CHAPITRE XII
Mettons de côté ce que nous savons sur la production des Psalliotes ou champignons de couche, et sur celle des truffes; on peut dire que la culture des autres espèces comestibles est encore au berceau.
Cependant des essais récents ont été entrepris par M. Costantin et c'est avec succès que cet auteur a pu réaliser la germination des spores du Pleurote alpestre, puis la production du blanc et la fructification de ce champignon.
D'autre part, le même savant a réussi, en collaboration avec M. Matruchot, la culture du « Pied bleu », qui croît spontanément sur le terreau de feuilles des sous-bois.
Voici à l'endroit de ces’deux champignons et de leur production quelques renseignements précis Le
Culture du « Pied bleu »
(ou Tricholome nu, Tricholoma ou Agaricus nudus).
Tous les Tricholomes ont le pied plein et nu, point de volve, point d’anneau ni de collier; leurs
feuillets ne noircissent pas en vieillissant (fig. 50.)
Celui qui nous occupe se rencontre dans les ©:
bois, à la fin de l’été et en automne, par groupes.
Fig. 30. — Tricholome nü où piéd blé u.
nombreux; son chapeau d’abord con- Vexe puis plat, puis plus om, moins mas melonné, CONCave OÙ.
ondulé, est lar Hé en moyenne dé :
5 Céntimès tres, de cous.
leur violet tendre ou .
ardoisé. Les feuilletssont ihégaux, :
bleuâtres ou violacés. La
tige pleine, ee
cylindrique, nue, longue de 5 ou 6 centimètres,
possède la couleur du chapeau.
C’est un champignon comestible, excellent, à + chair cassante, délicate et savoureuse. KL F erna
MM. Costantin et Matruchot ont réussi à faire germer les spores de ce champignon en milieu stérilisé; ils en ont ainsi obtenu un mycelium
d’origine certaine dont ils plantèrent des meules faites de feuilles de hêtre, les unes en cave, les autres en plein air. Un an après ces plantations, lé blanc fructifiait, c’est-à-dire donnait des « Pieds bleus » de la taille des champignons de cette
Fig, 31. — Tricholomes nus ou pieds bleus obtenus sur couche de feuilles de hêtre.
espèce venus librement dans les bois. Cette pro-
- duction dura pendant plusieurs années (fig. 31).
Malheureusement cette méthode n’a pas encore pénétré dans la pratique. Faut-il croire que la longue attente de la première récolte (douze mois) a indisposé maraichers et jardiniers qui sont habitués à obtenir des résultats plus prompts? En tous les cas, il est certain qu'on pourrait, à l’aide du mycelium de « Pied bleu », introduire ce
champignon dans les bois de hêtre, où iln'existe
pas encore et là, au moins, il ne coûterait rien
d'attendre un an la récolte.
Observations sur le Pleurote des Alpes.
À ne
À l’endroit du Pleurote des Alpes, M. Costan- os
tin a ponTeur ses observations et expériences.
Il s’agit, ici, d’une culture à réaliser en plein
air ettelle qu’elle est apparue à M. ne à même,avec son milieu spécial, sa plante SUPPOrt + à
et une opération de fauchage qui semble, à elle | seule, agir comme ferait une plantation de blanc. dans une meule.
Les pleurotes ont la tige courte, presque iles |
a n. à PR
souventexcentrique; re feuillets se PISCINES 5
jusque sur cette tige (fig. 32).
En 1921, M. Costantin, excursionnant en Sa Le
voie, avait constaté sur les pentes sud du « petit Mont Blanc » une végétation surprenante d’une
ombellifère, le Panicaut des Alpes (ÆZryngium ie alpinum), bien connu sous le nom populaire de Chardon bleu. En septembre, les Panicauts ayant ne
été fauchés, il apparut une multitude de champignons : c'était des Pleurotes. Cés Pleurotes ne venaient que là où avaient végété des £ryn- . giums. Mieux encore : ils naissaient directe-. es
ment sur les souches coupées des Eryngiums.
Il y avait donc là un rapport de cause à tee “ee
entre ces deux plantes.
à 4 En 1923, étant retourné en Savoie, M. Gostan- ? se
tin revit le « petit Mont Blanc » et assista au
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