^ Â quel état les Romains en étaient réduits sous Tibère , Néron ^ Galigula , Domitien , etc. ! Lorsqu'ils mouraient par Tordre du tyran ^ ils étaient obligés de lui léguer la moitié de leurs biens , s'ils voulaient conserver l'autre à leurs héritiers. Tacite, Aim,, liv. 6.

On est étonné de voir dans l'histoire des empereurs romains , le grand nombre de citoyens qu'ils firent périr pour en confisquer les fortunes. On est révolté de voir dans celle de Philippe-le^Bel les odieux artifices mis en oeuvre pour dépouiller les teicpliers. Mais on se lasse de lire , dans celle de Henri VJI et de Henri VIII, les traits atroces de leur

trouver partout des coupables, îl qualifie du nom r de crimes uae infinité d'actions innocentes : Il n'est plus occupé qu'à inventer des délits, et à chercher des délateurs.

A la vue des outrages du tyran, les murmures s'élèvent de nouveau ; on fait- des conjurations, et le sang recommence à couler .

Au soin de la sûreté personnelle du tyran , se joint celui de la sûreté de son empire , et sa cruauté redouble avec ses terreurs. Pour se mettre à couvert des entrepi*îses et calmer ses craintes , son lâche

rapacité. Ces exemples sont plus r^rçs dans les histoires modernes ; c'est I dit un auteur célèbre , que nos fortunes éteint moins brillantes, nous ne yalons pas la peine qu'on nous dépouille. ^

1 On est révolté en lisant les massacres horribles qu'ordonnèrent Auguste I^r, Tibère , Néron , Galigula , Domitien ; et l'on sent avec douleur le malheureux sort de- l'humanité en jetant les yeux sur les peuples abandonnés à la merci de ces tyrans. Mais la nature frissonne d'horreur eja lisant les terribles massacres que fit faire Jacques II après l'invasion de Monmouths. Délivré de ses craintes, il s'abandonna aux plus affreuses Tcngeances : pour assouvir sa passion , il epvoya dans les provinces le lord justicier Jeffreys avec un corps de troupes sous les ordres du major-général Kirk , destiné à contenir , par la f erreur , l'indignation publique. Ces monstres , avides de sang , accusaient de crime d'état des iimoc«ns ; ils forçaient les jurés à condamner lés accusés; ils faisaient même exécuter sans forme de procès les malheureux qui ne pouvaient apaiser leur rage où assouvir leur avarice ; puis, après avoir immolé tant de victimes à la soif de leur maître, ils s'applaudissaient de leurs barbares fureurs. Jetons un voile sur le tableau effrayant de tant d'infortunés égorgés avec le glaive des lois, au milieu de l'appareil insultant des fanfares qui accompagnaient ces scènes sanglantes, et bornons-nous à un trait qui dispense de tout autre.

Une jenne fille s'éf^nt jciée aux pieds de Kirk pour avoir la grâce

cœur ne lui suggère d'autres moyens que proscriptions , emprisonnemens et supplices. Soutenir une cruauté par une autre , et laver dans le sang ses bras ensai^lantés 9 c'est son unique occupation.

Pour le soin de son repos , ce n'est pas assez de s'être défait des envieux, des mécontens, des hommes suspects f il fait massacrer toute leur famille , leurs enfans , leurs proches , leurs amis. Ainsi , la vie des citoyens est sans cesse sacrifiée à la prétendue paix de l'état ; la mort court partout de rang en rang , sous ses pas : semblable à un tigre que la cruelle ^im dévore y et qui entre dans un troupeau, il déchire , il égorge , il nage dans le sang.

Ne voyant personne qui soit plus indigne que lui de régner, il redoute des sujets qui conservent encore quelque vertu , quelque talent ; il ne peut souffrir qu'on laisse paraître du mérite , il prend ombrage de ceux qui jouissent encore de quelque considération , des capitaines qui ont de l'ascendant sur les soldats , des magistrats qui font encore leur devoir, des gens en place qui ne sont pas décriés : tout ce qui annonce un grand cœur est pour lui un sujet d'inquiétudes, tout ce qui parait avec éclat blesse sa vue ; tout ce qui excite l'admiration réveille sa jalousie : il s'effarouche de tout ce qui a l'air de l'au-

de son père , il la lui promit , à condition qu'elle s'abandonnerait à sa luxure. L'amour filial triompha de la pudeur; mais après avoir assouyi sa brutalité, il poussa la barbarie jusqu'à conduire par la main cette infortunée à une croisée, d'où il lui fit voir son père sur l'échafand.

dace j et pour bannir ses crainles^ U ne connak que les supplices.

Redoutant jusqu a l'ombre de Tindépendance , il voit avec chagrin quiconque ose tourner ses regards vers la patrie ' ; il s'offense qu'on ose rappeler les jours fortunés de l'ancien gouvernement, et parler avec éloge des bons citoyens , il fait dès édits contre la liberté des discours , il met l'amour de la patrie au rang des crimes, et il s'efforce de le punir comfné tel.

Quelqu'un a-t-il le courage d'épouser la cause des opprimés ? On lui fait procès d avoir osé discuter les

^ Tibère fit un crime capital à un poète d'avoir maltraité Agamemnon dans une tragédie : tant il voulait qu'on respectât aveuglément le titre de prince.

Gordus ayant loué Brntus dans ses annales , le sénat , pour plaire à Séjan, condamne ce livre au feu. Le lord Lucas ayante publié]]un discours contre les prodigalités de Charles II , ce prince fait brûler son discours par la main du bourreau.

En 1621 , Jacqueftll défendit par une proclamation de médire de ses ministres. Rushkworth.

Comme on parlait beaucoup de la joie que les succès de Louis XIV donnaient à Charles II , il fit fermer les cafés de Londres , spus prétexte que c^étaient le rendezrvous de ses ennemis pour calomnier le roi et ses ministres. Rapin.

En 1 755 , le conseiller de Saint-Maur présenta au mini-^tre le plan des ressources d'état : pour le récompenser de ses vues patriotiques , on l'envoya à la Bastille.

A toutes ces infamies historiques, nous en ajouterons une.

Racine , touché de la misère du peuple , fait un mémoire en sa faveur et le publie ; Louis XIV , avec ce ton impérieux du despote qui a dit , Vétat eest moi , dit : « Parce qu'il est grand poète , il croit avoir le talent d'un ministre. » Il est fâcheux d'avoir à ajouter que Racine fut assez sot et assez faible pour s'en désoler. {Nouvel éélUeur,)

droits du prince, on brûle son ouvrage par autorité publique, et on le punit comme un malfaiteur \ Prend-il la fviite ? On redemande sa tête aux puissances étrangères, et on ne cesse de le persécuter.

Les princes en sont-ils venus là? ils poussent plus loin ^eurs défiances, ils ne peuvent souffrir qu'on porte les yeux sur les affaires publiques ^, ils s*efforcent de faire oublier qu'il est un bien public, de détruire l'idée du juste et de l'injuste, et d'anéantir jusqu'au nom des lois ^.

En punissant ceux qui se récrient contré la tyrannie, ils effraient ceux qui voudraient suivre cet exemple; et comme ils ne redoutent guères moins les discours tenus tant eti particulier qu'en public, ils ne s'occupent que des moyens d'imposer silence à tout le monde.

Pour empêcher qu'on éclaire leur conduite , ce n'est pas assez pour eux d'emprunter le secours de la terreur, ils ont les yeux toujours ouverts sur le

^ A Venise , où les nobles, après s*étre emparés du pouvoir suprême, et partagé toutes les places, toutes les dignités , dominent à la faveur de l'ignorance et de la superstition ; ils ne redoutent rien tant au monde que la propagation des lumières : aussi le seul crime irrémissible est-il de se mêler des afïaires d'état , et même de s'en entretenir, fut-ce pour louer le gouvernement. D'ailleurs, on y peut faire tout ce qu'on veut ; et si on est protégé d'un sénateur , on peut braver la justice, et y commettre impunément les derniers forfaits.

* Pour faire sa cour à Tibère, Galliénus propose d'admettre les prétoriens dans l'amphithéâtre , au rang des chevaliers : pour prix de son zèle l'empereur le fit chasser du sénat. Tacit., Ann,^ lib, 6. ^

3 Charles I*^^ défendit au peuple, par proclamation , de parler du parlement qu'il ^yait mis de côté , et qu'il voulait^^néantir.

public; ils établissent Tespionnage, etce redoutable emploi ils le confèrent à une bande de vils scélérats : ainsi , sous prétexte de ne pas exposer* le repos public, et de maintenir le respect dû à la majesté du trône , ils entretiennent des nuées d'espions au milieu des peuples , au sein même des familles; ils érigent des inquisitions, dont la porte est toujours ouverte aux délateurs.

^ C'est co qui se voyait à Rome , soas les Tibèrç , les Néron , les Domitien, les Caligula : Rome n'était alors remplie que de délateurs; l'esclave était Tespion de son maître ; l'affranchi , de son patron; l'ami, de son ami; le fils , du père ; etc.

C'est ce qui se voit aujourd'hui en Orient , à la Chine, au Japon, et dans la plupart des états de l'Europe.

En Italie, en Espagne et en Portugal, on dépense des sommes con« sidérablrs en frais d'espionnage.

En France , le ministre puise chaque année dans le trésor public dix millions pour acheter les yeux et les oreilles de 30,000 mouchards , appelés témoins à gages , en style de chancellerie.

Non contens de s'introduire dans les cafés, dans les cabarets, dans les guinguettes et autres endroits publics^ pour y épier les discou^ qui s'y tiennent , ces misérables joignent encore au vil rôle de déla« lateurs la plus noire perfidie. Pour fouiller jusque dans le fond des cœurs , ils se mettent souvent à déclamer eux-mêmes contre le gouvernement, et à provoquer ceux qui gardent le silence.

Ganto, Pichon, Sociande, la Comète, Marcassin, la Corbière, Gorgibus, etc. qui déposèrent contre le marquis de La Boulaye , un des principaux frondeurs, avaient chacun un brevet de témoin à gages, par lequel il leur était enjoint de se trouver dans les assemblées publiques , de dire tout ce qui leur semblerait à propos contre l'état et contre le ministère sans qu'ils pussent être recherchés : et le parlement eut la bassesse de recevoir la déposition de ces infâmes coquins. Hist. du card. Mazarin. *

• Nous devons, de toute nécessité, ajouter à la bande de coquins dont parle Marat, \'idocq , cet illustre sceïp'rat , qui a déjà rendu tant de services à la monarcbie.

( Nottpef éditeur, )

Noti coutens d'entretenir des nuées d'espions/ quelques-uns poussent l'horreur jusqu'à foncer leurs sujets à en faire l'infâme, métier contre leurs parens mêmes ^ : dès-lors on n'ose plus s'ouvrir à personne, le frère se défie du fi ère, le père du fils, l'ami de Fami.

Quelqu'un a-t-il le courage de se récrier contre l'oppression ? on le saisit, on le charge de fers, on le jjette dans un cachot, en attendant qu'on lé traîne devant un tribunal de sang; et chacun l'abandonne comme une victime dévouée à son mauvais sort ^. Ainsi, en écrasant ceux qui résistent, et en effrayant ceux, qui voudraient résister, bientôt il ne se trouve plus personne pour défendre la patrie, et il ne reste dans l'état que de vils esclaves à genoux devant un maître impérieux.

• ^ A Venise, outre le nombre prodigieux d'espions qui hantent les cafés ^ les églises, les. théâtres, et ceux qui se trouvent au sein des familles, le conseil des dix offre de temps en temps des récompen^ à quiconque yeut faire le métier de délateur : il y a même une bouche d'airain sans cesse ouverte aux délations. Ainsi tout y est suspect ; domestiques , parens, amis, maîtresses.

£ji 4 621 , Jacques I^*'' fit une proclamation portant défense à tout sujet de s'entretenir des affaires d'état sous des peines rigoureuses , et contre les auteurs et non-délateurs des contraventions à cet ordre arbitraire.

2 L'histoire des Louis XI, des Charles IX et des Louis XIII est pleine d'exemples de malheureux condamnés par des commissaires royaux. On sait les horribles transactions de la chambre ardente.

Aujourd'hui même les partisans de la liberté n'ont guère lu meilleur sort à attendre. Combien de personnes disparaissent de Paris , qui sont traînées pendant la nuit dans d'affreuses prisons, où elles sont étranglées à la lueur des flambeaux.

Jalouii de leur empire^ les despotes sentent que pour tyranniser les peuples plus à leur âîse, il faut les abrutii ; aussi tout discours, tout écrit qui élève l'âme qui tend à rappeler l'homme à ses droits , à lui-même, est-il funeste à son auteur. Et comme si ces tyrans voulaient anéantir tout ce qui porte l'empreinte de la raison ou de la vertu ^ dans ces temps d'oppression, on voit les orateurs célèbres, fes politiques, les philosophes honteusement bannid, et leurs ouvrages flétris par la main des bour-

reaux ^.

Rien n'est innocent aux yeux d'un despote, sans cesse environné de délateurs qui nourrissent seà soupçons, flattent son avarice, aiguillonnent sa cur pidité, enflamment $on orgueil? sans cesse entoure de scélérats protégés et enrichis par la part qu'ils obtiennent des confiscations , les paroles les plus innocentes deviennent des crimes, jusqu'aux pensées secrètes, alors plus de bornes à la tyrannie. Tou$ ceux qui lui deviennent suspects £iont immolés à sa lâcheté; tous ceux dont il convoite là fortune sont immolés à sa cupidité; on les accuse d'avoîrattenté à la majesté du prince, méprisé son autorité, médit de ses ministres ; tout prétexte est bon ^. Dès lors le glaive

^ Après ayoir fait périr tant d^hoinmes vertueux, Néron fit péfîr Fœtus, illustre «énateur, comine s^ileût vonhi extirper la Tcrtu elle-même.

2 Cela se vit à Rome sous les Tibère , les Caligula , les Domitien; et en Angleterre , sous Charles 1^^.

3 Tibère qualifia de crime de lèse-majesté les actions les plus indifférentes.

Un citoyen, en vendant ses jardins , avait aussi vendu la statue d" Au-

— Mode la loi est levë sur toutes les têtes, et 1 état devient un théâtre d'horreur et de carnage. Ainsi livrés à la merci du gouvernement,' chacun sent qu'il ne faut point fifiire parler de soi, et qu'il ne tient sa sûreté que de son obscurité; chacun cache ce qu'il craint, ce qu'il espère, ce qu'il désire; alors plus de murmures, plus de soupirs, plus de plaintes; partout règne un morne silence , la consternation se répand dans tous les cœurs; dans leurs transes perpétuelles, les sujets gémissent en secret, et se désespèrent comme des cri-

guste qui B*y trouTait placée; Tibère le fait déclarer criminel de lèsemajesté.

Un citoyen frappe un esclare qui portait fortuitememt sur lui une médaille de Tibère ^ il est puni comme criminel de lèse-majesté.

Un citoyen s'amusç à faire quelques vers un peu libres qu'il lut à àçs femmes , bientôt il est puni comme criminel de lèse>majesté.

Un cheyalier présente à Tibère une élégie sur la mort de Germanicuft , qu'il avait faite à la demande de Drusus; à l'instant il«st traité en criminel de lèse-majesté. Armai., lib. 3.

Une femme se déshabille devant l'image de l'empereur Domitien; il la fait condamner à mort. Sous Néron , c'était pis encore. On fît un crime de lèpe-majesté à Thraséa, de n'avoir jamais iipplaudi aux discours des flatteurs , de s'être volontairement absentée, lorsque les magistrats faisaient des vœux en faveur du prince, de n'avoir pas sacrifié à sa divine voix, de n'avoir pas voulu reconnaître Poppéa pour déesse. Annal:, 14 et 15.

Galigula fit un crime de lèse-majesté aux citoyens d'être riches. Ayant accordé à Drusille les honneurs divins , il fit un crime aux Romains de la pleurer , parce qu'elle était déesse , et de ne pas la pleurer parce qu'elle était sa sœur.

Denis traita en criminel de lèse-majeeté un certain Marsias, pour avoir rêvé qu'il coupait la gorge à ce tyran. Plutarque , Fie de Denis.

Une ancienne loi d'Ecosse mettait au nombre des crimes de lèsemajesté tout mensonge débité sur le roi et son gouvernement

luiiiels condamnés au supplice ^ ayant toujours la mort devant les yeux^

Après avoir sacrifié ses sujets à ses craintes , à son avarice ^ à son orgueil , il les sacrifie à sa luxure ; il leur enlève leurs femmes , leurs filles , leurs fils; il s'abandonne aux plus horribles débauches, et il n'écoute plus que la voix des infâmes passions.

Une fois sous le joug et convaincus cïe l'impossibilité de le rompre, les sujets ne songent plus qu'à se consoler du malheur de leur situation. L'âme affaissée par la crainte, ils cherchent leur salut dans la bassesse, et, forcés d'être ou victimes ou satellites du gouvernement, ils se déterminent à devenir suppôts de la tyrannie.

Incapables et indignes d'être libres, ils commen** cent par dédaigner la liberté, et à vanter le repos dont ils jouissent dans les fers \ ^

Que s'il se trouve encore quelques bons citoyens,

^ Peudant les sept premiers siècles de la république y on parlait et on écrivait avec autant de force que de liberté; mais depuis la bataille d'Actium , le souverain pouvoir étant passé entre les mains d'un seul de qui on avait tout, à craindre et rien à espérer, pour se mettre eu sûreté ou pour s'avancer, on ne vit plus que la servitude. Chacun s'étudia à plaire ou à flatter ; les cœurs s'avilirent , et le sénat lui. même ne rougit pas d'encenser l'empereur.

A peine Tibère fut-il monté sur le trône, que les chevali^r^, les sénateurs et les consuls coururent à l'envi à la servitude. Le fourbe feint de ne pas vouloir de la couronne , et le sénat rend à l'instant un décret pour forcer les citoyens de jurer sur les actes de l'empereur» c est' à-dire que tout ce qu'il jugera de faire sera regardé comme un bienfait.

A l'avènement de Tibère , un sénateur s'écrie qu'il faut que le corps

sachant bien qu'ils seraient abandonnés de tous^ ils ne se hasardent point à tenter des démarches qui ne feraient que les perdre ; ainsi , réduits à désii-er une révolution sans oser tenter la moindre démarche pour rompre leurs fers^ils prennent comme les autres le parti de la soumission et ils approuvent ce qu'il ne servirait de rien de blâmer. Les sages eux-mêmes se taisent pour gémir en secret; car, ouest Thommequi aime assez son devoir pour le faire inutilement! Or, quand ceux qui devraient inspirer aux autres du cou rage, sont les premiers à le leur ôter, on ne voitplusde toutes parts que bassesse, flagornerie et lâche servitude. Dés ce moment les bouches ne s'ouvrent plus que pour encenser l'idole qu'on redoute.

Quand une fois le prince est tout , pour être quelque chose , chacun s'efforce de lui plaire , et chacun à l'envi dispute de bassesse. Bientôt les courtisans ,

d'Auguste soit porté au bûcher sur les épaules des sénateurs, et il se charge ainsi d'an office réservé aux esclaves.

Un autre sénateur propose de ne plus marquer les années par les consuls, mais par l'empereur.

Un autre, de graver en lettres d'or le décret rendu sur cette proposition. Jeunes et vieux, chacun encense le tyran à l'envi, ceux mêmes qui, accablés sous le poids des années, ne peuvent espérer de recueillir de leur turpitude qu'un opprobse éternel.

Lorsqu'Othon eut été proclamé empereur, on vit ces Romains, dont les ancêtres frémissaient au seul nom d'esclavage, courir en Ibnle au camp et applaudir au choix des soldats. C'était à qui baiserait le premier la main du despote, à qui le flatterait le plus bassement, à qui ramperait le pins lâchement à ses pieds, tandis que le sénat s'empressait de décerner à ce parvenu les marques de la souveraine puissance.

vUs flatteurs de ses piai^râ . et de &es vices ^ brident éni rampant i'honheur honteux d'^n être k jouel\

Sous prétexté de maintenir son autorité^ tous ceux q\ii rapprochent:, traitent de coups^le licence l'a^mour de la liberté^ mettent celui de la patrie au ra-i^ des crimes f approuvent le supplice des citoyens qui en sont la victime^ et deviennekil: les vils apokigisties du' pouvoir arbitraire.

De leur côté, les écrivains rejprésëntent le prince comme l'arbitre suprême^ des peuples, et les sujets comime des esclaves destinés à. servir ; ils crient que chacun doit adorer le joûgy et ils ne négligent rien pour accréditer cette funeste doctrine; tandis que pour faire valoir leur eèle^ l^s' làbbes intrigans et les s(>élérats ambitieux se portent délateurs, et cherchent partout quelque victime dcmt la condamna* tion pisisse plaire au prince; ^

Enfin, pour comble d'infamie, on voit les magistrats, les sénateurs, les pères de la patrie, joindre leur voix à la voix du.pe.uple^ et disputer d'infamie avec les esclaves. . -

Lorsque les peuples en sont là, ils descendent plus bas encore. Une ignorance extrême produit une extrême crédulité; amenés ainsi à méconnaître leurs droits, l'habitude d'entendre sans cesse prodiguer

1 Les' oheiraliesrs tottafitis - fenatest la cbûr àmf, affranchis de Ti* hère , et tenaient à Honà^ur d'étrv ' oanbus du portier • de S^'an. Tœoîtt jinn, 6.

En Frhnèe, les grands rampent dans Tantichatiibre des miiûstTes , fiers d'être distingués des autres esclaves.

— . Sâ5 — - j;|

au tyran des titres pomjveax, des noms augustes, ^i

des honneurs divins , ils ne voient bientôt plus \

dans le prince un simple mortel , ils regardent ses ordres comme des oracles émanés du ciel , et ils mettent Tobéissance aveugle au rang de leurs devoirs ,1 les plus sacrés : alors ^ maître absolu de TÉtat , il ^ cesse d'avoir recours aux prétextes pour colorer ses * forfaits; il foule aux pieds les lois, les mœurs, la pudeur; il dépouille les citoyens à son gré: après leur avoir enlevé leurs fortunes , il leur enlève leurs femmes et leurs enfans, il les vend à ^enchère^ Que dis-je^ il souille les tribunaux, dégrade les magistratures, avilit les emplois, force les magistrats à se prostituer en jouant des rôles de farceurs, à s'exposer à la risée publique^, et il écrase tout ce qui s'oppose à ses fureurs.

Ne voyant plus rien à ajouter à sa puissance , il ne s'occupe qu'à en faire sentit* le poidis, il donne des ordres tyranniques , et loin de laisser à ceux qu'il opprime la liberté de se plaindre , sa farouche barbarie leur défei^id jusqu'aux larmes et aux sou-

1 Caiigala îtMah mourir miUtairement tous ceux qui lui déplaisaient : et ce n'était pas à quelques sénateurs qu'il en voulait , il tenait le glaive 8U3pendn «ur le sépat qu'il meaft^t d'exterminer tout entier. U fit de son palais un lieu de prostitution , et rendit à la canaille Ae Rome de jeunes filles et de jeunes garçons qu'il avait fait enlever aux familles les plus illustres» Enfin » pour insulter . à tout ce qu'il y avait de plus respectable, il avilit les magistratures et prostitua la robe consulaire jusqu'à en faire une couverture de cb^al.

2 Néron força les ^natevrs de faire au théâtre et an cirque le métier d'Histrion. Vio Cass,

pirs^ : en les condamnant à perdre la ^ie, il force encore les tristes victimes de sa férocité à se percer le flanc de leurs propres mains.

Enfin, par un orgueil sacrilège, lé tyran joint l'insulte à Foutrage, il s'applaudit d'inspirer de l'effroi, il va dans les places publiques où la terreur le devance; à son aspect, lé peuple baisse lés yeux, se précipite à ses pieds, et lui prodigue l'encens; tandis qu'il insulte avec affectation aux malheurs de PÉtat qu'il tient opprimé. Brûlant' d'assouvir ses fureurs , souvent on l'entend rugir de ne pouvoir pas faire plus de mal. Caligula aurait souhaité que le peuple romain n'eût eu qu'une tête,, pour avoir le plaisir de l'abattre d'un seul coup.

A mesure que la tyrannie avance vers son dernier période, l'avilissement des peuples avance vers son dernier terme. Courbés sous le poids de leurs chaînes, bientôt ils deviennent les plus vils apologistes

de la tyrannie.

Néron venait xie commettre un jjarricide exécrable, et bientôt on voit dans Roime les citoyens courir en foule aux temples remercier les dieux d'un forfait qui criait vengeance : les sénateurs eux-mêmes

1 Tibère poussa Tatrocité jnscpi'à porter une loi contre les parens qui pleureraient les malheureuses victimes de ses fureurs.

En dépouillant les templiers, Philippe Lebel s'attachait à en arra-* cher, par des supplices effroyables, Taveu des prétendus crimes qu'il leur imputait. Trevot. Conc, 8i>-8.

C'était la co|Ltume de Charles I^^, lorsqu'il avait fait condamner par U chambr6 étoilée les infortunés qu'il tyrannisait, d'exiger d'eux l'aveu dés crimes qu'ils n'avaient pas commis. Ruskwor*th , vol ï.

mpntent »» capilole, ordonnent des prières publia qvies pour le. salut.da prince , mettant le jour de la naissance de sa mère aii nombre des jours malheureux, et font fumer l'encens pour des forfaits qu'ils aurçdent dû punir du dernier supplice ^ .

Mais jusqu'où ne vont poîiit les tyrans? Après avoir .porté leur puissance au dernier excès, ils affectent d'être plus que dçs hommes, ils ont l'impu-* dente folie de se donner pour des dieux ; et comme si ràvilissement des sujets pouvait encore aller plus loin, on voit ceslâclies esclaves s'empresser de rencl^rk-éur les titres que- lé tyran s^arroge, et adorer en tremblant l'idole qu'ont formée leurs mains 2.

Telle est la. marche ordinaire des princes au pouvoir absolu ^. Ainsi, la liberté a le sort de toutes les

^ TacîL^nn.

•2 Dioclétien voulut être adoré: ce qui fut ordonné par édit.

^ Ce n'est pas que chaque prince mette en œuvre tous ces moyens pour subjuguer ses peuples, ni que le plan d'opérations de la plupart des princes soit toujours bien concerté , ou même qu'ils aient tous un plan fixe.

Pour lebonbeur de l'humanité , les princes sont généralement des hommes si ordinaires , ils ont des vues si courtes , et leurs ministres leur ressemblent sifort, qu'on peut se reposer souvent sur leurs sottises, du soin de défendre la liberté.

Juste ciel I où en serions-nous, si remplissant de leurs intrigues le monde entier, ils savaient tramer leurs complots de manière à n'en pas paraître les auteurs? s'ils savaient toujours les conduire au succès sans compromettre leur autorité !

Ce n'est pas non plus que le même cabinet poursuive sans relâche le même projet. Il se trouve de temps à autre quelques bons princes qui ne veulent point être opresseurs ; ils s*en trouve aussi quelques-uns sans ambition, qui ne songent point à étendre leur pouvoir : mais pi us

autres cbo^s» bumaîneti; elk. cède^u temps qui dé-^ truît tout^ à TigcioimLce qui oonfood tout/ a\L vi€^ qui corrompt tout, ^t àla force qui écrase t0ut\ •

sonyent il s'en trowra de timides Qui n^is^t pM faire le kiiftl qm'ils

voudrsiient. Or, sous ces pjriuces, le despotjisffie fait or^ixiAiçresii^ peu de progrès.

Enfin, ce n'est pas qn*il faille toutes ces annes pour ustirper la puissance sqpréme : sçiivent un êosp d*était suffît pour diétroiFc la liberté.

1 Nous croyons qu'oq aurait tort de conclure de là que raoteur désespérait de la liberté; non , aa contraire, c'était cbez lui réffet de TiMnour le plus ardent de la libôté qii^ibtok possible < dé vbir. If ail*» leurs , il a prouvé plus, tard, païf ce^ qu,'fl ^ fai^ pour ^e, ^'ilr,^iHiy4it son établissement possible et surtout définitif* Ainsi , ne nQU^ l<^f«sQp^ pas trop attérer par les dernières lignes de cet ouvrage , quoiqu'elles portent nu pen le detdl dans' TéAie. Désespérer de la'liberté , ce serait désespérer cte H^unumité , et ce »'^ paa le fieut >d^ coeun BoUea^gé^ néreux , et placés au bon endroit. (Nouvel éditeur.)

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