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Report.... 1.709.329 08
allocations du prochain exercice :
Relations extérieures P. 20.000 »
. Guerre 84 . 375 »
Intérieur ^. . . . 64.811 i4
Le déficit à combler le 3o septembre sera donc environ de P. 1.540. 142 94
Il n'y a pas lieu de penser que les recelles du prochain exercice permettent de régler ce découvert, puisque le biidg"et des receltes de l'exercice 1 892-1 898 présenté par mon prédécesseur, com paré à celui des dépenses, laisse un déficit de P, 572,71 1, soit :
Budget des voies et moyens P. 8.032,897 »
— des dépenses 8.6o5. ii3 »
Déficit P. 572.716 »
Mais au lieu de P. 8,o32,397 ^^^ recettes, selon mes prévisions, atteindront à peine . . P. 7.200.000 »
De là un déficit nouveau de i . 4o5 . ii3 »
auquel il faudra ajouter :
1° Affaire « Haïtian Republic » en voie de règlement, à peu près 120.000 »
2" Créance Rivière et G° 35o.ooo »
3° Miot Scott et Co (Wharf de Port-au- Prince) 62 . 733 3o
En additionnant les P. i .937.846 3o
au déficit de l'exercice 1891-1892 i .54o. 142 94
on aura, au 3o septembre 1893, un déficit
de P- 3. 477 989 24
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Plus les garanties d'intérêts sur les contrats en cours, notamment les chemins de fer, les restitutions des droits de wliarfas;-e sur les contrats du wharf du Petit-Goâve et de celui de Jacmel, etc.; les pensions à liquider confo4^mément à la loi ; les nouvaux crédits qui seront probablement demandés pour faire face à des dépenses urgentes, et enfin toutes autres dépenses augmentant encore les charges de l'État.
Pour ce qui est des droits fixes d'exportation, je vous ferai remarquer qu'ils ne peuvent en ce moment être disposés, puisqu'ils sont affectés à la liquidation de l'emprunt du 27 janvier 1892, ainsi qu'il doit vous en être rendu compte aux termes de la loi.
Telle est la situation. Messieurs les députés. Elle est grave. L'heure est assez solennelle pour réclamer la sollicitude la plus vigilante des mandataires delà nation. Nous devons nous mettre tous à la hauteur des devoirs qui nous incombent et patriotiquement, la main dans la main, étudier ensemble les mesures propres à assurer le crédit de l'Etat. Une chance heureuse nous permet absolument de Compter sur le maintien de la paix. Ce facteur, ce levier merveilleux que nous trouvons dans la confiance publique qui entoure le gouvernement, peut nous permettre, non pas d'accomplir des miracles, mais d'améliorer singulièrement l'avenir.
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C'est elle, cette confiance publique, qui nous dit de ne pas désespérer et qui assurément soutiendra Chambres et Gouvernement dans tout ce qu'ils entreprendront pour le bonheur commun.
Pour moi, Messieurs les députés, je ne suis qu'un homme de bonne foi, de bonne volonté, voulant simplement, mais énergiquementfaire mon devoir. Je n'ai aucune présomption, aucune infatuation, surtout celle de l'inconscience qui, d'un air plein de mystère, vous parlerait peut-être de sauver à l'instant le pays avec un plan financier. Nous savons la valeur de ces plans-là ; ils ont toujours le malheur d'être in eœtremis. Nous ne sommes plus en 1890, où de belles récoltes, des recettes abondantes, un budg-et peu élevé permettaient d'oser beaucoup.
Respecter scrupuleusement les en^ag-ements pris, aug"menter ainsi le crédit de l'Etat afin d'améliorer par la confiance les conditions dans lesquelles il se meut ; en user habilement et prudemment pour faire face au service public, ramener la régularité, l'ordre, l'économie la plus stricte dans nos finances, rompre avec toutes les dépenses inutiles, ménager enfin l'avenir afin qu'à la législature prochaine et avec toute la maturité voulue, en face d'uii horizon plus serein, une réorganisation sur des bases solides soit possible, tel est le programme impérieux et loyal que la réalité impose. Il estfait,
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VOUS le voyez, d'amputations nécessaires et de recueillement indispensable. Je suis prêt à le remplir, si vous daignez me donner votre patriotique concours.
De cet exposé, Messieurs, il ressort que vos comités doivent immédiatement nous mander par devers eux pour rég-ler cette épineuse question du budget. Ce budget n'est pas notre œuvre, mais arrivés tard, presque à la fermeture de cette législature, au moment où vous veniez d'accomplir un acte de votre souveraineté parlementaire, nous n'avons pas cru devoir reprendre le budget. Nous l'avons laissé dans vos mains, comptant que votre expérience et votre patriotisme d'un côté, notre bonne volonté de l'autre, feraient meilleure et plus expéditive besogne. Vous avez approuvé cette façon de faire, le temps étant court et des réformes débattues entre vos comités et nous ayant plus de chance de recevoir la prompte sanction de cette Assemblée. Mais le temps nous presse et il faut commencer pour pouvoir finir.
Parallèlement à l'étude du budget, il faut que je me hâte de vous présenter quelques mesures qui doivent assurer le service courant. J'écarte, Messieurs, toutes les questions épineuses, toutes les questions irritantes, je ne les ai pas créées et nous avons tous les loisirs nécessaires pour les régler. Mais il faut courir au plus pressé ; il faut
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vivre. Nul plus que moi n'a souci de l'avenir financier de ce pays. Mais, malheureusement, les sentiers battus, les ornières sont profondément creusés ; ce sont de vraies fondrières. Il faut une grande habileté pour s'en tirer. Appuyé sur vous, je lutterai pour débarrasser le pays du vasselage financier qui l'étreint.
Non pas par des moyens que la morale réprouve, non pas par des moyens brutaux, non pas en répudiant les contrats que nous avons librement consentis, ce moyen-là est exécrable et maladroit, mais en prouvant que nous sommes d'honnêtes gens en qui on peut avoir toute confiance. La confiance nous donnera des capitaux à bon marché. Je sais du reste ce que je me dois à moimême, ce que je dois à tous les amis connus et inconnus qui ont acclamé mon arrivée aux affaires. Voulez-vous me permettre une image qui rend bien ma pensée? Le crédit d'Haïti, en ce moment, me fait l'effet d'un homme enlizé dans une mer de sable. La tête et peut-être un bras sont encore dehors, mais s'il fait un mouvement trop brusque, tête et bras seront engloutis. Au contraire, si lentement, patiemment, il dégage l'autre bras d'abord, ensuite une jambe, puisenfin l'autre, il dira alors à la mer de sable une fois sorti de son étreinte : a Je vais t'élever une digue afin que lu ne m'absorbes plus. »
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Messieurs, dans tous mes actes, qu'ils soient inspirés par la nécessité ou par les besoins du moment, je veux que, d'un bout à l'autre du pays, il soit visible pour tous, le but que je poursuis, que je poursuivrai toujours : l'amélioration du crédit d'Haïti, la chute de toutes nos petites Bastilles financières.
Je veux que cette étoile qui me guide dans la nuit où nous nous débattons soit toujours visible à l'horizon de nos espérances.
Que le génie de la Patrie me frappe si je manque à ce serment ! C'est l'engagement que je prends vis-à-vis de vous ! (i).
(i) Voici quelles furent les appréciations des principaux journaux de la capitale :
La Revue-Express du 25 août :
« Un bruit, qui s'accréditait de plus en plus, avait jeté la perplexité la plus grande parmi les esprits préoccupés de la prospérité du pays. On parlait de la démission probable de M. Marcelin, notre secrétaire d'État des finances.
« Si, au premier abord, il a été quelque peu effrayé de l'apparence sous laquelle se présentaient à lui les affaires de son Département et la situation du Trésor, nous sommes autorisé à affirmer qu'il est faux qu'il ait jamais songé à déserter la mission et les responsabilités de leur administration.
« La lumière s'est faite peu à peu dans ce qui lui paraissait un chaos confus ; et s'il est vrai que le temps passé jusqu'à présent au ministère ait été, pour lui, un temps de fièvre, de recherches, d'investigations, à la suite duquel lui ont apparu les embarras de la situation et la conscience des efforts utiles pour y porter remède ; s'il est vrai que la crainte et de l'insuffisance de l'appui nécessaire et de son impuissance à faire adopter et triompher les réformes indispensables, ont eu quelque influence
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SÉNAT