RAPPEL DES DESCRIPTIONS DONNÉES
La description des cultures sur gélose maltosée et glycosée donnée par Sabouraud répond aux observations faites :
« Culture glabre sur gélose maltosée, d'aspect cireux, de couleur cire vierge, à surface spongoïde et vermicellée ».
«Culture présentant trois zones distinctes sur gélose glycosée : un centre faviforme, une auréole poudreuse blanche et une auréole incolore de rayons immergés ».
Sur grains d'orge, Baudet a obtenu une culture duveteuse bien développée et sur grain de blé une culture poudreuse pauvre. Le champignon n’a pas été cultivé sur crottin.
NOUVEAUX CARACTÈRES OBSERVÉS
Milieux d'épreuve classiques. — La surface spongoïde et ver-
micellée obtenue sur gélose mallosée est souvent entourée d'un liseré poudreux blanc.
De plus, les caractères de culture sur gélose glycosée sont variables, les cultures sont inégales dans leurs dimensions et de différenciation difficile.
Un fait est à noter, c’est la différence très grande dans l’aspect des cultures sur gélose maltosée et glycosée et qui, habituellement, n’est pas aussi tranchée pour les autres dermatophytes.
J'ai pu obtenir, sur gélose glycosée, une culture glabre, d’aspect cireux, à surface spongoïde et vermicellée, identique à celle qu'on observe sur gélose maltosée, en partant, pour l’ensemencement, des aleuries de T. album obtenues sur grains d'orge (voir planche VII, fig. 3).
Milieux aux grains de blé el aux grains d'orge. — Sur ces deux milieux et à la condition que les grains ne soient pas trop humides, le champignon se développe du 12° au 15° jour sous l'aspect d’un mycélium duveteux blanc, qui s'étend sur l’amande et l'écorce, et présente des hyphes dressées.
En vieillissant, sur orge, la culture duveteuse peut envahir tout le milieu et remplir les interstices entre les grains d'orge.
Sur des grains très secs, au lieu d'observer un mycélium duveteux abondant, on trouve un duvet assez pauvre, présentant des hyphes dressées nettement visibles à la loupe.
En vieillissant, les cultures se dessèchent et s'aplatissent. Depuis 6 mois, ces cultures n’ont pas donné de pléomorphisme.
Le repiquage sur gélose maltosée ou glycosée, en partant de culture sur orge ou blé, permet d'obtenir en 3 semaines une culture bien développée, très vigoureuse, de 1 centimètre à 1 centimètre 1/2 de diamètre, ayant, sur les deux milieux d’épreuve, les caractères habituellement observés sur gélose maltosée, avec une auréole blanche de duvet court.
Milieu au crottin. — Sur ce milieu, T. album pousse pauvrement et montre un mycélium blanc, comparable au blanc de champignon employé pour la culture du champignon de couche.
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TRICHOPHYTON DISCOIDES RAPPEL DES DESCRIPTIONS DONNÉES :
D'après Sabouraud, cette espèce présente, sur les milieux d'épreuve glycosé et maltosé, les caractères de culture suivants :
Culture plus nettement ronde que celle de T. album et qui, en vieillissant, ressemble à un disque bombé avec un umbo-central, le tout de couleur neutre, brunâtre, d’une surface lisse et humide. Quelquefois la culture porte, en son centre, une touffe de poils de couleur neutre avec une auréole de duvet court ; mais le plus souvent la culture reste glabre, humide, et d’un jaune terne toute sa vie.
Il n’a pas été obtenu de culture duveteuse du champignon.
NOUVEAUX CARACTÈRES OBSERVÉS
Sept souches de T. discoides ont été isolées ; elles ont présenté, en culture, une grande fixité de caractères et il est possible de préciser l’aspect macroscopique des cultures de cette espèce.
Milieux d'épreuve classiques. — En culture primaire, sur gélose glycosée et mallosée, le poil s’entoure d’abord d’une gaîne blanche humide qui, en se développant, prend l’apparence d'un dôme plus où moins régulier, de couleur gris bleuâtre, posé sur la gélose et dont le pourtour, assez nettement circulaire, pénètre le milieu et s’y développe. Souvent le dôme de la culture porte des fillaments humides, de couleur neutre, agglutinés en pinceaux.
Au bout d’un à trois mois, la culture forme une calotte cireuse, légèrement jaunâtre, tantôt glabre, tantôt recouverte en partie d’un court duvet blanc. Autour de cette calotte, la culture pénètre la gélose et forme une auréole circulaire plate qui s'étend. à la surface du milieu et se recouvre d’un fin duvet blanc. La calotte a généralement de 5 à 8 mm. de diamètre et l’auréole circulaire de 3 à 4 mm.
En vieillissant, la culture pénètre davantage le milieu et, par transparence, déborde, dans l'épaisseur de la gélose, le fin duvet de l’auréole circulaire plate.
Milieux aux grains d'orge et aux grains de blé. — Sur ces deux milieux, T. discoïides se développe du 12° au 18° jour sous la forme
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d’un mycélium blanc, qui présente des hyphes dressées visibles à la loupe. Vers le 20° ou 25° jour, il se forme un feutrage blanc de neige qui recouvre l'amande ainsi que l'écorce. Toutefois, ce feutrage ne se produit pas sur les grains secs où le mycélium paraît pauvre et peu abondant.
L'ensemencement fait en partant de cultures bre doit, pour réussir, être effectué sur l’amande en choisissant des grains bien éclatés.
Repiquées sur grains d'orge ou de blé, ces cultures duveteuses se reproduisent avec les mêmes caractères et accélèrent leur évolution. Elles présentent déjà l’aspect ouaté au 15° jour.
Repiquées sur les milieux d’épreuve classiques, elles donnent en 3 semaines une belle culture, très vigoureuse, aussi développée qu'une culture de 3 mois en partant du poil parasité et qui présente des caractères macroscopiques comparables.
Milieu au crottin. — Sur crottin, le champignon se développe pauvrement, sous la forme de filaments blancs qui envahissent le milieu.
TRICHOPHYTON OCHRACEUM RAPPEL DES DESCRIPTIONS DONNÉES :
Sabouraud donne pour cette espèce les caractères de culture ciaprès sur gélose maltosée et glycosée :
Petits tubercules d’un jaune d’ocre, développés à la surface du milieu et presque toujours auréolés d’un liseré jaune soufre. En vieillissant, la culture se recouvre d'un duvet blanc très court, à peine visible, mais le centre reste toujours accuminé, de teinte jaune d'’ocre.
Sur gélose glycosée, la culture présente, dans l'épaisseur du milieu, une courte frange de rayons arborescents.
Il n’a pas été obtenu de culture duveteuse du champignon.
NOUVEAUX CARACTÈRES OBSERVÉS
11 souches de T. ochraceum ont été isolées et ont présenté, sur les milieux d’épreuve glycosé et mallosé, les caractères décrits par Sabouraud. Maïs ces caractères ne prennent leur complet développement qu'après repiquage.
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Milieux d'épreuve classiques. — En culture primaire, à l'exception des souches ayant une grande vitalité, le développement du champignon est extrêmement lent, beaucoup plus que pour T. album et T. discoides. La partie centrale, de couleur ocre, peut se trouver réduite à un point de la grosseur d’une tête d’épingle ; l’auréole duveteuse apparaît alors plus développée, de 3 à 4 mm. de rayon. Elle est d’aspect blanchâtre, plutôt poudreuse que duveteuse et ses bords sont généralement plus ou moins dentelés. Le champignon pénètre dans le milieu aussi bien sur maltose que sur glycose et, par transparence, forme une tache circulaire, légèrement foncée, autour de l’auréole poudreuse.
Ces observations permettent de donner des cultures de T. ochraceum les caractères suivants :
Sur les deux milieux d’épreuve glycosé et maltosé, T. ochraceum donne une culture primaire à développement extrêmement lent, caractérisée par une partie centrale glabre, plus ou moins développée et quelquefois très réduite, faisant saillie sur le milieu et de teinte ocre accusée, avec une auréole plate, poudreuse, blanche, souvent très développée, à bords irréguliers et dentelés.
Le champignon se développe dans l'épaisseur du milieu et forme par transparence une tache irrégulièrement circulaire qui déborde la partie extérieure de la culture.
Par repiquage, le développement de la partie centrale accuminée, de teinte ocre, devient plus abondant et fait nettement saillie sur le milieu.
Milieu aux grains d'orge. — T. ochraceum a donné sur grains d'orge, en partant d’une souche vigoureuse, un mycélium duveteux, blanc, peu abondant, présentant à la loupe des hyphes dressées et qui s’est développé du 15° au 20° jour sur les grains secs.
Milieu au crottin. — La culture n'a pas été obtenue sur ce milieu.
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3° Mycologie
RAPPEL DES CARACTÈRES CONNUS
Les trois Trichophyton mégasporés des bovidés étudiés au point de vue mycologique dans les cultures sur gélose maltosée et glycosée sont présentés par Sabouraud avec la même morphologie : «des filaments articulés, composés d'éléments à parois cellulosiques renforcées qui constituent des chaînes de chlamydospores. Ces éléments sont de tous points identiques à ceux qu’on retrouve dans le poil ».
On trouve, en réalité, à l'examen des cultures glabres de ces trois Trichophyton mégasporés sur les milieux d’épreuve classiques, une morphologie plus variée : on rencontre fréquemment, en particulier, des filaments mycéliens épais, souvent tortueux, de diamètres dissemblables, formés de cellules allongées à protoplasma vacuolaire, présentant des chlamydospores intercalaires ou terminales, ovalaires ou circulaires.
Ce sont là des éléments de souffrance dont la morphologie est liée à l'impossibilité pour le parasite d'émettre des organes de fructification différenciés. Ces champignons poussent, en effet, sur les milieux d’épreuve classiques en reproduisant une morphologie très peu différente de celle qu’ils présentent dans la vie parasitaire.
Dans ces dernières années, des recherches ont été faites sur des milieux de cultures variés, en partant de Trichophyton album, pour obtenir la formation d'hyphes aériennes et d'organes de reproduction.
En partant d’une souche nouvelle de T. album, Langeron et Milochevitch ont obtenu en 1930, sur gélose à la dextrine et gélose à l’amidon, des ébauches de vrilles et un mycélium à articles en raquettes, et sur crottin, des ébauches de vrilles et un fuseau jeune.
Baudet a mentionné en 1931, pour T. album, des appareils sporifères du type Acladium ou en grappe, en culture sur orge de 15 jours et, dans un cas, quelques fuseaux en culture sur dextrine jaune. Il a plus récemment (novembre 1932), confirmé l'existence de ces appareils sporifères en grappe, en cultivant le champignon sur gélose au bouillon de culture de staphylocoques d’origine humaine.
Nos connaissances mycologiques sur les Trichophyton mégasporés des bovidés portent donc uniquement sur une seule espèce T. album, pour laquelle on a démontré la présence d'appareils sporifères simples ou composés et l’existence exceptionnelle de fuseaux et d’ébauches de vrilles.
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NOUVEAUX CARACTÈRES OBSERVÉS
En choisissant parmi les souches les plus vigoureuses que j'ai isolées, la morphologie ci-après a été mise en évidence sur milieux aux grains d'orge, aux grains de blé ou au crottin.
TRICHOPHYTON ALBUM
La souche étudiée provenait d’un veau d’un an de Syrie ; elle a fourni les formes suivantes :
Mycélium. — En culture sur orge, à partir du 15° jour, le champignon présente un mycélium flexueux, ramifié, de 1u.5 à 3u de diamètre, formé de segments de 7 à 22u. Les filaments les plus épais sont fragiles et se fragmentent facilement par dilacérafion.
Il n'existe ni chlamydospore intercalaire ou terminale, ni chaîne de chlamydospores, et on ne trouve pas de filaments épais de diamètres dissemblables ; le mycélium est uniformément cylindrique, sans protoplasma vacuolaire.
Appareil Sporifère. — A partir du 15° au 20° jour, on trouve de nombreuses aleuries sur un mycélium de 2 u à 2u5 de diamètre, formant des arborisations perpendiculaires qui rappellent les branches de sapin. Ce sont des appareils sporifères en grappe.
Les aleuries ont de 1 u.5 à 2 u de large et 2 à 4 u de long ; elles ne sont pas pédiculées, mais coupées carrément à leur point c’attache avec le mycélium qui les porte. Très caduques, ces aleuries parsèment la préparation et se rassemblent en paquets. Après leur séparation des hyphes sporifères, elles laissent un mycélium dont l'agencement des branches présente, avec une grande netteté, la disposition en croix, caractéristique des dermatophytes.
Fuseaux. — Dans les cultures sur orge de 30 jours on observe fréquemment la présence de fuseaux allongés de 40 à 50 L de long et de 7 à 8u de large, comprenant de 6 à 7 loges.
Ces fuseaux sont très fragiles et, après dilacération, ils n’apparaissent qu’exceptionnellement avec le pédicule de 2 à 3u qui les porte.
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Il a été possible d'obtenir une fois de nombreux fuseaux longs, sur gélose maltosée, en micro-culture sur lame de 2? mois à l’étuve à 25° (voir planche VI, fig. 3).
Ces fuseaux mesurent de 35 à 75 u de long (en moyenne 45 à 50 u), de 6 à 7u de large et possèdent de 5 à 7 loges.
Ils sont le plus souvent à l’extrémité d’un filament, mais quelques-uns se trouvent placés sur le trajet d’un filament mycélien. Certains de ces fuseaux sont bifurqués.
Vrilles. — Il n'a pas été observé de vrilles répondant au type classique des vrilles des dermatophytes.
Cependant, en culture sur orge de 34 jours, j'ai trouvé des filaments mycéliens très fins, de Ou5 à 1 u de large, à l'extrémité enroulée en deux tours de spire réguliers de 18 à 20 u de diamètre. On rencontre aussi de nombreux filaments fins présentant des crosses terminales ou des spires irrégulières, lâches, développées en serpentin.
Par leur finesse et les tortillons spiralés qu'ils portent, ces filaments mycéliens peuvent être assimilés à des vrilles.
TRICHOPHYTON DISCOIDES
Trois souches de cette espèce ont été cultivées, dont une très vigoureuse, provenant de Nérondes (Cher), a donné des aleuries, des fuseaux et des vrilles parfaites.
Mycélium. — En culture sur gélose glycosée, cette souche présente un duvet composé d’un mycélium de 2 u.5 à 3 u de diamètre, irrégulièrement septé, et aussi des filaments tortueux, vacuolaires, de diamètre variable, portant des chlamydospores intercalaires ou terminales.
Sur grains d'orge, la culture duveteuse est constituée uniquement par un mycélium cylindrique, flexueux, ramifié de 1u5à 3u de diamètre, irrégulièrement septé. Le protoplasma est uniformément coloré en bleu par le bleu coton-soudan. Les filaments mycéliens les plus gros sont fragiles et se fragmentent (voir planche VIDEO