‹ Les champignons comestibles du canton de Neuchatel et les espèces vénéneuses avec lesquelles ils pourraient être confondusChapitre 14 sur 19 · CD C · texte numérisé non relu

CD C

CD Co

D i g i t i zed by

AOARICIJS MEIiliElIS (FI. Dan.) L'Agaric en groupes. — Der Hallimasch.

Caractères. — Chapeau charnu, devenant plat, écailleux, velu, bord mince et rayé. — Pédicule plein, élastique, fibreux, entouré à sa partie supérieure d'un anneau lâche. — Lamelles un peu éloignées, pâles, puis blanches marquées de taches rouille.

Description, — Pédicule fibreux, écailleux, souvent tuberculeux en vieillissant ; longueur 6 à8 pouces, épaisseur 1/3 à 3/4 de pouce, courbé quand il est en touffes ; couvert d'abord de filaments blanchâtres qui deviennent plus sombres. L'intérieur est libieux, blanchâtre, devenant brunâtre ou rougeâtre et plus ou moins coriace vers lu bas. A environ 1 pouce du chapeau est un anneau velu, blanchâtre, membraneux, délicat. ■— Le chapeau est d'abord en boule, puis un peu aplati, souvent humide, large de 2 à 5 pouces, couvert d'écaillés brunes, velues, serrées au milieu et disséminées vers les bords ; sa couleur est jaune-brun. Les lamelles sont délicates, de longueurs différentes, descendant sur le pédicule, blanchâtres ou jaunâtres, un peu rougeâtres vers le bord, devenant sales en vieillissant. A la maturité les sporules des plus grands tombant sur les petits, ceux-ci paraissent saupoudrés de farine. — L'odeur du jeune champignon, est faible, la saveur un peu amère et peu agréable. — Il croît sur les troncs pourris et les racines de plusieurs espèces d'arbres, surtout de hêtres et de sapins, sur lesquels il forme des groupes de 40 à 80 individus.

Confusion. — Il serait possible de le confondre avec l'ag. mutahilis, Vag, snhlateritins, Vag, fascicularis qui croissent aussi sur les vieux troncs et qui ont avec lui une certaine ressemblance. — Mais le !«»• est comestible. — Le 2<* en diffère parle pédicule plus court, des touffes plus petites et sa couleur plus claire. — Le 3"»<^parsa couleur jaune de soufre et ses lamelles verdâtres qui se fondent en un liquide noir. En outre ce dernier a un goût amer que ne lui ôte pas la cuisson, et qui communique au plat où il est mêlé une saveur si désagréable qu'il faut à tout prix l'écarter. Je donne plus loin une figure de Tag. fascicularis pour renseigner plus complètement le lecteur.

ACSAIIICCS «AAEIIOSIJS. Pries.

Der Huf-Maischwamm.

Caractères, Ressemble beaucoup aux mousserons ; chapeau charnu, non coriace, le dessus humide — le pédicule plein, un peu renflé au bas — les feuillets blancs ainsi que les sporules.

Description, — Tout le champignon est d'un blanc-jaunâtre ; chapeau convexe, puis plat, mais contourné, ondulé, large de 4 à 6 pouces, humide, lisse, tacheté, à la fin crevassé ; dans le premier âge le bord du chapeau est enroulé et le haut du pédicule finement floconneux ; — celui-ci est robuste, à peu près cyUndrique. — Les feuillets éont dentelés, serrés, plus larges au milieu, attachés au pédicule par une dent.

Il croît au printemps (mai) dans les prairies et les pâturages ; il est comestible et on le prépare comme le mousseron.

SliAPHOmnrCSS «RAlVIIIiATlJS. Fr.

ScLERODERMA CERViNUM Pers. — Der Hirschbuff.

Caractères, — Ce singulier champignon se rapproche beaucoup des trufies ; comme elles il est arrondi en boule plus ou moins régulière, mais sa chair ne tarde pas à être remplacée par une poussière noire {les sporules) mêlée de filaments. Les téguments extérieurs sont durs, coriaces, couveits d'aspérités nombreuses.

Description, — C'est une boule jaunâtre, sans racines, à surtace chagrinée, de la taille d'une noisette ou d'une noix, que l'on trouve dans la terre comme les truflfes. L'intérieur est d'abord blanchâtre, puis rempli d'une poussière noire. L'écorce devient avec le temps dure comme du bois.

Il croît en grand nombre, sous terre dans les montagnes. Les exemplaires que j'ai trouvés moi-même avaient été mis à nu par l'érosion de l'eau. On m'en a apporté plusieurs qui avaient été déterrés par les sangliers au pied de la montagne de Boudry.

Il n'est pas comestible; je ne l'ai figuré qu'incidemment et pour répondre aux personnes qui m'ont demandé des renseignements à son sujet.

A»AIII€1JS FUmOSlIS. Batsch.

Agaric enfumé^

Caractères, — Se distingue par la couleur enfumée de son chapeau, par son pédicule épais renflé à la base, gris clair, par ses feuillets assez larges et serrés, de diverses longueurs, remontant un peu sur le pédicule et de couleur claire légèrement lavée de brunâtre. Sporules blanches.

Description. — Le chapeau est d'abord voûté, arrondi, les bords roulés en bas, de couleur noirâtre, puis il s'aplatit et prend une foVme plus ou moins réguhère et une teinte moins sombre, variant du gris souris au brunâtre. — Souvent une légère proémmence se montre au milieu ; il a de 2 à 4 pouces et plus de diamètre, sa chair est épaisse, blanche, cassante, rappelant celle du bolet comestible, et d*une odeur agréable. — Les feuillets sont assez larges, serrés, de plusieurs longueurs, d'une teinte clairo légèrement grisâtre ou brunâtre, mais passant au brun avec l'âge. Ils émettent en abondance des sporules blanches. — Le pédicule est plein, charnu, long de 2 à 3 pouces, renflé dans le bas, de 1 à i 1/2 pouce de diamètre au milieu, gris cendré ou blanchâtre avec de légères stries longitudinales. La chair du pédicule est aussi t&cme que celle du chapeau, surtout chez les jeunes.

Il croît à terre dans les bois de sapins, à la fin de l'été et en automne,, et se montre parfois en très grande abondance, surtout dans les années humides.

La chair épaisse et appétissante de ce champignon m'a souvent £edt regretter de n'avoir aucun indice sur ses propriétés ; j'ai tout lieu de croire qu'il est comestible, un de mes amis en a mangé sans éprouver d'accidents ; toutefois je n'ose le recommander comme tel, mais je prie les chasseurs de champignons de tenter des expériences pro» près à décider cette question.

Il est prudent d'ajouter quelques cuillerées de vinaigre à l'eau dans laquelle on cuit les champignons qui inspirent quelques doutés et de jeter cette eau après la cuisson. — On ne doit non plus préparer que les exemplaires frais, jeunes et intacts.

jeune.

Agaricus inutabiiis,Schaff .

Agaric comestible des troncs.

Googl

L^Favre del.

Lith.H.Furrer.

'8VT« lirh.

AGARICVS MVTABIIilS. SchœfT.

L'Agaric comestible des troncs. — Der Stockschwamm,

Caractères. — Chapeau charnu, convexe, puis aplati, nu» mince au bord ; pédicule plein, ensuite creux, raide, un peu écailleux, couleur de rouille dans le bas, puis noir; lamelles serrées, sortant du pédicule, couleur de cannelle pâle.

Desc^Hption. -— Le pédicule, long de 2 à 2 1/2 pouces et de 2 à 4 lignes d'épaisseur, est égal, courbé dans un sens ou dans l'autre, ferme, brun, blanchâtre vers le haut, couvert d'écaillés recourbées en arrière ; intérieur quelquefois creux. La chair en est blanche et un peu coriace ; l'anneau est couleur de rouille. — Le chapeau qui a la chair mince, est sec, voûté, puis plat, rarement écailleux, couleur de rouille tirant au cannelle. Les lames d'abord pâles, puis jaune rougeâtre, sont larges de 2 à 3 lignes, divisées en quatre, les plus longues descendant sur le pédicule.

On le trouve sur les vieux troncs, particulièrement d'arbres à larges feuilles, de mai en novembre.

On pourrait le confondre avec Vagaricus meUeus qui croit sur les troncs, mais sans danger puisque celui-ci est comestible, de même avec Vag fascicularis figuré plus loin, et qui est dangereux.

Les auteurs s'accordent à le reconnaître comme comestible. Lenz dit lui-môme : « On en mange dans un grand nombre de lieux ; j'en ai moi-même mangé souvent. »

AGARICIJS FASCICVIiARIS Huds.

AG. liATERITIVS SchdefT.

Der Bitterschwamm,

Caractères. — Ressemble au premier coup d'œil à l'agaric des troncs, ag, mutabilis^ mais sa saveur est excessivement amère, et ses feuillets verdâtres se changent à la fin en eau noire.

Description, — Pédicule nu, cylindrique, fistuleux, un peu tortueux, long de 2 à 3 i/2 pouces, jaune avec de petites peluchures noires ; le chapeau est d'abord hémisphérique, puis convexe, puis plane, ou même un peu concave, jaune, souvent plus foncé au centre ; il a peu de chair ; sa superficie est sèche ; il a 1 à 1 1/2 pouce de diamètre, — feuillets gris-verdâtre, inégaux, distincts du pédicule, même dans leur jeunesse. Odeur assez agréable.

Il croît en été et en automne en groupes nombreux sur les vieux troncs de conifères aussi bien que d'arbres à larges feuilles.

Paulet et Pollini le considèrent comme dangereux, Hertwig en a fait manger à des chiens sans accident. — En tout cas sa saveur est si amère que le plat qu'on en préparerait ou qui en contiendrait serait peu goûté. Il faut s'en abstenir et c'est pour cette raison et pour éviter de le confondre avec Vag. muiabilis, et avec Tag. melleus que je l'ai figuré et décrit.

l*î^ca^é,cUi.

Coprinus comatusTr. Agaric nussette.(co mestibie.jeimel linitiypH h^ f ^qIc

COPRIIVIJS COMATIJS. Batt.

L'Agaric massette. — Der valzige Schopschwamm.

Caractères. — Chapeau d'abord en forme d'oeuf, puis en cloche reposant sur le pédicule qui est cylindrique. La chair du chapeau est mince et se fond, ainsi que les feuillets en un liquide noir, semblable k de l'encre.

Description. — Le chapeau d'abord d'un blanc sale et de forme ovoïde est couvert d'une sorte de peluche qui n'atteint pas le sommet uni et jaunâtre. A mesure que le bord du chapeau se détache du pédicule, celui-ci s'allonge, prend une teinte plus claire, et atteint 18 — 20 centimètres et plus. Le pédicule, qui s'enfonce assez profondément dans la terre, est d'abord plein, puis creux avec un filet blanc cotonneux au centre; le bas est souvent renflé. — Les feuillets sont nombreux, presque tous entiers, recouverts dans leur jeunesse d'une membrane qui se détache du pédicule et du chapeau. — Le champignon a quelque chose de livide et de repoussant; sa consistance est extrêmement fragile et le chapeau tient à peine sur son pédicule. Malgré cette faiblesse, j'ai vu des mottes de terre, de plus d'un pied carré de surface, soulevées sur les têtes pressées de ces champignons, qui croissaient par milliers dans un jardin ou Ton avait enterré des copeaux de bois.

Il croît à la fin de l'été dans les jardins, les prés humides, près des fumiers.

Lenz affirme qu'on peut manger ce Coprin lorsqu'il est jeune, avant qu'il se fonde en une encre qui peut être employée pour le lavis.

Agaricus gjutiiiifer.

(Gomesiible.) (^^^^T.

L'Favre d«l. Lit.h: H Furrer. M'.? Pavrs lith.

HnreROPHORiJS «liiJTiiyiFfiR. BuU.

Agaric glutineux.

Caractères. — Chapeau charnu, d'abord arrondi, convexe au sommet, avec les bords enroulés en dessous, puis aplati, de couleur jaune-orangé, humide, visqueux. — Les lamelles sont de trois longueurs, assez serrées, quelquefois descendant un peu sur le pédieule. — Celui-ci est long, cylindrique, charnu, plein, quelquefois renflé au bout, jaunâtre-clair.

Description, — Chez les jeunes, le chapeau a la forme d'une coupole un peu pointue au milieu, avec les bords enroulés en dessous ; avec Fâge le chapeau s'élargit et s'aplatit de manière à ressembler de loin au Lactaire délicieux ; la couleur jaune-orangérosé pénètre jusque dans la chair à plus d'un centimètre au-dessous de la surface (au milieu) tandis que le reste du tissu est blanc. — Les lamelles jaune-orangé-clair sont de trois longueurs, d'une largeur moyenne, peu serrées, quelquefois ondulées en zig-zag, quand les bords du chapeau sont fortement enroulés en dessous. — Le pédicule est plein, charnu, cylindrique, un peu cannelé, épais de 3/4 à 1 pouce, souvent renflé dans le bas, blanchâtre floconneux près du chapeau, marbré de jaunâtre dans le reôte de son étendue. Toute la surface du champignon est enduite d'un liquide visqueux et gluant, qui y fait adhérer la terre et les feuilles des sapins.

Il croît en abondance dans les bois de sapins en automne surtout quand le temps est humide et persiste même en novembre après la gelée sans se décomposer. Les années 1846 et 1868 ont été remarquables sous ce rapport. Toute cette espèce est souvent plusieurs années sans se montrer.

En 1868 plusieurs chasseurs de la Chaux-de-Fonds, séduits par sa chair blanche et délicate, en ont mangé sans inconvénient à plusieurs reprises, et l'ont trouvé savoureux, moins cependant que le Bolet.

eu

Page 1