N TR 2 À DAT) RE PER
fauchage des Panicauts alpins, comme en 191.
Le même phénomène se produisit. Encore une
lois les Pleurotes apparurent : ils naquirent sur
lës souches fauchées des Panicauts bleus. M. Cos-
tantin vit là, comme il l’a dit lui-même. wne cul 9 9 at
ture nalurelle réalisée par le hasard, « le grand
maitre des inventions et des découvertes Ds
c'est-à-dire réalisée par des circonstances im-
prévues : la saison, l’altitude, la présence des
Panicauts et leur fauchage à cette époque de
l’année. C’est là toute la culture, en effet, et … chaque fois que ces conditions sont données, le.
champignon peut être donné aussi.
Ici se dresse l'inconnu auquel nous avons fait.
allusion tout à l'heure.
Faut-il voir dans la vie du Pleurote Croissant
sur souche du Panicaut des Alpes un parasitisme caché (et en tous les cas atténué), où bien une .
de ces sortes d'associations mutuelles qu’on est
convenu d'appeler une symbiose. M. Costantin n'est pas éloigné d'admettre cette dernière hypo-
thèse.
On a observé une seconde espèce de Pleurote,
le Pleurotus Eryngii, qui vit sur le chardon
Roland (Æryngium campestre) et aussi sur le chardon maritime (Æ. martimum) (fig. 33 et 34) Ge Pleurote est beaucoup plus répandu et plus
connu que le précédent, tellement connu et.
répandu, qu'il porte quinze ou seize noms diffé rents selon les pays où il vit : Ragoule, Gin- < goule dans le nord; Brigoule, Ringoule, Bérigoulo, Boulingoulo dans le midi; Beigoula,
TAN eue TES sut MAS , “ à k
Conderlo en Languedoc; Oreillette, Oreille de
chardon dans la Nièvre: Corgne, Panichaou en
Provence; Cardoneto dans l’Agenais; Conguerlo dans le Tarn; Ragoulo dans les Cévennes: Canico à Toulouse, etc.
A ÈS ŸŸ par SNS & AIN NL NT
Fig. 35, Pleurotes sur les racines de l'Eryngium eampestre.
Ce Pleurote du Chardon Roland passe pour être d’un goût plus délicat que le champignon de couche, mais ce n’est pas sur les souches vives des chardons déjà nommés que croît généralement le Pleurotus Eryngii : c'est sur leurs racines mortes.
Fig. 35. — Agaric couleuvré connu encore sous les noms de Lépiote, Couleurrelle, Chevalier, eic., un de nos meilleurs champignons comestibles sauvages. Ne
du chardon Roland, bien intéressante, parce …
ee
qu'elle peut se pratiquer sur de grandes étendues.
En résumé, tous les champignons comestibles
doivent pouvoir se cultiver; mais il est bien
évident que le point de départ certain de la culture de chacun ne pourra être que la germination des spores où semences de chaque espèce considérée isolément.
Quand on aura fait germer séparément des spores d’oronge, des spores de morille, des spores d'agaric couleuvré(fig. 35), etc., on pourra dire du « blanc » produit par ces germinations : c’est du blanc d’agaric couleuvré, c'est du blanc de morille, c’est du blanc d’oronge, etc. Ensuite, connaissant les conditions de milieu favorables à chaque espèce (sous-bois de pins pour l’oronge, sous-bois d’ormes pour la morille, landes de bruyères' pour l’agaric couleuvré), il restera à diviser le blanc produit en petits fragments dont on plantera les terres choisies et spécialement les points de ces terres riches en humus.
Nous résumons, dans le chapitre suivant, les utiles expériences préparées, en quelque sorte. par les observations qui précèdent.
Les expériences culturales de M. Costantin.
Nous devons à l’obligeance de M. Costantin, professeur au Muséum, membre de l’Institut,