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afin que l’eau arrive sur la meule peu à la fois et la pénètre; trop abondante, elle glisserait et
ravinerait la surface. Il faut éviter cet accident à tout prix.
Au bout de quarante jours environ, les champignons apparaissent. La récolte commencée, elle peut durer trois mois si vous prenez soin de combler de terre chaque petite cavité résultant de l’arrachage d’un champignon.
Combattons ici l’opinion tendant à admettre que la culture des champignons, pour réussir, doit se pratiquer sur une masse considérable de fumier (10 à 12 mètres cubes au minimum).
Voilà une assertion sans fondement. L’expérience prouve, au contraire, qu'avec un seul mètre cube et même moins on peut obtenir un bon résultat. Le succès dépend surtout de la qualité du fumier et des soins, des façons, qu'on lui donne avant son emploi.
Les meilleures caves sont les caves profondes à voûte élevée, fraîches et qu’on peut aérer facilement. Si la cave est peu profonde, elle est généralement trop sèche. Il faut alors arroser le sol pendant quelques jours avant de dresser les meules, fermer les soupiraux le jour, les ouvrir la nuit.
Du reste, il y a pour chaque cave un régime particulier à établir. L'observation et l'expérience seules peuvent le déterminer.
Considérons, par exemple, une cave avec installation d’un chauffage central (fig. 22). Il y aura là une source de chaleur qui pourra maintenir
di
88 LE CHAMPIGNON -DE COUCHE” de
la température de la cave entre 12 et 15 degrés, température très favorable à la croissance des : :
Fig. 24. — Culture bourgeoise en cave chaude sur une couche plafe.
champignons et qui dispensera de demander au fumier la température élevée de fermentation
qu’on exige habituellement. os :
Cette circonstance spéciale permettra d’adopter, pour la couche, une forme plate puisque nous ne viserons-plus la fermentation inutile ici: c’est celle représentée par notre figure 2/4.
À part.ces détails qui ont leur importance, toutes les opérations seront menées comme dans la culture des carrières.
Les meules en plein air.
C’est en plein air que furent faites les premières Cultures de champignon par les maraichers qui affirment que les champignons ainsi produits sont plus blancs, plus beaux que ceux venus dans les carrières. Malheureusement cette culture. est plus dispendieuse, plus laborieuse que l’autre, aussi tend-elle de plus en plus à disparaître.
Le choix, la préparation du fumier, la manière de monter les meules ne diffèrent pas; cependant les meules sont plus fortes, la chaleur qu’elles donnent étant plus exposée à être perdue.
On leur donne environ 65 centimètres de largeur à la base et autant de hauteur; elles sont établies en dos d’âne, parallèlement, à 0",50 les unes des autres. ;
Toutes les opérations de montage, plantation ou « lardage », « gobetage » ou revêtement, se pratiquent telles que nous les avons décrites précédemment; mais aussitôt après le « lardage » la meule est couverte d’un manteau de litière
go LE CHAMPIGNON DE COUCHE D 202
sèche d’une épaisseur de 10 à 12 centimètres environ. C’est la « chemise » qui protège la : : meule contre les refroidissements; on la con serve pendant toute la durée de la culture, l’écartant pour faire les récoltes, la remettant aussitôt après (fig. 25).
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Fig. 25,,— Culture à l'air libre. La meule est revêtue dé sä chemise de paille défaite sur un point pour la récolte.
La culture en plein air, bien qu’on puisse l’entreprendre à peu près pendant toute l’année, réussit mieux à la fin de l’été et en automne.
Les champignons y sont moins atteints de maladie, sans doute parce que le milieu où l’on opère est plus normal. * |
Les meules froides.
Dans une cave dont la température hivernale se tient entre 12 et 14 degrés, vous ‘pouvez éta=
blir des meules ne procurant pas les températures élevées que nous avons signalées. Elles seront faites, pour cela, avec du fumier de cheval, en fermentation sans doute, mais qu'il faudra mêler tout d’abord à quatre brouettes de terre par mètre cube. C’est avec ce mélange que vous dresserez Les meules et comme certainement elles n’atteindront pas de tempéra-
Fig. 26. — Culture dans un baquet.
ture dangereuse, vous gagnerez du temps en plantant le blanc et en gobetant de suite. Cés deux opérations et tous les autres soins s’appliqueront comme dans les cultures précédentes.
La meule, au lieu d’être disposée en dos d’âne ou adossée à un mur, pourra encore s'établir dans une grande boîte ou dans un baquet peu profonds (fig. 26).
Re (re:
Engrais. |
La meule à champignon, par sa composition, est:
un bloc d'engrais organique. Cependant on a essayé d'y ajouter des engrais minéraux et le
docteur Labourdette aurait obtenu des champi-
gnons plus gros en répandant sur la meule une faible quantité de nitrate de potasse (> grammes
par mètre carré). [l serait peut-être plus pratique
de bassiner la meule avec une faible solution
de ce sel, titrée à un gramme par litre d’eau.
Culture sans fumier.
gnons de couche. -
« Prendre un mètre cube de plâtras de démolion, concasser les fragments et les réduire à
la grosseur d’une noisette; humecter la masse
et la rentrer dans la cave. Former contre un des murs, avec ces matériaux, un talus de 0",66 de.
base et de 0",60 de hauteur; le bord inférieur. 0e maintenu par des lattes; égaliser toute la sur face à la main. Faire revenir du blanc et, quand ilest à point, larder sur trois rangs : le premier rang à 0",20 du bord inférieur et le troisièmeà 0,20 du sommet, le second entre les deux pré= cédents, les lardons alternant d’un rang à l’autre, . le lardage terminé, recouvrir avec du sable de
Fi Lachaume indique et commente la culture CXE
périmentale suivante, dans laquelle ayant écarté le fumier il a obtenu quand même des champi-
rivière ou de carrière passé à la claie sur une épaisseur de o",04. Le sable doit être frais mais non humide. Aussitôt que la surface du sable se dessèche, l’arroser légèrement aveé de leau dans laquelle on aura fait dissoudre 20 grammes de salpêtre (nitrate de potasse) pour 10 litres; arroser avec une grande modération pour éviter l'excès d'humidité qui pourrirait le blanc. Au bout de quarante jours on verra apparaître les champignons.
Par ce procédé peu coûteux et en faisant d’autres constructions de ces talus on peut se procurer des champignons toute l’année.
Pour terminer et donner un exemple de la facilité avec laquelle le champignon de couche se reproduit quand le milieu lui convient, je citerai ce fait qui m'a été rapporté.
La préfecture de Clermont-Ferrand est instaillée dans les bâtiments d’un vieux couvent; les matériaux doivent être oranitiques, cependant le salpêtre s’y est fait une place car, près de l'écurie, se trouve une espèce de cellier en contre-bas de cette écurie et qui n’a d'autre destination que de recevoir momentanément le fumier des chevaux en attendant son enlèvement. Ce local est plus grand qu’il ne faut, aussi le fumier y Séjournait-il tantôt sur sur un point, tantôt sur un autre et là où n’était pas le fumier poussaient des champignons en assez grande abondance très régulièrement, sans qu'on se fût inquiétée, d’en faire la culture. |
Il y a là deux faits curieux; le premier est
l'apparition initiale des champignons de couche dans le local considéré, apparition due probablement à l’apport naturel de spores-œufs. Le second fait est l'apparition régulière, par la suite, des mêmes champignons qui proviendraient, cette fois, soit de germes, soit de blanc laissés par les premières récoltes, et aussi du milieu favorable.